Quelles solutions alternatives à l'avortement en France ?

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scroll44
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Un site sur les alternatives à l'avortement

Message non lu par scroll44 »

Bonjour à tous,

J'ai trouvé ce site sur les alternatives à l'avortement :

Ivg Alternatives
http://ivgdesalternativesexistent.over-blog.com

Je vous propose d'aller le découvrir. il est fort intéressant à mon opinion, documentaires, témoignages, débats. Il contient des adresses d'associations d'aides, les alternatives.

Bonne journée.
salésienne05
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Quelles solutions alternatives à l'avortement en France ?

Message non lu par salésienne05 »

Bonjour,

Je remarque que le thème de l'avortement est un moyens pour beaucoup d'entre vous de juger une politique, ou les idées d'une personne.

Je pense que de nombreux d'entre vous (dont une majorité d'hommes) souhaitent l'abrogation de la loi Veil. Cependant, me rendant sur de nombreux sites anti-avortements ou pro-vie, je ne vois aucune proposition concrète pour que les femmes n'aient même pas l'idée de recourir à l'avortement. Je ne vois que des mesures "dissuasive" et excessivement pénalisantes pour les femmes, mais aucune proposition réelle en faveur de la vie et de l'accueil de l'enfant.

Je préfère encore préciser que je ne suis pas pour l'avortement, pour qu'il n'y ait pas de confusion possible.

Il est un peu facile de dire que les femmes se servent de l'avortement comme d'un moyen de contraception. J'ai été face à deux collègues, catholiques pratiquantes, qui ont eu recours dernièrement à l'avortement (par voix médicamenteuse). L'une, âgée de 46 ans, avec 4 enfants, et un mari au chômage, ne voyait réellement pas comment faire autrement. Pour qu'elle garde l'enfant, il aurait fallu que son mari retrouve du travail (si possible non saisonnier), éventuellement un travail pour elle, qu'elle ait la possibilité là où nous vivons de trouver un logement plus grand abordable (dans le Sud de la France, en zone touristique, imaginez le dilemne), et que les salaires soient plus élevés afin de garantir un niveau de vie correct à l'enfant à naître et aux autres. Je ne l'ai jamais condamnée, je ne porte pas de jugement : cet avortement l'a rendue malade. L'autre, 40 ans, trois enfants, dont une petite lourdement handicapée : là aussi, comment imaginer l'accueil d'un quatrième enfant alors que la situation des trois premiers est rendue difficile par l'exiguité du logement, le handicap de la petite dernière, le manque de famille autour.

Proposer des "maisons des mères"... oui, cela convient aux jeunes filles qui se retrouvent enceinte, sans conjoint, et sans famille pour les épauler. Donner son enfant à l'adoption ? Oui, là aussi, pour les jeunes femmes sans attache... Mais pour les cas plus "classiques" ? Et quand la santé de la mère est réellement en danger ?

Alors, à tous ceux qui sont extrêmement virulents sur ce forum : que proposez-vous de concret ? Quelle place faire à l'enfant non désiré ? Est-ce qu'un enfant doit simplement "survivre" (car un enfant non désiré peut être réellement rejeté et connaître une existence misérable) ? Car c'est bien gentild e taper sur les politiques mais il ne s'agit pas de "salut" quand on dirige un payx mais bien de cas concrets à gérer...

Fraternellement.

Cécile
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Raistlin
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par Raistlin »

Bonjour Cécile,
salésienne05 a écrit :Alors, à tous ceux qui sont extrêmement virulents sur ce forum : que proposez-vous de concret ? Quelle place faire à l'enfant non désiré ? Est-ce qu'un enfant doit simplement "survivre" (car un enfant non désiré peut être réellement rejeté et connaître une existence misérable) ? Car c'est bien gentild e taper sur les politiques mais il ne s'agit pas de "salut" quand on dirige un payx mais bien de cas concrets à gérer...
Vous illustrez parfaitement le problème de l'avortement : si l'enfant n'est pas désiré, alors il n'aurait aucun droit à vivre. Quant au fait que l'enfant non désiré pourra connaître une vie misérable, c'est le pire argument de tous, je préfère encore qu'on nie sa dignité d'être humain. En effet, qui peut juger du bonheur futur d'un individu ? Et surtout, qui a le droit de décider si, en raison de son malheur, il vaut que cet individu meure ? N'est-ce pas plutôt à lui de choisir ? Ai-je le droit de prendre un fusil et d'aller zigouiller tous les dépressifs sous prétexte qu'ils seraient malheureux ?

Ceux qui défendent l'avortement en se faisant soi-disant les avocats du bonheur de l'enfant sont des menteurs ou des aveugles. Pour éviter que l'enfant ne soit malheureux, ils préfèrent le tuer. Bien, mais on se demande alors pourquoi eux sont encore en vie, alors que leur vie ne doit probablement pas être toute rose s'ils songent à avorter. En fait, c'est de l'égoïsme : on ne pense pas à l'enfant, mais à ses propres difficultés. Notez que je comprends tout à fait qu'on puisse ne pas voir comment assumer l'enfant, mais qu'on arrête de faire comme si c'était dans son intérêt. Le premier intérêt de l’enfant, c’est de vivre. Le reste lui appartient et PERSONNE n’a le droit de décider si oui ou non il mérite de vivre.


Maintenant, pour répondre un peu plus à votre question, oui des solutions seraient possibles. On pourrait tout à fait songer à aider ces familles qui accueillent un enfant alors qu’elles sont pauvres. On pourrait aussi faciliter l’adoption pour les familles qui ne veulent vraiment pas accueillir de nouvel enfant. Bien entendu, je ne suis pas naïf, je sais que ces mesures sont loin d’être simples. Mais la vie d’un enfant n’est-elle pas suffisamment importante pour qu’au moins on y réfléchisse un peu plutôt que d’aller au plus facile, c’est-à-dire le tuer ?

Vous serez peut-être déçue de ne pas voir de cas plus concrets de ma part. Mais en même temps, ce n’est pas mon job. Moi, je me contente de reconnaître que l’avortement reste profondément injuste et immoral et que si on peut comprendre qu’une femme désespérée y ait recours, on ne peut pas accepter que cet acte se revête d’une apparence de moralité, de justice, voire même de charité.
Et notez que nous avons tout à fait le droit de critiquer la politique de l’État sur l’avortement sans que nous ayons forcément de cas concrets à proposer comme ça dans l’immédiat. S’il en était autrement, nous ne pourrions jamais rien dire sur la politique et la vie du pays. Ce serait tout simplement la fin de la démocratie.

Cordialement,
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Ficelle
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par Ficelle »

Cécile, je vous rejoins et suis d'accord avec vous.
Quelles pourraient être les solutions?
Mais j'ai peur qu'un tel débat ne puisse aboutir, la question cristallisant beaucoup de tensions et d'a priori...
:fleur:
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par Amour&Responsabilité »

Bonjour Salésienne,

Il n'est pas vrai que ce sont surtout les hommes qui désirent que l'avortement soit illégal. En tant que femme, je suis d'autant plus bouleversée à l'idée qu'un enfant puisse être détruit dans le sein de sa mère, et de nombreuses femmes sont très fortement opposées à l'avortement.

D'ailleurs la légalisation de l'avortement n'est pas une "liberté" dont usent d'abord les femmes : combien d'entres elles finissent par accepter d'avorter sous la pression du père de l'enfant ou de leurs propres parents ? Combien ont le cœur brisé parce qu'à cause de cette loi d'autres personnes ont pu les contraindre à se débarrasser de leur enfant ?

Vous donnez l'exemple de familles qui souffrent, mais aucune situation (sauf si la vie de la femme qui porte l'enfant est clairement compromise par la grossesse) ne peut forcer à tuer. L'enfant est un être humain qui a droit à la vie, et si on est dans l'impossibilité de l'accueillir, on peut toujours le faire adopter. Combien de couples sont désespérément en attente de pouvoir adopter un enfant ?

Je ne suis pas d'accord non plus sur le fait que les associations pro-vie ne proposent rien de concret. L'Alliance VITA par exemple a publié un livret avec toutes les aides sociales existantes pour une mère de famille, célibataire ou non. Il y a des foyers d'accueils pour femmes célibataires. Quand aux familles qui ne peuvent pas assumer un enfant supplémentaire, il faudrait qu'elles puissent compter sur l'aide de chrétiens pour les soutenir dans l'accueil de leur enfant, ou alors il y a toujours la possibilité de l'adoption.

Malheureusement, la facilité de l'avortement a aussi entraîner une transformation de notre culture qui fait qu'il devient impensable de confier son enfant à des personnes en qui on a confiance, comme cela se fait si souvent dans les pays du sud. Il n'est plus du tout admis qu'il puisse y avoir une entraide au sein de la famille, ou entre chrétiens, pour prendre en charge des enfants trop nombreux. On préfère supprimer ces enfants.
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par salésienne05 »

Il est plus facile pour une femme seule de mettre au monde un enfant, que pour un couple "installé". Or, dans la majorité des cas, ce sont souvent des femmes mariées, avec déjà des enfants qui avortent. Les cas que j'ai cités plus hauts sont révélateurs. La femme, bien mariée, heureuse en couple, contrainte à avorter car avec trois enfants en bas âge dont sa dernière lourdement handicapée, un appartement modeste où ils se serrent à 5... elle est en dépression à cause de cet avortement. Le pire, c'est que, si elle avait juste eu la possibilité d'une aide pour sa fille handicapée et la chance d'avoir un logement plus grand (ces personnes, bien qu'ayant un revenu suffisant, ne trouvent pas plus grand que 65 m² - ou sinon, le moindre chalet chez nous c'est entre 400 000 et 600 000 €), cet enfant aurait vu le jour.

Et le problème de l'adoption reste entier : aucune femme heureuse en couple pourrait mettre au monde un enfant qu'elle a porté pour le donner à quelqu'un d'autre, surtout si elle a d'autres enfants... Ce n'est pas comme si une grossesse ne se voyait pas.

Et pour les femmes seules, il serait peut-être intéressant d'exiger la reconnaissance de paternité et le versement d'une allocation par les "pères biologiques". Car, je le redis, les femmes subissent souvent la double peine.

C'est sûr que si on avait la possibilité de "donner son foetus" à une femme qui désire être mère et qui ne le peut pas, ce serait bien plus simple. Tout le problème réside dans le fait que la femme doit porter 9 mois un enfant non désiré. Si elle est jeune et seule, c'est plus simple que si elle est en couple, qu'elle a déjà des enfants, et qu'elle est socialement installée...

Maintenant, cher Raistlin, si je suis parfaitement d'accord avec vous sur le fond, allez dire à une petite fille indienne, violée par un mari imposé à l'âge de 14 ans, violentée par sa belle-famille, mère à un âge où on devrait encore jouer et s'instruire, si elle n'est pas déjà morte... Allez demander à mon ami Sylvain, non désiré, violé par son père, battu par sa mère, et pourtant aimé de ses amis, pourquoi il a choisi le suicide...

Je ne donne aucune caution à quoi que ce soit, mais quand on se penche sur la misère humaine, qu'elle soit psychique, morale, économique, on se doit d'être particulièrement humbles et ne pas avoir d'idées toutes faites et arrêtées sur ce qu'il est bon ou non de faire. Les solutions ne sont jamais simples, si solutions il y a.

Dieu, dans sa grande miséricorde, saura faire la différence.

Fraternellement.

Cécile
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par Amour&Responsabilité »

salésienne05 a écrit :La femme, bien mariée, heureuse en couple, contrainte à avorter car avec trois enfants en bas âge dont sa dernière lourdement handicapée, un appartement modeste où ils se serrent à 5... elle est en dépression à cause de cet avortement. Le pire, c'est que, si elle avait juste eu la possibilité d'une aide pour sa fille handicapée et la chance d'avoir un logement plus grand (ces personnes, bien qu'ayant un revenu suffisant, ne trouvent pas plus grand que 65 m² - ou sinon, le moindre chalet chez nous c'est entre 400 000 et 600 000 €), cet enfant aurait vu le jour.

Et le problème de l'adoption reste entier : aucune femme heureuse en couple pourrait mettre au monde un enfant qu'elle a porté pour le donner à quelqu'un d'autre, surtout si elle a d'autres enfants... Ce n'est pas comme si une grossesse ne se voyait pas.
Pourquoi dites-vous qu'elle était contrainte à avorter ? Il y a toujours une possibilité de sauver l'enfant.

Ne pensez-vous pas que les enfants d'une femmes pourraient comprendre qu'elle préfère porter un enfant et le confier à d'autres, plutôt que de le tuer ? De nombreux enfants sont traumatisés quand ils apprennent qu'on a avorté leurs frères et sœurs.

Vos paroles me confortent dans l'idée que les mentalités sont maintenant complètement tordues : on a honte de porter un enfant et de le faire adopter, beaucoup moins honte d'avorter.

Est-ce que ça ne vaut pas la peine de supporter cette honte pour sauver une vie humaine ? Je pense que l'Église aurait beaucoup à faire pour aider les couples à ne pas se sentir coupables et honteux à l'idée de donner un enfant à l'adoption.

Jésus nous a prévenu dès le début : être chrétien c'est souvent être héroïque. Je pense que l'héroïsme qu'Il demande à certains couples, ce n'est pas d'élever un enfant supplémentaire au dépend de leur santé mentale et physique, mais bien l'héroïsme de le porter et de le donner à adopter, par amour.

Vous dites qu'une femme ne peut pas supporter de confier l'enfant qu'elle a porté, mais vous dites aussi vous-même que votre amie a très mal vécu son avortement. Aurait-ce été pire de le confier ?
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par Raistlin »

Le problème, c'est qu'on raisonne sur des cas dramatiques et qu'il est difficile de ne pas se laisser envahir par le pathos. Mais ce qu'il ne faut jamais oublier, c'est qu'on parle ici de la vie d'innocents. Il ne s'agit pas de condamner celles qui commettent cet acte dramatique, souvent sous la pression ou la peur (mais là aussi n'exagérons pas : combien d'avortements de type "contraceptif" ?), mais bien de rappeler qu'il ne saurait y avoir de caution morale ni même d'excuse pour le gouvernement. L'État, depuis la loi Veil, n'a cessé de promouvoir l'avortement comme un moyen parfaitement moral de résoudre certaines problèmes. C'est parfaitement inique. Et on aura beau brandir toutes les situations dramatiques du monde, il n'empêche qu'au final, c'est le droit à la vie d'un innocent qui est bafoué, d'un être à qui on refuse la dignité d'être humain.


salésienne05 a écrit :Maintenant, cher Raistlin, si je suis parfaitement d'accord avec vous sur le fond, allez dire à une petite fille indienne, violée par un mari imposé à l'âge de 14 ans, violentée par sa belle-famille, mère à un âge où on devrait encore jouer et s'instruire, si elle n'est pas déjà morte... Allez demander à mon ami Sylvain, non désiré, violé par son père, battu par sa mère, et pourtant aimé de ses amis, pourquoi il a choisi le suicide...
Mais qu’est-ce que vous voulez que je répondre à ça ? Que je vous liste tous les cas d’enfants orphelins ou violés qui se sont reconstruits et ont réussi à être heureux ? Il vient un moment où cet étalage de drames et de contre-drames frise l’obscénité.

Bien sûr que des drames existent ! Bien sûr qu’un enfant non désiré, violé, mutilé, handicapé part avec de sérieux problèmes dans la vie ! Néanmoins, dites-moi une seule seconde au nom de quelle ignoble déformation de la charité cela nous autoriserait A SA PLACE du droit de vivre ou mourir ?

Bon sang, il s’agit de vies innocentes, Cécile ! Pas de matériau sur lesquels on peut tester nos théories sur le bonheur ou l’épanouissement. Si un individu veut mettre fin à ses jours, il a le droit de le faire, mais ce sera son choix. Combien d’êtres humains ont réussi à se reconstruire après des drames, ou veulent simplement continuer d’essayer ? Comment pourrait-il être bon de supprimer toute vie qui nous semble mal partie, sans même lui demander son avis ? C’est une position intenable qui se cache sous une fausse compassion. Désolé, mais je ne peux pas adhérer à une telle abomination. Oui, on peut et on doit compatir avec ceux qui souffrent, et ne surtout pas condamner les femmes qui avortent à cause de graves problèmes personnels (ce qui n’empêchent pas de tout faire pour les convaincre de ne pas le faire). Mais l’horreur commence lorsqu’on commence à JUSTIFIER (= rendre juste) ce qui reste fondamentalement un meurtre.

Vraiment Cécile, il faut arrêter de se laisser submerger par ses émotions. Les émotions ont leur utilité, bien entendu, mais elles sont généralement encombrantes lorsqu’il s’agit de réfléchir posément à un problème.

Cordialement,
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par Isabelle47 »

Bien, en femme, mère, grand-mère, je laisse mes émotions au vestiaire pour poser abruptement la question: s'il existe des "avortements contraceptifs", admettre et autoriser une contraception (valable, ne me parlez pas de la méthode Ogino ou autres) ne serait-ce pas déjà un grand pas dans la limitation de ces "avortements contraceptifs"?

Toujours en laissant mes émotions au vestiaire, puis-je demander s'il n'est pas cruel, voire immoral et abject, d'exiger d' une femme de porter son enfant pendant neuf mois, accoucher puis l'abandonner "aux bons soins" d'un autre couple, sans plus s'en préoccuper.
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Re: avortements : quelles solutions ?

Message non lu par Cgs »



Les sujets sur l'avortement ont déjà été rebattu maintes fois sur ce forum, en particulier ici:

http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=7956

Merci de relire ces interventions avant de contribuer à nouveau sur ce fil de discussion, pour éviter les sempiternelles redites, et les discussions plus qu'éculées sur le sujet de l'avortement.

Ce sujet n'est pas fusionné avec le précédent, car il se concentre sur les alternatives à l'avortement, et non sur le débat lui-même.

Merci donc de rester sur ce sujet, et en particulier sur les thématiques suivantes :
  • propositions d'actions concrètes alternatives à l'avortement, et leurs conséquences sociétales
  • liens vers des associations qui proposent de telles actions concrètes
  • liens vers des ouvrages de référence sur le sujet.
Pour tout autre point sur l'avortement, merci de vous référez au fil de référence :

http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =37&t=7956

En cas de déviation du sujet vers le débat classique pro/anti, le sujet sera fusionné ou supprimé.

Cordialement, Cgs

[/b][/color]
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Isabelle47 »

Concrètement, de manière réaliste et pragmatique, quelles seraient les solutions pouvant éviter les milliers d'avortements dus à une situation matérielle et psychologique ne permettant pas d'accueillir un enfant:
Créer des institutions abritant mères et enfants?
Les enfants seuls (genre pensionnat)?
Gérés et financés par qui?
Dans le cas d'adoptions, faudrait-il:
Créer des organismes d'adoption faisant lien entre l'enfant à adopter et des parents adoptifs?
Gérés, financés par qui et comment?

Ayant des activités professionnelles auprès de femmes en difficultés majeures, j'aimerais tellement pouvoir amener des réponses concrètes, réalistes et pragmatiques.
Même s'il en existe, elles sont totalement insuffisantes.

Je précise que je suis contre l'avortement pour toutes les raisons éthiques, morales et spirituelles que partagent les catholiques.
Mais je vois aussi le quotidien de certaines dans toute sa dramatique difficulté.
Et signifier à ces femmes qu'elles ne seront jamais abandonnées est de l'ordre de voeux pieux.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Amour&Responsabilité »

J'ai été confrontée à ce problème il y a quelques mois, quand une amie très proche m'a annoncé sa grossesse, et sa décision d'avorter, car le père pensait que ce n'était pas raisonnable de garder cet enfant, leur couple n'étant pas assez solide (ils ne sont plus ensemble maintenant).

Après réflexion, mon mari et moi avons décidé de lui proposer de nous occuper de cet enfant, malgré nos difficultés matérielles et malgré la présence de notre fille qui avait alors 6 mois. Nous lui proposions de garder son enfant avec nous, sans l'adopter, et de l'élever aussi longtemps qu'elle ne se sentirait pas capable de le prendre en charge.

Après en avoir parlé au père, elle a refusé cette proposition, car le père pensait que l'enfant s'attacherait trop à nous et souffrirait de nous être retiré. Elle a finalement avorté, et a beaucoup souffert de cet avortement.

Autrefois, il était tout naturel que l'on s'entraide en famille ou entre chrétiens, pour élever les enfants en cas de difficultés. C'est toujours le cas dans de nombreux pays "du Sud", ou ça paraît normal de partager la charge des enfants en cas de problème, quitte à confier un enfant à un autre membre de la famille pendant quelques temps.

Je pense que l'Église de France devrait se pencher sur ce genre de solution, et aider les gens à considérer l'adoption non comme un abandon, mais un acte d'amour qui permet la création d'une nouvelle famille.

On parle trop peu de la question de la vie dans les paroisses françaises, ce qui fait que le couple qui se trouve soudainement confronté à une épreuve dans ce domaine se sent souvent démunie. Il faudrait que l'on se familiarise avec l'idée de l'adoption comme une chose bonne et non honteuse, et que l'on réfléchisse à des moyens d'entraide pour aider les couples avec enfants à ne pas porter seuls la charge de leurs enfants.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Ficelle »

Amour&Responsabilité a écrit : Autrefois, il était tout naturel que l'on s'entraide en famille ou entre chrétiens, pour élever les enfants en cas de difficultés. C'est toujours le cas dans de nombreux pays "du Sud", ou ça paraît normal de partager la charge des enfants en cas de problème, quitte à confier un enfant à un autre membre de la famille pendant quelques temps.

Je pense que l'Église de France devrait se pencher sur ce genre de solution, et aider les gens à considérer l'adoption non comme un abandon, mais un acte d'amour qui permet la création d'une nouvelle famille.
C'est vrai que cette idée pourrait être une alternative intéressante. Réussir à confier l'enfant à la famille ou la communauté... Il faudrait que les adoptions de ce type soient plus faciles car en parlant d'adoption, on imagine toujours les vieux orphelinats poussiéreux ou autres stéréotypes.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Isabelle47 »

@Amour et responsabilité

Votre témoignage est admirable. Mais, hélas, je ne crois pas qu'une générosité telle que la vôtre soit très répandue.
Et il ne faut pas se voiler la face, une telle adoption doit être encadrée par des lois, délimitant droits et devoirs de chacun et ce n'est pas chose simple.
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Re: Quelles solutions alternatives à l'avortement en France

Message non lu par Isabelle47 »

@ Ficelle, comme vous le dites "autrefois..." (les familles n'étaient pas éclatées, il y avait une entraide) C'est possible, quoiqu'on ait tendance parfois à idéaliser, mais c'était "autrefois" ce n'est plus la réalité d'aujourd'hui.
La réalité d'aujourd'hui, c'est par, exemple, une jeune femme de 25 ans laissée seule par un mari disparu dans la nature sans laisser d'adresse, enceinte, ayant déjà un enfant en bas âge et devant "vivre" avec 450 euros par mois!
Sa famille la plus proche est à des centaines de kilomètres et c'est "chacun pour soi". Des amis, des connaissances mais tous dans des situations précaires.

Je crois que la charité consiste aussi à ouvrir les yeux sur la réelle détresse de son prochain.
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