Bonjour chère Fée Violine,
Fée Violine a écrit :Cher Pneumatis, cette phrase ne me semble pas logique. Les gens n'ont-ils pas le droit de changer ? Jugez-vous un parti actuel à partir de ce qu'il était au siècle dernier ?
Ce n'est pas le parti qui est jugé, mais la doctrine qu'il propose. Or quel que soit l'éloignement du parti d'avec la doctrine d'origine, il y reste vraisemblablement attaché... sinon, avoué que ça ne coute rien de changer de nom. Vous auriez beau jeu par exemple, quels que soient ses évolutions, de défendre un parti qui se nommerait "nazi". Mais bon, je l'expliquerai sans doute très mal, je préfère vous citer Paul VI.
Octagesima Adveniens a écrit :32 - D’autres chrétiens se demandent même si une évolution historique du marxisme n’autoriserait pas certains rapprochements concrets. Ils constatent, en effet, un certain éclatement du marxisme qui, jusqu’ici, se présentait comme une idéologie unitaire, explicative de la totalité de l’homme et du monde dans son processus de développement, et donc athée. En dehors de l’affrontement idéologique qui sépare officiellement les divers tenants du marxisme-léninisme dans leur interprétation respective de la pensée des fondateurs, et des oppositions ouvertes entre les systèmes politiques qui se réclament aujourd’hui d’elle, certains établissent les distinctions entre divers niveaux d’expression du marxisme
33 - Pour les uns, le marxisme demeure essentiellement une pratique active de la lutte de classes. Expérimentant la vigueur toujours présente et sans cesse renaissante des rapports de domination et d’exploitation entre les hommes, ils réduisent le marxisme à n’être que lutte, par-fois sans autre projet, lutte qu’il faut poursuivre et même susciter de façon permanente. Pour d’autres, il sera d’abord l’exercice collectif d’un pouvoir politique et économique sous la direction d’un parti unique, qui se veut être - et lui seul - expression et garant du bien de tous, enlevant aux individus et aux autres groupes toute possibilité d’initiative et de choix. A un troisième niveau, le marxisme - qu’il soit au pouvoir ou non - se réfère à une idéologie socialiste à base de matérialisme historique et de négation de tout transcendant. Ailleurs enfin, il se présente sous une forme plus atténuée, plus séduisante aussi pour l’esprit moderne : comme une activité scientifique, comme une méthode rigoureuse d’examen de la réalité sociale et politique, comme le lien rationnel et expérimenté par l’histoire entre la connaissance théorique et la pratique de la transformation révolutionnaire. Bien que ce type d’analyse privilégie certains aspects de la réalité au détriment des autres et les interprète en fonction de l’idéologie, il fournit pourtant à certains, avec un instrument de travail, une certitude préalable à l’action, avec la prétention de déchiffrer, sous un mode scientifique, les ressorts de l’évolution de la société.
34 - Si à travers le marxisme, tel qu’il est concrètement vécu, on peut distinguer ces divers aspects et les questions qu’ils posent aux chrétiens pour la réflexion et pour l’action, il serait illusoire et dangereux d’en arriver à oublier le lien intime qui les unit radicalement, d’accepter les éléments de l’analyse marxiste sans reconnaître leurs rapports avec l’idéologie, d’entrer dans la pratique de la lutte des classes et de son interprétation marxiste en négligeant de percevoir le type de société totalitaire et violente à laquelle conduit ce processus.
Il faut bien comprendre qu'ici, quand Paul VI parle de marxisme, il parle également de ses évolutions, qu'on retrouve d'une manière générale dans toutes les expressions, des plus modérées aux plus radicales, du socialisme. Car si on ne peut réduire aujourd'hui le PCF au marxisme d'hier, il garde néanmoins un profond attachement au concept de lutte des classes développé par Marx... enfin ce n'est pas moi qui le dit, c'est lui. Lisez ce texte du PCF :
Transformations et actualité de la lutte des classes (tout le texte, vous le verrez, se fait en référence à Marx et comment le PCF actualise le marxisme à notre temps). Je cite la petite conclusion :
Paradoxalement, jamais la lutte des classes n’a été autant d’actualité et jamais la notion d’intérêt commun et de conscience de classe n’a été si difficile à construire.
Si d’un côté, les nouveaux mouvements sociaux « doivent aujourd’hui démontrer leur capacité à durer et à infléchir notablement le processus de décisions publiques » (8) , de l’autre, les outils manquent encore pour comprendre et saisir les attentes nouvelles dont ces mobilisations sont porteuses. Et cela d’autant plus que le communisme (comme organisation et comme théorie) est en crise, même s’il demeure vivant comme mouvement puisque le capitalisme continue d’en développer les prémices : la lutte des classes. Mais ceci est une autre histoire....
Bref, j'espère donc que du seul point de vue de la doctrine, vous voyez là l'opposition manifeste entre ce que dit Paul VI et la position du PCF.
Après, regardons dans les faits, les positionnements concrets du PCF. Vous dites en ce qui concerne le militantisme pro-avortement, pro-contraception, et tout ce qui ressort par ailleurs des théories du
gender :
Fée Violine a écrit :Sans doute, mais (du moins il me semble) moins que les autres partis de gauche.
Là vous vous trompez malheureusement lourdement. Le PCF est LE parti le plus investi dans la lutte pour les droits de la femme, tels qu'ils les conçoit : disposer librement de son corps, que les lesbiennes et les femmes célibataires aient exactement les mêmes droits que les femmes mariées en matière d'adoption, de procréation médicalement assistée, ect... Allez vous renseigner sur le site du PCF, vous verrez c'est effrayant. Tant que vous serez sur le site du PCF, cherchez "IVG" : vous tomberez sur 34 communiqués différents qui ont tous, en substance, la saveur de celui que vous a cité Harfang, ou encore de celui-ci :
Le PCF a écrit :Le pape Benoît XVI a estimé lundi que les pharmaciens devaient avoir le droit à « l’objection de conscience » pour pouvoir refuser de délivrer des médicaments permettant l’avortement.
Quand va-t-on finir de contester aux femmes le droit à disposer de leur corps et à choisir leur maternité ! Aujourd’hui, en France, le nombre d’IVG est d’environ 200 000 chaque année, soit près d’une IVG pour trois naissances et la part des avortements médicamenteux très précoces, augmente légèrement. Elle atteignait 20 % des cas en 1997.
Le Parti communiste français s’élève contre un tel diktat moral qui ne peut que plonger de nombreuses femmes catholiques dans la souffrance et le désarroi. Ce n’est ni aux pharmaciens, ni aux médecins, ni au pape , ni à quiconque de décider à la place des femmes ! Le droit au bonheur d’être mère ne doit pas être contesté aux femmes. Elles ont le droit de choisir !
Dans ce contexte, le PCF exige des moyens pour que soit appliquée la loi de 2001, relative à l’interruption volontaire de grossesse.
Parti communiste français
Paris, le 29 octobre 2007.
Regardez la perversion de la phrase, c'est hallucinant :
Le droit au bonheur d’être mère ne doit pas être contesté aux femmes. Elles ont le droit de choisir ! La première partie de la phrase est vraie, dans une certaine mesure (naturelle). C'est ce qui pourrait vous faire dire "
Vous voyez, il y a des valeurs chrétiennes dans le discours du PCF". Et juste derrière "
Elles ont le droit de choisir !", s'entend comme un droit de tuer.
Fée Violine a écrit :Sur beaucoup de points, sur l'aspect humain, le PCF se rapproche assez de la position chrétienne.
On peut en dire autant de n'importe quel parti. A partir du moment où un parti a forcément prétention à un minimum d'humanisme, il se rapproche de la position chrétienne. Ce n'est pas une raison suffisante pour cautionner le reste. Dans ce cas, que dites-vous du libéralisme, qui prétend tellement défendre la liberté, valeur qui est tellement au coeur de la religion chrétienne ? On ne joue pas un tel enjeu moral, que celui du vote, sur de simples similitudes ça et là.
Fée Violine a écrit :Mais son propos est avant tout social, en défendant les pauvres.
Oui et le verts défendent la nature, ce qui est profondément chrétien aussi. Pour autant, vous voyez que ces personnes veulent, comme le PCF, un plus large droit à l'avortement que ce qui existe aujourd'hui et provoque 200 000 abominations légales par ans.
On ne peut pas vouloir la paix, l'amour et la justice sur des bases comme celles-ci. Mère Térésa disait, quand elle a reçu son Prix Nobel de la Paix, que la plus grande atteinte à la paix, c'était l'attentat à la vie des enfants à naitre. De toute façon, je sort du sujet : le PCF ne recherche pas la paix, mais la révolution à travers la lutte des classes.
Fée Violine a écrit :De toute façon, aucun parti n'est parfait, il faut donc voter pour le "moins pire". Il faut bien voter pour quelqu'un.
Non, vous pouvez voter blanc, ou vous pouvez essayer de changer les choses en faisant exister un parti politique dont le programme est compatible avec les valeurs chrétiennes.
Et, si vous relisez le texte de la congrégation pour la doctrine de la foi que j'ai cité plusieurs fois dans ce fil de discussion, relativement à l'engagement des chrétiens en politique, vous verrez qu'il y a des valeurs NON NEGOCIABLES. Le PCF est certainement l'un des partis les plus opposés aux valeurs non négociables de l'Eglise. Un des partis les plus ancrés dans la culture de mort. Je les ai cité dans mon message en 8 points, au tout début. Relisez ce passage, s'il vous plait. C'est l'enseignement de votre Eglise en matière de foi. De là, la seule chose qu'il reste à choisir pour votre conscience, c'est d'obéir à l'Eglise et à votre foi, ou pas.