@cracboum
. Notez tout de même que vous utilisez précisément le même discours que ceux qui font du droit à l'avortement un dogme et un absolu, justement :
- eux aussi affirment bien ne pas être "pour l'avortement", et être contre sa banalisation.
- eux aussi s'empressent d'expliquer qu'il ne faut pas "absolutiser" la vie, etc...
Et pourtant, leur discours aboutit
de fait, en pratique, à favoriser, encourager, et faciliter la pratique de l'avortement, et à décourager toute autre pratique
(comme on en a eu un exemple plus haut, avec un autre intervenant qui présentait l'avortement comme préférable à l'adoption pour la raison que si on confie un enfant à l'adoption on se demandera toute sa vie ce qui'l est devenu, alors que si on l'élimine la question ne se posera pas, puisqu'on saura très bien ce qu'il est devenu, de façon sûre et certaine, ce qui laisse l'esprit en paix - raisonnement d'un cynisme achevé quoique visiblement involontaire)
Donc, même si on ne trouve pas noir sur blanc l'affirmation "l'avortement c'est bien", un discours peut constituer un soutien et un encouragement aux politiques actuelles d'avortement.
. En matière de cynisme, il faut avouer que vous faites vous-même assez fort (mais après tout pourquoi pas : on ne trouve aucun passage des évangiles où Jésus affirmerait explicitement une quelconque condamnation du cynisme) :
1) vous utilisez une parabole tirée des évangiles pour affirmer que, du point de vue de Dieu, mettre un terme à la vie d'autrui n'est pas forcément si grave :
La parabole des ouvriers de la dernière heure peut nous aider à comprendre que Dieu n’attache pas autant d’importance que nous à la longévité et à nos schémas sociaux et mentaux. Et, par conséquent, la vie de l’embryon ne devrait pas être considérée comme un absolu devant lequel tout doit plier sans autres égards
L'aspect alambiqué et plus que contourné de la première phrase invite de toute façon à se méfier de la conclusion. D'autant qu'on ne voit pas d'où sort une telle interprétation, sinon d'un a priori (sur le mode "trouvons un passage des évangiles et trouvons lui une interprétation même tirée par les cheveux pour en faire un argument en faveur de notre principe posé a priori")
(dans la même veine, j'avais déjà trouvé ailleurs l'utilisation de l'annonciation : Dieu lui-même laisse la vierge Marie libre de répondre oui ou non, donc c'est qu'il ne condamne pas le libre choix de la maternité, donc l'avortement n'est pas condamné par les évangiles !)
Or
on ne voit pas bien ce que la parabole des ouvriers de la dernière heure a à voir avec la durée de la vie et la liberté de mettre à mort : me semble-t-il, il s'agit de montrer que le Salut ne dépend pas du temps que l'on a passé à servir Dieu, que le Salut n'est pas proportionnel à nos efforts,
et qu'une personne convertie sur son lit de mort a tout autant accès à ce Salut qu'une autre qui aurait pratiqué foi et charité depuis sa plus tendre enfance.
Si vous arrivez à conclure de cela que le Christ ne s'effarouche pas de nos envies de passer nos enfants de vie à trépas, je vous tire mon chapeau mais je vous demanderai, en même temps,
de bien vouloir détailler par le menu votre raisonnement et votre interprétation.
2) L'autre argument que vous avancez est d'ordre... médiatique et publicitaire !
cette attitude, jugée réactionnaire à l’extérieur de l’Église, semble contre productive, surtout auprès des femmes particulièrement sensibles à tout ce qui peut ressembler à du mépris à leur égard.
Parce que telle idée n'est pas à la mode, n'est pas dans l'air du temps, parce que s'opposer à telle autre risque de donner une mauvaise image aux yeux du monde, alors il faudrait adapter nos idées, les changer pour plaire et pour attirer plus de monde.
Vous nous proposez, noir sur blanc, non pas d'adapter
la forme de l'évangélisation aux peuples évangélisés, mais d'adapter le
fond, de changer les idées, pour mieux correspondre à l'air du temps, plaire plus, et de ce fait attirer plus d'adeptes !
Autrement dit,
vous nous proposez de devenir une secte plutôt qu'une religion.
Merci mais non merci.
Si c'est là tout le fond de votre raisonnement, alors la réponse, effectivement, est simple.