Bon et clair matin à tous
Christian :
Pour cela, contrairement à Charles et à d’autres sur ce forum, il faut admettre que le Droit est attaché à chaque être humain, non pas à la collectivité.
Christophe :
J'ignore si je suis dans le lot de ceux qui sont visés par le propos. Si je critique les conceptions subjectivistes du droit naturel (cf. ici), c'est parce que le droit est une expression de la justice dans le rapport entre deux sujets de droit. Droit des peuples, des états, des communautés ? Peut-être, mais seulement dans la mesure où les personnes sont toujours la fin dernière des sociétés, et où les sociétés sont une expression de leur personnalité.
Donc, inutile d'adhérer à votre conception subjectiviste du droit pour reconnaître aux populations des pays musulmans le droit à la liberté civile en matière religieuse.
Salve Christophe,
Je ne vous avais pas inclus ‘dans le lot’. Je reprendrai volontiers notre échange sur le droit naturel, car vos analyses sont fines, bien documentées, et j’apprécie beaucoup vos contributions. Ce sera sur un autre fil.
Chère AnneT,
Christian : Les communautés islamiques sont des collectivités faibles qui se sentent menacées par la différence en leur sein...
AnneT :
De quelles communautés islamiques parlez-vous
De celles des pays où elles sont majoritaires et qui refusent le droit à leurs citoyens d'autres religions de se réunir, de pratiquer ou de construire leur propre temples??!!!
Je ne connais de l’Islam qu’une lecture superficielle du Coran et ce qui est accessible au grand public. Mais la simple constatation est celle-ci : Voici une religion, largement répandue, qui depuis 500 ans n’a rien produit. Si l’on juge l’arbre à ses fruits, cet arbre-là est sec. Il est mort.
Quoi, plus de 20% de la population mondiale et rien, absolument rien, n’en est sorti en cinq siècles. Aucune pensée neuve, aucune percée intellectuelle, pas une seule innovation, pas un médicament qui guérit, pas une auto qui roule, pas un avion qui vole, pas un produit ‘made in the Islamic world’, que le reste du monde voudrait acheter, en dehors des dattes. Sans le pétrole, découvert, mis en valeur, exploité, raffiné, distribué et payé par des non musulmans, il n’y aurait du Maroc au Pakistan que le désert et la misère. Guère mieux en Indonésie. N’est-ce pas accablant ?
Alors je comprends que les musulmans se posent des questions, qu’ils soient anxieux. Allah les aurait-il abandonnés ? Un petit peuple de 11 millions de Juifs récolte 186 Prix Nobel ; un milliard et quelques de musulmans arrivent péniblement à 9 (neuf !) Nobels, si l’on inclut celui de la Paix, fort discutable, à Arafat et un Nobel de littérature à Mahfouz, qui s’est fait tabasser à 80 ans passés par ses coreligionnaires pour être un mauvais musulman. Ce qui pose un problème à ce milliard d’êtres humains : Comment accepter sans humiliation l’échange et le dialogue, lorsqu’on n’a rien, rien, à offrir ?
Les valeurs de l’Occident sont formidablement tentantes, bien sûr, autant la consommation vulgaire que la science et la philosophie la plus haute, mais comment greffer ces valeurs sur un tronc sec ? Pas moyen. Ça ne prend pas. Les cultures vivaces, comme le fut la nôtre, absorbent et métabolisent les apports étrangers, mais pas les cultures faibles. Pensez aux sociétés dites ‘primitives’. Pensez à l’URSS. Je le dis souvent,
l’Occident est un oxydant. On ne s’y frotte pas sans risque de corrosion. Le Japon hier, la Chine et l’Inde hindouiste, semble-t-il aujourd’hui, sont assez confiants en leurs ressources et leurs valeurs pour acclimater les nôtres en leur sein. Pas l’Islam. Le problème est le même pour les populations musulmanes installées en Europe et celles demeurées dans les pays d’origine. Soit il faut prendre de l’Occident, et alors il faut renier l’Islam ; soit refuser l’occidentalisation, et rester pauvre et déconsidéré, ou nouveau riche et déconsidéré, selon le nombre de puits de pétrole.
Une mince frange de fondamentalistes essaient d’échapper à la sombre alternative en espérant détruire l’objet même de leur désir (certains serial killers impuissants tuent des femmes, paraît-il, puisqu’ils ne peuvent les posséder). Pour l’Occident, cet extrémisme est un risque extérieur, exagéré par nos gouvernements à des fins politiciennes, risque qui pourrait causer des centaines, des milliers de morts, mais qui n’est pas essentiel. Pour l’Islam, en revanche, l’occidentalisation est un risque existentiel. Il en va de la survie même de l'Islam tel que nous le connaissons.
En réponse à votre question, chère AnneT, il est donc vital pour les gardiens de la foi musulmane d’éviter la contamination. D'où la nécessité de la censure, de la rigueur imposée des mœurs et de la disparition des communautés chrétiennes de leur pays quand ils en ont le pouvoir, c’est à dire à peu près partout du Maroc au Pakistan ; d'où l'urgence de maintenir la pureté de la religion par une discipline intégriste des communautés vivant dans des sociétés non musulmanes.
Je voudrais ajouter ceci : La déliquescence intellectuelle de l’Islam est une des 2 ou 3 grandes tragédies de notre temps. Nous avons besoin d’un Islam non pas agressif, mais vigoureux, intellectuellement rayonnant, sûr de lui, qui donne à ses membres une fierté légitime, qui donne aux musulmans confiance et sérénité afin qu’ils puissent vivre sans crainte existentielle sur cette planète, pour que le milliard d’êtres humains de cette confession contribuent pleinement aux recherches intellectuelles, scientifiques, techniques, dont l’humanité a besoin, pour qu’ils puissent échanger avec nous d’égaux à égaux, pour qu’ils puissent vivre parmi nous sans humiliation et nous laisser vivre parmi eux sans frayeur.
Cordialement
Christian
I have always strenuously supported the Right of every Man to his own opinion, however different that opinion might be to mine.
He who denies to another this right, makes a slave of himself to his present opinion,
because he precludes himself the right of changing it.
Thomas Paine, The Age of Reason