ricoc a écrit :Voila je me suis masturbé et j'ai promis a dieu que j'arreterais sous peine d'aller en enfer.Comment arreter la masturbation ?
Ancien membre du CLER, je te donne le point de vue d'un prêtre, Denis Sonet, écrivain mais aussi "Conseiller Conjugal" au CLER :
Mes copains au lycée disent que la masturbation c'est normal, moi je croyais que c'était un péché, qu'en pensez-vous?
Denis Sonet ; "Est-ce surprenant que tes copains trouvent la masturbation normale ?"
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La presse des jeunes en fait régulièrement l’apologie ; des psychologues n’affirment-ils pas qu’elle est fort utile et même nécessaire pour découvrir et réussir sa sexualité ? Mais le plus surprenant, c’est que, dans un monde où il est bien entendu qu’il n’y a plus de normes, surtout au niveau de la sexualité, on trouve le moyen de nous faire croire que la masturbation est normale, qu’elle est donc une norme, au point que celui qui ne la pratiquerait pas deviendrait donc un anormal ! Tes copains ne sont-ils pas étrangement conditionnés par ces normes nouvelles?
Ne disons donc pas que la masturbation est normale, mais disons plus justement qu’il n’y a rien d’étonnant à la voir apparaître, même fréquemment, chez l’adolescent (surtout garçon) lorsque son corps érotisé pour la première fois par des poussées hormonales l’invite à goûter les plaisirs attachés à la sexualité.
Maintenant, la masturbation est-elle un péché, demandes-tu ?
C’est vrai qu’autrefois la masturbation était regardée comme une faute gravissime. A cause des réticences de l’Eglise ? Peut-être. Mais aussi par le seul fait qu’elle n’est jamais pleinement satisfaisante. Le plaisir sexuel est essentiellement relationnel : il a besoin d’être partagé; quand il est pris en solitaire, l’autre est absent. Il y a inévitablement un manque au point que cet autre est souvent fantasmé. Elle est un peu un repli sur soi, comme l’enfant qui tête son pouce. Un besoin de se consoler après un échec scolaire, une déception amoureuse. De plus, le jeune dans ce cas, a souvent l’impression d’être habité par une force qui le déborde. Et c’est quelque peu désagréable de ne pas être maître chez soi ! Elle peut devenir une drogue quand elle devient systématique, devenir gênante demain dans la vie de couple pour celui qui a pris l’habitude de ne chercher que son plaisir personnel.
Si bien que si la masturbation pose un problème moral, ce n’est pas par le fait que la personne touche ses organes génitaux (tout le corps est beau et digne d’admiration), mais parce que ce plaisir est pris en solitaire, car il est éminemment relationnel.
Dès lors, pour répondre plus clairement à ta question : tant qu’elle est accidentelle, qu’elle n’a pas été voulue, il n’y a souvent aucune faute : la volonté a pu être singulièrement débordée. Pose toi cette question : quand je me sens envahi par ma pulsion, si j’avais à ma portée un bouton qui ferait cesser tout désir, est-ce que je m’empresserais de presser sur ce bouton ? Si tu réponds oui sans hésitation : alors tu n’es certainement pas responsable.
Dans ce cas de figure, cesse de te culpabiliser. Il y a danger à donner trop d’importance à ce geste, car le défendu peut devenir obsessionnel.. et mille fois plus attirant que si on ne le dramatise pas.
Par contre, il y aurait faute incontestable, s’il s’agissait d’une masturbation préméditée, voire programmée (on a acheté une revue pornographique dans ce but). On n’est plus dans ce cas en face d’une faiblesse excusable, mais d’une faute de l’esprit, d’une décision de la volonté.
Il reste que la meilleure façon de lutter contre ses tentations masturbatoires, c’est de cesser de se pencher narcissiquement sur sa petite personne, de coconner son égo, pour s’ouvrir aux autres, et se préparer à aimer l’autre demain dans le seul et beau souci de faire son bonheur.