archi a écrit :Bon, je prends le fil en cours, il est très long, et j'ai sûrement loupé un tas de trucs, merci de m'en excuser par avance.
Maintenant, je pense que c'est totalement absurde de tenter de déterminer comment les choses se sont passées au Paradis Terrestre en-dehors de ce que nous livre la Genèse en quelques phrases (certes très denses). Ensuite, le rapport entre les théories scientifiques modernes, qui se basent de toutes façons sur les lois de notre monde déchu, et ce qui s'est passé au Paradis... je trouve que ça n'a pas de sens.
Bonjour Archi,
Ti’hamo a déjà répondu à la deuxième partie de votre message.
Son début est interpellant. Vous n’avez manifestement pas lu le fil du sujet pour reprendre à ce point à zéro ce qui a déjà été très approfondi.
Le rapport au temps du récit de la Genèse a fait l’objet de discussions approfondies. Ce n’est pas aussi simple que vous semblez le croire.
Merci de bien vouloir lire l’entièreté du fil. Mais, en bref, il est clair que nous réfléchissons ici à ce que la Genèse nous enseigne sur la réalité concrète de la création de l’homme dans l’histoire. Si vous pensez qu’elle n’en dit rien par rapport à la réalité concrète de la création de l’homme et que ce sujet a pu être ignoré par l’Ecriture pour être réservé aux seuls scientifiques, le dialogue risque de s’arrêter ici sur un rapide désaccord de base.
Dans ce sujet, aucun intervenant ne cherche dans la Genèse des détails scientifiques qui ne s’y trouvent pas, ni ne conteste qu’elle ne donne qu’une approche de l’essentiel et à bien des égards de manière imagée qui empêche d’y chercher des détails qui n’y sont pas.
Par contre, si vous trouvez absurde de chercher à comprendre de manière détaillée et concrète le récit de la Genèse « en-dehors de ce que nous livre la Genèse en quelques phrases (certes très denses) », vous risquez simplement de vous limiter à une lecture littérale superficielle du texte en langue française et de ne pas vous y attarder.
S’il vous semble absurde de chercher des détails « en dehors » du texte pour le récit qui indique que Adam est tiré du sol et que Eve est tiré d’une côté d’Adam, faut-il en déduire que ce récit vous paraît clair comme cela sans autre explication plus détaillée ?
Sinon, ne devons-nous pas confronter les quelques phrases du récit avec tout ce que nous connaissons « en dehors » ?
Désolé de vous renvoyer l’expression qui semble dirigée contre les dialogues de ce sujet, mais l’absurdité des détails que vous trouvez dénués de sens ne révèle-t-elle pas une interprétation qui rend ces détails absurdes et qui est, en réalité, elle-même absurde.
Dans les discussions sur la Genèse, il faut souvent constater que beaucoup s’attachent à une interprétation dont ils reconnaissent eux-mêmes l’absurdité concrète pour ensuite critiquer comme absurde toute autre interprétation.
A priori, si une interprétation est absurde, il convient de l’écarter et de lui préférer une interprétation qui a du sens, mais cela exige de réfléchir à des détails.
Si vous partez de l’idée que toute tentative de compréhension concrète du récit de la Genèse est absurde, vous éviterez certainement de devoir réfléchir beaucoup de difficultés.
Si vous estimez que le récit ne correspond pas à une réalité historique concrète mais qu’il est symbolique, vous allez par contre vous retrouver devant les mêmes difficultés : il faut d’abord comprendre le récit tel qu’il est, y compris dans ses détails, pour pouvoir ensuite essayer de trouver ce qu’il symbolise ou ce qu’il veut nous faire comprendre.
A cet égard, celui qui lui donne un sens uniquement symbolique se retrouve devant la même nécessité de comprendre en fait le récit de la Genèse que celui qui considère que ce récit évoque bien une réalité historique.
Ceux qui pensent que le récit de la Genèse s’exprime littéralement de manière non imagée évitent certes toute difficulté puisqu’il leur suffit de croire à du miraculeux instantané à chaque difficulté rencontrée. Prenez la création d’Eve : une interprétation littérale non imagée ne pose pas de problème : Dieu endort Adam, lui prend une côte, la transforme en femme et lui présente Eve. Walt Disney en ferait un dessin animé sans aucune difficulté. Sauf leur croyance en l’historicité concrète du récit, ceux qui retiennent une telle interprétation littérale sont entièrement rejoints par ceux qui n’y voient qu’une légende. Les plus fondamentalistes et les plus modernistes se retrouvent autour de la même version, de la même interprétation. Pour les uns, c’est la réalité historique, pour les autres un enseignement symbolique.
Restent les autres pistes de réflexion suivies par beaucoup d’intervenants actifs dans ce sujet et dans la plupart des sujets de ce forum sur la Genèse : comment comprendre concrètement la Genèse en tenant compte des connaissances scientifiques actuelles autant que de l’action de Dieu dans ce monde dont l’incarnation du Christ est le sommet ?
Dire que cette démarche est absurde est un a priori que je ne partage pas. Le rejet de la réflexion pour cause d’absurdité me paraît plutôt un aveuglement, une dérobade intellectuelle.
A toutes les époques de l’histoire, et donc aussi aujourd’hui, il faut essayer de faire grandir notre intelligence de la foi en acceptant de dépasser les interprétations littérales incompatibles avec nos connaissances actuelles.
Méfions-nous de préférer nous accrocher de manière littérale à nos propres interprétations humaines injustifiées en les rejetant, au besoin, dans un vague symbolisme plutôt que de reprendre le récit de la Genèse tel qu’il est, avec notre foi éclairée par le Christ mais aussi avec notre raison humaine éclairée par la science.
Il me semble que l’incarnation bien historique du Christ et ce que le Christ nous révèle de l’homme doivent nous inciter à nous plonger attentivement dans ce que les Ecritures nous disent de l’origine de l’homme sans négliger les détails concrets qu’elle nous en donne.