Cependant, j'en ai deux et j'en ai transcrit un extrait pour chacun. Ce serait plaisant si d'autres traductions du même extrait pouvaient être publiées ici: il serait ainsi facile de comparer et de choisir au goût!
Voici donc les deux miennes. Il s'agit d'une partie du chapitre XXXVI, choisi au hasard, tout simplement!
Dr Abbé Albin de Cigala (traduction rythmique d’après l’original, avec bénédiction et appropriation de SS le pape Pie X; Prix Janin de l’Académie Française).
Chapitre XXXVI
Contre les vains jugements des hommes
L’abbé F. de LammenaisI. Le Maître
1.Mon fils, remettez votre cœur en mes mains,
sans rien craindre jamais des jugements humains,
quand vous trouvez, dans votre conscience,
un témoignage sûr, de votre honnêteté.
C’est un bien de souffrir les vains discours des hommes;
et c’est même un bonheur pour le cœur qui est humble,
et qui se fie en Dieu seul bien plutôt qu’en lui-même.
On tient tant de propos que, dès lors, ce qu’on dit
ne saurait mériter que bien peu de crédit.
Comment d’ailleurs se flatter de pouvoir aussi
contenter tout le monde? Hélas, on ne le peut!
2. Saint Paul qui voulait plaire à tous, dans le Seigneur;
qui se fit tout à tous, subit, sans s’émouvoir,
Les jugements portés au tribunal des hommes.
Il travailla toujours, autant qu’il fut en lui,
à l’édification et au salut des hommes.
Il ne put empêcher cependant d’être honni,
bafoué, mal jugé, trop souvent, par envie.
Mais il sut remettre tout au Dieu qui connaît tout;
et sa seule arme à lui, son unique défense,
contre l’iniquité, et les faux soupçons,
contre la haine ouverte et le vent de passions,
ce fut l’humilité avec la patience.
Quelquefois cependant, il a voulu répondre
à ses accusateurs, de peur que son silence
ne parût un aveu, pour les faibles d’esprits.
Chapitre XXXVI
Contre les vains jugements des hommes.
Jésus-Christ : Mon fils, ne cherchez qu’en Dieu le repos de votre cœur, et ne craignez point les jugements des hommes, quand votre conscience vous rend témoignage de votre innocence et de votre piété.
Il est bon, il est heureux de souffrir ainsi, et ce ne sera point une chose pénible pour le cœur humble qui se confie en Dieu plus qu’en lui-même.
On parle tant, qu’on doit ajouter peu de foi à ce qui se dit.
Comment, d’ailleurs, contenter tout le monde? cela ne se peut.
Bien que Paul s’efforçât de plaire à tous dans le Seigneur, et qu’il se fit tout à tous, il ne laissa pas d’être fort indifférent aux jugements des hommes.
2. Il a fait tout ce qui était en lui pour l’édification et le salut des autres; mais il n’a pu empêcher qu’ils ne l’aient quelquefois condamné ou méprisé.
C’est pourquoi il a remis tout à Dieu qui connaît tout; et il n’a opposé que l’humilité et la patience aux reproches injustes, aux faux soupçons et aux mensonges de ceux qui se livraient dans leurs discours, à tout ce que leur suggérait la passion.
Il s’est cependant justifié quelquefois, de peur que son silence ne causât du scandale aux faibles.



