. Muirgheal : vous dites que
"la plupart des arguments donnés contre la contraception artificielle" ne vous convainquent absolument pas...
...mais à mon sens rien que cette remarque montre qu'un point n'a pas encore été bien éclairci pour vous : il ne s'agit pas de "contraception artificielle" contre "contraception naturelle".
Nous n'avons pas donné d'arguments contre la "contraception artificielle", nous avons donné des arguments contre la contraception, tout court.
Or, tant qu'on est à se dire "je veux utiliser une méthode de contraception, quelle technique est "bien"", et bien je pense qu'on n'est pas sur la bonne question, qu'on aborde pas le problème de la bonne façon.
. J'ai été frappé par l'emploi du mot "amputer" par Mathilde : oui, c'est tout à fait ça ! ça ne m'était pas venu à l'esprit, sinon sous une autre forme : on parle toujours de "contraception chimique", et chaque fois, c'est "castration chimique" qui me venait à l'esprit - à cause de "chimique", simple association de sons.
Sauf que, si on s'y arrête un peu, et bien il s'agit bien de cela : ça n'est jamais qu'un autre mot pour "castration". Empêcher une femme de concevoir, c'est bien la définition de la castration, qui ici est chimique et réversible.
Castration chimique, donc.
. Ce terme d'"amputation" est tout à fait lumineux, il illustre parfaitement le problème - trouvé-je. C'est plus qu'une question de vocabulaire, plutôt de psychologie, d'image qui parle à l'esprit, directement.
Ce que je veux dire, c'est que la culture dans laquelle nous baignons nous distille et nous impose l'idée (l'image) de la contraception comme un
gain, une conquête, ou tout ce que vous voudrez dans cet ordre d'idée - quelque chose qui vient se surajouter et en quelque sorte parfaire l'image de la femme, son rôle, son pouvoir, son importance, sa liberté.
Or, c'est une illusion d'optique (heu, d'optique psychologique, quoi) ; une illusion créée et entretenue par le discours, donc un mythe.
Et ce mot d'"amputation" rétablit d'emblée la vérité, claire, lumineuse, à l'esprit ; on avait beau savoir ou se dire que la culture moderne a tort et nous trompe sur ce point (je dis bien sur ce point, elle ne se plante pas tout le temps), il nous est difficile de dire spontanément en quoi, de toucher d'emblée le fond du problème, car nous sentons ou discernons confusément que quelque chose "cloche", mais d'une vision brouillée par les images véhiculées dans le monde actuel ;
d'où la nécessité d'en passer, pour discerner, par de longues réflexions sur la nature de l'homme, de la femme, et de leurs relations - et il faut en passer par là, je ne dis pas le contraire.
Mais là en un mot on "parle" directement à l'esprit, on distingue d'emblée le nœud du problème, si je puis dire : la contraception ampute.
Ce n'est pas un ajout, un droit, une conquête, ce n'est pas un bien en plus - c'est un caractère en moins, une partie de soi en moins.
Vouloir la contraception pour son épouse, c'est admettre qu'une partie de ce qu'elle est ne nous plaît pas, ne nous arrange pas, ne fait pas notre affaire - et c'est vouloir l'amputer de cette partie.
(présenté comme ça, tout de suite, c'est franchement moins innocent).
. La sexualité, ça se vit à deux, on est d'accord.
La vie de couple aussi, en fait. Par définition.
Et traîner des pieds ou râler pour ne pas s'intéresser de près aux questions de fécondité de son épouse et de son couple, ça signe un petit mal-être sur la question, non ? Ou une gêne, ou un a priori. Enfin, quelque chose qui vient s'opposer là à l'intérêt pour l'unité du couple.