Shinran a écrit :Et donc si Marie avait dit non, on aurait pas eu de Jésus?
Dieu n'aurait pas été demandé à une autre femme?
On peut simplement qu'il a été demandé parce qu'il savait qu'elle allait dire oui..., mais dan l'hypothèse qu'elle eu dit non, alors pas de Christ?
Dieu respecte la liberté de sa créature, si elle avait dit non il n'y aurait pas eut Jésus tel que nous le connaissons. Je ne peux m'empêcher de penser que Dieu aurait trouvé un moyen de nous sauver et ne nous aurait pas abandonné à la mort.
ça demande quand même une analyse plus profonde.
On peut aussi voir le faite que maintenant nous formons tous une même famille, le faite que nous sommes responsable des uns des autres...
Pour former une seule famille il faut un père et une mère. Mais comme vous voulez approfondir, permettez moi une réponse un peu plus longue en partant de la virginité de Marie.
Dès les premières formulations de la foi, l'Église a confessé que Jésus a été conçu par la seule puissance du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie, affirmant aussi l'aspect corporel de cet événement: Jésus a été conçu "de l’Esprit-Saint sans semence virile" (Concile de Latran en 649). Les Pères voient dans la conception virginale le signe que c'est vraiment le Fils de Dieu qui est venu dans une humanité comme la nôtre. C’est d’ailleurs bien ainsi que le relate les récits évangéliques (cf. Mt 1,18-25; Lc 1,26-38) : ils comprennent la conception virginale de Jésus comme une œuvre divine qui dépasse toute compréhension et toute possibilité humaine : « Ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint », dit l’ange à Joseph au sujet de Marie, sa fiancée (Mt 1,20).
L'Église y voit l'accomplissement de la promesse divine donnée par le prophète Isaïe: "Voici que la vierge concevra et enfantera un fils" (Is 7,14, d'après la traduction grecque de Mt 1,23).
L'approfondissement de la foi en la maternité virginale a conduit l'Église à confesser la virginité réelle et perpétuelle de Marie (cf. Concile de Constantinople II en 553), même dans l'enfantement du Fils de Dieu fait homme.
Quelle significations pour notre sujet à la virginité de Marie? On peut y découvrir, en lien avec l'ensemble de la Révélation, les raisons mystérieuses pour lesquelles Dieu, dans son dessein salvifique, a voulu que son Fils naisse d'une vierge. Ces raisons touchent aussi bien la personne et la mission rédemptrice du Christ que l'accueil de cette mission par Marie pour tous les hommes:
- La virginité de Marie manifeste l'initiative absolue de Dieu dans l'Incarnation. Jésus n'a que Dieu comme Père (Lc 2,48-49). La nature humaine qu'il a prise ne l'a jamais éloigné du Père.
- Jésus est conçu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie parce qu'il est le Nouvel Adam (1Co 15,45 ) qui inaugure la création nouvelle: "Le premier homme, issu du sol, est terrestre; le second homme, lui, vient du ciel" (1Co 15,47).
- Jésus inaugure par sa conception virginale une nouvelle naissance des enfants d’adoption. Or, la participation à la vie divine ne vient pas "du sang, ni du vouloir de chair, ni du vouloir d'homme, mais de Dieu" (Jn 1,13).
Nous l'avons dit Marie est Mère du Christ, Mère de Dieu. Par la puissance de l’Esprit saint, Marie est la mère de Jésus. L’intervention divine miraculeuse dans la maternité de Marie n’enlève rien à la réalité de sa maternité : elle est « Mère de Jésus » (Jn2,1 ; Jn19,25), « Mère de mon Seigneur », dit Élisabeth (Lc 1,43). De ce fait, elle devient vraiment la Théotokos, c’est-à-dire, littéralement, la « mère de Dieu ». Cette maternité toute particulière enracine Marie dans le dessein de Dieu et la met dans une situation unique vis à vis de la rédemption.
C'est à travers l’obéissance de la foi que Marie reçoit de son Fils la maternité des vivants à la Croix.
En tant que mère Marie est unie à son Fils et elle le sera jusqu’à la Croix. La prophétie de Syméon l’annonçait dès le début de l'Évangile : « à toi-même une épée te transpercera l'âme » (Lc 2,27-35).
Jésus le manifeste particulièrement : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère… Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui » (Jn 19,25-27).
Jean-Paul II le rappelle dans Dives in misericordia §9 : « Personne n'a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la croix… Personne autant qu'elle, Marie, n'a accueilli aussi profondément dans son cœur ce mystère: mystère divin de la rédemption, qui se réalisa sur le Calvaire par la mort de son Fils, accompagnée du sacrifice de son cœur de mère, de son "fiat" définitif ». C'est en se sens me semble-t-il qu'elle offre pleinement sa vie.
Dans la foi, Marie a accueilli l'annonce et la promesse apportées par l'ange Gabriel, croyant que "rien n'est impossible à Dieu" (Lc 1,37), et donnant son assentiment: "Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole" (Lc 1,38). Élisabeth l’a saluée : "Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur" (Lc 1,45).
Marie n'a pas cessé de croire "en l'accomplissement" de la parole de Dieu. Aussi bien, l'Église vénère-t-elle en Marie la réalisation la plus pure de la foi.
Elle a prononcé son "fiat" "au nom de toute la nature humaine" (S. Thomas d'A., IIIa) : par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Ève, mère des vivants, « qui donne, non à l’antique serpent, mais au messager de Dieu, une foi que nul doute n’altère » (Concile Vatican II LG 63).
Mère des vivants car elle participe à la Résurrection du Christ (et donc à la rédemption).
L'écriture nous dit :
Ap 11,19 : « Et le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l'arche de son alliance apparut dans son temple. Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre, et une forte grêle. »
Ap 12 : « Un signe grandiose apparut au ciel: une Femme! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête » et « elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu'au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d'un temps ».
L'Assomption de la Vierge ne fait aucunement mention de texte scripturaire qui affirmerait directement ou implicitement l’Assomption. Mais l'Église lit l'Écriture dans l’Esprit et cette intelligence spirituelle de l'Écriture l’amène à l’affirmation certaine de l’Assomption.
L'Assomption de la Sainte Vierge est une participation singulière à la Résurrection de son Fils et une anticipation de la résurrection des autres chrétiens. C’est un acte divin, et non marial : « Tu as préservé de la dégradation du tombeau le corps qui avait porté ton propre Fils et mis au monde l'auteur de la vie », dit la préface de la fête de l’Assomption.
L'Église ne prend pas position sur l’éventualité de la mort de Marie. On peut croire que Marie n’a pas connu la mort et a été enlevée au ciel au terme de sa vie, mais toujours vivante. A la suite des Orientaux, qui parlent de Dormition et non d’Assomption, on peut croire que Marie s’est endormie dans la mort pour être ensuite élevée corps et âme au ciel.
Voilà je suis un peu long veuillez m'en excuser Shinran mais j'espère que vous comprenez mieux maintenant pourquoi nous disons que Marie est co-rédemptrice.
Bien à vous.