Henriette a écrit : Je n'ai pas tout lu, je voulais juste parler d'un point qui me tient a coeur.
Dans l'autre sujet j'ai lu "L'athéisme est très confortable. L'athée considère qu'il n'a de compte à rendre à personne et surtout pas en un être supérieur." (mais il me parait tout aussi logique d'y répondre ici)
Ça me parait très faux.
L'athéisme est je pense, la voie la plus difficile à adopter.
Tous les athées avec qui j'ai parlé de ça avaient plutôt l'air d'être contents de ne pas croire à des "balivernes". Ils m'ont aussi donné le sentiment de ne pas avoir fait un véritable choix après une longue réflexion. Ils m'ont donné le sentiment de vivre le moment présent sans s'inquiéter de rien, ni du futur, ni de la mort, un peu comme ces gens qui ne comprennent pas qu'on fasse attention à ce qu'on mange et à ne pas fumer pour vivre plus longtemps, et qui disent "vaut mieux profiter de la vie pleinement et mourir jeune". Vous savez, ces gens qui n'ont jamais l'idée d'imaginer leur vieillesse tant qu'ils sont jeunes. Alors qu'ils y seront confrontés un jour ou l'autre.
C'est comme si la vieillesse n'était pas une réalité pour eux, qui ne la vivent pas personnellement.
Eh bien, je pense que les athées que j'ai rencontrés ont la même approche vis-à-vis de leur mort : ils ne sont pas encore concernés et n'y pensent pas.
A partir de là, je ne suis pas étonnée qu'ils ne fassent pas un choix sérieux de pensée, et se contentent de se préserver, dans le présent, de balivernes, qui les feraient passer, eux, pour des ânes.
Je ne pense pas que vous qui réfléchissez soyez majoritaires au sein des athées.
Henriette a écrit :Je vais peut-être faire un peu dans la caricature, mais voyons...
D'abord, l'athée doit accepter le fait qu'il n'y ai rien après la mort, pas de subsistance de "l'âme" de quelque sorte, pas de réincarnations ou autres choses du genre. Le croyant, lui, a le Walhalla, la réincarnation, le paradis, etc...
Le catholique a aussi l'enfer et le purgatoire.
Celui qui croit en la réincarnation se rassure en se disant qu'il aura toujours une vie pour se parfaire. Ma mère croyait en la réincarnation : elle pensait que ce qu'elle n'aura pas réussi à faire dans cette vie, elle le rattrapera dans une autre. Et elle ne s'est jamais secouée, de ce fait. Elle est restée soumise, dépressive et peu disponible affectivement parlant. Peut-être qu'en croyant au purgatoire ou à l'enfer, elle aurait réagi.
Henriette a écrit :L'athée qui choisi de faire le bien (ou ce qu'il considère comme bien) plutôt que la mal, le fait pour des raisons morales, en toute conscience. Je ne peux m'empêcher de penser que le croyant évite le péché pour ne pas avoir à se cacher de dieu une fois mort... ça ressemble à la carotte (je ne traite pas les croyants d'ânes, hein).
Et moi je ne peux m'empêcher de penser que le athée évite de transgresser la loi pour éviter la prison ! :> Le athée qui ne transgresse pas la loi a une vie tranquille et économise son argent et ses points sur le permis.
Quant au athée qui fait le bien, il faut savoir que tout être humain sain, croyant ou athée, souffrirait de faire du mal à un innocent, ou à un plus faible que lui. Ce sont les pervers qui n'ont pas de scrupules.
Face à la tentation de prendre le billet de banque qui tombe de la poche d'un riche qui n'en a pas besoin, je pense effectivement que le croyant pensera à ce qu'il risquera de la part du Créateur, mais il se demandera aussi s'il est capable de résister, puisque parvenir à résister à la tentation sera pour lui un signe de force de foi. Tandis que le athée, lui, s'il pense que le riche ne s'apercevra pas de l'absence de ce billet, n'aura aucune raison de ne pas le prendre si personne ne le voit.
Henriette a écrit :Le croyant peut croire qu'il y à un "plan" qui nous dépasse, que les choses on une raison d'arriver.
Le croyant ne pense pas que les choses ont une raison d'arriver, puisqu'il est libre de faire ce qu'il veut et qu'il doit assumer les conséquences de ses choix. A moins que vous parliez des aides divines qu'il reçoit ?
Henriette a écrit :Le croyant peut se reposer sur les lois divine et la justice divine, l'athée doit entièrement se reposer sur la justice humaine, faillible.
C'est bien ce que je disais.
Henriette a écrit :Bref, évidement que s'il avait le choix l'athée deviendrait croyant. Le seul petit avantage de l'athée est le total libre arbitre, qui peux aussi se révéler être un poids, une responsabilité.
Je ne comprends pas très bien... Il n'a pas le choix, et en même temps il a le total libre arbitre ?
Bien sûr qu'il a le choix. Il a le choix de changer d'avis, ça peut arriver à n'importe quel moment de sa vie.
Henriette a écrit :Sur le sujet du surnaturel, lorsque qu'un événement dont on pas d'explications rationnelles arrive, considérer l'hypothèse du surnaturel est un constat d'échec pour le scientifique (croyant ou non).
Mettons le cas d'une guérison "miraculeuse", si le scientifique s'abandonne à l'hypothèse du miracle, il n'aura rien appris. La voie scientifique est de continuer à chercher une explication rationnelle.
Outre ce qu'a répondu Raistlin, je voudrais savoir ce que signifie "il n'aura rien appris". Il rechercherait donc une satisfaction personnelle, une gratification ?

On dirait un peu la carotte...