Bonjour Mac,
J'ai l'impression que nous avons de la peine à nous comprendre.
Mac a écrit :Non, ils n'étaient pas saisis d'angoisse. Où avez vous lu cela? ils ne comprenaient pas ce qui se tramait. C'est pourquoi, vu le contexte, ils n'avaient aucune raison de douter de Dieu, de l'éprouver.
OK, pour l'angoisse, le mot était mal choisi... j'aurai dû dire "perdus", "dans l'attente" -> comme vous dites ils ne devaient pas tout saisir de ce qui se passait. Pour autant, ce que je veux dire c'est qu'à partir du temps de cette agonie, toute la fidélité des apôtres reposera sur la confiance que Jésus est bien le sauveur, Dieu lui-même. Vous ne pouvez pas dire qu'ils n'avaient aucune raison de douter de Dieu, quand juste avant Gethsémané, l'un d'eux, Judas Iscariote est parti pour trahir Jésus. Il a manqué de confiance en Dieu (
ne nous laisse pas entrer en tentation) puis le démon est entré en lui (
délivre-nous du mauvais). Pourquoi les autres apôtres auraient-ils été "immunisés" contre ce risque, qui allait venir grandissant avec la passion ? La question qui se posera, pour pouvoir supporter la passion sera bien, à chaque instant : Jésus est-il vraiment Dieu ? (
Dieu est-il avec nous ? -> la tentation). Cette tentation affleurera jusqu'au terme de la résurrection, puisque Thomas lui-même doutera vraiment, et mettra en quelque sorte Dieu à l'épreuve (si je ne vois pas la marque des clous...). D'où la réponse de Jésus à Thomas : heureux ceux qui croient sans avoir vu.
Mac a écrit :Oui, mais Notre Seigneur Jésus aurait-il tenté Dieu (Son Père) selon vous?
Je n'ai jamais dit que Jésus avait tenté Dieu, mais j'ai dit que ce n'est pas parce qu'il nous a appris à prier "ne nous laisse pas entrer à Massa" que lui-même était susceptible de mettre Dieu à l'épreuve (ça n'aurait aucun sens, d'ailleurs). Mais nous voyons bien que le tentateur au désert a bien essayé de lui faire mettre Dieu à l'épreuve (3ème tentation). Et d'autre part, votre remarque sur le fait que ce soit sa prière ne tient pas la route : Jésus nous a aussi appris à prier : pardonne-nous nos péchés... or Jésus n'a jamais péché. Si, n'ayant jamais péché, il nous a appris à dire "pardonne-nous nos péchés", alors n'ayant jamais mis Dieu à l'épreuve, il a très bien pu nous apprendre "ne nous laisse pas te mettre à l'épreuve".
Mac a écrit :Le mot peirasmos ne peut-il être traduit par "tentateur"?
Quelle est la traduction littérale à partir du texte hébraïque, ou araméen?
Le mot signifie "épreuve", c'est la traduction du "Massa" hébreu. La traduction depuis l'hébreu ou l'araméen est dans les textes de ce fil. Littéralement c'est : ne nous laisse pas entrer en Tentation.
Mac a écrit :Au fond, est-ce un vrai problème cette aspect de la responsabilité partielle ou totale de Dieu?
Non, et la théologie classique a toujours donné des explications satisfaisantes à cette "mise à l'épreuve". Ce qui est plus problématique c'est de se méprendre sur le type de tentation dont il s'agit ici. Encore une fois, il ne s'agit pas d'une épreuve de la volonté, mais d'une épreuve de la foi, de la confiance en Dieu.