Le problème de l'immigration

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FMD
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par FMD »

On pourrait digresser sur de nombreux points mais il me semble qu’on oublie une question préalable assez fondamentale : a-t-on oui ou non envie de vivre avec tel ou tel groupe d’individus ? Ma réponse est claire : cela dépend mais, dans tous les cas, on ne saurait me forcer à vivre avec des gens dont je n’apprécie guère les moeurs, les coutumes ou encore la culture. Je suis chez moi et si je crois qu’ils n’ont de fait rien à m’apprendre, je n’ai aucune raison de m’adapter à leur présence. En l’espèce, imaginons que je n’ai pas envie de vivre avec des individus (parfaitement hypothétiques, je le précise) dont les croyances débiles me révulseraient, qui seraient inassimilables à mon substrat originel, qui se comporteraient de manière braillarde et irrespectueuse et qui de surcroît appauvriraient ma culture et alourdiraient mes impôts. Si un tel groupe existait, je n’aurais pas peur de lui mais je lui ferais rapidement savoir qu’il n’est pas le bienvenu chez moi. Je ne suis pas masochiste, c’est une simple de règle de bon sens. Fort heureusement, le bon sens semble être une idée neuve en Europe et on peut lui prédire un grand avenir.

Quant à ceux qui font preuve de générosité avec l'argent des autres, je ne préfère même pas leur répondre.
aroll
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par aroll »

Bonjour.
Désolé pour cette absence et ce retard, mais il y a une vie hors des forum.
J'ai promis une réponse à Sofia, la voici:
Je pense qu'il n'est pas possible de comprendre les causes de la majeure partie de l'immigration, sans s'intéresser à la colonisation (et à la décolonisation), parce qu'il y a un lien que je vais essayer de montrer.

Pour bien comprendre ce qu'est une colonisation, je propose d'imaginer ce que signifierait d'être sois même colonisé.

Imaginons donc un peuple très très en avance sur nous (des extraterrestres, par exemple) débarquant sur Terre, en décrétant que cette planète est désormais leur propriété, et que nous sommes colonisés de fait.

Imaginons que leur planète d'origine s'appelle Vulcain (Spoke, si tu nous regarde..).

Qu'est-ce que cela signifierait pour nous?

Bien sûr, un bond en avant dans la connaissance.
Bien sûr, l'accès à des technologie qui font rêver.
Peut-être même la fin des maladies.

Mais aussi:

-La remise en cause de nos lois et de nos coutumes, pour imposer les leurs.

-La fin de notre identité culturelle, et même de nos racines historique, qui ne seraient plus enseignées (à l'image des petits africains qui, à l'école, apprenaient: "nos ancêtres les gaulois...").

-L'imposition d'une nouvelle langue officielle, voir d'une religion.

-Dans un premier temps tous les terriens seraient cantonnés dans des tâches subalternes, parce qu'ils seraient considérés comme inaptes à accéder à des postes à responsabilités dans un monde trop différent du leur (d'ou perte d'une bonne part de l'estime de soi chez ceux qui avaient un certain niveau).
Ensuite, quelques individus sélectionnés, (sans doute plus pour leur soumission aux envahisseurs que pour autre chose), seraient formés pour accéder éventuellement plus tard à des responsabilités..... limitées.

-La Terre n'étant plus qu'une "excroissance" de Vulcain, la disparition de toute citoyenneté (nous sommes terriens pas vulcanien), et de toute responsabilité politique car elles seraient réservées aux vulcaniens.

Si il y en a qui pensent que la simple immigration est insupportable et qu'elle porte atteinte à leur identité, que penseraient-ils d'une colonisation?
Que feraient-ils si des gens venus d'ailleurs, débatisaient leur pays, supprimaient leurs lois, leurs coutumes, et l'enseignement de leur histoire? Comment supporteraient-ils de ne plus être des citoyens responsables, de ne plus rien décider?


Coloniser un pays, ne signifie pas aider un peuple à se développer pour des cause plus ou moins philanthropiques, ça c'est l'alibi hypocrite mis en avant par ceux qui veulent éviter les conséquences d'une réflexion critique.
Les seules raisons qui aient jamais motivé un état à coloniser, c'est la cupidité et la volonté de domination.

Attention, je ne dis pas que tous les colons étaient cupides et mauvais, je dis que la colonisation, telle qu'elle fut organisée, était une mauvaise chose, et qu'elle a généré la frustration et la radicalisation chez les colonisés.

Ensuite est venue la décolonisation, et c'est là que les choses ont vraiment dégénéré.
Les leaders indépendantistes étaient rarement des gens fréquentables, parce qu'l faut déjà une certaine "tournure d'esprit", une certaine idée du pouvoir pour vouloir diriger une rébellion, et que les pays colonisateurs formaient beaucoup moins d'élites que l'on a voulu faire croire (pour freiner les volontés d'émancipation justement), le choix n'était donc pas très grand.

Si l'on rajoute à cela que les gens frustrés et radicalisés étaient prêts à porter au pouvoir celui qui justement, semblait le plus radical, et que les pays colonisateurs ont cherché à promouvoir par tous les moyens (assassinat de Patrice Lumumba) le candidat, fut-il dictateur, qui favoriserait le plus leurs intérêts, pas étonnant que les chefs d'état issus de la décolonisation n'étaient pas des références...

En tentant ainsi d'orienter le choix des leaders sur le seul critère de nos intérêts politiques et stratégiques(1) (sans oublier les intérêts économiques de quelques uns, on en reparlera), et en continuant depuis cette époque dans la même orientation(2), les pays colonisateurs ont une responsabilité importante dans l'état actuel de ces pays.

(1)Exemple: L'assassinat de Patrice Lumumba et le soutient à Mobutu.
(2)Exemple: Le soutient français à Hissène Habré ou aux huttus génocidaires du Rwanda.

Remarque: le soutient à des gouvernements douteux n'est pas l'exclusivité des états, les entreprises occidentales le font aussi. Exemple: le soutient d'Elf aquitaine (fourniture d'armes) au gouvernement pro soviétique Angolais pour pouvoir exploite le pétrole.


La décolonisation, n'est pas simplement politique, mais elle doit (devrait) être aussi économique; sauf que cette décolonisation économique n'a de fait pas vraiment eu lieu.
-Les puits de pétrole Angolais et Ivoirien sont toujours aux mains d'Elf aquitaine.
-Le cuivre du Shaba aux mains de l'union minière belge (c'était encore le cas en 1979, en tous cas).
-L'exploitation des plantes médicinales et des saphirs de Madagascar est entre les mains d'occidentaux qui en tirent 90% du profit.
-Pareil pour l'or de plusieurs pays,


Il y a donc, dans le monde, des pays dirigés par des dictatures que nous avons largement contribuer à mettre en place et que nous continuons à soutenir, et dont les richesses naturelles enrichissent essentiellement nos entreprises.
C'est alors un peu facile aujourd'hui de stigmatiser l'incurie des gouvernements corrompus de ces pays, alors que nous avons très largement contribué à les mettre en place et à les soutenir, pour l'intérêt de quelques une de nos élites économiques, ou pour de sordides raisons de géopolitique.

En conclusion, même si c'est insupportable à admettre pour bon nombre de gens, et en particulier pour nos gouvernants, la cause principale de l'état déplorable des pays ex colonies, et son corollaire, l'immigration, est bien à rechercher chez nous.

En fait, il n'y a rien d'étonnant dans cette attitude, on retrouve le même déni de responsabilité chez l'auteur de n'importe quel désastre, c'est toujours la faute de quelqu'un d'autre, même la victime, où à la malchance, et cela parce que les conséquences font peur de par leur importance.
De la même manière, la responsabilité occidentale dans l'état de ces pays est niée, avec des arguments aussi simplistes que révélateur d'une ignorance...... souvent volontaire d'ailleurs..


Bien sûr, ill y d'autres responsabilités à d'autres niveaux, comme, par exemple, le FMI qui impose à certains pays endettés de choisir spécifiquement des cultures exportables (café, cacao) en lieu et place des cultures vivrières, et cela dans l'unique but de favoriser l'obtention de devises pour rembourser leur dette.

La plupart des immigrés qui arrivent chez nous, parfois dans des conditions de voyage effroyables, sont soumis au racisme d'une grande partie de la population, à l'arbitraire d'un patron profiteur de la situation et exploiteur, et doivent souvent se loger au milieu des moisissures et des cafards quand ce ne sont pas les rats. Pourtant ils restent. Ils peuvent repartir, rien de plus facile, il suffit de se laisser prendre par la police, le reste est gratuit... mais ils restent, pourquoi?
N'est-ce pas là un signe évident que la situation dans leur pays d'origine est absolument insupportable? Comment supporter tout cela sinon?

Partant de là, il est évident que la solution "contrôle des frontières et renvoi massif d'immigrés" est, non seulement quelque part injuste (l'état de leur pays est une conséquence de l'action des nôtres), mais elle est surtout inefficace, obligatoirement inefficace.

Lorsque l'on a à faire à des gens prêt à risquer leur vie pour venir, ces solutions (en plus d'être injustes) ne peuvent pas suffire, elles vont donc déboucher sur une frustration, de la part des autochtones, qui sera génératrice de radicalisation.
Et de frustration en radicalisation, et de radicalisation en frustration et de...... c'est notre pays qui glissera vers la dictature....

Étrange comportement que celui de ceux qui veulent comparer l'immigration à une inondation, mais qui ne s'aperçoivent pas que l'on ne peut la contrer qu'au niveau de la source.

Travailler au niveau de la source, c'est l'aide au développement, cela existe déjà, mais pour être réellement efficace, il faut que cette aide soit, bien sûr, beaucoup plus importante, mais aussi différente.
Actuellement, on finance des projets, on prête de l'argent, on construit des hôpitaux et des écoles, on creuse des puits, etc.
C'est bien, mais cela ne change rien au fait que ces pays restent:
-Dirigés par des gouvernements corrompus.
-Spoliés d'une grande part de leur richesses par certaines de nos entreprises.
-Privées de leurs élites qui renoncent souvent à essayer de développer leur pays parce qu'ils ne croient pas au changement possible.
or, ces point là sont les plus importants, voir les seuls qui comptent vraiment.

Je conçois tout à fait que changer les gouvernements est une tâche si difficile qu'elle semble impossible, pourtant, c'est bien en grande partie grâce à nous qu'ils sont là, et il faut toujours tout faire pour réparer ses torts, même lorsque ceux-ci ont des conséquences qui nous dépassent...

Je n'ai pas de réponse arrêtée pour y parvenir, J'imagine bien que cela entraînerait obligatoirement une ingérence qui peut-être mal perçue (néo-colonialisme), mais bien expliquée en détail au niveau du but et des moyens(*), et assortie d'une reconnaissance de responsabilité, au moins partielle, on peut espérer que ça passe.
(*) Donc il faut mettre carte sur table, c'est-à-dire informer la population de ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons, et des conséquences politiques de ce que nous faisons.

En plus, certains chefs d'états, sentant le vent tourner, pourraient se découvrir une brusque envie s'améliorer sans avoir besoin d'intervenir beaucoup...

Pour le problème de l'exploitation des richesses par nos multi-nationales, une volonté politique non influencée par des copinages douteux suffit.

Pour ce qui est des élites, une solution pourrait être d'engager nous même celles qui ont été formées chez nous, et les payer (peut-être même à vie), et à un niveau stimulant, pour travailler à développer leur pays d'origine.

Ah, j'oubliais, il faut bien sûr effacer toute dette, c'est évident.

Les conséquences de cette décolonisation qui n'a été réalisée qu'en cherchant à protéger nos intérêts à court ou moyen terme au détriment de l'avenir de populations entières, sont sans doute extrêmement difficiles à réparer, et je ne sais pas ce qui, au niveau politique, est encore possible et ce qui est déjà allé trop loin pour être corrigé avant longtemps, mais je sais que la solution du contrôle et du renvoi est inefficace et dangereuse, et je sais que la solution qui consiste à transformer ces pays en attracteur plutôt qu'en repoussoir est l'unique valable.

De toute façon, à partir du moment où l'on peut déjà se rejoindre sur l'origine du problème, sur l'injustice et l'inévitable inefficacité du contrôle et du renvoi (sauf acceptation d'une dérive dictatoriale), et sur la nécessité de travailler beaucoup plus en amont, on aura fait un grand pas vers à la fois plus d'humanité et plus d'efficacité, et cela ne pourra que stimuler des "plus futés" à trouver des solutions audacieuses et néanmoins applicables.

Et ce n'est pas parce que les conséquences de notre politique d'il y a 50 ans semblent aujourd'hui dépasser nos capacités de réparation, qu'il faut, non seulement nier toute responsabilité, mais en plus criminaliser les victimes.

Cette réponse est peut-être incomplète, et demande peut-être quelques "éclaircissements supplémentaire ici ou là, mais c'est déjà un début.

Amicalement, Alain
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour.
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Pneumatis a écrit :Bonjour,

Pas facile de faire que la discussion ne s'emballe pas ! Tentons de rester respectueux et bienveillant les uns envers les autres. Appliquant cette recommandation à moi-même, je renouvelle mes excuses pour mon cynisme lors de ma remarque sur l'esclavage, qui n'était pas des plus constructives, je le reconnais.

En espérant clore ce thème de la colonisation et de l'esclavage, je voudrais dire deux choses : quelle que soit la "rentabilité" de la colonisation et ses bienfaits, elle a eu des méfaits qui ne sont pas contestés. Qu'on y perde ou qu'on y gagne ne change rien au mal qu'on a causé à ces peuples.

Il ne faut certes pas confondre la colonisation et l'esclavage, mais il faut remettre les choses (y compris mes propos) dans leur contexte. Quand la colonisation a eu pour conséquence directe de pratiquer, non pas de façon marginale, mais légalement, en tant que nation française, le commerce d'esclaves des pays du sud, pour la spoliation des colonies du pacifique, par exemple, et quand la question se pose de savoir si on veut assumer ou pas, il faut se poser la question de savoir si on se considère membre de la nation française ou pas. Ce ne sont pas des français isolés qui ont commis ces méfaits, c'est la nation française elle-même, dans son droit et sa politique, même si tel ou tel de nos grands-pères n'y a pas participé. Se reconnaitre français et se réclamer de la nation n'autorise pas à faire deux poids deux mesures, et à ne revendiquer de notre histoire que ce qui nous arrange. "Grandir un peu", comme le suggère Polomnic, ça commence justement par arrêter de dire "c'est pas moi, c'est les autres", et assumer ce qui relève de l'histoire de notre nation. Cette nation ne peut qu'en ressortir grandie, que ce soit en reconnaissant et en assumant les massacres opérés pendant la révolution à l'encontre des catholiques royalistes, par exemple, ou en reconnaissant et en assumant les massacres opérés à l'encontre des esclaves et de certaines populations colonisées.

Enfin, il ne s'agit pas d'assumer des choses qui se sont passé il y a deux mille ans, mais des phénomènes que nous continuons d'entretenir aujourd'hui sous d'autres formes, par un impérialisme économique qui non seulement continue de creuser les écarts entre les pays riches et les pays pauvres, mais le fait en plus en nuisant gravement à notre environnement. cf. La lettre de Benoit XVI pour la journée mondiale de la paix 2010.

Bon voilà tout ce que j'avais à dire sur ce sujet.


Pour revenir sur l'immigration, je voudrais repartir de la synthèse proposée par Ichtus et apportée par Mistral.
Le Catéchisme de l'Église catholique énonce que : "Les nations mieux pourvues sont tenues d’accueillir autant que faire se peut l’étranger en quête de sécurité et des ressources vitales qu’il ne peut trouver dans son pays d’origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l’hôte sous la protection de ceux qui le reçoivent. Les autorités politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs de migrants à l’égard du pays d’adoption. L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges" .

C’est le devoir d’un Etat de préserver le bien commun. Saint Pie X le disait : "Oui, elle [la patrie] est digne, non seulement d’amour, mais de prédilection" . Il n’y a donc rien de honteux pour un chrétien à défendre le bien commun de la nation, la plus vaste des communautés naturelles. S’il le faut, il peut affirmer qu’une politique d’immigration massive est contraire au bien commun. (19 avril 1909).

En 1985, le Saint-Père rappelle, après avoir énuméré les méfaits du déracinement, "qu’on ne peut donc pas, a priori, considérer toute émigration comme un fait positif, à rechercher ou à promouvoir" (Discours au 2ème congrès mondial de pastorale de l’immigration - 17 octobre 1985).
Je ne peux qu'être d'accord avec ce qui est dit. Mais j'avoue ne pas comprendre comment, en partant de ça, on peut en arriver à la conclusion qu'il faut systématiquement reconduire les immigrés en situation irrégulière (c'est en tout cas ce que j'ai cru comprendre des propos de Mistral) ou encore fermer les frontières à l'immigration.

Personne ici ne souhaite que soit mise en oeuvre ou entretenue une politique d'immigration massive. Le déracinement, pour beaucoup des migrants en quête de meilleures conditions de vie est une tragédie, souvent l'occasion d'une séparation de la famille en plus, et à l'arrivée d'une exploitation ne respectant pas leurs droits ni leur dignité. Des flux massifs et mal gérés sont également nuisibles aux nations d'accueil, dans ce qu'ils peuvent entrainer de déséquilibre économique par exemple.

Personne non plus ne dit qu'il faut promouvoir (ce qui va dans le même sens) comme un fait positif toute forme d'émigration. Et ce pour les mêmes raisons que je viens d'indiquer.

Depuis le début, en ce qui me concerne, je crois bien souligner que le point fondamental d'une saine politique d'immigration est de favoriser le développement et les conditions de vie dans les pays de départ, afin que le besoin d'aller voir ailleurs soit le plus réduit possible. A ce sujet, je voudrais citer les propos de Benoit XVI, lors de son voyage aux Etats-Unis en 2008, répondant à une question sur l'immigration aux Etats-Unis :
Benoit XVI a écrit :La solution fondamentale est que les gens n'aient plus besoin d'émigrer parce qu'il y a dans leur patrie suffisamment de postes de travail, un tissu social suffisant qui fait que personne n'a plus besoin d'émigrer. Nous devons donc tous travailler avec cet objectif, pour un développement social qui permette d'offrir aux citoyens du travail et un avenir dans leur pays d'origine.
Ceci étant dit, et comme cela n'est pas fait, nous devons gérer les conséquences de notre immobilisme dans ce domaine, en regardant l'autre aspect de la gestion migratoire qui est celle de l'accueil, de l'intégration et de l'acculturation, ainsi que des conditions de tout cela.

Oui, je crois que les migrants doivent respecter les droits du pays d'accueil, s'intégrer à la culture, etc... Et le non respect du droit français, notamment dans le cas d'actes autorisés dans la culture du migrant, mais criminels au regard de la loi française, peut le cas échéant être un motif d'expulsion. Mais en amont de ces cas-là, il faut commencer par rendre l'intégration possible, et d'envisager avec le migrant, dès le départ, les éventuelles conditions de retour !

On ne peut pas regarder un clandestin en face et lui dire qu'il va être expulsé parce que sa seule situation de clandestin le met en infraction au regard du droit français. Etre clandestin ne peut être un crime, en premier accueil, dans la mesure où c'est la situation première de celui qui se réfugie sur notre territoire. La première chose est donc de reconnaitre ses droits. Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, l'a rappelé récemment (cf. un message cité plus haut) :
Mgr Agostino Marchetto a écrit :Un autre droit violé dans l'acte d'intercepter et refouler les migrants sur les côtes africaines de la Méditerranée est celui au « juste procès », qui comprend le droit à se défendre, à être écouté, à faire appel contre une décision administrative, le droit à obtenir une décision motivée, et celui d'être informé des faits sur lesquels repose la sentence, le droit à une cour indépendante et impartiale. Le Code des frontières de Schengen déclare que toutes les personnes auxquelles aura été refusée l'entrée sur le territoire auront le droit de faire appel. Les personnes refoulées n'ont cependant pas la possibilité d'exercer ce droit. En plus de cela, on ne leur dit pas où et comment elles peuvent exercer ce droit, de même qu'il n'existe pas pour ces personnes un acte administratif qui leur interdise de poursuivre leur voyage du désespoir vers les eaux internationales ni ne prédispose leur retour à leur lieu de départ ou à un autre destin sur la côte africaine.
Oui, les migrants ont aussi des droits. On ne peut pas d'un côté les priver de conditions d'accueil dignes, d'une information correcte sur leurs droits et de la possibilité de les exercer, et de l'autre côté les condamner au refoulement pour le motif qu'ils sont en situation irrégulière. Par définition, une personne qui arrive sur notre territoire en fuyant son pays, même pour des raisons matérielles en quête de meilleures conditions de vie, se retrouve en situation irrégulière. Tout commence donc par l'accueil, à moins de penser que toute personne connait de manière innée les procédures de demande d'asile et de protection des réfugiés, ainsi que le droit français.
polomnic a écrit :C'est aussi une question que je me pose. Comment est il possible pour un chrétien de ressentir davantage d'empathie à l'égard de personnes lointaines qu'à l'égard de leur propres concitoyens.
Anonymus vous a très bien répondu. Il ne s'agit nullement de préférer le pauvre étranger au pauvre autochtone. Il s'agit surtout de ne pas les opposer et ne pas faire porter la responsabilité de la pauvreté des premiers sur les seconds. Croyez bien que les pauvres ont tous droit à une égale solidarité et une égale compassion. Pour vous retourner la remarque, à Polomnic et Mistral, il est curieux que nulle part dans vos propos, vous ne vous heurtiez de ce que notre système économique, et une part très favorisée de la population, favorise cette pauvreté quand d'autres n'ont pas de quoi vivre dignement. Au lieu de ça, vous vous concentrer sur ce bouc émissaire qu'est le migrant, comme si le pauvre étranger était la cause de ces inégalités.

Ce que vous dites ensuite sur la situation intolérable de français qui n'ont pas de logement décent, ou pas de quoi se nourrir est très vrai. Il est important de les aider. Accueillir l'étranger, ce n'est pas le préférer à l'autochtone, c'est lui reconnaitre les mêmes droits inaliénables. Les uns comme les autres ont autant le droit à notre solidarité, sans préférence. Vous semblez pourtant en faire une. J'en déduis que cela ne peut être au nom du respect de la dignité humaine que vous souhaitez que les "pur souche" qui vivent dans la pauvreté bénéficient de condition de vie meilleures. Car si c'était au nom du respect de la dignité humaine, cette dignité humaine n'étant pas moins réelle pour l'étranger, vous ne pourriez avoir cette préférence.

Je gage que ce n'est pas une préférence que vous faites, mais une interprétation du principe de subsidiarité, en vous disant que la nation a d'abord pour rôle de se préoccuper de ses "nationaux" et de préserver son identité. En France, nous revendiquons et voulons rappeler une identité chrétienne. Mais précisément, comme l'a rappelé Benoit XVI à Malte, la longue tradition de l'accueil des migrants fait partie intégrante des racines chrétiennes d'un pays. Revenir là-dessus, c'est rejeter une part de son héritage chrétien.

Pour conclure ce trop long commentaire, et pour formuler beaucoup mieux que je ne saurais le faire, je voudrais citer sa sainteté Jean-Paul II, dans son message pour la journée mondiale du migrant et du réfugié en 1999 :
Jean-Paul II a écrit :4. Dans de nombreuses régions du monde, on vit aujourd'hui des situations d'instabilité et d'insécurité dramatiques. Il n'est pas surprenant que dans de tels contextes, les pauvres et les personnes abandonnées fassent le projet de fuir à la recherche d'une nouvelle terre qui puisse leur offrir pain, dignité et paix. Il s'agit de la migration de ceux qui ont perdu l'espoir: hommes et femmes, souvent jeunes, auxquels il ne reste d'autre choix que de quitter leur pays pour s'aventurer vers l'inconnu. Chaque jour, des milliers de personnes affrontent des risques parfois dramatiques pour tenter de fuir une vie sans avenir. Malheureusement, la réalité qu'ils trouvent dans les nations d'accueil est souvent une source d'ultérieures déceptions.

Dans le même temps, les Etats qui disposent d'une relative abondance tendent à refermer leurs frontières, sous la pression d'une opinion publique désorientée par les inconvénients qu'entraîne le phénomène de l'immigration. La société se retrouve face à des "clandestins", hommes et femmes en situation irrégulière, privés de droits dans un pays qui refuse de les accueillir, victimes de la criminalité organisée ou d'entrepreneurs sans scrupules.

Au seuil du grand Jubilé de l'An 2000, tandis que l'Eglise prend une conscience renouvelée de sa mission au service de la famille humaine, cette situation soulève également de graves interrogations. Le processus de globalisation peut constituer une opportunité si les différences culturelles sont perçues comme une occasion de rencontre et de dialogue et si la répartition inégale des ressources mondiales provoque une nouvelle conscience de la solidarité nécessaire qui doit unir les familles humaines. Si, au contraire, les inégalités s'accroissent, les populations pauvres sont contraintes à l'exil du désespoir, tandis que les pays riches se retouvent prisonniers de leur désir insatiable de concentrer dans leurs mains les ressources disponibles.

5. Consciente des drames mais également des opportunités présentes dans le phénomène des migrations, "les yeux fixés sur le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu, l'Eglise s'apprête à franchir le seuil du troisième millénaire" (Incarnationis mysterium, n. 1). Dans l'événement de l'Incarnation, l'Eglise reconnaît l'initiative de Dieu, qui "nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis: ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres" (Ep 1, 9-10). L'engagement des chrétiens tire sa force de l'amour du Christ, qui est la Bonne Nouvelle pour tous les hommes.

A la lumière de cette Révélation, l'Eglise, Mère et Maîtresse, oeuvre afin que la dignité de chaque personne soit respectée, que l'immigré soit accueilli comme un frère et que toute l'humanité forme une famille unie, qui sache valoriser avec un esprit de discernement les diverses cultures qui la composent. En Jésus, Dieu est venu demander l'hospitalité aux hommes. Pour cela, Il établit comme vertu caractéristique du croyant la disponibilité à accueillir l'autre dans l'amour. Il a voulu naître dans une famille qui n'a pas trouvé de logement à Behtléem (cf. Lc 2, 7) et qui a vécu l'expérience de l'exil en Egypte (cf. Mt 2, 14). Jésus, qui n'avait pas "où reposer la tête" (Mt 8, 20), a demandé l'hospitalité à ceux qu'il rencontrait. A Zacchée, il a dit "il me faut aujourd'hui demeurer chez toi" (Lc 19, 5). Il est arrivé à s'assimiler à l'étranger qui avait besoin d'un abri: "J'étais étranger et vous m'avez accueilli" (Mt 25, 35). En envoyant ses disciples en mission, il fait de l'hospitalité dont ils bénéficieront, un geste qui le concerne personnellement: "Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé" (Mt 10, 40).

En cette année jubilaire et dans le contexte d'une mobilité humaine qui croît partout, cette invitation à l'hospitalité devient actuelle et urgente. Comment les baptisés pourront-ils prétendre accueillir le Christ s'ils ferment leur porte à l'étranger qui se présente à eux? "Si quelqu'un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui?" (1 Jn 3, 17).

Le Fils de Dieu s'est fait homme pour atteindre chacun, préférant le plus petit, l'exclu, l'étranger. En commençant sa mission à Nazareth, Il se présente comme le Messie qui annonce la Bonne Nouvelle aux pauvres, apporte la liberté aux prisonniers, rend la vue aux aveugles. Il vient proclamer "une année de grâce du Seigneur" (cf. Lc 4, 18) qui est une libération et un début de temps nouveau de fraternité et de solidarité.

"Jubilé, c'est-à-dire "une année de grâce du Seigneur", ce n'est pas seulement le retour d'un anniversaire dans la chronologie" (Tertio millennio adveniente, n. 11). Cette oeuvre du Christ, toujours actuelle dans son Eglise, tend à faire en sorte que ceux qui se sentent étrangers entrent dans une nouvelle communion fraternelle; et les disciples sont appelés à devenir les serviteurs de cette miséricorde, afin que personne ne se perde" (cf. Jn 6, 39).
Parfait, magnifique, j'aime. :clap:

Amicalement, Alain
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour.
Franck a écrit :On pourrait digresser sur de nombreux points mais il me semble qu’on oublie une question préalable assez fondamentale : a-t-on oui ou non envie de vivre avec tel ou tel groupe d’individus ? Ma réponse est claire : cela dépend mais, dans tous les cas, on ne saurait me forcer à vivre avec des gens dont je n’apprécie guère les moeurs, les coutumes ou encore la culture. Je suis chez moi et si je crois qu’ils n’ont de fait rien à m’apprendre, je n’ai aucune raison de m’adapter à leur présence. En l’espèce, imaginons que je n’ai pas envie de vivre avec des individus (parfaitement hypothétiques, je le précise) dont les croyances débiles me révulseraient, qui seraient inassimilables à mon substrat originel, qui se comporteraient de manière braillarde et irrespectueuse et qui de surcroît appauvriraient ma culture
Ben... être chrétien, c'est justement apprendre à aimer son prochain qui est différent, chercher à ne voir en lui que ses bons côtés, et vouloir s'enrichir de ce qu'il peut apporter qui ne nous ressemble pas déjà.
C'est peut-être difficile, mais ça ne doit pas être considéré comme illégitime, c'est bien à cela que l'on doit tendre.

Franck a écrit : et alourdiraient mes impôts.
Non, il n'y aucune raisons qu'ils alourdissent les impôts, ils ne sont de fait que des habitants de plus, comme les enfants qui naissent et qui ne sont pas pour autant accusés de faire augmenter les impôts.
N'oubliez pas que des immigrés en plus ce sont aussi des consommateurs en plus donc une hausse de la demande intérieure.
Franck a écrit : Si un tel groupe existait, je n’aurais pas peur de lui mais je lui ferais rapidement savoir qu’il n’est pas le bienvenu chez moi. Je ne suis pas masochiste, c’est une simple de règle de bon sens. Fort heureusement, le bon sens semble être une idée neuve en Europe et on peut lui prédire un grand avenir.
C'est une question d'apprentissage de la charité sous toutes ses formes (donc aussi la tolérance), dans la vie éternelle nous ne serons pas séparés par castes, tribus, races ou groupes.....
Franck a écrit : Quant à ceux qui font preuve de générosité avec l'argent des autres, je ne préfère même pas leur répondre.
C'est un leitmotiv', mais votre (cher?) argent n'est pas mis en danger par l'immigration....

Amicalement, Alain
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour Alain,
aroll a écrit :Ben... être chrétien, c'est justement apprendre à aimer son prochain qui est différent, chercher à ne voir en lui que ses bons côtés, et vouloir s'enrichir de ce qu'il peut apporter qui ne nous ressemble pas déjà.
C'est peut-être difficile, mais ça ne doit pas être considéré comme illégitime, c'est bien à cela que l'on doit tendre.
Avec tout le respect que je vous dois, ce n'est pas une réponse politique. Convenons tout d’abord que le marché de l’immigration n’est pas infini, que notre demande est limitée par nos ressources humaines, matérielles et financières. On ne peut donc accueillir tout le monde, il faut effectuer une sélection. Admettons ensuite qu’il est possible de classer de classer les groupes candidats à l’immigration selon différents critères (niveau de vie, qualifications, langue, race, religion, culture) mesurant leur proximité avec les Français. Donnons la lettre A au groupe le plus proche et la lettre Z au groupe le plus éloigné. Une population proche coûtera moins cher à l’État d’accueil en raison de son niveau de vie et de ses qualifications et s’intégrera plus facilement aux populations autochtones du fait de sa ressemblance ethno-culturelle. Les heurts économiques et sociaux inhérents à l’immigration seront donc minimisés, à défaut d’être totalement éradiqués. Ceci étant posé, quel gestionnaire raisonnable pourrait préférer Z à A ?
Non, il n'y aucune raisons qu'ils alourdissent les impôts, ils ne sont de fait que des habitants de plus, comme les enfants qui naissent et qui ne sont pas pour autant accusés de faire augmenter les impôts.
Cela dépend de leur niveau de vie. S’ils sont plus pauvres que la moyenne des Français, ils seront surreprésentés dans la répartition des différentes aides sociales.
C'est un leitmotiv', mais votre (cher?) argent n'est pas mis en danger par l'immigration....
L’équilibre budgétaire relève plus de l’obsession que du leitmotiv en ce qui me concerne. Je suis attaché à notre système social et je ne souhaite donc pas le mettre en péril du fait de dépenses inconsidérées qui généreront des déficits et des emprunts qui nourriront in fine les banques. L’exemple de la Grèce est pour le moins probant. C’est aussi une exigence morale pour tout gouvernant, qui découle directement du huitième commandement. On parlait jadis de grivèlerie...

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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour.
Franck a écrit : Avec tout le respect que je vous dois, ce n'est pas une réponse politique. Convenons tout d’abord que le marché de l’immigration n’est pas infini, que notre demande est limitée par nos ressources humaines, matérielles et financières. On ne peut donc accueillir tout le monde, il faut effectuer une sélection. Admettons ensuite qu’il est possible de classer de classer les groupes candidats à l’immigration selon différents critères (niveau de vie, qualifications, langue, race, religion, culture) mesurant leur proximité avec les Français. Donnons la lettre A au groupe le plus proche et la lettre Z au groupe le plus éloigné. Une population proche coûtera moins cher à l’État d’accueil en raison de son niveau de vie et de ses qualifications et s’intégrera plus facilement aux populations autochtones du fait de sa ressemblance ethno-culturelle. Les heurts économiques et sociaux inhérents à l’immigration seront donc minimisés, à défaut d’être totalement éradiqués. Ceci étant posé, quel gestionnaire raisonnable pourrait préférer Z à A ?
Ma position , au sujet de l'immigration est qu'il n'y a pas à choisir entre A, B, ........................ou Z, les plus proche de A manqueraient à leur pays, et les plus proches de Z sont sans doute les plus nécessiteux d'une charité vraiment chrétienne, elle doit être traitée comme je l'ai expliqué dans ma réponse à Sofia, et pour les raisons que j'ai décrites.
Franck a écrit : Cela dépend de leur niveau de vie. S’ils sont plus pauvres que la moyenne des Français, ils seront surreprésentés dans la répartition des différentes aides sociales.
Ce n''est pas si simple. Tout d'abord ce n'est pas une question de pauvreté "d'origine", mais de niveau de compétence.
Un faible niveau de compétence est un frein à l'emploi, oui, mais surtout pour les français.
Les immigrés prennent souvent des emplois très très mal payés(d'autant plus qu'ils sont souvent sans papiers, donc sans droits), que les français ne prendraient de toute façon pas (non rentables).
Enfin, un bénéficiaire d'allocations est aussi un consommateurs, donc un stimulant de la demande intérieure...
Le niveau de chômage d'un pays dépend de sa politique économique, et de la conjoncture du moment, pas du nombre d'habitant.
Si le taux de chômage de votre pays est de 10%, et que 1000 immigrés arrivent, il y aura normalement 900 immigrés qui trouveront du travail, et 100 qui n'en trouveront pas, donc rien de changé pour les autochtones.
Si, par contre, pour différentes raisons, même racistes, les patrons rechignent à engager des immigrés, le hausse de la demande liée à leur arrivée entraînera une embauche supplémentaire de..... français.
Ou, pour le dire autrement, si le chômage doit être forcément de 10% (compte tenu de la conjoncture et de la politique économique choisie), alors, plus il y a d'étrangers au chômage, moins il y a de français dans cette situation, et donc plus il y a de français qui gagnent mieux leur vie.
Ou encore, tant qu'à faire d'avoir 10% de chômeurs, autant laisser cette situation peu enviable aux étrangers, plutôt qu'aux autochtones...
Et attention, renvoyer les étrangers chômeurs, signifie obliger des français à les remplacer....... au chômage! Le plein emploi étant une impossibilité absolue dans notre système.
Franck a écrit : L’équilibre budgétaire relève plus de l’obsession que du leitmotiv en ce qui me concerne. Je suis attaché à notre système social et je ne souhaite donc pas le mettre en péril du fait de dépenses inconsidérées qui généreront des déficits et des emprunts qui nourriront in fine les banques. L’exemple de la Grèce est pour le moins probant. C’est aussi une exigence morale pour tout gouvernant, qui découle directement du huitième commandement. On parlait jadis de grivèlerie...

En Christ,
Franck
Notre système social n'est en rien menacé par une hausse de la population (l'immigration n'est rien d'autre), le problème est ailleurs.
Le problème de la Grèce est le résultat de:
1)Un mensonge sur l'état réel de son économie au moment de son, adhésion (aidée en cela par la banque Goldman Sachs.
2)Une mauvaise gestion, mais dans bien d'autres domaines que le social.
3)Une fraude fiscale généralisée et tolérée, poussée au niveau de sport national.

Amicalement, Alain.
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Re: Le problème de l'immmigration

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L'enseignement de l'Eglise se fait toujours plus clair : hier le Pape a adressé une lettre à Mgr Veglio, à l'occasion du 8ème congrès européen sur les migrations de la conférence épiscopale d'Europe. Mgr Veglio, s'exprimant au nom de l'Eglise, a fait un discours qui est d'une clarté inespérée pour les chrétiens d'Europe sur l'inspiration et le sens des politiques migratoires !

Le texte à lire ici, sans attendre : Migrations en Europe : Analyse de Mgr Veglio

avec un tel discours, il n'est plus possible de mal interpréter le discours de l'Eglise sur cette question.
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour Alain,
aroll a écrit :Ma position , au sujet de l'immigration est qu'il n'y a pas à choisir entre A, B, ........................ou Z, les plus proche de A manqueraient à leur pays, et les plus proches de Z sont sans doute les plus nécessiteux d'une charité vraiment chrétienne, elle doit être traitée comme je l'ai expliqué dans ma réponse à Sofia, et pour les raisons que j'ai décrites.
Le problème est qu’il faut effectuer un choix puisque nous n’avons pas les moyens d’accueillir tout le monde du fait de nos ressources et de nos capacités limitées. La mise en place de critères objectifs de sélection me paraît être la solution la plus juste qui soit car elle protège les migrants de l’arbitraire tout en préservant les intérêts de l’État d’accueil et de ses citoyens. Ces deux perspectives sont d’égale importance.
Ce n''est pas si simple. Tout d'abord ce n'est pas une question de pauvreté "d'origine", mais de niveau de compétence.
Un faible niveau de compétence est un frein à l'emploi, oui, mais surtout pour les français.
Les immigrés prennent souvent des emplois très très mal payés(d'autant plus qu'ils sont souvent sans papiers, donc sans droits), que les français ne prendraient de toute façon pas (non rentables).
C’est exact mais l’économie française, si elle souhaite rivaliser avec ses concurrents à l’échelle mondiale, doit tabler sur les activités à haute valeur ajoutée qui présupposent des qualifications élevées. Nous n'avons pas les moyens de donner dans la philanthropie, l'économie mondiale est un état de guerre perpétuel. L’afflux d’immigrants pauvres et peu qualifiés fragilise cet objectif vital pour le maintien du niveau de vie de notre pays et, in fine, de notre édifice social. On peut de plus imaginer des solutions alternatives, qui solliciteraient la recherche, en ce qui concerne le pourvoi des emplois peu qualifiés. La robotique en fait partie. Croyez-vous ainsi que le métier de caissière existera encore dans 15 ans à l'heure même où les caisses automatiques se développent dans certaines enseignes ?
Enfin, un bénéficiaire d'allocations est aussi un consommateurs, donc un stimulant de la demande intérieure...
Reste à savoir si ce qu’il consomme équivaut à ce qu’il reçoit. Cela n’a rien d’évident, notamment si l’on tient compte du fait que de nombreux migrants renvoient de l’argent dans leur pays d’origine. C'est compréhensible mais ces sommes sont perdues pour l’État comme pour l’économie française. Nous n'avons pas le même problème avec les nationaux.
Si le taux de chômage de votre pays est de 10%, et que 1000 immigrés arrivent, il y aura normalement 900 immigrés qui trouveront du travail, et 100 qui n'en trouveront pas, donc rien de changé pour les autochtones.
À ceci près que le taux de chômage n’est pas uniforme au sein des différentes catégories socio-professionnelles. On observe généralement qu’il est plus élevé parmi les catégories peu ou pas qualifiées. Il se trouve donc que l’importation de 100 individus majoritairement peu ou pas qualifiés n’aura pas le même effet sur le taux de chômage que la naissance de 100 Français tirés au hasard. Même en économie, les individus ne sont pas interchangeables dans la mesure où ils possèdent un capital humain, culturel et financier qui leur est propre et qui est valorisable à des degrés divers. C'est pourquoi il faut procéder à une véritable sélection en matière d'immigration, sur des bases à la fois économiques et culturelles.
Notre système social n'est en rien menacé par une hausse de la population (l'immigration n'est rien d'autre), le problème est ailleurs.
Si l’immigration n’est qu’une hausse de la population, pouvez-vous me confirmer que l’arrivée d’un million de Soudanais moyens aura le même impact sur notre économie que l’arrivée d’un million de Suisses romands moyens ? J'aimerais comprendre l'explication de ce miracle...
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Re: Le problème de l'immmigration

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Pneumatis a écrit :avec un tel discours, il n'est plus possible de mal interpréter le discours de l'Eglise sur cette question.
C’est vrai. J’y désobéirai donc en mon âme et conscience, avec fermeté et résolution. Quand l’Église s’exprime comme l’EHESS, c’est que quelque chose ne tourne pas rond en son sein. Je suis bien content que l’Église soit séparée de l’État quand j’entends un prélat dénoncer le modèle assimilationniste français qui permit à ma grand-mère, cinq ans après son arrivée, d’obtenir son certificat d’études primaires. Je ne suis pas un jacobin acharné mais, à partir du moment où la France a choisi de devenir un État-nation, l’assimilation devient la seule politique d’intégration possible. Cela justifie par ailleurs la mise en place d’une sélection des immigrés, tous n’étant pas assimilables.
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour Franck,

Autant je peux comprendre, même si je ne les partage pas, les bases économiques et sociales sur lesquelles repose vos conclusions quant aux politiques migratoires, autant j'ai de la peine à comprendre ce que je ne peux voir que comme une "mise en parenthèse" du message évangélique. Le discours de l'Eglise ici est plus clair mais n'a rien de nouveau.

Quand vous parlez de critères objectifs de sélection, la doctrine de l'Eglise depuis le Christ lui-même et son évangile, vous en propose un de critère : ce n'est pas le plus compétent ou le plus assimilable que vous devez préférer, mais le plus pauvre. Le critère de sélection que la DSE formule comme "option préférentielle pour les pauvres", reprend simplement l'évangile de Mathieu, 25 :
34. Alors le Roi dira à ceux de droite : «Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.
35. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli,
36. nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. »
37. Alors les justes lui répondront : «Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer,
38. étranger et de t'accueillir, nu et de te vêtir,
39. malade ou prisonnier et de venir te voir ?»
40. Et le Roi leur fera cette réponse : «En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »
Ce n'est pas une invention de l'Eglise d'aujourd'hui. Et le Christ n'a pas ajouté non plus : "mais si un jour vous estimez qu'économiquement ça devient difficile, vous pourrez oublier ce que j'ai dit".

Après, oui l'Eglise n'a pas à commander le pouvoir temporel, mais elle a à en donner les inspirations chrétiennes, de manière à ce que, comme pour chaque individu, les états appliquent une politique toujours plus conforme à la vérité de l'évangile. La recherche du bien commun ne peut faire l'économie d'un discernement en vérité sur ce qu'est le bien.

Que nous faut-il préférer : ce que notre raison, jamais parfaitement informée, nous dicte pour le maintien d'un ordre temporel ? ou ce que le Christ nous enseigne universellement dans l'espérance du royaume éternel qu'il a préparé pour nous ?
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour Pneumatis,

Je ne vois pas le rapport entre les paroles du Christ et la condamnation de la politique d’assimilation apparaissant explicitement dans ce texte et qui se trouve être à l'origine de ma réaction plutôt vive :
Mgr Veglio a écrit :Alors, on se trouve devant deux extrémités à éviter : celle de l'absorption, de l'assimilation totale dans la société dominante, au dam de l'identité du migrant, et celle de l'exclusion, qui comporte le danger de la marginalisation.
N’y a-t-il pas d’ailleurs un verset ambivalent du Lévitique enjoignant aux étrangers de faire comme s’ils étaient nés dans le pays qui les accueille ? Je ne serai toutefois pas trop dur avec lui. Comme tout sociologue digne de ce nom, il ne doit guère user ses beaux habits du côté de Clichy-sous-Bois.
Après, oui l'Eglise n'a pas à commander le pouvoir temporel, mais elle a à en donner les inspirations chrétiennes, de manière à ce que, comme pour chaque individu, les états appliquent une politique toujours plus conforme à la vérité de l'évangile. La recherche du bien commun ne peut faire l'économie d'un discernement en vérité sur ce qu'est le bien.
Je ne voudrais pas paraître ironique mais l’appréciation de l’Église sur ces questions semble fluctuer avec les époques. N’a-t-elle pas attribué le titre de "Rois catholiques" à des souverains ayant décidé d’expulser toute une partie de leur population du seul fait de leur religion ? Ce qui n’était pas un péché hier le serait aujourd’hui ?
Que nous faut-il préférer : ce que notre raison, jamais parfaitement informée, nous dicte pour le maintien d'un ordre temporel ? ou ce que le Christ nous enseigne universellement dans l'espérance du royaume éternel qu'il a préparé pour nous ?
Mgr Veglio n’est pas le Christ. On a même vu des évêques brûler des saintes, en d’autres époques.
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Re: Le problème de l'immmigration

Message non lu par Henriette »

Franck a écrit :Reste à savoir si ce qu’il consomme équivaut à ce qu’il reçoit. Cela n’a rien d’évident, notamment si l’on tient compte du fait que de nombreux migrants renvoient de l’argent dans leur pays d’origine. C'est compréhensible mais ces sommes sont perdues pour l’État comme pour l’économie française. Nous n'avons pas le même problème avec les nationaux.
Les sommes envoyés par les français dans leur pays d'origine sont sans commune mesure avec ce que dépensent les touristes français à l'étranger.
La priorité devrait donc être d'empêcher les français de prendre leurs vacances à l'étranger et de les obliger à le faire en France :D
"La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit des conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple." - Karl Marx
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Re: Le problème de l'immmigration

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Franck a écrit :On pourrait digresser sur de nombreux points mais il me semble qu’on oublie une question préalable assez fondamentale : a-t-on oui ou non envie de vivre avec tel ou tel groupe d’individus ? Ma réponse est claire : cela dépend mais, dans tous les cas, on ne saurait me forcer à vivre avec des gens dont je n’apprécie guère les moeurs, les coutumes ou encore la culture. Je suis chez moi et si je crois qu’ils n’ont de fait rien à m’apprendre, je n’ai aucune raison de m’adapter à leur présence. En l’espèce, imaginons que je n’ai pas envie de vivre avec des individus (parfaitement hypothétiques, je le précise) dont les croyances débiles me révulseraient, qui seraient inassimilables à mon substrat originel, qui se comporteraient de manière braillarde et irrespectueuse et qui de surcroît appauvriraient ma culture et alourdiraient mes impôts. Si un tel groupe existait, je n’aurais pas peur de lui mais je lui ferais rapidement savoir qu’il n’est pas le bienvenu chez moi. Je ne suis pas masochiste, c’est une simple de règle de bon sens. Fort heureusement, le bon sens semble être une idée neuve en Europe et on peut lui prédire un grand avenir. Quant à ceux qui font preuve de générosité avec l'argent des autres, je ne préfère même pas leur répondre.

Pardonnez-moi si vous le pouvez, Franck, mais ce que vous dîtes ici est rempli de préjugés et de présupposés et montre en définitive que vous n'est pas plus chrétient que "masochiste"... Vous verrez, la vieillesse vous fera changer d'avis: quand on se retrouve vieux seul et malade, on EST un étranger débile...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le problème de l'immmigration

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etienne lorant a écrit :Pardonnez-moi si vous le pouvez, Franck, mais ce que vous dîtes ici est rempli de préjugés et de présupposés et montre en définitive que vous n'est pas plus chrétient que "masochiste"... Vous verrez, la vieillesse vous fera changer d'avis: quand on se retrouve vieux seul et malade, on EST un étranger débile...
Non, je ne changerai pas d'avis. À la différence de la plupart des bonnes âmes de ce forum, je peux me prévaloir d'une certaine expérience quant à la coexistence dans la durée -douze siècles, est-ce suffisant ?- avec les sectateurs d'une idéologie religieuse bien particulière. Je ne souhaite pas vivre avec eux et cette réponse est définitive. Vos descendants, dans cinq ou six générations, maudiront votre "tolérance" et votre "ouverture d'esprit".
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Re: Le problème de l'immmigration

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Bonjour Franck,
Franck a écrit :Je ne vois pas le rapport entre les paroles du Christ et la condamnation de la politique d’assimilation apparaissant explicitement dans ce texte et qui se trouve être à l'origine de ma réaction plutôt vive
Il n'y en avait pas en effet, c'est un léger malentendu. Dans mon précédent message, en évoquant l'évangile et la DSE, je répondais plutôt aux remarques que vous faisiez à Alain, à propos du choix objectif à faire en vue d'une immigration sélective. Ma réponse était que le seul critère objectif qu'ait jamais retenu l'Eglise, pour ce qui est d'avoir une "préférence sociale" c'est celui de la pauvreté (au sens large), et non pas celui de l'assimilabilité ou de la rentabilité.

Bref, je vous prie de m'excuser pour le malentendu. Et si j'ai le temps, plus tard, je reviendrais peut-être sur la suite de votre message.
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