On a cherché, dans les temps modernes, à expliquer d’une manière purement naturelle la révolution subite qui s’opéra dans les sentiments, les convictions et la vie de Saul.
Les uns l’ont présentée comme une crise d’un caractère exclusivement interne et d’origine toute morale. Holsten, dans son écrit sur l’Evangile de Pierre et de Paul (1868), a mis au service de cette explication toutes les ressources d’une remarquable sagacité. Le tout se réduit à ces deux points : Saul a cru voir Jésus glorifié, et de cette apparition (imaginaire) il a conclu que Jésus était le Messie. Mais le maître de Holsten, Baur, tout en présentant aussi l’apparition de Jésus comme « le reflet extérieur d’un travail spirituel, » dans l’âme de Saul, n’a pu s’empêcher, en fin de compte, de reconnaître qu’il reste dans ce fait quelque chose de mystérieux et d’insondable : « On ne parvient, par aucune analyse, ni psychologique, ni dialectique, à sonder le mystère de l’acte par lequel Dieu révéla en Saul son Fils1. »
Cet extrait est de Frédéric Godet , théologien ( 1812 - 1900 )
Je cherche encore ...
