Bonsoir,
Je n'ai pas pu lire les contributions expurgées, donc pardonnez-moi si je commente à côté de la plaque...
cracboum a écrit :Et, par conséquent, la vie de l’embryon ne devrait pas être considérée comme un absolu
Je crois que vous dites quelque chose de très intéressant Cracboum, ici... mais la conclusion que vous en tirez est profondément erronée. La vie de l'embryon n'a pas à être considérée comme un absolu, en effet... mais sa dignité si. Je vous prie de bien méditer sur la nuance suivante : ce n'est pas qu'un embryon meurt qui est grave, c'est qu'on provoque volontairement (librement) sa mort.
D'ailleurs vous dites une autre bétise, que j'ai moi-même longtemps véhiculée :
cracboum a écrit :pour l’Église catholique, Dieu crée l’âme (donc la personne), dés la rencontre des deux gamètes
Non. L'Eglise dit que la création de l'âme est immédiate dans la personne, mais ne peut rien affirmer de général quant au stade biologique correspondant. Comment sinon comprendre le cas des jumeaux zygotes ? Elle s'en tient à cette affirmation, qui engage d'ailleurs bien plus (et c'est ce à côté de quoi vous passez) : dés la rencontre des deux gamètes, pour reprendre vos termes, la vie qui en résulte est totalement et pleinement digne, au sens de la dignité humaine.
Elle va ensuite aller plus loin, et considére que plus l'être est vulnérable, dépouillé de tout, plus sa dignité se trouve portée à l'état pur. Aussi c'est ce qui valorise à l'extrême non pas sa vie, mais le respect qui lui est dû. C'est encore cette fameuse nuance. Il y a un trésor d'humanité. Certes, nombreux sont les embryons qui meurent naturellement... Mais provoquer cette mort, nier cette existence, c'est créer une blessure profonde à la dignité de l'Homme avec un grand H. Rejeter un trésor de dignité aussi pur que sa vulnérabilité et son innocence est extrême, c'est juste à peine moins grave dans l'atteinte à l'Humanité, que de clouer soi-même le Christ sur la croix. Et d'ailleurs, à son sujet Jésus fait la même nuance : "
Le Fils de l'homme s'en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né". Là aussi, ce n'est pas tant que Jésus soit livré à ses bourreaux qui est grave, c'est même la condition du rachat de nos péchés... mais malheur à celui qui le livre !
Alors oui, c'est grave, non pas tant parce que l'avorteur est profondément injuste à l'égard d'une personne en la tuant, mais parce qu'il porte un coup abominable à la dignité humaine, à toute l'humanité. C'est aussi la votre, et c'est aussi la mienne.
Aussi je suis d'accord qu'il est souvent mal venu de parler de meurtre, et de considérer l'avortement sur le registre de la justice pénale, criminelle, etc... Tenons-nous en à la seule morale : c'est une abomination parce que c'est à la face de l'Homme que vous crachez, dans ce qu'il est de plus essentiel. C'est là ce qui en fait un péché extrêmement grave.
Aussi vous avez encore raison sur les discours pro-vie contre-productifs : plus que par des accusations, je crois qu'on lutte contre cette "culture de mort" par tous les hommages et les témoignages les plus nobles que l'on peut rendre à la dignité humaine. Car là où la dignité humaine est profondément blessée, il nous faut l'embrasser, la sublimer, et la manifester avec encore plus de splendeur. Aussi montrer un respect extrême pour la vie naissante, par exemple, en fait partie. Mais cela ne se limite évidemment pas à ça.