Avortement : c’est toujours la bonté qui doit se manifester

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Anne
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Anne »

Kawabongah a écrit : Par ailleurs, mesdames et messieurs, je suis au regret de vous apprendre qu'en vertu de la loi de 1975 concernant l'IVG, les femmes ont effectivement un DROIT à l'avortement,
Des droits, des DROITS...
Il fut un temps où les gens avaient le droit d'avoir des esclaves... De commettre des sacrifices humains... Certains ont le droit, présentement, de tuer leurs filles si elles déshonorent la famille.

Les droits, c'est bien relatif.
Puisque mes commentaires ne sont pas désirés sur ce forum, ceci est mon dernier message. Bonne soirée à tous.
Je ne lis nulle part que vos commentaires soient indésirables. Je pense plutôt que c'est vous qui jugez que les arguments vont à l'encontre de ce que vous désirez entendre...

Mais ne vous en faites pas: on a l'habitude ! :siffle:

:ciao:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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cath1250
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par cath1250 »

@ kawabongha : l'avortement est un droit, un droit conféré par la justice de l'homme. En soi, cette justice n'est pas mauvaise, elle permet en tout cas de mettre un minimum "d'ordre" dans notre vie sur terre. Mais il y a la loi et l'Esprit de la loi. il y avait trop de femmes qui mourraient de suite d'avortements réalisés dans des conditions déplorables et là se trouve la raison de l'existence de cette loi : éviter "encore plus de drames". Et c'est ainsi qu'une mesure prise pour sauvegarder ce qui peut l'être est devenu un DROIT. Comme on a le droit aussi d'avoir des bébés, quoique qu'il arrive, et pour ce faire, on n'hésite pas à faire de la culture d'embryons, pour en implanter quelques uns dans l'utérus de la mère et jeter les autres à la poubelle. combien de femmes qui ont avorté parce que le bébé arrivait quand ce n'était pas le moment (fallait voyager en amoureux, faire carrière, avoir une maison, etc...) et qui à 35 ans passé se réveillent, veulent un bébé à tout prix, et si après 3 ou 4 mois çà ne marche pas, on commence des traitement voire des inséminations artificielles. chercher l'erreur.

Par contre, je ne me permettrai jamais de porter un jugement quelconque sur une femme qui avorte du fruit d'un viol ou qui porte en elle un enfant lourdement handicapé. Même si l'avortement reste un meurtre, quid de cet enfant qu'elle mènera au terme de sa grossesse emplie de haine, que cet enfant ressentira malgré tout... il est vrai qu'on peut le mettre en adoption, mais là, désolée, j'ai vraiment peine à m'imaginer être capable de porter les fruits d'un acte ignoble que j'aurais subi. c'est un viol d'une durée de quelques minutes qui continue ensuite pendant 9 mois....Que celui ou celle qui s'en sent vraiment capable de vivre çà jette la première pierre. quant à l'enfant lourdement handicapé, je ne me permettrai pas de juger non plus, ni de faire culpabiliser qui que ce soit. tout le monde n'est pas entouré de gens sincèrement croyants, prêts à aider les familles en difficulté. Et même quand dans l'entourage il y a des gens sincèrement croyants, c'est drôle comme il y en a certains qui se retirent pour aller prier mais qui n'agissent pas pour aider. Or, dans les familles qui accueillent malgré tout la vie telle qu'elle vient, le besoin qui se fait sentir c'est surtout d'avoir une aide concrète, que d'autres puissent parfois prendre le relais, juste histoire de souffler un peu. Mais bon, à chacun de porter sa croix..... Des mots des mots, qui n'aident pas, ... une société qui a évolué sur un chemin de tolérance dit on mais une société où le simple timide est déjà un handicapé de la vie.... chercher l'erreur. Dieu seul connait les coeurs....
La morale de l'histoire, c'est que quand on donne un droit aux gens, ils en abusent comme ils veulent et çà les déresponsabilise. Aux Etats Unis (je ne sais plus dans quel Etat) pour éviter des décès de bébés abandonnés n'importe où, on a créé un endroit, avec une sorte de sas dans lequel on peut y déposer le bébé qu'on abandonne. personne n'avait imaginé que certains parents feraient la traversée du pays pour y déposer non seulement des bébés... mais aussi des enfants voire des ados.... voilà à quoi mène le raisonnement : J'AI LE DROIT. Et donc, oui, dire que la mère à tout pouvoir parce qu'elle porte le bébé, c'est peut être à long terme lui donner le droit de flinguer l'ado qui l'use au quotidien...; parfois tout simplement parce qu'on n'a pas fait son DEVOIR, éduquer cet enfant.
Quand je parlerais les langues des hommes et celles des anges, si je n'ai pas l'amour je ne suis qu'une pièce de bronze qui résonne, qu'une cymbale qui retentit...
...L'amour est patient ; l'amour est plein de bonté. L'amour n'est point envieux ; il n'est pas présomptueux, il ne s'enfle pas d'orgueil. Il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'aigrit pas ; il ne soupçonne point le mal. Il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout....
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par PaxetBonum »

cath1250 a écrit : Par contre, je ne me permettrai jamais de porter un jugement quelconque sur une femme qui avorte du fruit d'un viol ou qui porte en elle un enfant lourdement handicapé.
Il ne nous est pas permis de juger la moindre femme qui avorte
Le fait que l'enfant soit issu d'un viol ou soit handicapé ne change rien à l'affaire
Nous ne jugeons pas le pécheur mais le péché
Dans ce cas nous jugeons du meurtre d'un enfant
Tuer un enfant handicapé ne me semble pas être une circonstance atténuante, bien au contraire…
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Cgs
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Cgs »

Kawabongah a écrit : Je n'ai jamais dit que les femmes étaient pour l'avortement et les hommes contre, j'ai seulement cherché à savoir si leurs positions étaient similaires.
Vous vous êtes demandée s'il n'y avait que des hommes sur ce fil de discussion, et vous avez lié les idées émises ici au sexe des intervenants. Je vous ai répondu qu'il y avait beaucoup de femmes qui s'étaient exprimées ici, et qui dénonçaient l'avortement, de sorte que le lien entre le sexe et la position sur l'avortement n'est pas fondé.
Par ailleurs, mesdames et messieurs, je suis au regret de vous apprendre qu'en vertu de la loi de 1975 concernant l'IVG, les femmes ont effectivement un DROIT à l'avortement,
ce qui a permis à nombre d'entre elles de pouvoir avorter de manière sûre, dans des conditions sanitaires garanties et avec un risque de mortalité quasi-nul. Auparavant, la seule alternative pour ces femmes en détresse était celle des faiseuses d'anges, menant souvent à la mort dans des conditions affreuses.
Comme vous l'a rappelé AnneT (qui est une femme ;) ), un droit n'est qu'une règle votée en un temps précis dans un pays, et qu'il n'est pas forcément moral. Ce qui est permis par la loi n'est pas forcément bon, en convenez-vous ? Que répondez-vous à cela ?

La dernière phrase mériterait d'être solidement étayée, car c'est un argument tarte-à-la-crème qui a servi à faire voter la loi, justement, mais qui n'est fondé sur aucune donnée objective. Que savez-vous de ce qui se passait avant 1975 ? Et quand bien même ce serait vrai, la loi a-t-elle soulagé les femmes en détresse ? Au vu des dernières études sur le sujet, et la façon dont cela se passe dans les centres d'avortement, on ne s'occupe pas des femmes, on leur propose d'avorter, et puis plus aucun suivi...
Je ne le nie pas, avorter c'est mettre fin à une vie. Mais une vie potentielle.
Je comprends que la religion considère que chaque vie crée est un don et qu'il faut la chérir, mais pas au détriment de la mère. Car, comme vous l'avez dit, "la liberté de chacun s'arrête ou commence celle de l'autre". De ce point de vue, c'est la liberté de la mère qui est bafouée.
La vie, c'est la vie. je vois mal comment distinguer une vie potentielle d'une vie tout court. Ou alors il faudra m'expliquer pourquoi on ne peut pas tuer un bébé, qui n'est qu'un adulte potentiel. D'ailleurs, le bébé est juridiquement incapable, ce sont ses parents qui prennent les décisions le concernant jusqu'à sa majorité. Ont-ils pourtant un droit de vie ou de mort sur lui ? Non. Alors pourquoi en serait-il autrement sur le foetus ? Cela ne tient pas.

Vous rendez-vous compte où on arrive si on pousse votre raisonnement ?
Bien entendu, reste la solution de l'adoption. Mais vous qui parlez du traumatisme post-IVG, avez vous pensé au calvaire quotidien de la mère qui se demande ce que son enfant devient? Je connais des femmes ayant avorté. Elles m'ont raconté leur souffrance, mais la vie continue. La femme qui fait adopter son enfant car elle ne désire ni le garder ni avorter est condamnée à y penser chaque jour qui passe et à passer sa vie à chercher et regretter.
Qui a dit que la femme qui confiait son enfant à l'adoption / au placement auprès d'une autre famille y renonçait définitivement ? On pourrait très bien envisager que la femme laisse son enfant le temps que sa situation s'améliore, pour ensuite le récupérer. De plus, elle pourrait avoir un droit de visite à son enfant. le problème est qu'aujourd'hui, rien n'est prévu pour ce système, qui ne comporte pourtant que des avantages pour tout le monde.
Quand au prétendu lavage de cerveau que j'aurais subi par la société actuelle… Il me serait très facile d'avancer que la religion formate les esprits et transmet des valeurs conservatrices. Mais cette réponse EST trop facile, et je ne me permet donc pas de l'énoncer sérieusement. Il serait sage de faire de même.
Nous constatons que vous nous servez des arguments éculés dont on sait qu'ils ne sont pas fondés. Ces arguments fallacieux ont servi à promouvoir l'avortement depuis 1975, sans aucune réflexion profonde sur le sujet. Loin de nous l'idée de dire que vous ne savez pas réfléchir, mais pour quelqu'un de peu informé, ces arguments sont séduisants, et ne poussent pas vraiment la réflexion. Tout a été fait pour que l'opinion relaient ces arguments faux et simplistes pour promouvoir l'avortement. Quand on se documente un peu plus, on relativise beaucoup les choses.
Puisque mes commentaires ne sont pas désirés sur ce forum, ceci est mon dernier message. Bonne soirée à tous.
Personne n'a dit cela. Vos messages ont été validés, et nous y avons répondu.

Bien à vous,
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Cgs »

cracboum a écrit :La question de l’avortement pose un vrai problème dans les cas ou la vie de la mère est manifestement en balance avec celle du foetus. Quelqu’un pourrait-il répondre à cette question simple : quelle différence y a-t-il entre tuer un embryon pour sauver la mère ou tuer un criminel pour préserver la société ? (l’Église était pour la peine de mort, je le rappelle).
Est-ce parce que l’embryon est innocent ? Mais alors ce n’est pas la vie que l’on respecte mais l’innocence, on peut donc tuer tous les pécheurs.
Pense t-on que la vie de la mère n’est jamais en danger d’aucune façon ? Dans ce cas, en effet, l’avortement ne peut se justifier, mais est-ce vrai ?
Parce que si ce n’est pas vrai, s’il y a des cas (qui peuvent être trés divers) ou il faut choisir entre la vie de la mère et celle de l’embryon, la position anti avortement ne peut être érigée en absolu en s’appuyant sur le caractère sacré de la vie, sauf à dire que des vies valent mieux que d’autres, pour d’autres raisons que le caractère sacré de la vie, et alors lesquelles ?
Première erreur : l'Eglise n'est pas pour la peine de mort. Voir le paragraphe 405 du Conpendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise :
[+] Texte masqué
405 L'Église voit comme un signe d'espérance « l'aversion toujours plus répandue de l'opinion publique envers la peine de mort, même si on la considère seulement comme un moyen de “légitime défense” de la société, en raison des possibilités dont dispose une société moderne de réprimer efficacement le crime de sorte que, tout en rendant inoffensif celui qui l'a commis, on ne lui ôte pas définitivement la possibilité de se racheter ».833 Même si l'enseignement traditionnel de l'Église n'exclut pas — après qu'aient été pleinement certifiées l'identité et la responsabilité du coupable — le recours à la peine de mort, « si cette dernière s'avère être la seule voie praticable dans la défense efficace de la vie des êtres humains face à l'agresseur injuste »,834 les méthodes non sanglantes de répression et de punition sont préférables dans la mesure où elles « correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine ».835 Le nombre croissant de pays qui adoptent des mesures pour abolir la peine de mort ou pour suspendre son application est également une preuve que les cas où il est absolument nécessaire de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, si non même pratiquement inexistants ».836 L'aversion croissante de l'opinion publique pour la peine de mort et les diverses mesures en vue de son abolition, ou de la suspension de son application, constituent des manifestations visibles d'une plus grande sensibilité morale.
Seconde erreur : présenter comme un postulat le fait qu'il faut choisir entre la vie de la mère et la vie de l'embryon, comme si l'une des vies était inférieure à l'autre. C'est poser le problème à l'envers. Pourquoi ne pas envisager que la médecine puisse sauver les deux ? C'est déjà arrivé... L'Eglise affirme la dignité de toute vie humaine. Si, dans un cas particulier, la vie de la mère et/ou celle de l'embryon, est en danger, il n'y a pas à choisir entre les deux vies. Il y a à sauver au mieux les deux. Cela peut impliquer le renoncement, libre et éclairé, à l'une des deux vies, si perdre l'une permet de sauver l'autre alors que l'on savait pertinemment que les deux étaient perdues. Mais dans les problématiques d'avortement, c'est un cas très particulier qui ne légitime aucune généralisation.

Bien à vous,
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Raistlin »

cracboum a écrit :Quelqu’un pourrait-il répondre à cette question simple : quelle différence y a-t-il entre tuer un embryon pour sauver la mère ou tuer un criminel pour préserver la société ?
Est-ce parce que l’embryon est innocent ? Mais alors ce n’est pas la vie que l’on respecte mais l’innocence, on peut donc tuer tous les pécheurs.
Pense t-on que la vie de la mère n’est jamais en danger d’aucune façon ? Dans ce cas, en effet, l’avortement ne peut se justifier, mais est-ce vrai ?
La réponse est encore plus simple, comme vous le soulignez : le criminel est coupable d'un crime, l'enfant à naître est innocent...
Dieu, dans l'Ancien Testament, ne refuse pas la mise à mort du coupable, mais il se dresse toujours contre celle de l'innocent.

La vie doit être respectée c'est certain, et c'est bien pourquoi l'Église appelle à ne pas avoir recours à la peine de mort si un autre moyen est possible. Mais dans le cas d’un avortement, l’offense faite à la vie est bien plus grave que dans le cas d’une mise en application de la peine de mort, car l’enfant à naître n’a commis aucun mal.

Après, attention aussi à ne pas idolâtrer la vie : la vie ne doit pas être préservée à tout prix. Dans la Bible (Ancien et Nouveau Testaments) Dieu ne se gêne pas pour ôter la vie de certains. Est-ce alors que ça donne le droit de supprimer le pécheur ? Bien sûr que non : depuis le Christ, nous savons aussi que Dieu seul est juge et nous sommes appelés à pardonner au pécheur et à lui offrir une chance de repentir. Mais cette obligation doit tenir compte des réalités sociales : l’Évangile n’est pas un programme politique mais un chemin de vie. Lorsque donc les sociétés ne pouvaient traiter les criminels les mettant en danger autrement qu’en les exécutant, elles avaient légitimement le droit de le faire. Maintenant que d’autres moyens existent, l’Église les appelle à ne plus avoir recours à la peine de mort. La règle a toujours été celle de la plus grande charité possible.

Bref, tout ça pour dire que faire un parallèle entre l’avortement d’un enfant à naître et la peine de mort est non seulement inepte mais aussi inique. En outre, et vous semblez l’ignorer, si l’Église récuse l’avortement comme acte en tant que tel, elle n’empêche nullement les actes thérapeutiques nécessaires pour la vie de la mère et/ou de l’enfant et qui pourraient déclencher un avortement. Ce sont des notions complexes, dépendant grandement des situations, et faire des généralités et des raccourcis comme vous le faites ne porte qu’un seul fruit : celui du relativisme moral et de la confusion. Mais n’est-ce pas surprenant de la part de quelqu’un qui affirme que sa conscience enténébrée est la plus haute instance à laquelle se référer ?


Cracboum, je suis quand même surpris de vous voir maintenant devenir un défenseur de l’avortement. Est-ce là le fruit de votre « mystique » ? Je vous redonne ce conseil maintes fois répété : arrêtez de vous faire votre petite doctrine dans votre coin, faites davantage confiance à l’Église. Ce sera mieux pour vous et pour ceux que vous côtoierez.
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Shane »

l'Eglise n'est pas pour la peine de mort
Non mais je m'étais laissé dire qu'elle avait été la première à l'utiliser :sonne:

Si quelqu'un avait la gentillesse de m'expliquer plus en détail le pourquoi du comment...parce que ça me refroidit pas mal.
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Cgs »

Mérovingienne a écrit :
l'Eglise n'est pas pour la peine de mort
Non mais je m'étais laissé dire qu'elle avait été la première à l'utiliser :sonne:
Avez-vous une source historique fiable à ce sujet ? Parce que vous savez bien que l'on dit tout et son contraire sur l'Eglise, et surtout pour la calomnier.
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Message non lu par lmx »

Non mais je m'étais laissé dire qu'elle avait été la première à l'utiliser
il n'y avait pas de peine de mort chez les romains et les barbares avant le christianisme ? :s

http://books.google.fr/books?id=lG-a_RB ... is&f=false

page 85 L'auteur cite une lettre du pape Nicolas I qui recommande aux bulgares fraichement convertis au christianisme d'adopter les idéaux du NT et donc d'épargner la vie des criminels. C'est peut être un des premiers cas dans l'histoire où un pape recommande la suppression de la peine de mort.
Mais il y a aussi la lettre de St Augustin qui recommande au magistrat Aprinius de ne pas condamner à la peine de mort des prisonniers donatistes qui avaient tués et torturés des prêtres catholiques. p44
Dernière modification par lmx le jeu. 28 avr. 2011, 13:48, modifié 1 fois.
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Shane »

@ CGS :

Non, je n'ai pas de source historique justement. Je l'avais lu sur un forum royaliste. Mais comme ils écrivaient des pavés impressionnants, je n'avais pas été jusqu'au bout de mes lectures. Mais cela avait était un argument de base.

En revanche, je suis encore en contact avec certains d'entre eux, je demanderai leur source historique et les mettrais ici.
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Cgs »

cracboum a écrit :Cgs, j’ai dit que l’Église était pour la peine de mort, mais elle a évolué comme la société. J’ai un catéchisme Imprimatur 1909 . Catéchisme catholique pour la jeunesse par F. Spirago, prof. Au Sém. Royal et impérial de Prague. La tonalité est un peu différente du texte récent que vous citez : « Dans quels cas est-il permis de blesser ou de tuer ? « 
« Il est permis de blesser ou de tuer dans les cas suivants 1/ en légitime défense, quand on menace sérieusement notre vie. 2/ Dans la guerre, on défend seulement aux soldats d’être inhumains, surtout envers les ennemis blessés ou prisonniers. Le service militaire n’est pas illicite puisque JC a comblé de faveurs de braves soldats comme le centurion ou Corneille de Césarée, et l’Église a déclaré saints un grand nombre de guerriers. 3/ Quand les tribunaux condamnent à mort des criminels, ils ne font qu’user du droit de légitime défense au nom de la société ».
Je n’ai rien trouvé sur l’avortement, ça ne devait pas les tracasser, mais la légitime défense, sous ses trois formes mentionnées, donne le droit de tuer, et il n’est fait mention d’aucune restriction concernant les tribunaux et la peine de mort (contrairement à votre texte).
Sinon, pour l’avortement, il est clair que le débat ne peut concerner que les cas graves ou la vie de la mère est sérieusement menacée, mais il suffit qu’il y ait de ces cas pour qu’on ne puisse faire de la vie de l’embryon un absolu, de même que la valeur de la vie humaine trouve ses limites dans les trois cas de légitime défense reconnue par l’Église.
Je n'avais pas fait attention au passé de votre phrase. Toutefois, le sens de ce qui est dit est voisin. Dire "l'Eglise était pour la peine de mort", sans nuance, reste faux. Même dans ce que vous citez, où le contexte historique était certes différent, l'Eglise n'est pas si catégorique, et discerne selon les situations.

(fin du hors sujet)

Cordialement,
Cgs
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par GuilhemMaurice »

L'embryon est-il une personne? C'est en philosophant sur la notion de personne et en tournant le concept à leur avantage que les pro-morts justifie l'avortement.
Mais il y a un problème fondamental: si l'embryon n'est pas une personne, à partir de quand ce "tas de cellules" le devient? Et là on s'aperçoit du côté complètement arbitraire de la chose: 12 semaines pour des embryons "normaux" et la naissance pour des embryons ou foetus peut importe le terme "handicapés"!
Cela n'a absolument pas de sens et c'est une position intenable.
Comme chaque législation en décide différemment, que l'on serait incapable de dire à partir de quand un "tas de cellules" peut être un personne, il me semble que c'est à ce moment là pour une chose aussi grave que devrait être employé le principe de précaution (que l'on emploit à toutes les sauces): interdire l'avortement!
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GuilhemMaurice
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par GuilhemMaurice »

J'ai repensé à cette chanson qui est très sympa bien que triste:
http://www.youtube.com/watch?v=B4CXwuOW0Ps
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ti'hamo
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par ti'hamo »

@cracboum
. Notez tout de même que vous utilisez précisément le même discours que ceux qui font du droit à l'avortement un dogme et un absolu, justement :
- eux aussi affirment bien ne pas être "pour l'avortement", et être contre sa banalisation.
- eux aussi s'empressent d'expliquer qu'il ne faut pas "absolutiser" la vie, etc...

Et pourtant, leur discours aboutit de fait, en pratique, à favoriser, encourager, et faciliter la pratique de l'avortement, et à décourager toute autre pratique
(comme on en a eu un exemple plus haut, avec un autre intervenant qui présentait l'avortement comme préférable à l'adoption pour la raison que si on confie un enfant à l'adoption on se demandera toute sa vie ce qui'l est devenu, alors que si on l'élimine la question ne se posera pas, puisqu'on saura très bien ce qu'il est devenu, de façon sûre et certaine, ce qui laisse l'esprit en paix - raisonnement d'un cynisme achevé quoique visiblement involontaire)

Donc, même si on ne trouve pas noir sur blanc l'affirmation "l'avortement c'est bien", un discours peut constituer un soutien et un encouragement aux politiques actuelles d'avortement.



. En matière de cynisme, il faut avouer que vous faites vous-même assez fort (mais après tout pourquoi pas : on ne trouve aucun passage des évangiles où Jésus affirmerait explicitement une quelconque condamnation du cynisme) :

1) vous utilisez une parabole tirée des évangiles pour affirmer que, du point de vue de Dieu, mettre un terme à la vie d'autrui n'est pas forcément si grave :
La parabole des ouvriers de la dernière heure peut nous aider à comprendre que Dieu n’attache pas autant d’importance que nous à la longévité et à nos schémas sociaux et mentaux. Et, par conséquent, la vie de l’embryon ne devrait pas être considérée comme un absolu devant lequel tout doit plier sans autres égards
L'aspect alambiqué et plus que contourné de la première phrase invite de toute façon à se méfier de la conclusion. D'autant qu'on ne voit pas d'où sort une telle interprétation, sinon d'un a priori (sur le mode "trouvons un passage des évangiles et trouvons lui une interprétation même tirée par les cheveux pour en faire un argument en faveur de notre principe posé a priori")
(dans la même veine, j'avais déjà trouvé ailleurs l'utilisation de l'annonciation : Dieu lui-même laisse la vierge Marie libre de répondre oui ou non, donc c'est qu'il ne condamne pas le libre choix de la maternité, donc l'avortement n'est pas condamné par les évangiles !)

Or on ne voit pas bien ce que la parabole des ouvriers de la dernière heure a à voir avec la durée de la vie et la liberté de mettre à mort : me semble-t-il, il s'agit de montrer que le Salut ne dépend pas du temps que l'on a passé à servir Dieu, que le Salut n'est pas proportionnel à nos efforts,
et qu'une personne convertie sur son lit de mort a tout autant accès à ce Salut qu'une autre qui aurait pratiqué foi et charité depuis sa plus tendre enfance.

Si vous arrivez à conclure de cela que le Christ ne s'effarouche pas de nos envies de passer nos enfants de vie à trépas, je vous tire mon chapeau mais je vous demanderai, en même temps, de bien vouloir détailler par le menu votre raisonnement et votre interprétation.


2) L'autre argument que vous avancez est d'ordre... médiatique et publicitaire !
cette attitude, jugée réactionnaire à l’extérieur de l’Église, semble contre productive, surtout auprès des femmes particulièrement sensibles à tout ce qui peut ressembler à du mépris à leur égard.
Parce que telle idée n'est pas à la mode, n'est pas dans l'air du temps, parce que s'opposer à telle autre risque de donner une mauvaise image aux yeux du monde, alors il faudrait adapter nos idées, les changer pour plaire et pour attirer plus de monde.
Vous nous proposez, noir sur blanc, non pas d'adapter la forme de l'évangélisation aux peuples évangélisés, mais d'adapter le fond, de changer les idées, pour mieux correspondre à l'air du temps, plaire plus, et de ce fait attirer plus d'adeptes !
Autrement dit, vous nous proposez de devenir une secte plutôt qu'une religion.


Merci mais non merci.
Si c'est là tout le fond de votre raisonnement, alors la réponse, effectivement, est simple.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
Extrait de L'Agression
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Raistlin
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Re: Avortement : C’est toujours la bonté qui doit se manifes

Message non lu par Raistlin »

cracboum a écrit :La vraie cible est la banalisation de l’avortement.
Ma question va être simple : cracboum, êtes-vous (encore) catholique ? Histoire qu'on sache un peu avec qui on parle.
Si vous l'êtes, je ne peux alors que vous exhorter à obéir à l'Église plutôt qu'à votre conscience aveuglée par le péché.


Maintenant, pour répondre à votre propos, comme l'a souligné ti'hamo, les pro-choix aussi disent vouloir lutter contre la banalisation de l'avortement. Au final, on voit le résultat.
De toute façon, hormis certains cas thérapeutiques très spécifiques, aucune situation ne peut moralement justifier un avortement, surtout pas le viol de la mère. Et ce pour la simple et bonne raison que l'enfant à naître n'est pas responsable des crimes de son père et que la mère n'a AUCUN droit sur la vie d'autrui, pas même celle de son enfant. Ce n'est même pas la doctrine de l'Église que vous sers là, c'est simplement le fruit de la raison... même si je sais le peu d'estime que vous avez pour ce don de Dieu.

Le pire, c’est que vous vous servez de la parole de Dieu pour justifier le meurtre d’innocents (car tuer un être humain non coupable et hors situation thérapeutique particulière constitue un meurtre). Ce procédé, en plus d’être inepte (merci à ti’hamo pour l’avoir montré) est proprement ignoble et ouvre à la modération le droit de vous sanctionner. Vous voilà prévenu : nous ne tolèrerons pas encore très longtemps vos pseudo intuitions mystiques ou cas de conscience personnels qui n’ont pas leur place dans un débat rationnel, surtout quand ils s’opposent à la loi naturelle, à la raison et à la doctrine catholique.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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