Les arguments classiques contre le recours à la prière des saints dans l'Église.
1. Jésus est seul médiateur
1 Timothée 2,5 : “Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ .".
- L'intercession autre que par Jésus est proscrite bibliquement
D'abord, il s'agit juste d'une affirmation de la Seigneurie de Jésus¹ et non pas une réprobation de quoi que ce soit. Et, ainsi, l'affirmation chez 1 Timothée 2:5 ne constitue en rien un empêchement tout spécial pour la prière des uns des autres. Autrement, c'est tout le collège des apôtres au complet qui serait déjà fautif, partant, comme avec Simon le magicien, quand l'un ou l'autre des apôtres aura dû commencer d'accepter de se faire lui-même intercesseur au profit de l'autre, comme Pierre pouvoir l'être pour Simon Magus. Refuser la requête et renvoyer un Simon à Jésus seul. C'est non seulement absurde, il se trouve que c'est anti-chrétien qui plus est.
Il est évident comment l'unique médiation du Christ est une chose, la prière chrétienne une autre. Il est bien sûr que Paul dans sa lettre à Timothée ne vient pas faire une défense aux chrétiens, mais alors une défense telle qu'à ne plus pouvoir ou vouloir prier les uns pour les autres. Celui qui croit ce genre de chose pense sûrement après ça que l'apôtre sera complètement marteau quand il viendra demander à ses frères de prier pour lui ?
La lettre à Timothée est peut-être une contrainte à ne pas rechercher de Seigneur autre que Jésus (oui, c'est bien l'enseignement de Paul). Il n'est pas d'autre Nom sous le ciel par lequel ... etc.
Il n'est pas d'autre Dieu. Mais il ne s'agit jamais avec cela de vouloir mettre un frein à l'exercice de la charité. Parce que l'intercession chrétienne de prière mais c'est de la charité ( Cf. Que si l'un est malade on ira quérir l'ancien; l'ancien qui priera pour ...) La charité chrétienne
via la prière n'est pas une menace pour la Seigneurie de Jésus. C'est peut-être une menace pour le diable, la charité, sûrement pas pour le Christ.
¹ En effet, seul Jésus est Seigneur. En revanche, il n'est pas que Jésus à pouvoir prier. C'est tout le monde qui prie dans le cénacle. Jésus a beau être seul Seigneur, seul médiateur de la Nouvelle Alliance, qu'il ne va pas empêcher quiconque de prier les uns pour les autres à Gethsémani non plus. Il veut introduire les autres dans sa prière plutôt, les introduire à les en faire participer.
2. Si je peux prier Jésus alors, pour parler en terme d'efficacité : je n'aurai pas besoin de me soucier des autres en réalité. Pourquoi prendre un risque inutile de déplaire à Jésus. Parce que ce n'est sûrement pas la volonté de Dieu, vous comprendrez ici, que d'autres puisse bien prier pour nous.
S'il est parfaitement inutile d'introduire d'autres personnes que Jésus dans une prière d'intercession, alors ce sont les apôtres (et même Jésus) qui demandent des choses inutiles, vaines et dangereuses. Et ceci n'a guère de sens. Tous ne font que prier, intercéder et présenter les besoins de l'autre (ou des autres), dans la prière et tel qu'à le faire vis à vis du Seigneur. Tous sont appellés à le faire au profit des autres. C'est ce que la mère de Jésus fait à Cana, à intercéder, et pour les autres, et auprès de Jésus. Paul ne fait que demander aux autres de prier pour lui, le demande à d'autres que Jésus. Il le demande à ses frères. Et lui-même dit qu'il va prier pour eux. Inutile ? Non, c'est l'expression de la charité tout simplement. Qui ne comprend pas cela ? La charité mais c'est le plus important de tout, d'après Paul.
Il n'est pas de risque de déplaire à Jésus à prier l'un pour l'autre, pas de risque à contrevenir à sa volonté, la volonté de Dieu.
- ... vous avez appris qu'il a été dit : tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin de vous montrer fils de votre Père qui est dans les cieux, parce qu'il fait lever son soleil sur les mauvais et sur les bons, et pleuvoir sur les justes et les injustes [...] Vous serez donc parfaits, vous, comme votre Père céleste est parfait. (Matt 5,43)
Si un chrétien est appellé à devenir
parfait comme le Père céleste est parfait, alors ce le sera très certainement pour continuer à faire la volonté de Dieu dans le ciel. Quelle est cette volonté ? C'est de toujours demander au Père, d'en prier ... d'en prier pour autrui. Faire ceci dès ici-bas est faire comme celui qui est au cieux ! Pour être fils du Père.
La prière par excellence de Jésus qui est le
Notre Père nous l'indique bien : «
... que ta volonté soit faite sur la terre comme aux cieux ». C'est Jésus qui établit le rapport de similitude ou de proximité (cette ''sympathie'') entre la terre et le ciel. Que ta volonté soit faite par moi, déjà, sur la terre, comme elle l'est au cieux, et comme je continuerai aussi de la faire moi-même au ciel, ta volonté. Quelle est la volonté de Dieu ? Mais que tous soient sauvés, et que l'on prie pour tous.
3. Dans le ciel, tous sont exclus de la dynamique de prière intégrant l'un et l'autre. Toute prière n'en fait bien que transiter uniquement par Jésus en personne. Et tout le monde devrait savoir ça !
... et c'est parfaitement faux, cette idée d'exclusion. Oui, faux, parce que si Jésus est Seigneur (puis c'est bien le cas pour vrai), il est bien égal que tous ceux qui résident dans les cieux ont part à la prière, et le Saint Esprit, et les anges et les hommes ! Pour les hommes il en va de cette dignité d'être fils. Et, pour les fils, de l'amour de Dieu ...
vous serez parfaits comme ...
- ... les quatre vivants et les vingt-quatre vieillards tombèrent devant l'Agneau, ayant chacun une cithare et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints (Apo 5, 8)
On a des hommes qui sont dans le ciel, et qui présentent à Jésus les prières des saints qui sont ici-bas. Chacun tient son lot de prières des saints et qu'il peut donc présenter à l'Agneau, au Christ. La prière se trouve à transiter par les mains des anciens qui sont devant l'Agneau. On s'entend qu'une prière n'est pas un truc matériel en réalité. C'est une image. La prière est spirituelle, elle est donc présentée spirituellement par l'ancien à Jésus Christ. C'est la vision de Jean. La prière des saints dans l'Église est soutenue par les anciens qui sont dans le ciel : c'est la plus belle définition de la communion des saints qui soit. Le ciel n'est ni dépeuplé ni inutile dans la Bible.
4. Oui, mais si je suis pour prier Jésus, je ne suis pas pour prier un saint dans le ciel d'aller présenter ma prière.
L'un n'empêche pas l'autre.
5. À quoi ça servirait ? quelle sens de faire intervenir un saint dans le ciel ?
Le sens est que celui qui a ''plus de confiance en Dieu'' peut soutenir la prière de celui qui est plus faible, plus amoché, plus balbutiant ou à peine capable de prier lui-même. C'est exactement comme dans l'Évangile, où la foi de l'un opère (auprès du Christ) au bénéfice de l'autre, l'autre qui est à moitié-mort. Le sens « ... que l'un introduit à la présence de l'autre». Le bénéfice est pour tous : Le christ, l'intercesseur, le bénéficiaire et le/les témoins s'il y a lieu. L'idée est celle d'une joie plus pleine. L'Évangile le dit qu'il est plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui se repent. Pour qu'une joie se communique dans le ciel, il en faut bien que l'information circule.
6. Mais les êtres qui sont ''dans le ciel'' ne peuvent pas obtenir la moindre communication avec ...
En quel honneur ? La Bible signale le contraire ... le Père, le Saint Esprit ... les anges ... les saints ! Le principe est d'ordre spirituel. Quand le Deutéronome faisait interdire une tentative de communication avec des âmes du schéol des anciens Hébreux : le principe est reçu dans la Bible à l'effet qu'un contact est possible avec des individus « ... qui s'en seront allés.» C'est donc
a fortiori (surtout; ce n'est pas moins vrai) comment le contact sera possible, et d'autant plus possible avec un saint devenu fils de Dieu, en contact lui-même avec Dieu, les anges, tout. C'est encore plus vrai qu'un contact est possible entre un membre du corps et un saint justifié au ciel. C'est un même esprit (le Saint Esprit) qui circule de l'un à l'autre, qui anime, qui prie l'un pour l'autre.
7. Impossible. C'est ridicule. Paul de Tarse lui-même est dans le fond des enfers, complètement mort, inconscient, réduit à l'état d'ombre inconsistante et totalement coupée de tout. Il est mort, Paul, Il ne peut absolument rien faire pour personne. Il est dans la même situation que le patriarche Jacob, «pretty dead» et comme au temps de l'Antiquité avant même que le Christ soit venu. Pierre est captif dans les enfers lui aussi.
C'est ce que l'on apprend chez les évangéliques ? sérieusement ? On apprend ce genre de choses ? Eh bien, si c'est le cas : c'est ce genre d'enseignement qui est totalement anti-biblique, anti-chrétien, contre la révélation chrétienne
dans le plus contraire qui se puisse trouver. Il n'est pas meilleur façon que d'annuler la parole du Christ lui-même alors que celle consistant à répandre une pareille idée somnifère et morticole. L'Évangile c'est «Lazare debout » et «Talitha koum !» et «Aujourd'hui tu seras avec moi ...» et «Celui qui croit en moi ne mourra jamais ... le crois-tu ?» et «Je suis ... la Vie»
Le but de la vie chrétienne, le fin du fin, ne consiste vraiment pas à aller faire ''la planche'', inconscient, dans le fond des enfers de la Grèce antique ou du schéol juif. Faire la planche dans l'inconscience n'est pas l'état qui convient aux saints de Dieu; aux enfants de Dieu. Aucun enseignement de Jésus laisse imaginer une pareille affaire, aucune parabole, aucun des textes des Évangiles. Espérer après la dernière trompette pour revivre est ce que croit les pharisiens juifs tout d'abord. Seulement, Jésus c'est la vie, l'intimité avec lui, tout de suite, sans trou noir de dix mille ans comme d'ici la prochaine trompette. Le Nouveau Testament, à l'encontre totalement des enseignements de certains évangéliques : c'est la libération des captifs jusque dans le fond de la prison et pour les en libérer tout de suite afin qu'ils puissent vivre (au sens fort du terme) dans l'esprit ( le ciel de la foi) avec le Seigneur, en lien avec Lui. Il s'agit de son corps.
Le ciel de la foi :
- Yavhé a établi son trône dans les cieux, et sa royauté domine sur tout.
Bénissez Yavhé, vous, ses anges, héros puissants qui exécutez sa parole.
Benissez Yavhé, toutes ses armées, qui le servez, qui faites ses volontés.
Bénissez Yavhé, toutes ses oeuvres, en tout lieux de sa domination.
Bénis Yavhé, mon âme !
- Psaume 103
Qu'ils louent le Nom de Yavhé,
car sublime est son Nom, lui seul,
sa majesté domine ciel et terre.
Il a élevé la puissance de son peuple :
sujet de louange pour tous ses fidèles,
pour les fils d'Israël, le peuple qui
l'approche.
Alléluia !
- Psaume 148
... voilà que désormais toutes les générations me proclameront heureuse;
parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses; et Saint est son
Nom, et sa miséricorde va de générations en générations sur ceux qui
le craignent. Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes
au coeur orgueilleux. Il a renversé les souverains de leur trônes et élevé
les humbles, il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les
mains vides. Il a secouru Israël, son serviteur, se souvenant de sa misé-
ricorde, selon qu'il l'avait annoncé à nos pères, en faveur d'Abraham et
de sa descendance à jamais !
-Luc 1,48
8. Mais c'est parce que les personnes défuntes ... dans le Deutéronome ... la stricte interdiction ...
Jésus qui est sur la terre, qui est pourtant bien «en chair» à côté de Pierre sur la montagne, peut être en contact avec Moïse et un Moïse qui est mort depuis plus de mille ans à ce moment-là. Est-ce que Jésus viole le commandement du Deutéronome ? C'est Jésus qui est délinquant ? ou bien c'est le diable qui se fait passer pour Moïse ? Si c'est Moïse, alors comment Moïse peut-il s'intéresser à ce que Jésus se prépare à vivre en l'an 33 à Jérusalem ? Comment un évangéliste de l'Église du Ier siècle aurait-il pu croire seulement une telle chose possible et en premier lieu ?
Matthieu rapporte que des saints défunts peuvent s'être laissés voir, s'être manifestés à Jérusalem, dans le cadre des événements de la Passion,
après la Croix,
après la résurrection de Jésus. Que dira-t-on ?
- ... et voici que le rideau du sanctuaire se fendit en deux de haut en bas; et la terre fut secouée, et les rochers se fendirent, et les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de nombreux saints qui dormaient se relevèrent et, sortant des tombeaux après sa résurrection , ils entrèrent dans la ville sainte et se manifestèrent à un grand nombre de gens. ( Matt 27, 51)
Est-ce que c'était bien la volonté de Dieu ? le bon désir de Yavhé ? Yavhé du Deutéronome ? que des saints puissent se manifester à des hommes en chair et sur la terre est-elle une chose correcte ?
Vous remarquerez deux choses : a) il s'agit de saints b) c'est après la résurrection de Jésus, et, en ce qui concerne les témoins de Jérusalem («un grand nombre» d'après le texte) et dont aucun parmi ce grand nombre ne sera Jésus lui-même. Qu'est-ce que les évangéliques feront de ce passage de la Bible, et eux qui seraient pourtant sensé tenir compte de toute la Bible ? Matthieu est-il un texte apocryphe du IIIe siècle ? faut-il abroger le verset ou pas ?
Non, la théologie de l'Église catholique l'explique parfaitement bien ce passage canonique de Matthieu. Il n'est pas besoin de rien changer. C'est bien normal. Ce que Matthieu dit n'est juste que ce que Pierre dit lui-même.
Il n'est aucune difficulté à saisir les choses, une fois que l'on abandonne les arguties à cinq balles, que l'on use plutôt de son bon sens, que l'on comprend que l'interdiction du Deutéronome est toujours en vigueur dans l'Église d'ailleurs (c'est dans tous les documents magistériels concernés), mais alors que,
l'objet d'interdit qui aura toujours été visé par la Loi, il n'a rien à voir avec la question des saints de l'Église. Le rapport de Jésus à Moïse n'a rien à voir avec le fait de la sorcière d'Endor, des pratiques de contraintes magiques, un mort dans les enfers qui est non-justifié, etc. L'obstacle dans l'Ancien Testament : ce n'est pas ''la mort'' comme les évangéliques veulent croire ou faire croire. ''La mort'' sera encore bien moins un obstacle une fois que Jésus l'aura vaincue par la Croix, pensez donc ! L'obstacle et la réprobation divine concerne la sorcellerie.
9. Quoi qu'il en en soit, même sans pratique de sorcellerie mais il demeure un risque (pour certains) d'avoir affaire à autre chose que Jésus. Ainsi, quelqu'un très soucieux du danger devrait tout de même faire la promotion de l'extermination de la prière des saints.
Vraiment ? C'est si grave ? Beaucoup s'imagine avoir affaire à Jésus alors qu'ils ont le diable pour père. Ce n'est pas moi qui le dit. C'est dans Matthieu. Plusieurs pensent parler au nom de Jésus, agir pour lui, etc. Or, ils se ramassent dans la géhenne. Prier Jésus n'est pas plus une garantie que de demander l'assistance des saints. Le fétichisme du nom ''Jésus'' n'est pas un talisman qui devrait protéger un
evil doer de la castagne. En fait, c'est tout le raisonnement de certains ''Jeannot Prudent'' qui est défecteux de A à Z. La véritable prudence réside dans le fait de pouvoir bénéficier d'un magistère ancien, lié aux apôtres, dans l'Église, et qui, lui, aide vraiment pour le discernement, savoir à quoi l'on devrait avoir affaire dans un cas comme dans l'autre (faux Jésus, fausse Sainte Vierge, faux apôtres, etc). Le véritable pousse-au-crime ne serait-il pas plutôt celui là même qui militerait avec joie pour l'abolition du magistère de l'Église ? Qui est véritablement l'imprudent ?