Sur l'indulgence plénière ou partielle

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La Chartreuse
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par La Chartreuse »

"Mathilde"

Encore une fois, je ne vois pas ce qu'une indulgence peut apporter de plus que le Sacrement du Pardon qui efface les péchés et nous rend à nouveau blanc comme neige.
Si ce sacrement n'est pas suffisant à nous purifier à quoi sert-il?

Il reste une peine due au péché que nous devons expier sur la terre si nous ne voulons pas l’expier dans l’autre monde!


Notions sur l'indulgence

" Indulgence : c'est une remise devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés, déjà effacées quant à la faute, que le fidèle, bien disposé ( et à certaines conditions déterminées) reçoit pour lui ou pour les âmes défuntes. " ( Code de droit canonique de 1983, canon 992)

Les indulgences sont dites partielles ou plénières selon qu'elles libèrent en partie ou totalement de la peine temporelle due pour les péchés.( canon 993).

par l'abbé G. Le Coq
Amicalement
La Chartreuse


Je suis soldat du Christ, si la Vérité est attaquée je parlerai, je tiendrai haut et ferme l'étendard de la foi, l'étendard de mon Dieu.
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Columbanus
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Columbanus »

Voici l'article de Wikipedia concernant la prière citée tantôt (il n'a pas l'air mauvais):
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pri%C3%A8r ... cifi%C3%A9
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue... »
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Théophane
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Théophane »

Laurent L. a écrit :
Théophane a écrit : Je la récite toujours après la communion... mais en latin. ;)
Pour les puristes ;) :

En ego, o bone et dulcissime Iesu, ante conspectum tuum genibus me provolvo, ac maximo animi ardore te oro atque obtestor, ut meum in cor vividos fidei, spei et caritatis sensus, atque veram peccatorum meorum paenitentiam, eaque emendandi firmissimam voluntatem velis imprimere; dum magno animi affectu et dolore tua quinque vulnera mecum ipse considero, ac mente contemplor, illud prae oculis habens, quod iam in ore ponebat tuo David Propheta de te, o bone Iesu: « Foderunt manus meas et pedes meos; dinumeraverunt omnia ossa mea » (Ps 22 [Vg 21] 17-18).
(MR, Gratiarum actio post Missam)
C'est tellement mieux ainsi... En outre, je pense qu'il est préférable de réciter les prières dans le texte latin. Ainsi, il n'y a pas de doutes à avoir sur la validité de la prière, les traductions n'étant pas toujours très bien faites.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Anonymus »

Je pense que c'est plus l'intention qui compte, je ne sais pas si réciter dans une langue qu'on ne comprend pas est mieux.
Théophile
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Théophile »

Voilà le fil qu'a demandé Christophe sur le débat indulgence / confession, section "Christianisme pour les nuls" :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... don#p63478
Ce qui ne sont pas nuls, vous pouvez aussi le consulter, il est très éclairant ! :-D
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Théophane »

Anonymus a écrit :Je pense que c'est plus l'intention qui compte, je ne sais pas si réciter dans une langue qu'on ne comprend pas est mieux.
Il suffit d'apprendre. Pour ma part en tout cas, le latin n'est pas ma langue maternelle. ;)
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Columbanus »

Théophane a écrit :
Anonymus a écrit :Je pense que c'est plus l'intention qui compte, je ne sais pas si réciter dans une langue qu'on ne comprend pas est mieux.
Il suffit d'apprendre. Pour ma part en tout cas, le latin n'est pas ma langue maternelle. ;)
Lors de la communion, mon action de grâce se traduit généralement par cette prière. Hélas, malgré le fait que je dispose d'un missel latin/français, celle-ci ne s'y trouve qu'en français. Il ne reste plus qu'à l'apprendre! :>
« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue... »
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Anonymus
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Anonymus »

Théophane a écrit :
Anonymus a écrit :Je pense que c'est plus l'intention qui compte, je ne sais pas si réciter dans une langue qu'on ne comprend pas est mieux.
Il suffit d'apprendre. Pour ma part en tout cas, le latin n'est pas ma langue maternelle. ;)
Si vous êtes bilingue ou si vous avez un très bon niveau en latin pourquoi pas.

Mais si votre niveau est plus modeste, je ne suis pas sûre que votre compréhension du texte sera meilleure que celle de la traduction en français faîte par un linguiste et théologien reconnu.

De plus, ces prières en latin sont souvent elle-mêmes des traductions du grec, de l'araméen ou de l'hébreu.
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coeurderoy
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par coeurderoy »

Mathilde...on peut ressentir le besoin de dire telle prière approuvée par l'Eglise : ne pas ressentir ce besoin et s'offrir de façon plus libre, moins "cérébrale" (et le mot est très maladroit car je sais que ceux qui tiennent aux prières verbales "authentiquées" les disent très certainement de façon cordiale et dans l'Esprit) ne veut pas dire bien sûr que votre prière plus personnelle, abandonnée, libre ne soit pas tout aussi belle et "valable". Notre Dieu est un Dieu d'infinie LIBERTE (quic en grogne :-D ) aussi ne devez vous pas juger non plus les fidèles qui aiment et disent telles ou telles prières indulgenciées.
En revanche ces derniers doivent aussi admettre et accepter qu'on ne ressente pas (plus) le besoin de recourir à ce qui, de toute façon, n'est qu'un tremplin, une piste sûre mais en aucun cas un passage obligé...
Et n'oublions pas de faire toutes choses actes, prières, selon l'esprit...et non dans une obéissance servile à la lettre : un cri sincère du coeur vers Dieu (d'un analphabète, réel ou "spirituel") plaira toujours davantage au Seigneur que la "récitation" appliquée et consciencieuse d'une prière approuvée qui serait dite de façon quasi "magique"

Cordialement !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

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papillon
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par papillon »

Votre discours, Coeurderoy, est tout en nuances, en douceur et aussi en profondeur, comme d'habitude. Dieu vous bénisse. Je vous envie de pouvoir concilier tout ça avec un Magistère qui lui, ne fait pas dans la dentelle à ce chapitre. Moi je ne le peux pas.
J'ai lu et relu ce fil depuis mon retour du travail et je comprends tout à fait les réactions de Mathilde. Ce n'est pas la première fois évidemment qu'on lit des extraits du Magistère sur ce forum et ma question intérieure a toujours été "Dieu a-t-Il vraiment voulu tout cela? Quel rapport avec l'enseignement du Christ?". C'est terrible peut-être, d'écrire cela, mais c'est là que j'en suis. Il y a des choses dans l'enseignement de l'Eglise que j'ai du mal à 'prendre' à un point tel que ça m'indiffère qu'on qualifie leur négation d'hérésie.
Bon, c'est hérétique, soit. Et puis après? On fait quoi avec ça, après? on s'excommunie? on va en enfer? Qu'en pense le Seigneur, Lui?
"L'hérésie est la négation obstinée, après la réception du baptême, d'une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité."
(???)
La question de Mathilde est pertinente; "J'obéis à qui?"
et je pourrais ajouter la mienne: "Au fil des siècles (et des raffinements du Magistère), Dieu a-t-Il fait ses mises à jour?"
Enfin...
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archi
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par archi »

La pratique des indulgences fait partie de la Tradition de l'Eglise, elle est attestée dès les débuts de celle-ci et se rattache au pouvoir de lier et de délier qui a été transmis à Pierre et à ses successeurs (Evêques et Papes).

En revanche, je trouve que la façon de les présenter est souvent maladroite, et en lisant les textes officiels sur les indulgences, j'ai un peu la même impression désagréable que Mathilde, à savoir qu'il faut accomplir une procédure arbitraire, on ne voit pas trop pourquoi celle-là et pas une autre, pour accumuler des points bonux, pardonnez l'expression. Il est certain que vu comme ça, ça n'est pas une façon bien profonde de prier, et on peut se douter que si c'est fait sans aucune ferveur ça ne vaut pas grand-chose aux yeux de Dieu.

Je pense qu'il faut aborder plutôt le problème d'une autre façon: on devrait prier pour les défunts qu'on aime, et plutôt que de prier tout seul - ce qui est déjà très bien - nous pouvons utiliser les moyens de grâce efficace que nous donne l'Eglise à ce sujet: faire dire des messes, réciter l'Office pour telle ou telle personne... ou accomplir un acte auquel l'Eglise a attaché une indulgence.

Et sachant en outre que l'acte en question a été décidé dans un contexte historique précis - ce qui peut le faire apparaître comme "daté", soit parce qu'on ne comprend plus ce que signifie telle date dans tel endroit, soit parce que le texte de la prière utilisé à cette occasion apparaît aujourd'hui comme désuet... mais pourtant, une promesse qui a été prononcée par exemple par un Pape du XVIe Siècle, reste toujours valable aujourd'hui, sauf mention explicite du contraire.

Je pense que de cette façon, cette forme de prière pour les morts apparaît mieux comme ce qu'elle doit être: un acte d'amour. Mais c'est peut-être simplement lié à ma façon d'approcher les choses.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.
Théophile
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Théophile »

Attention, gros pavé de Théophile! :clown:

@Mathilde et Papillon

Grâce à ce fil, j'ai ressorti ce magnifique livre sur les indulgences et qui m'avait emballé lors du jubilé du millénaire. Il en donne la vision d'ensemble, et peut réconcilier beaucoup d'entre nous.

Je me permets une comparaison : les indulgences sont à l'âme ce que le vélo est à la santé. Quand un médecin me dit (l'autorité supérieure de mon corps) : prenez ces vitamines, marchez une demi-heure par jour, allez faire du sauna, aérez votre maison et laissez tomber le chocolat, ce n'est pas pour un plus grand mal, mais pour un plus grand bien !

Quand l'Église me dit (l'autorité supérieure de tout mon être) : dites un Notre Père et un Ave Maria pour les intentions du Souverain Pontif (et donc pour l'Église universelle), allez au hammam du cœur qu'est la confession, assistez à la Sainte-Messe et communiez en voulant rejeter toutes les toxines spirituelles qui pourraient entrer dans votre cœur, et même tout désir d'en cultiver en vous, c'est aussi pour un bien plus grand !

Le médecin dit : pour vous motiver, inscrivez-vous au concours de course à pied qui aura lieu telle date. L'Église dit : pour vous motiver, inscrivez-vous à tel pèlerinage qui aura lieu tel jour!

Les indulgences m'ont aidé à me confesser régulièrement, à communier régulièrement, mais pas seulement de bouche comme le ferait un militaire obéissant à un ordre extérieur, mais aussi de cœur où l'on rejette tout ce qui n'est pas bon (et là c'est la guerre spirituelle), et à ne pas toujours se centrer sur mon moi en priant pour les autres. C'est une discipline pour les malades spirituels qui peut prendre toutes sortes de forme, et vraiment adaptées aux nuls et aux petits.

Pour avoir une vue d'ensemble non exhaustive, voici ce que dit en résumé le manuel des indulgences :

Rappel pour obtenir une indulgence plénière : exclure toute affectation au péché, même véniel; confession sacramentelle; communion et prière aux Intentions du Souverain Pontife; accomplir l'œuvre indulgenciée (voir ci-dessous).

a) Exemples d'indulgences plénières : adoration eucharistique pendant au moins une demi-heure, lecture ou écoute de la Sainte Écriture pendant le même laps de temps au moins, rosaire marial, chemin de Croix.

b) Exemples d'indulgences partielles en vrac : écrire sur la Cité catholique pour transmettre ou apprendre la doctrine chrétienne :oui: (*); participer à une récollection mensuelle; prier pour l'unité des chrétiens, pour ses propres bienfaiteurs ou pour les défunts; pratiquer pieusement l'oraison mentale; prier l'ange gardien, St-Joseph ou un saint en particulier.

c) Et comme ça ne suffisait pas, l'Église propose 4 concessions (=4 types d'œuvres indulgenciées) d'où découlent les points particuliers a) et b) ci-dessus, pour faire en sorte que la vie concrète ne soit pas séparée de la vie religieuse, et pour que justement toutes nos actions soient pénétrées de vie surnaturelle.

Le fidèle obtient une indulgence partielle s'il pratique l'un des 4 points suivant :
1) "en accomplissant ses devoirs et supportant les adversités de la vie, le fidèle élève son âme vers Dieu avec une humble confiance, en ajoutant, ne serait-ce que mentalement, une pieuse invocation.
2) en esprit de foi et avec un cœur miséricordieux, il s'emploie par sa personne ou par ses biens, au service de ses frères dans le besoin.
3) en esprit de pénitence, il s'abstient spontanément de quelque chose de licite qui lui est agréable.
4) de façon spontanée, rend ouvertement un témoignage de foi devant les autres en de circonstances particulières de la vie quotidienne. Par exemple, les fidèles "seront apôtres tant dans leurs communautés familiales que dans les paroisses et les diocèses (...), et dans les groupements libres dans le cadre desquels ils auront décidés de se réunir."

Voilà qui devrait réconcilier les fervents de la Cité !

Pour terminer, quelqu'un m'avait expliqué que le péché, c'est comme un clou qu'on plante dans un bois. La confession l'ôte mais pas le trou. Les indulgences sont faites pour les boucher. (Cette comparaison a des limites, bien sûr.) On peut s'occuper des siens, mais aussi aider ceux qui sont au purgatoire. Bref on nage bel et bien dans un océan d'amour avec aussi une participation active de notre part !

Bon entraînement de CarAime ! :strong:
Et grand merci de m'avoir fait déterrer ces indulgences, je les avais peu à peu délaissées :oops: !

@Théophane et Amorius

Tant mieux messieurs si vous apprenez vos prières en latin, mais n'oubliez pas que :
"N.22 - L'indulgence attachée à une prière peut être gagnée quelle que soit la langue dans laquelle cette prière est récitée, pourvu que la traduction ait été approuvée par une autorité ecclésiastique compétente."
(Tiré du manuel des indulgences version 2000 -qui n'est pas en ligne sur le site du Vatican, ou Enchiridion indulgentiarum) :>


Cordialement,
Théophile

(*) La version officielle est bien sûr : "concourir à transmettre ou à apprendre la doctrine chrétienne". Ne m'accusez pas d'anachronisme ! :-D
Dernière modification par Théophile le dim. 21 févr. 2010, 15:28, modifié 2 fois.
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Théophane »

Si vous êtes bilingue ou si vous avez un très bon niveau en latin pourquoi pas.
Je ne suis pas bilingue avec le latin, loin de là... J'ai étudié cette langue pendant six ans et je continue de m'en servir quotidiennement. Je m'efforce de l'approfondir et de conserver les connaissances acquises. En outre, étant donné que je suis juriste, je me sers souvent du latin dans mes études parce que les adages juridiques sont souvent dans cette langue.
De plus, ces prières en latin sont souvent elle-mêmes des traductions du grec, de l'araméen ou de l'hébreu.
C'est vrai. Mais j'aime le latin pour plusieurs raisons : d'abord parce qu'il s'agit de la langue de l'Eglise qui est utilisée depuis plusieurs siècles ; ensuite parce que de cette façon je prie avec les mêmes mots que de nombreux chrétiens dans le monde entier ; enfin parce que la langue latine a l'avantage d'être claire, précise, élégante et apte mieux que toute autre à exprimer les mystères de la foi chrétienne.

@Théophane et Amorius

Tant mieux messieurs si vous apprenez vos prières en latin, mais n'oubliez pas que :
"N.22 - L'indulgence attachée à une prière peut être gagnée quelle que soit la langue dans laquelle cette prière est récitée, pourvu que la traduction ait été approuvée par une autorité ecclésiastique compétente."
(Tiré du manuel des indulgences version 2000 -qui n'est pas en ligne sur le site du Vatican, ou Enchiridion indulgentiarum) :>
Si la traduction utilisée est celle approuvée par l'autorité compétente, je n'y vois aucun inconvénient. En général, je récite certains prières toujours en latin (Angélus, litanies de la Sainte Vierge, action de grâce après la Messe...) mais lorsque je me trouve avec d'autres personnes, cela ne me dérange pas d'accomplir ces pratiques de piété en français.
Toutefois, je pense que les traductions, même lorsqu'elles sont officiellement approuvées, ne rendent jamais parfaitement le sens du texte latin. On en a plusieurs exemples dans le missel.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Théophile »

C'est beau Théophane d'aimer ainsi une langue et de le partager. Merci !
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Laurent L.
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Re: Indulgence plénière de Carême

Message non lu par Laurent L. »

papillon a écrit :"Au fil des siècles (et des raffinements du Magistère), Dieu a-t-Il fait ses mises à jour?"
Chère Papillon,
Le magistère peut s'affiner, se préciser mais ne peut pas changer radicalement ou tourner comme une girouette. Ça marche comme ça depuis les temps apostoliques : la question de la circoncision des Gentils a ainsi été tranchée par les apôtres et Saint Pierre à leur tête lors du tout premier concile, à Jérusalem :
[+] Texte masqué
Actes des Apôtres, 15;1-12 a écrit :# Or quelques-uns, descendus de la Judée, donnaient cet enseignement aux frères : « Si vous n’êtes pas circoncis selon la coutume de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés. »
# A la suite d’une discorde et d’une vive discussion de Paul et de Barnabé avec eux, il fut décidé que Paul et Barnabé et quelques autres des leurs monteraient à Jérusalem vers les apôtres et les Anciens pour cette question.
# Eux donc, après avoir été accompagnés par la communauté, allaient à travers la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des Gentils, ce qui causait une grande joie à tous les frères.
# Arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par la communauté, les apôtres et les Anciens, et ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux.
# Mais se levèrent quelques-uns de la secte des Pharisiens qui avaient cru, disant qu’il fallait circoncire (les Gentils) et leur enjoindre d’observer la loi de Moïse.
# Les apôtres et les Anciens s’assemblèrent pour examiner cette affaire.
# A la suite d’une longue discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez que Dieu, il y a longtemps déjà, a fait son choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les Gentils entendissent la parole de l’Évangile et devinssent croyants.
# Et Dieu, qui connaît les cœurs, a témoigné en leur faveur, en leur donnant l’Esprit-Saint tout comme à nous ;
# et il n’a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi.
# Pourquoi donc provoquez-vous Dieu maintenant, en imposant aux disciples un joug que ni nos pères ni nous n’avons pu porter ?
# Mais c’est par la grâce du Seigneur Jésus-Christ que nous croyons être sauvés, de la même manière qu’eux. »
# Toute l’assemblée se tut ; et l’on écoutait Barnabé et Paul, qui racontaient tous les miracles et les prodiges que Dieu avait faits par eux chez les Gentils.
Aucun pape ne pourra jamais dire "j'ai décidé que la croyance en la virginité perpétuelle de Marie n'est plus un dogme", ça n'aurait aucune valeur. Ce n'est pas Dieu qui fait des mises à jour, mais l'Église a reçu de Dieu les clés du Royaume des Cieux. Pour des questions de préceptes : les jours de jeûne à respecter, par exemple, ceux ci peuvent varier avec le temps, il en est autrement des questions de foi. Je vois ça plus comme une sécurité que comme une contrainte. Sinon, le risque est que la foi change selon les modes, les époques, par influence du monde ou que chacun se fasse sa tambouille personnelle.
Ainsi, le sacrement de réconciliation se faisait à l'origine en avouant devant tous ses péchés :-@, les règles de pénitence étaient aussi beaucoup plus strictes ; plus tard, l'Église a instauré la confession auriculaire et a inventé le confessionnal. Les modalités ont changé mais c'est toujours le même sacrement confié par Jésus-Christ aux apôtres.
papillon a écrit :La question de Mathilde est pertinente; "J'obéis à qui?"
Je pense à une phrase du Curé d'Ars citée par le Pape au début de l'année du sacerdoce, phrase choquante, mais qui est finalement vraie : "Oh ! Que le prêtre est quelque chose de grand! S'il se comprenait, il mourrait... Dieu lui obéit: Il dit deux mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie! Si nous n'avions pas le sacrement de l'ordre, nous n'aurions pas Notre Seigneur. Qui est-ce qui l'a mis là, dans le tabernacle ?"
De même, quand le prêtre dit : "je vous pardonne tous vos péchés", c'est Dieu qui nous pardonne. On pourrait dire, par provocation, Dieu obéit au prêtre et est obligé de nous pardonner (si toutes les conditions sont valides). :-D :oops: C'est tout le sens de la fameuse phrase de Jésus à Pierre. C'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi Mathilde bloque sur les indulgences, alors que c'est de la "gnognotte" à côté des mystères la confession et de l'Eucharistie. C'est comme accepter le marathon mais pas le footing. :-D
J'avais lu, je ne sais plus où, un texte qui parlait d'une religieuse (qui avait donc fait vœu d'obéissance) qui avait reçu les stigmates. La mère supérieure, aux anges, appelle le prêtre confesseur. Celui-ci constate les stigmates puis dit, comme si de rien n'était, à la religieuse : "Retournez à vos tâches habituelles". La nonne proteste, c'est quand même un miracle qui vient de lui arriver! Le prêtre lui dit alors que ses stigmates ne peuvent venir de Dieu, car Dieu n'aurait pas empêché la religieuse de respecter ses vœux.
Comme dit Sainte Faustine dans son petit journal, "Satan peut se dissimuler sous le manteau de l’humilité. Mais il ne sait pas se revêtir du manteau de l’obéissance.".

C'est vrai que le terme "hérétique" ayant une très forte connotation péjorative, j'aurais mieux fait de me taire. :oops: :oops: :oops: Désolé, je ne suis qu'un pauvre pécheur. Sinon, bien d'accord avec le message de Cœurderoy. L'indulgence est une grâce gratuite, pas un précepte comme la messe ou la confession. Personne n'est donc obligé d'y avoir recours (même si c'est conseillé :-D) ; on est toutefois tenu de croire à leur utilité et leur efficacité. Dieu préfère toujours un élan du cœur à une prière récitée bêtement. Ainsi, dans la confession, la contrition naturelle est insuffisante, le sacrement est nul. L'idéal est une contrition surnaturelle parfaite, totalement désintéressée, dont les motifs sont le regret de l'Amour de Dieu que l'on a bafoué et de la Crucifixion de Jésus que l'on a causée. Toutefois, une contrition surnaturelle imparfaite (motivée par la peur de l'enfer, par exemple) est suffisante mais pas ... parfaite, idéale !
D'ailleurs, pour en revenir au sujet du fil, l'indulgence de carême nécessite que le fidèle récite la prière PIEUSEMENT, et non qu'il la lise comme une formule magique. Je préfère réciter ce genre de prières en français pour cette raison, parce que ce n'est pas de la liturgie et j'aurais tendance à m'accrocher aux mots au lieu d'en méditer le sens (mais ça n'engage que moi).
Dernière modification par Laurent L. le dim. 21 févr. 2010, 17:35, modifié 3 fois.
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