Ce que vous dites de la compassion est complètement faux et intenable. La compassion peut très bien s'adresser à une personne non pas à cause de son être mais de sa situation. Et donc la pertinence de votre propos sur la violence de la compassion est nulle.elisseievna a écrit :La violence de la compassion
Il y a quelque chose que le discours chrétien parait manquer, à côté de quoi il semble passer sans le voir.
Ce qui violente , oppresse les femmes est souvent « invisible », non perçu, tellement hors du regard, de la conception de « la » femme, que même en l’ayant sous les yeux, « on » ne le voit pas.
Ainsi on parle des « femmes publiques », des « prostituées », et de « compassion » à leur égards.
Qu’il y a-t-il de plus violent moralement, que de dire « je te pardonne » à un innocent ? Que le refus de voir l’innocence de l’innocent ? C’est nier absolument qu’il puisse être reconnu pour innocent.
Qu’il y a-t-il de plus violent que de dire à une femme « j’ai de la compassion pour toi la prostituée » … alors qu’elle n’ « est » pas une prostituée, parce que aucune femme n’ « EST » une prostituée. C’est l’enfermer hermétiquement dans la prostitution. Les « femmes publiques », cela n’existe pas, aucune femme, aucun homme d’ailleurs, n’est « faite pour cela ». Les putes cela se fabrique, socialement, et les discours sur la place de « la femme », sont un instrument redoutable pour cela.
En ce sens, cette compassion est une violence supplémentaire, bien qu’involontaire.
Cela dit, il rejoint un phénomène contemporain qui est le rejet de la pitié. Et aussi celui de la charité au sens d'aumône. Vous dites violence de la compassion, d'autres disent refus de la pitié, de la charité et de l'aumône. Comme si le seul secours possible qu'on pouvait attendre était exclusivement une aide impersonnelle, administrative et nécessaire... mais en aucun cas un geste spontané, délibéré, qui vienne d'une personne bien réelle.
Mais que voudriez-vous donc, Elisseievna, un monde sans pitié, ni compassion, ni amour ? Un monde où il n'y aurait que des droits et des luttes pour faire respecter ses droits ?






