Va pour les intentions de l'auteur. Toutefois, j'ose espérer que vous mesurer la différence qu'il y a entre mettre en scène les récit évangélique (Mal Gibson), même si celui-ci est violent, et créer une pièce de théâtre où la figure du Christ est badigeonnée d'excréments.Pneumatis a écrit :Sur les intentions, pour tous ceux qui ont vu la pièce, cette interprétation n'a rien de capillotractée : les spectateurs et critiques n'ont pas eu besoin d'interviewer l'auteur pour voir dans la pièce ce que l'auteur dit avoir voulu y mettre. Ce qu'on fait les constestataire, c'est protester contre une pièce qu'ils n'ont pas vu, sur la seule base d'éléments sortis du contexte. Comme si je vous alertais sur un film christianophobe dans lequel des travestis en jupette prennent un malin plaisir à fouetter, cracher et insulter le Christ dans une effusion de sang gore... et que le film dont je vous parle soit "La passion du Christ" de Mel Gibson.
Alors, je veux bien moi que l'auteur n'ait pas voulu nécessairement blasphémer. Mais dites-moi une chose, personne de nos jours n'est donc capable de comprendre que l'intention n'est pas la seule à être importante ? Que la forme a aussi un rôle à jouer ? L'auteur n'aura pas pu réfléchir 2 minutes et se demander si faire ce qu'il a fait ne risquait pas de blesser la sensibilité des chrétiens ?
C’est comme si, pour dénoncer le terrorisme religieux, je vous mettais en scène un Mahomet avec du sang lui coulant de la bouche comme s’il en avait bu, le coran dans une main, et la tête d’un enfant au bout d’une pique. Certes, ce serait métaphorique, et je me cacherais en disant « mais ma bonne dame, je veux juste dénoncer par là la récupération que certains font du message de Mahomet pour servir leur idéologie terroriste ». Facile, trop facile.
Quant aux « identitaires » (remarquez comme c’est commode de stigmatiser ceux qui osent protester), je ne me rallie pas à leur activisme. Néanmoins, je suis bien forcé de dire qu’au moins eux, ils réagissent. De la mauvaise façon ? Pour de mauvaises raisons ? Sans doute. Mais au moins ils ont ce mérite de s’indigner (en plus c’est à la mode en ce moment), de prendre conscience que quelque chose n’est pas ajusté dans la démarche de l’auteur. Ils ont le mérite de dire tout haut que la fin ne justifie jamais les moyens. Ca vaut aussi pour l’art et ses nombreuses parodies.
A-t-on le droit de tout mettre en scène pour faire passer un message ? Je ne pense pas. Il y a un respect de la sensibilité d’autrui à avoir, respect qui découle en droite ligne de l’amour du prochain.
Et je ne crois pas que la mise en forme choisie par l’auteur soit si anodine. On vit dans une société où il est permis, et même « fashion » de ridiculiser les symboles chrétiens et la foi de l’Église. Est-ce que cette mise en forme grotesque n’y participe pas un peu ?




