Engagement politique (en France)

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour Luis,
Luis a écrit :Il ne suffit pas de désigner la politique de l'UMP comme ultralibérale : l'UMP ne se prétend pas telle. D'ailleurs, peu de personnes en vérité se prétendent ultralibérales. Cette étiquette d'ultralibéralisme est un repoussoir commode, mais je trouve que c'est pécher par paresse intellectuelle de l'employer.
C'est exactement ça, et vous avez raison de le souligner. Je ne pouvais pas ici, et je ne suis pas capable de le faire, démontrer de manière à la fois synthétique et détaillée en quoi la politique de l'UMP est ultralibérale. C'est pourquoi j'ai donner comme référence de base le livre de François Huguenin, Résister au Libéralisme, qui lui est complet, et permettra de reconnaitre dans ces travers de notre société l'idée que j'essaie paresseusement d'évoquer ensuite.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
l'Ecossais
Quæstor
Quæstor
Messages : 222
Inscription : ven. 17 avr. 2009, 18:07

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par l'Ecossais »

Cher Joël Sprung!
Comment savoir si votre discernement est mauvais puisque "La Cité Catholique" est un espace privé où règne l'absolutisme!!!(dixit le règlement)...et comme il n'y a pas,ici,de Magistère habilité à exclure ou à réprouver...toutes les dérives sont possibles.....et les extrèmismes peuvent poindre à l'horizon....
Maintenant....que les maîtres de ce Forum vous laissent libre de pointer du doigt ce qui est bon pour nous en politique et d'y joindre vos enfants en photos...ne me touche guère...c'est tout simplement ma façon à moi de vous dire comment je ressens tout cela!
....et si je vous appelle JS c'est tout bonnement parce que vous vous êtes manifesté ainsi sur ce forum.
Bonne soirée!
Avatar de l’utilisateur
Fée Violine
Consul
Consul
Messages : 13106
Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
Localisation : France
Contact :

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Fée Violine »

Pneumatis a écrit :6/ Pourquoi les catholiques ne peuvent pas voter pour le Part Communiste
Bon là c'est assez clair, l'Eglise s'est clairement prononcée contre le communisme, par la voix de Pie XI dans l'encyclique Divini Redemptoris (1937) qui définit le communisme comme une idéologie « intrinsèquement perverse ». Pour voir jusqu'où ça va, Maritain présentait le communisme comme « la dernière hérésie chrétienne ». Et sinon, voyez le formidable travail sur le Marxisme fait par Serge BS, membre de ce forum, sur son blog : http://serge-bs.over-blog.com/categorie-11237500.html
C'est clair si vous assimilez PCF et marxisme. Mais il y a longtemps que le PCF n'est plus marxiste !
Avatar de l’utilisateur
Sofia
Barbarus
Barbarus

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Sofia »

l'Ecossais a écrit :toutes les dérives sont possibles.....et les extrèmismes peuvent poindre à l'horizon....
Bonjour l'Ecossais,
quelles dérives, quels extrémismes ?
Vous n'aimez pas ce parti et vous le dites, je ne vois pas de mal à ça, mais... pourquoi ? Quelles sont les propositions de Solidarité qui ne vous plaisent pas ou qui vous paraissent potentiellement dangereuses ?

Cordialement,
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour Fée Violine,
Fée Violine a écrit :C'est clair si vous assimilez PCF et marxisme. Mais il y a longtemps que le PCF n'est plus marxiste !
:oops: Désolé. J'avoue j'ai eu la flemme d'aller sonder leur programme, qui par avance me rebute un peu. D'une manière générale la doctrine communiste est de toute façon dénoncée par l'Eglise, ne serait-ce qu'en raison de ses racines historiques (cf. Octagesima Adveniens). Bref, quoiqu'il en soit, merci de m'obliger à me corriger :) (vous êtes déjà deux à avoir mis en évidence que j'étais un feignant notoire).

Pour le parti communiste, même barrière que pour les verts : ils militent très fermement POUR l'avortement, POUR la contraception, POUR l'aide médicale à la procréation pour les femmes homosexuelles, et pour l'égalité de droit et de reconnaissance des couples homosexuels et hétérosexuels. De toute façon c'est donc radicalement contraire à la foi que de soutenir par son vote le parti communiste.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
Harfang
Persona
Persona
Messages : 1394
Inscription : mar. 09 sept. 2008, 23:45

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Harfang »

Non et puis d'une manière générale toute la gauche est complice du génocide de l'avortement. Comme vous le dites c'est elle qui contribue en permanence à la destruction de la famille, de l'ordre social, des mœurs, de la religion, de la patrie, de l'identité française, de notre héritage... et je pense sincèrement qu'elle est en partie responsable, avec aussi la majorité de la droite, du fait que la société actuelle dégénère.
« O Crux Ave Spes Unica ! »
http://vidi-aquam.blogspot.com/
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Cher l'Ecossais,
l'Ecossais a écrit :Maintenant....que les maîtres de ce Forum vous laissent libre de pointer du doigt ce qui est bon pour nous en politique et d'y joindre vos enfants en photos...ne me touche guère...
Je voulais juste préciser une chose : ce que je fais ici comme "prosélytisme" ne me parait pas choquant en tant qu'il s'adresse à des catholiques, comme explicitement mentionné dans les paragraphes que je propose. Sachant que, comme vous l'avez plusieurs fois affiché, par votre appartenance à la franc-maçonnerie, l'enseignement de l'Eglise ne semble pas vous obliger d'une quelconque manière en matière d'engagement, je comprends alors que mon propos vous semble prosélyte, mais il ne s'adresse pas à vous, de fait.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
Avatar de l’utilisateur
Sofia
Barbarus
Barbarus

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Sofia »

Bonjour,
j'arrive comme une fleur pour poser une nouvelle question...
Pneumatis, vous évoquez une alliance (possible) entre Solidarité et le PCD. Est-ce le seul parti avec lequel une alliance est possible ? Je pense aux partis royalistes, comme Alliance Royale (http://www.allianceroyale.fr/), chère à mon frère. :roule:

Bien à vous,
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour Sofia,

Il faudrait certes tenter de collaborer avec Alliance Royale. Cependant, avec les mouvements royalistes subsiste un problème de taille : le retour de la royauté est un discours totalement inaudible pour l'écrasante majorité de nos contemporains aujourd'hui (ce qui ne le différencie pas beaucoup des "adeptes" de la DSE, reconnaissons-le) pour une orientation institutionnelle qui n'est pourtant pas un pré-requis majeur de la DSE, et me semble moins urgent que la défense des valeurs non négociables de la foi chrétienne.

Croyez-bien que je militerais volontiers en faveur d'une monarchie, mais la volonté de Solidarité n'est pas juste de proposer ici un "idéal". C'est de faire exister un vote conforme à la doctrine sociale de l'Eglise, pour que la DSE puisse être représentée sur la scène politique. Et de parallèlement proposer des mesures visant à faire progresser la politique vers plus de Solidarité et de respect de la vie. Le seul fait de parler d'un retour du Roi me semble porter le risque d'effacer totalement le contenu des valeurs sociales que porte le programme politique de ce mouvement.

Or parmi les personnes soucieux des valeurs de la DSE, il peut y avoir des royalistes comme des non-royalistes. Nous ne devons exclure aucun des deux. C'est seulement dans ces conditions, à mon avis, qu'une alliance serait possible : ni plus ni moins qu'un soutien électoral PAR les membres d'Alliance Royale envers Solidarité. Si votre frère est intéressé, il peut prendre contact avec moi sans hésiter (si toutefois ce que je dis là est compréhensible).
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Actualité du jour :
Les lois sont justes si elles respectent la « vie » et promeuvent la « solidarité » : c'est sur ce thème que titre L'Osservatore Romano en italien à la Une du 17 décembre, à propos de la catéchèse de Benoît XVI, ce mercredi matin.
Source : http://www.zenit.org/article-23001?l=french
Dans son audience générale du 16/12/2009, Benoit XVI a écrit :A notre époque, en effet, surtout dans certains pays, nous assistons à une séparation préoccupante entre la raison, qui a la tâche de découvrir les valeurs éthiques liées à la dignité de la personne humaine, et la liberté, qui a la responsabilité de les accueillir et de les promouvoir. Peut-être Jean de Salisbury nous rappellerait-il aujourd'hui que ne sont conformes à l'équité que les lois qui protègent le caractère sacré de la vie humaine et qui repoussent la légalité de l'avortement, de l'euthanasie et des expérimentations génétiques irresponsables, ces lois qui respectent la dignité du mariage entre l'homme et la femme, qui s'inspirent à une correcte laïcité de l'Etat - une laïcité qui comporte cependant toujours la sauvegarde de la liberté religieuse -, et qui recherchent la subsidiarité et la solidarité au niveau national et international. S'il en était autrement, il finirait par s'instaurer ce que Jean de Salisbury définit la « tyrannie du prince » ou, dirions-nous, « la dictature du relativisme » : un relativisme qui, comme je le rappelai il y a quelques années, « ne reconnaît rien comme définitif et ne laisse comme mesure ultime que le propre moi et ses envies ».

Dans ma plus récente encyclique, Caritas in veritate, m'adressant aux hommes de bonne volonté, qui s'engagent afin que l'action sociale et politique ne soit jamais détachée de la vérité objective sur l'homme et sur sa dignité, j'ai écrit : « La vérité et l'amour que celle-ci fait entrevoir ne peuvent être fabriqués. Ils peuvent seulement être accueillis. Leur source ultime n'est pas, ni ne peut l'être, l'homme, mais Dieu, c'est-à-dire Celui qui est Vérité et Amour.
Source : http://www.zenit.org/article-22997?l=french
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
l'Ecossais
Quæstor
Quæstor
Messages : 222
Inscription : ven. 17 avr. 2009, 18:07

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par l'Ecossais »

Bonjour Joël!
Vous voyez,j'entre dans le vif du sujet:comment votre parti prend-il position sur la grève,le droit de grève et le syndicalisme en général?
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour l'Ecossais,

Sur le droit de grève, voici notre position :
Catéchisme de l'Eglise Catholique a écrit :2435 La grève est moralement légitime quant elle se présente comme un recours inévitable, sinon nécessaire, en vue d’un bénéfice proportionné. Elle devient moralement inacceptable lorsqu’elle s’accompagne de violences ou encore si on lui assigne des objectifs non directement liés aux conditions de travail ou contraires au bien commun.
Le compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise a écrit :304 La doctrine sociale reconnaît la légitimité de la grève « quand elle se présente comme un recours inévitable, sinon nécessaire, en vue d'un bénéfice proportionné », après que toutes les autres modalités de dépassement du conflit se soient révélées inefficaces. La grève, une des conquêtes les plus difficiles de l'associationnisme syndical, peut être qualifiée de refus collectif et concerté, de la part des travailleurs, d'accomplir leurs prestations, afin d'obtenir, grâce à la pression ainsi exercée sur les employeurs, sur l'État et sur l'opinion publique, de meilleures conditions de travail et de leur situation sociale. La grève, pour autant qu'elle apparaisse « comme une sorte d'ultimatum », doit toujours être une méthode pacifique de revendication et de lutte pour ses droits; elle devient « moralement inacceptable lorsqu'elle s'accompagne de violences ou encore si on lui assigne des objectifs non directement liés aux conditions de travail ou contraires au bien commun ».
Gaudium et Spes a écrit :En cas de conflits économico-sociaux, on doit s’efforcer de parvenir à une solution pacifique. Mais, s’il faut toujours recourir d’abord au dialogue sincère entre les parties, la grève peut cependant, même dans les circonstances actuelles, demeurer un moyen nécessaire, bien qu’ultime, pour la défense des droits propres et la réalisation des justes aspirations des travailleurs. Que les voies de la négociation et du dialogue soient toutefois reprises, dès que possible, en vue d’un accord.
Dans Laborem exercens, Jean-Paul II a écrit :En agissant pour les justes droits de leurs membres, les syndicats ont également recours au procédé de la «grève», c'est-à-dire de l'arrêt du travail conçu comme une sorte d'ultimatum adressé aux organismes compétents et, avant tout, aux employeurs. C'est un procédé que la doctrine sociale catholique reconnaît comme légitime sous certaines conditions et dans de justes limites. Les travailleurs devraient se voir assurer le droit de grève et ne pas subir de sanctions pénales personnelles pour leur participation à la grève. Tout en admettant que celle-ci est un moyen juste et légitime, on doit également souligner qu'elle demeure, en un sens, un moyen extrême. On ne peut pas en abuser; on ne peut pas en abuser spécialement pour faire le jeu de la politique. En outre, on ne peut jamais oublier que, lorsqu'il s'agit de services essentiels à la vie de la société, ces derniers doivent être toujours assurés, y compris, si c'est nécessaire, par des mesures légales adéquates. L'abus de la grève peut conduire à la paralysie de toute la vie socio-économique. Or cela est contraire aux exigences du bien commun de la société qui correspond également à la nature bien comprise du travail lui-même.
Sur les syndicats, voici notre position :
Gaudium et spes a écrit :Il faut mettre au rang des droits fondamentaux de la personne le droit des travailleurs de fonder librement des associations capables de les représenter d’une façon valable et de collaborer à la bonne organisation de la vie économique, ainsi que le droit de prendre librement part aux activités de ces associations, sans courir le risque de représailles. Grâce à cette participation organisée, jointe à un progrès de la formation économique et sociale, le sens des responsabilités grandira de plus en plus chez tous : ils seront ainsi amenés à se sentir associés, selon leurs moyens et leurs aptitudes personnels, à l’ensemble du développement économique et social ainsi qu’à la réalisation du bien commun universel.
Laborem exercens a écrit :Sur le fondement de tous ces droits et en relation avec la nécessité où sont les travailleurs de les défendre eux-mêmes, se présente un autre droit: le droit d'association, c'est-à-dire le droit de s'associer, de s'unir, pour défendre les intérêts vitaux des hommes employés dans les différentes professions. Ces unions portent le nom de syndicats. Les intérêts vitaux des travailleurs sont, jusqu'à un certain point, communs à tous; en même temps, cependant, chaque genre de travail, chaque profession a une spécificité propre, qui devrait se refléter de manière particulière dans ces organisations.

Les syndicats ont en un certain sens pour ancêtres les anciennes corporations d'artisans du moyen-âge, dans la mesure où ces organisations regroupaient des hommes du même métier, c'est-à-dire les regroupaient en fonction de leur travail. Mais les syndicats diffèrent des corporations sur un point essentiel: les syndicats modernes ont grandi à partir de la lutte des travailleurs, du monde du travail et surtout des travailleurs de l'industrie, pour la sauvegarde de leurs justes droits vis-à-vis des entrepreneurs et des propriétaires des moyens de production. Leur tâche consiste dans la défense des intérêts existentiels des travailleurs dans tous les secteurs où leurs droits sont en cause. L'expérience historique apprend que les organisations de ce type sont un élément indispensable de la vie sociale, particulièrement dans les sociétés modernes industrialisées. Cela ne signifie évidemment pas que seuls les ouvriers de l'industrie puissent constituer des associations de ce genre. Les représentants de toutes les professions peuvent s'en servir pour défendre leurs droits respectifs. En fait, il y a des syndicats d'agriculteurs et des syndicats de travailleurs intellectuels; il y a aussi des organisations patronales. Ils se subdivisent tous, comme on l'a déjà dit, en groupes et sous-groupes selon les spécialisations professionnelles.

La doctrine sociale catholique ne pense pas que les syndicats soient seulement le reflet d'une structure «de classe» de la société; elle ne pense pas qu'ils soient les porte-parole d'une lutte de classe qui gouvernerait inévitablement la vie sociale. Certes, ils sont les porte-parole de la lutte pour la justice sociale, pour les justes droits des travailleurs selon leurs diverses professions. Cependant, cette «lutte» doit être comprise comme un engagement normal «en vue» du juste bien: ici, du bien qui correspond aux besoins et aux mérites des travailleurs associés selon leurs professions; mais elle n'est pas une «lutte contre» les autres. Si, dans les questions controversées, elle prend un caractère d'opposition aux autres, cela se produit parce qu'on recherche le bien qu'est la justice sociale, et non pas la «lutte» pour elle-même, ou l'élimination de l'adversaire. La caractéristique du travail est avant tout d'unir les hommes et c'est en cela que consiste sa force sociale: la force de construire une communauté. En définitive, dans cette communauté, doivent s'unir de quelque manière et les travailleurs et ceux qui disposent des moyens de production ou en sont propriétaires. A la lumière de cette structure fondamentale de tout travail _ à la lumière du fait que, en définitive, le «travail» et le «capital» sont les composantes indispensables de la production dans quelque système social que ce soit _, l'union des hommes pour défendre les droits qui leur reviennent, née des exigences du travail, demeure un élément créateur d'ordre social et de solidarité, élément dont on ne saurait faire abstraction.

Les justes efforts pour défendre les droits des travailleurs unis dans la même profession doivent toujours tenir compte des limitations imposées par la situation économique générale du pays. Les requêtes syndicales ne peuvent pas se transformer en une sorte d'«égoïsme» de groupe ou de classe, bien qu'elles puissent et doivent tendre à corriger aussi, eu égard au bien commun de toute la société, tout ce qui est défectueux dans le système de propriété des moyens de production ou dans leur gestion et leur usage. La vie sociale et économico-sociale est certainement comme un système de «vases communicants» et chaque activité sociale qui a pour but de sauvegarder les droits des groupes particuliers doit s'y adapter.

En ce sens, l'activité des syndicats entre de manière indubitable dans le domaine de la «politique» entendue comme un souci prudent du bien commun. Mais, en même temps, le rôle des syndicats n'est pas de «faire de la politique» au sens que l'on donne généralement aujourd'hui à ce terme. Les syndicats n'ont pas le caractère de «partis politiques» qui luttent pour le pouvoir, et ils ne devraient jamais non plus être soumis aux décisions des partis politiques ni avoir des liens trop étroits avec eux. En effet, si telle est leur situation, ils perdent facilement le contact avec ce qui est leur rôle spécifique, celui de défendre les justes droits des travailleurs dans le cadre du bien commun de toute la société, et ils deviennent, au contraire, un instrument pour d'autres buts.
Vous m'excuserez de ne pas avoir une opinion plus "personnelle" à vous proposer, mais ce n'est justement pas l'objet de Solidarité que d'afficher des opinions "personnelles". Nous faisons notre a priori, et au moins jusqu'au moment d'en débattre si l'éventualité se présente, les principes de la doctrine sociale de l'Eglise. Aussi, pour connaitre nos orientations, vous avez tout loisir de consulter les documents de la DSE (que vous trouvez d'ailleurs en lien, pour la plupart, sur notre forum), en particulier le Compendium de la DSE qui réuni globalement l'ensemble des thèmes de la question sociale.

Je ne dis pas ceci pour vous dire que vous avez mal fait de poser la question, au contraire, je vous en remercie. C'est juste pour vous indiquer que sur des questions très générales il y a fort à parier que je vous réponde assez fréquemment par des textes de la DSE, à moins que nous ayons commencé à travailler plus précisément sur des mesures concrètes d'application. Pour les syndicats et la grève, à l'heure actuelle, ce n'est malheureusement pas encore le cas. Notre position reste donc purement spéculative et notre discours se limite à celui de la DSE. L'enjeu de faire appel à des bonnes volonté c'est justement pour reprendre ces textes et en faire jaillir des mesures d'application pour passer du pur spéculatif à la doctrine d'action concrète, adaptée à notre temps et à notre société.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
l'Ecossais
Quæstor
Quæstor
Messages : 222
Inscription : ven. 17 avr. 2009, 18:07

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par l'Ecossais »

Merci!
Harfang
Persona
Persona
Messages : 1394
Inscription : mar. 09 sept. 2008, 23:45

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Harfang »

Certes, quand on parle de monarchie la plupart des gens s'imagine encore les perruques et le souliers à boucles mais peut-on réellement appliquer la DSE dans le long terme sans une refonte des institutions pour plus de stabilité ?
« O Crux Ave Spes Unica ! »
http://vidi-aquam.blogspot.com/
Avatar de l’utilisateur
Sofia
Barbarus
Barbarus

Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Sofia »

Harfang a écrit :peut-on réellement appliquer la DSE dans le long terme sans une refonte des institutions pour plus de stabilité ?
:?:
Pouvez-vous être plus précis ?
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Semrush [Bot] et 3 invités