Engagement politique (en France)

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
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Pneumatis
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonjour Sofia,

Bon, j'ai cru que ma réponse précédente était suffisante, désolé... Cette autre forme de représentation est, concrètement et comme l'indique le texte : "à inventer" (donc rien de défini pour l'heure, parce que ça demande à être étudié et débattu avec toutes les bonnes volontés intéressées par la question). Cela doit tenir compte principalement des critères qui sont indiqués dans le texte et que j'ai un peu développé, à savoir une représentation qui a pour fonction de représenter l'organe pour lequel elles sont élus, et de rechercher donc le bien commun à la dimension de cet organe, en tant qu'il est inscrit lui-même dans un ensemble plus vaste. Je m'explique...

Si vous êtes élu par exemple, pour une représentativité nationale, vous devez être une personne ou une association de personnes qui va rechercher le bien de votre nation, en tant qu'elle est en relation avec d'autres nations. Vous devons donc vous occuper de ces deux intérêts, que sont le bien commun de vos nationaux, et le bien commun des nations. Dans tous les cas, ce ne sont pas les intérêts de votre parti que vous devez défendre, mais ceux de votre nation, et de l'ensemble des nations avec lesquels elle est en relation ou amenée à l'être.

Si vous êtes élu pour une représentativité européenne, comme ce dont il est question dans ce texte, vous devez non plus représenter votre nation, mais l'Europe toute entière. Principe de subsidiarité oblige, même si vous êtes français, ce ne sont pas les intérêts de la France que vous devez alors défendre dans votre mandat, mais les intérêts de l'Europe et des organisations de même niveau avec lesquelles elle est amenée à être en relation.

J'imagine que tout ceci doit paraitre totalement évident, sauf qu'à l'heure actuelle, pour ce que j'en ai compris, ça ne marche pas comme ça. Au niveau européen, il semble que le militantisme partisan alterne avec le protectionnisme national, pour former tantôt des alliances entre des partis de même "couleur" tous pays confondus (ce qui peut s'expliquer par la concordance des idées), tantôt des alliances entre partis totalement ennemis sur le plan national mais qui se serrent les coudes pour défendre ensemble les intérêts de leurs pays au plan international. Et le plus gros problème avec l'Europe, en terme de représentation, c'est que les Etats membres cherchent surtout à y investir le moins possible, et à se défendre "contre" l'Europe ou à en dégager quelques profits, plutôt que de s'inscrire dans une vraie logique de collaboration avec les états membres.

Bref, la nouvelle représentation dont il est question doit faire l'objet d'une réflexion permettant de mettre en oeuvre une véritable collaboration au service du bien commun, conformément au principe de subsidiarité, c'est-à-dire une collaboration adaptée au "niveau" de représentation dans lequel elle est engagée.

Après, sur les modalités de mise en oeuvre, je botte en touche, au risque de faire encore rigoler Charles : la politique internationale est loin d'être ma spécialité, et il est probable, dans ce travail de groupe qu'est un parti politique, que des gens bien plus compétents que moi sur la question s'attèlent à ce travail, si ils souhaitent s'investir dans ce projet (c'est un appel !!! ;) ). C'est de toute façon une réflexion à mener, et qui ne se résout pas en 5mn. Je n'ai pas encore transmis la question à l'auteur du texte pour savoir si il avait des éléments plus approfondis, mais dès que c'est fait et que j'ai une réponse plus précise, je viens vous la donner, promis.
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Pneumatis a écrit :Bon, j'ai cru que ma réponse précédente était suffisante, désolé...
La bêtise insiste toujours. (Albert Camus, La Peste). ;-)
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Re: Engagement politique (en France)

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Sofia a écrit :La bêtise insiste toujours.[/color] (Albert Camus, La Peste). ;-)
Ah non, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire !!! :oops: C'est juste que c'est moi qui n'explique pas bien, c'est tout.

Enfin, on s'est compris :p
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonsoir chère Sofia,

Heureuse coïncidence, Axel de Bauer a appelé tout à l'heure pour faire le point, et j'en ai donc profité pour lui soumettre votre question. Il a reconnu que cette question de la représentation, comme il le sous-entend dans son texte, est d'abord un constat qu'il fait d'un problème, et dont il voudrait qu'on débatte à plusieurs pour essayer d'en proposer des solutions.

Voici d'abord le constat (je vais essayer d'être fidèle à la pensée de l'auteur, parce que j'avoue que ma connaissance des institutions est assez limitée) : les modes de représentations répondent généralement aux besoins d'une époque. La représentation territoriale, par exemple, nait d'époques où la communication était entièrement dépendante des distances et où par exemple il vous fallait une semaine pour faire passer un message de Marseille à Paris. Il y a eu aussi la représentation élitiste, qui piochait ses élus parmi les hommes ayant reçu une éducation suffisante.

Aujourd'hui les modes de représentation qui sont les nôtres, à quelques niveaux qu'ils soient, sont dépassés ne serait-ce que parce qu'ils ne représentent quasiment en rien les citoyens dans leur identité. Aujourd'hui quand on vous demande de vous présenter devant un groupe, vous aller peut-être dire votre situation familiale, d'où vous venez, mais vous allez aussi dire ce que vous faites comme métier ou comme études, ou quelles sont vos activités. A contrario, vous n'allez pas dire de but en blanc : je suis de gauche ou je suis de droite. On le voit d'ailleurs, les gens se désintéressent de la politique. Combien de citoyens se reconnaissent vraiment dans une identité partisane. Et c'est pourtant cette identité partisane qui est seule représentée sur la place démocratique.

Il y a un débat à mener pour que la représentation, en gros nos élus, soient plus proches des citoyens, dans leur diversité et leurs identités. Cela peut-être en ayant des élus par classes socio-professionnelles, par exemple (c'est juste une idée). Il faut aussi réfléchir, même si c'est un peu plus secondaire, à des questions comme celles du vote blanc : comment tenir compte de cette voix en démocratie, que l'on reconnait valide aujourd'hui, mais dont on ne tient aucun compte ?

Voilà en gros, cette question de la représentation est, comme l'auteur du texte l'indique, à inventer, à débattre, à réfléchir. Le constat c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas et un chantier à conduire pour changer ça.
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Bonsoir Pneumatis,
Ma petite citation était humoristique et auto-critique ;-) Merci d'avoir posé la question à l'auteur et merci pour les précisions, j'ai bien compris que c'est encore un peu brouillon car "en chantier".

Je fais juste deux remarques :

Aujourd'hui les modes de représentation qui sont les nôtres, à quelques niveaux qu'ils soient, sont dépassés ne serait-ce que parce qu'ils ne représentent quasiment en rien les citoyens dans leur identité. Aujourd'hui quand on vous demande de vous présenter devant un groupe, vous aller peut-être dire votre situation familiale, d'où vous venez, mais vous allez aussi dire ce que vous faites comme métier ou comme études, ou quelles sont vos activités. A contrario, vous n'allez pas dire de but en blanc : je suis de gauche ou je suis de droite. On le voit d'ailleurs, les gens se désintéressent de la politique.
> En effet, Monsieur C dira plus spontanément qu'il est "marié, père de deux enfants, fonctionnaire" que "militant au PS". D'ailleurs il suffit de regarder les jeux télévisés : on donne le plus souvent le prénom, l'âge et la profession des candidats.
(mais... mais... les gens se désintéressent de la religion, vous n'allez pas forcément déclarer de but en blanc à des inconnus que vous êtes catholique. Le catholicisme est dépassé et ne représente en rien votre identité alors ? ;))

Il y a un débat à mener pour que la représentation, en gros nos élus, soient plus proches des citoyens, dans leur diversité et leurs identités. Cela peut-être en ayant des élus par classes socio-professionnelles, par exemple (c'est juste une idée).
Qu'est-ce que vous mettez exactement derrière les "classes socio-professionnelles" ? J'imagine que c'est à rapprocher des PCS (Professions et Catégories Socio-Professionnels, insee). Si c'est bien le cas, je suis sceptique. La catégorie "professions intermédiaires" - juste pour l'exemple - est quand même un grand foutoir : infirmier, assistante sociale, enseignant, sous-officier de l'armée, prêtre, tout le monde dans le même sac... Pas sûr que les élus soient donc plus proches/représentatifs des citoyens (et j'imagine bien les p'tites querelles internes : "ne vote pas pour le prof, y'a une infirmière qui se présente, c'est quand même l'honneur de ta profession qui est en jeu !").
Mais je concède que moi, j'ai du mal à ne pas raisonner en termes de partis, droite/gauche/extrêmes. L'habitude.

En revanche je soutiens l'idée qu'il faut faire quelque chose pour que les votes blancs, d'une manière ou d'une autre, "comptent" eux aussi.

J'aurai une autre question sur l'Union Européenne. Votre parti soutient-il l'idée de s'acheminer vers des "États-Unis d'Europe", pour reprendre la vieille expression de Victor Hugo ?
Et, complètement hors-sujet, mais pour ou contre l'adhésion de la Turquie ?

(oh, et je ne fait pas de politique (je suis une voix à prendre ;-)), je ne suis pas sociologue, je ne suis pas économiste, je ne suis pas historienne, je ne sais pas organiser mes idées, j'ai des lacunes dans beaucoup de domaines etc.)

Bien à vous,
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Bonjour Sofia,
Sofia a écrit :mais... mais... les gens se désintéressent de la religion, vous n'allez pas forcément déclarer de but en blanc à des inconnus que vous êtes catholique. Le catholicisme est dépassé et ne représente en rien votre identité alors ?
Tout ce qui ne nous représente pas de prime abord n'est pas dépassé. D'ailleurs être membre d'un parti politique n'est pas dépassé non plus ;). Mais oui, si vous faisiez un mode de représentation tenant compte uniquement de la religion, vous seriez sérieusement à côté de la plaque, compte tenu de l'état actuel de la religion en France. Cela dit, parmi les activités des personnes, vous avez des laïcs engagés au sein de l'Eglise, des retraités en particulier dont le seul fait de se dire retraité de tel métier ne contribue pas du tout à les représenter dans leur présent. Ce n'est qu'un exemple, évidemment.
Sofia a écrit :Qu'est-ce que vous mettez exactement derrière les "classes socio-professionnelles" ? J'imagine que c'est à rapprocher des PCS (Professions et Catégories Socio-Professionnels, insee). Si c'est bien le cas, je suis sceptique. La catégorie "professions intermédiaires" - juste pour l'exemple - est quand même un grand foutoir : infirmier, assistante sociale, enseignant, sous-officier de l'armée, prêtre, tout le monde dans le même sac... Pas sûr que les élus soient donc plus proches/représentatifs des citoyens (et j'imagine bien les p'tites querelles internes : "ne vote pas pour le prof, y'a une infirmière qui se présente, c'est quand même l'honneur de ta profession qui est en jeu !").
Je ne peux vous répondre : le débat est à faire, et ce n'est qu'à l'issue d'une vraie réflexion à plusieurs, dans un objectif commun (dégager une contribution au modèle sociale qui met à l'oeuvre l'Amour dans la Vérité), qu'on pourra dégager des propositions de réponses à ces questions. Vous savez, on pourrait tout autant avoir comme élus des représentant des grands courants associatifs : nombreuses sont les associations qui naissent et grandissent justement proportionnellement au nombre d'individus qu'elles représentent.
Sofia a écrit :Mais je concède que moi, j'ai du mal à ne pas raisonner en termes de partis, droite/gauche/extrêmes. L'habitude.
C'est aussi ce qui rend la tâche difficile.
Sofia a écrit :En revanche je soutiens l'idée qu'il faut faire quelque chose pour que les votes blancs, d'une manière ou d'une autre, "comptent" eux aussi.
Vous n'êtes visiblement pas la seule ! Reste quand même à trouver "quoi" faire, parce que là aussi, ça ne coule pas de source.
Sofia a écrit :J'aurai une autre question sur l'Union Européenne. Votre parti soutient-il l'idée de s'acheminer vers des "États-Unis d'Europe", pour reprendre la vieille expression de Victor Hugo ?
Pas à ma connaissance. Je pense que le concept de nation est très important et participe beaucoup de l'identité culturelle. L'Europe est belle dans sa diversité. Une union européenne est importante et va de soi, puisqu'aujourd'hui les nations proches, sur un même continent en particulier, vont vers toujours plus d'échanges et de partages. Et puis par cette configuration et notamment le travail des premiers chrétiens, les pays d'Europe ont pour beaucoup de très importantes racines chrétiennes en commun. Mais l'identité propre de ces nations, toujours vivante, ne doit pas se diluer dans un tout informe, et l'Europe doit rester, je crois, une collaboration de nations différentes autant qu'elles le sont dans leur identité, en vue du bien commun. Cette diversité est une richesse qu'il faut préserver. Il ne faut pas une fusion en une seule nation dans laquelle il ne resterait plus que quelques spécificités régionales (je grossis le trait). Le danger que pointent à raison, les nationalistes, même si je trouve que leur juste appréciation des choses s'arrête là, c'est que la mondialisation efface les richesses culturelles, les spécificité de chaque pays, chaque peuple, pour aller vers une uniformisation globale. C'est un vrai danger contre lequel il faut se prémunir. Maintenant ça ne veut pas dire qu'il faut rester chacun dans son coin pour ça et cesser tout échange. C'est toute la difficulté : s'ouvrir à l'autre tout en sachant préserver et garder vivante la mémoire de son peuple.
Sofia a écrit :Et, complètement hors-sujet, mais pour ou contre l'adhésion de la Turquie ?
Je ne donne que mon avis personnel, n'étant pas certain d'être en phase avec le partie Solidarité (quoique je le suppose fortement) : je suis assurément contre. La Turquie, pourtant la terre de Saint Paul sans qui l'Europe ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui, n'est pas un pays d'Europe : ni géographiquement, ni culturellement, ni politiquement.
Sofia a écrit :(oh, et je ne fait pas de politique (je suis une voix à prendre ;-)), je ne suis pas sociologue, je ne suis pas économiste, je ne suis pas historienne, je ne sais pas organiser mes idées, j'ai des lacunes dans beaucoup de domaines etc.)
Pareil pour moi... Mais sans vouloir vous faire la cour, vous poser des questions très pertinentes qui dénotent une intelligence très fine (en dépit du fait que vous soyez, je crois, assez jeune, vous me faites assez penser à ma maman sur ce point). La sagesse, selon moi, ce n'est pas d'avoir réponse à tout, mais de savoir se poser les bonnes questions, ce qui fait de vous, à mon sens, quelqu'un de très sage.
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonsoir à tous,

Je passe ici pour vous annoncer que Pneumatis fait tomber publiquement l'anonymat pour les besoins de la cause politique qu'il défend, et devient officiellement Joël Sprung, tête de liste de SOLIDARITE - Liberté, Justice et Paix pour la région Pays de la Loire.

PS : Désolé pour le côté très "people" de l'annonce, mais on ne cesse de me répéter que l'engagement politique exige une certaine visibilité, donc je n'ai pas vraiment d'autre choix. A part ça, je ne prends pas un malin plaisir à parler de moi à la troisième personne, si vous voulez tout savoir... sauf là, mais c'est parce qu'entres amis, je trouvais ça plus marrant.
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Tout ce que je retiens c'est qu'on connait désormais votre tête :-D
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Re: Engagement politique (en France)

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Sofia a écrit :Tout ce que je retiens c'est qu'on connait désormais votre tête :-D
;) J'avoue que j'aurai préféré me planquer derrière un bereshit encore longtemps, mais bon...

En tout cas, vous aurez certainement reconnu sur la photo les très belles rives du sanctuaire de Lourdes (juste en face de la grotte) derrière mes deux magnifiques enfants (si si, c'est les plus beaux du monde !) :-D
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Re: Engagement politique (en France)

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Bonjour,

En matière d'engagement politique, je voudrais ici indiquer quelques pistes rapides de réflexion quant à l'engagement politique en France :

D'abord, pour bien comprendre ce que je propose ici, je voudrais citer à nouveau la note doctrinale de 2002 de la congrégation pour la doctrine de la foi, déjà citée dans ce fil de discussion.
La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a écrit :L’Église a conscience que si, d’une part, le chemin de la démocratie exprime au mieux la participation directe des citoyens aux choix politiques, d’autre part, il n’est possible que dans la mesure où il est fondé sur une juste conception de la personne. Sur ce principe, l’engagement des catholiques ne peut tolérer aucun compromis, car, autrement, le témoignage de la foi chrétienne dans le monde, ainsi que l’unité et la cohérence interne des fidèles eux-mêmes, feraient défaut.
[...]
Dans la droite ligne de l’enseignement constant de l’Église, Jean-Paul II a maintes fois répété que ceux qui sont engagés directement dans les instances législatives ont «une obligation précise de s’opposer» à toute loi qui s’avère un attentat contre la vie humaine. Pour eux, comme pour tout catholique, il est impossible de participer à des campagnes d’opinion en faveur de telles lois, et il n’est permis à personne de les soutenir par son vote.
[...]
Dans ce contexte, il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui.
1/ Rappel des valeurs non négociables en politique pour les catholiques
Congrégation pour la doctrine de la foi a écrit :Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne.

1/ Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (à ne pas confondre avec le renoncement à l’acharnement thérapeutique qui, même du point de vue moral, est légitime), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle.

2/ De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l’embryon humain.

3/ De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce : aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale.

4/ De même, la garantie de liberté d’éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits humains.

5/ Dans cette même ligne, il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage (que l’on pense par exemple à la drogue et à l’exploitation de la prostitution).

6/ On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse

7/ et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que «les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus»
Partant de là, nous allons examiner un peu les programmes politiques en place, et voir comment ils vont contre la foi chrétienne et l'enseignement de l'Eglise. Les listes sont non exhaustives, mais il suffit d'une seule valeur non négociable pour qu'un chrétien, fidèle à l'enseignement de l'Eglise, se défende de voter pour cette formation politique.


2/ Pourquoi les catholiques ne peuvent pas voter pour l'UMP

Lire à ce sujet l'ouvrage de François Huguenin, Résiter au Libéralisme. Quant à moi, voici ce que je vous propose de méditer :

- La politique ultralibérale de l'UMP montre par sa fiscalité une orientation politique préférentielle pour les riches, quand l'Eglise invite à une option préférentielle pour les pauvres. Exemple du bouclier fiscal ou encore de ceux qui militent pour la suppression de l'impôt sur la fortune. En outre, le système économique libéral promue par l'UMP conduit à la crise que l'on connait. Même face à une telle crise, l'UMP préfère être solidaire avec les banques et les spéculateurs qu'avec les gens qui meurent de faim. En effet, avec l'argent investi pour sortir de la crise, on pouvait sauver des millions de personnes dans le monde de la faim - 80 millions de personnes meurent de faim chaque année, à titre d'indication, uniquement à cause de politiques économiques comme la notre. L'UMP veut également favoriser la consommation et la croissance, tandis que l'Eglise nous appelle d'urgence à des changements dans nos modes de vie, allant vers plus de sobriété et de solidarité. (cf. Caritas in Veritate). Sur ce point, la politique de l'UMP s'oppose clairement à la valeur non négociable n°7 notée ci-dessus.

- C'est dans le cadre d'un gouvernement de droite que la loi de bioéthique tend vers une facilitation de la recherche sur les embryons humains. Opposition à la valeur non négociable n°2.

- J'ajoute enfin que l'UMP ne témoigne d'aucun engagement politique visant à défendre les 6 autres valeurs non négociables énumérées ci-dessus, et donc témoigne par là, pour les chrétiens, d'un défaut clair du devoir d'engagement pour la défense de ces valeurs, ainsi que le souligne l'Eglise :
Congrégation pour la doctrine de la foi a écrit :On assiste au contraire à des tentatives de législation qui visent à briser le caractère intangible de la vie humaine, sans tenir compte des conséquences qui en découlent pour l’existence et l’avenir des peuples dans le domaine de la formation de la culture et des comportements sociaux. Dans une telle situation, les catholiques ont le droit et le devoir d’intervenir pour rappeler le sens le plus profond de la vie et des responsabilités qui incombent à tous en cette matière.
3/ Pourquoi les catholiques ne peuvent pas voter pour le Parti Socialiste

- Le PS défend l'avortement (voir la loi Aubry par exemple, loi faisant très largement la promotion de l'avortement est dont l'auteur n'est autre que la responsable du parti socialiste). Les députés socialistes manifestent également une position nettement favorable à l'euthanasie. Opposition à la valeur non négociable n°1.

- Le PS a fait la promotion et a permis l'existence du PACS (gouvernement Jospin). Aujourd'hui le PS milite plutôt en faveur de l'élargissement du mariage aux couples homosexuels. Opposition à la valeur non négociable n°3.

J'ajoute juste à ceux qui pensent que "socialiste" veut dire "solidaire", que le PS ne propose aucune forme de sortie du système économique et financier en place, et défend également la croissance économique. Il s'oppose en cela à l'enseignement social de l'Eglise qui nous engage, en particulier récemment, à fondamentalement repenser notre économie et nos modes de vie. Bref, sinon on peut aussi consulter l'avertissement de Paul VI dans Octagesima Adveniens sur les différentes variantes, et les dangers, du socialisme.

4/ Pourquoi les catholiques ne peuvent pas voter pour le MoDem

- le MoDem défend la famille homoparentale. Bien qu'il défende le mariage exclusivement hétérosexuel, il propose d'ouvrir l'adoption aux couples homosexuels et de d'étoffer le PACS pour une reconnaissance légale, au même titre que le mariage, mais sous une autre forme spécifiquement homosexuelle, de ces unions. Opposition à la valeur non négociable n°3.


5/ Pourquoi les catholiques ne peuvent pas voter pour le Front National

- A titre indicatif, le FN ne s'oppose pas à l'avortement : il propose de soumettre cette problématique à un référendum national. En l'état, cela risque, par la grande majorité de personnes défendant l'avortement, de lui donner encore plus de poids, en associant au poids de la loi, celui de la votation populaire. Ca me semble encore moins facile d'en sortir après ça.

- le FN propose le rétablissement de la peine de mort punitive, pour les crimes les plus graves (et non pas dans les cas de légitime défense, comme le tolère le catéchisme de l'Eglise Catholique). Il s'oppose ainsi à la défense de la vie humaine de sa conception à sa mort naturelle. Opposition à la valeur non négociable n°1. (cf. L’Eglise, contraire à la peine de mort, rappelle le card. Martino, et les nombreux appels de Jean-Paul II à l'abolition totale de la peine de mort).

- le FN propose de relancer les essais nucléaires et de développer l'armement nucléaire, ce à quoi le pape Benoit XVI répond : "il est plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d'armes nucléaires - dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l'humanité actuelle et future - se concrétisent et trouvent un consensus". Pas d'opposition à une valeur non négociable citée plus haut, mais opposition claire à la promotion de la paix dans le monde.

- le protectionnisme du Front National, en matière d'immigration et de politique étrangère, est très loin des enjeux de collaboration de la fraternité humaine dans la lutte contre les pauvretés des autres pays, et s'oppose au principes de l'égalité des droits de tous les humains, quand il s'agit de réserver la solidarité aux nationaux, et rendant inégalitaire des droits pourtant inaliénables comme ceux aux soins. Ainsi le FN propose de réserver les aides sociales diverses et les allocations familiales aux seuls Français et réinstaurer, dans le cadre de nouvelles dispositions législatives, la préférence nationale pour les prestations sociales. Les cotisations de l’assurance Maladie et de l’assurance Chômage seront, ainsi, augmentées pour les étrangers à prestations équivalentes..

Mais, pour être honnête, il faut reconnaitre que le FN défend la liberté d'éducation ainsi que la réforme du système économique, et une écologie qui va en partie dans le sens de ce qu'enseigne la DSE (même si Jean-Marie Le Pen s'est plutôt affiché comme cilmatosceptique). Ceci étant dit, pour une réflexion plus générale sur les incompatibilités entre le FN et les catholiques, je vous invite à lire ceci : http://pneumatis.over-blog.com/article-36020600.html


6/ Pourquoi les catholiques ne peuvent pas voter pour le Part Communiste

Bon là c'est assez clair, l'Eglise s'est clairement prononcée contre le communisme, par la voix de Pie XI dans l'encyclique Divini Redemptoris (1937) qui définit le communisme comme une idéologie « intrinsèquement perverse ». Pour voir jusqu'où ça va, Maritain présentait le communisme comme « la dernière hérésie chrétienne ». Et sinon, voyez le formidable travail sur le Marxisme fait par Serge BS, membre de ce forum, sur son blog : http://serge-bs.over-blog.com/categorie-11237500.html


7/ Pourquoi les catholiques ne peuvent pas voter pour les Verts

- Les Verts proposent dans leur programme l’application stricte de la loi de Juillet 2001 sur l’avortement, obligation pour les CHU et hôpitaux des grandes villes de pratiquer les IVG et développement de l’avortement médicamenteux par la médecine de ville, ainsi que la mise en place de vraies campagnes sur la contraception et l’IVG, gratuité de tous les contraceptifs. Opposition claire et sans ambiguité à la valeur non négociable n°1.

- Les Verts veulent le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels et la reconnaissance des formes diverses de parentalité. Opposition à la valeur non négociable n°3.


8/ Que reste-t-il ?

Je ne me suis pas étendu sur les petites variantes de ces différents partis. Pour autant qu'il paraisse assez difficile de trouver dans ce non-choix une option, il faut pourtant se rappeler ceci :
Jean-Paul II, puis la Congrégation pour la Doctrine de la foi a écrit :les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la ‘politique’, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun
Il reste donc que s'engager c'est aujourd'hui tout le contraire de voter pour un de ces partis. C'est s'engager activement dans la vie politique et/ou dans l'action sociale, dans la défense du bien commun, en ouvrant ainsi de nouvelles voies à notre pays pour lui donner une chance de reprendre le chemin du bien commun.

C'est ce que nous essayons de faire avec Solidarité - Liberté, Justice et Paix, en restant non seulement fidèle aux valeurs non négociables, mais en suivant pour cela l'enseignement social de l'Eglise, ce qui n'est pas difficile dans la mesure où il est constamment réactualisé. Sans jamais changer de ligne, il est rappelé encore et encore. Il n'appartient qu'à nous, fidèles laïcs, de le faire mieux connaitre.

Comme je l'ai déjà indiqué sur ce forum et puisqu'il en a parlé aussi, avec Christophe (administrateur de la Cité Catholique) nous avons mis en place un forum dédié à cette entreprise politique, dont il est également l'administrateur. Ce forum vise à faire que chaque bonne volonté (et je crois qu'elles sont nombreuses sur ce forum) puisse contribuer à déterminer les meilleurs moyens d'application de la DSE, et que cette communion des bonnes volontés se traduise par une action concrète d'évangélisation du monde politique. Ce forum s'adresse dès lors à tous ceux qui veulent contribuer, même si c'est uniquement par la réflexion, à la promotion de la DSE. Je remets ici l'adresse : http://www.solidarite-france.fr/forum/ . Vous pouvez aussi rejoindre le groupe Facebook : http://www.facebook.com/#/group.php?gid ... 989&ref=mf
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par l'Ecossais »

Compte-tenu de toutes ces barrières il ne reste plus qu'à voter pour Joël Sprung!......qu'on se le dise!!!
.....et la boucle est bouclée!Si vous n'appeler pas ça du prosélytisme......
Bien sûr Pneumatis va développer le contraire...et je n'en crois pas un mot!
Voir le règlement du forum!
Bonne journée!
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Sofia
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Sofia »

Bonjour,
c'est vrai que là, comme ça, ça s'apparente légèrement à du prosélytisme... :roule: :-D
En effet, avec l'argent investi pour sortir de la crise, on pouvait sauver des millions de personnes dans le monde de la faim - 80 millions de personnes meurent de faim chaque année, à titre d'indication, uniquement à cause de politiques économiques comme la notre.
Et avec tout l'argent dépensé pour le sommet de Copenhague aussi :p
(non, ce n'est pas méchant ;-))
- C'est dans le cadre d'un gouvernement de droite que la loi de bioéthique tend vers une facilitation de la recherche sur les embryons humains. Opposition à la valeur non négociable n°2.
Oui, mais ce n'est pas vraiment de la responsabilité de l'UMP ici. Les lois de bioéthique doivent obligatoirement être révisées régulièrement, ça tombe quand on est dirigé par un gouvernement de droite mais je ne pense pas que ça aurait été différent avec un gouvernement d'une autre famille politique. Pour reprendre ce que je disais sur le forum de Solidarité, ce sont l'Agence de la biomédecine (http://www.agence-biomedecine.fr/) et l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (http://www.senat.fr/opecst/) qui préconisent la levée du moratoire sur la recherche des embryons. L'agence n'est pas directement liée à l'UMP et quant à l'office parlementaire, même si son président et son premier vice-président sont des UMP, il y a aussi parmi eux des centristes (Christian Gaudin, Marcel Deneux...), des socialistes (Daniel Raoul, Roland Courteau, Marc Daunis, Serge Lagauche (sic), Jean-Marc Pastor, Jean-Yves Le Déaut, Christian Bataille...), des verts (Marie-Christine Blandin). Notez que ça ne fait qu'élargir votre argument à d'autres partis politiques.
- J'ajoute enfin que l'UMP ne témoigne d'aucun engagement politique visant à défendre les 6 autres valeurs non négociables énumérées ci-dessus, et donc témoigne par là, pour les chrétiens, d'un défaut clair du devoir d'engagement pour la défense de ces valeurs, ainsi que le souligne l'Eglise
Il est certes lié à l'UMP, mais vous n'avez pas parlé du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, qui si j'ai bien compris défend ces valeurs (interdiction de l'avortement, de l'euthanasie ou du mariage homosexuel..). Pourquoi voter pour Solidarité et pas pour lui ? Vous craignez un report de voix en faveur de l'UMP ?
- le MoDem défend la famille homoparentale. Bien qu'il défende le mariage exclusivement hétérosexuel, il propose d'ouvrir l'adoption aux couples homosexuels et de d'étoffer le PACS pour une reconnaissance légale, au même titre que le mariage, mais sous une autre forme spécifiquement homosexuelle, de ces unions. Opposition à la valeur non négociable n°3.
Détail, mais il me semble avoir lu que pour le MoDem les homosexuels n'auraient droit qu'à l'adoption simple et pas à l'adoption plénière. Mais j'avoue ne pas savoir ce que ça change en pratique.
- A titre indicatif, le FN ne s'oppose pas à l'avortement : il propose de soumettre cette problématique à un référendum national. En l'état, cela risque, par la grande majorité de personnes défendant l'avortement, de lui donner encore plus de poids, en associant au poids de la loi, celui de la votation populaire. Ca me semble encore moins facile d'en sortir après ça.
Merci de me l'apprendre, je ne le savais pas. Bon du coup j'ai fait un tour sur le site du FN (détail, mais leur site est clair et avoir le programme sous forme de petite rubriques c'est bien pratique), ils disent : "Parallèlement à ces mesures nouvelles de valorisation et de protection de la famille, nous nous engageons à demander aux Français, par voie référendaire à la fin du quinquennat, de promouvoir une Nation moderne soucieuse du respect de la dignité humaine par l’inscription dans les textes, qui fondent son existence et son développement, du caractère sacré de la vie et l’affirmation du droit de la personne à être protégée par la loi de sa conception à sa mort naturelle." La formulation n'est pas neutre, tout de même : ce n'est pas "pour ou contre l'avortement" mais "pour ou contre une nation soucieuse du respect de la vie etc.".
Bien sûr, si un tel référendum avait lieu aujourd'hui, le résultat ne ferait aucun doute. Je pense qu'ils le savent, et que c'est pour cette raison que ce référendum aurait lieu "à la fin du quinquennat".
- le FN propose le rétablissement de la peine de mort punitive, pour les crimes les plus graves (et non pas dans les cas de légitime défense, comme le tolère le catéchisme de l'Eglise Catholique).
"L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains." : ce n'est plus de la légitime défense ici, non ?
La suite vous donne raison : "Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable " sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants " (Evangelium vitae, n. 56)."
Mais j'aimerai plus de précisions : cette proposition du FN contredit-elle réellement un point non-négociable ?
(je précise que je suis contre la peine de mort, ma question n'est que de la curiosité).
- le FN propose de relancer les essais nucléaires et de développer l'armement nucléaire, ce à quoi le pape Benoit XVI répond : "il est plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d'armes nucléaires - dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l'humanité actuelle et future - se concrétisent et trouvent un consensus". Pas d'opposition à une valeur non négociable citée plus haut, mais opposition claire à la promotion de la paix dans le monde.
Où Benoit XVI dit-il cela ?
Sur ce point, je suis partagée.
- le protectionnisme du Front National, en matière d'immigration et de politique étrangère, est très loin des enjeux de collaboration de la fraternité humaine dans la lutte contre les pauvretés des autres pays, et s'oppose au principes de l'égalité des droits de tous les humains, quand il s'agit de réserver la solidarité aux nationaux, et rendant inégalitaire des droits pourtant inaliénables comme ceux aux soins. Ainsi le FN propose de réserver les aides sociales diverses et les allocations familiales aux seuls Français et réinstaurer, dans le cadre de nouvelles dispositions législatives, la préférence nationale pour les prestations sociales. Les cotisations de l’assurance Maladie et de l’assurance Chômage seront, ainsi, augmentées pour les étrangers à prestations équivalentes..
Je ne l'ai pas trouvé sur leur site. D'où votre citation est-elle extraite ?

Quand je n'ai rien dit c'est que je pense votre point de vue logique, même si je ne le partage pas forcément, ou que je ne connais strictement rien au sujet :-)

Bien à vous,
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Cher l'Ecossais,

1/ Oui c'est du prosélytisme mais qui va dans le même sens, il me semble, que les intérêts de ce forum. C'est du moins ce qu'il m'a semblé discerner, en conscience (conformément au règlement), avant de poster ce message. Si jamais mon discernement était mauvais, les modérateurs sont là pour me le faire savoir.

2/ A ce propos, il me semble justement que vous n'êtes pas modérateur. Donc vous avez, en tant qu'utilisateur, tout loisir pour "signaler" (à l'aide du bouton approprié) mon message si vous avez une réclamation à faire à l'attention de la modération.

3/ Comme je vous l'ai déjà indiqué, et puisque sur ce forum, ce n'est pas vous ou moi qui fixons les règles (voir le règlement) j'ai explicitement demandé et obtenu l'autorisation de l'administrateur de ce forum avant de pouvoir faire connaitre sur ce forum le parti Solidarité. L'administrateur de ce forum qui est également l'administrateur du forum Solidarité (si vous avez lu mon message jusqu'au bout), et avec qui nous partageons donc un intérêt commun pour la doctrine sociale de l'Eglise et sa promotion dans l'engagement politique.

4/ Au vue de votre insistance à juger mes interventions concernant Solidarité, je ne peux que me demander : mais quelle est votre intention ? Expliquez-moi le mal qu'il y a à faire sur un forum catholique la promotion d'une initiative chrétienne en faveur de la défense de la vie et de la doctrine sociale de l'Eglise. Ah pardon, c'est parce que il y a le mot tabou "politique" ? alors là surtout ce n'est plus pareil, ça n'a plus rien à voir avec une simple initiative de personnes qui veulent agir pour le bien commun et conformément à leur foi ? C'est forcément "interessé", un peu "pourri" quoi ? Peut-être que si j'avais juste parlé d'association de défense de la vie et de promotion de la DSE, vous nous auriez épargné votre malaise, n'est-ce pas ?

D'avance merci de m'expliquer rationnellement ce qui cloche dans mon message. Ce serait alors au service du bien de tout le monde : le mien pour me corriger et les lecteurs de ce forum pour leur information.
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Pneumatis »

Bonjour Sofia,
Sofia a écrit :c'est vrai que là, comme ça, ça s'apparente légèrement à du prosélytisme...
Oui, vous avez vu, je commence à muter, petit à petit ! :-D
Sofia a écrit :Il est certes lié à l'UMP, mais vous n'avez pas parlé du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, qui si j'ai bien compris défend ces valeurs (interdiction de l'avortement, de l'euthanasie ou du mariage homosexuel..). Pourquoi voter pour Solidarité et pas pour lui ? Vous craignez un report de voix en faveur de l'UMP ?
Je pense qu'il faut volontiers soutenir le PCD si il se porte candidat à une élection de manière autonome. Par exemple, c'est en négociation pour les régionales en Pays de la Loire, entre le PCD et l'UMP. Clairement si le PCD se présente de manière autonome, Solidarité ne cherchera pas à lui faire de concurrence. On n'est déjà pas nombreux à défendre ces valeurs, on ne va pas non plus se tirer dans les pattes. Mais voilà, à l'heure actuelle les candidats du PCD sont sur les listes de l'UMP. C'est donc pour l'UMP que vous devez voter si vous voulez avoir des élus PCD. Sachant que personne ne viendra vous demander ensuite pourquoi vous avez voté... c'est ni plus ni moins qu'un report de voix.
Sofia a écrit :La formulation n'est pas neutre, tout de même : ce n'est pas "pour ou contre l'avortement" mais "pour ou contre une nation soucieuse du respect de la vie etc.".
Bien sûr, si un tel référendum avait lieu aujourd'hui, le résultat ne ferait aucun doute. Je pense qu'ils le savent, et que c'est pour cette raison que ce référendum aurait lieu "à la fin du quinquennat".
Le problème c'est qu'historiquement c'est un recul. Avant cette modification du programme, le FN était contre l'avortement, clair et net. Il affiche certes une position visant à vouloir sensibiliser sur la vie, mais se désengage totalement de la question. Le clientélisme catho ne paye plus, alors ils élargissent. En d'autres termes, ils négocient une valeur non négociable.
Sofia a écrit :Mais j'aimerai plus de précisions : cette proposition du FN contredit-elle réellement un point non-négociable ?
Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du conseil pontifical Justice et Paix a dit ceci : La position de l’Eglise sur le don de la vie est bien connue, selon laquelle l’homme ne dispose pas complètement de la vie, qui doit être défendue depuis le moment de sa conception jusqu’à sa fin naturelle. Une telle position exclut par conséquent l’avortement, aussi bien que l’expérimentation sur les embryons, l’euthanasie, et la peine de mort, qui sont une négation de la dignité transcendante de la personne humaine créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Voir aussi la position du Saint Siège, ci-dessous :
[+] Texte masqué
DÉCLARATION AU CONGRÈS MONDIAL SUR LA PEINE DE MORT Paris, France, 1-3 février 2007

Monsieur le Président,

Le Congrès de Paris se déroule au moment où la campagne pour l’abolition de la peine de mort a eu à faire face aux défis inquiétants en raison d’exécutions récentes. Les consciences ont été réveillées par le souci d’une plus grande reconnaissance de la dignité inaliénable des êtres humains et de l’universalité et de l’intégralité des droits humains, en commençant par le droit à la vie.

Dans la continuité avec sa pratique lors des deux derniers Congrès, le Saint-Siège saisit cette occasion pour accueillir et pour affirmer de nouveau son soutien à toutes les initiatives visant à défendre la valeur inhérente et l’inviolabilité de toute vie humaine depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Dans cette perspective, il attire l’attention sur le fait que l’usage de la peine de mort est non seulement un refus du droit à la vie mais aussi un affront à la dignité humaine partagée par l’humanité tout entière. L’appel du Pape Jean-Paul II, à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, à un moratoire sur la peine capitale est toujours présent dans nos esprits. De même, le Pape Benoît XVI a, au cours des derniers mois, élevé plusieurs fois la voix pour appeler à la clémence envers les personnes qui attendent leur exécution.

Tandis que l’Église catholique continue à maintenir que les autorités légitimes de l’État ont le devoir de protéger la société des agresseurs, et que certains États ont traditionnellement inclus la peine capitale parmi les moyens utilisés pour parvenir à cette fin, il est difficilement possible de justifier aujourd’hui le choix d’une telle option. Les États ont à leur disposition de nouveaux moyens « de prévenir de manière efficace les crimes, rendant celui qui a commis une offense incapable de faire le mal - sans lui enlever définitivement la possibilité de se racheter » (Cf. Jean-Paul II, Evangelium vitae, n. 56). De telles méthodes non létales de prévention et de punition « correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 2267).

Toute décision de peine capitale encourt de nombreux risques : le danger de punir des personnes innocentes ; la tentation de promouvoir des formes violentes de revanche plus qu’un véritable sens de la justice sociale ; une offense claire contre l’inviolabilité de la vie humaine, en promouvant une culture de la violence et de la mort ; et, pour les Chrétiens, il s’agit aussi d’un mépris de l’enseignement évangélique sur le pardon. Ôter la vie ne permet jamais de parvenir à des objectifs estimables pour lesquels les sociétés punissent les délinquants, alors que cela peut apaiser temporairement les appétits de vengeance.

Le Saint-Siège réitère son appréciation à l’égard des organisateurs du Forum et des gouvernements, des groupes et des personnes qui travaillent avec un engagement et une vigueur renouvelés pour abolir la peine capitale ou pour imposer un moratoire universelle dans son application.

3 février 2007
Sofia a écrit :Où Benoit XVI dit-il cela ?
Dans sa lettre pour la journée mondiale de la paix qui aura lieu le 1er janvier 2010, ici : http://www.zenit.org/article-22985?l=french
Sofia a écrit :Je ne l'ai pas trouvé sur leur site. D'où votre citation est-elle extraite ?
Ici : http://www.frontnational.com/?page_id=1095 (cherchez "pompes aspirantes" dans la page).

Et merci pour vos remarques :)
Dernière modification par Pneumatis le jeu. 17 déc. 2009, 16:09, modifié 1 fois.
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Re: Engagement politique (en France)

Message non lu par Luis »

Pneumatis a écrit :- La politique ultralibérale de l'UMP montre par sa fiscalité une orientation politique préférentielle pour les riches, quand l'Eglise invite à une option préférentielle pour les pauvres. Exemple du bouclier fiscal ou encore de ceux qui militent pour la suppression de l'impôt sur la fortune. En outre, le système économique libéral promue par l'UMP conduit à la crise que l'on connait. Même face à une telle crise, l'UMP préfère être solidaire avec les banques et les spéculateurs qu'avec les gens qui meurent de faim. En effet, avec l'argent investi pour sortir de la crise, on pouvait sauver des millions de personnes dans le monde de la faim - 80 millions de personnes meurent de faim chaque année, à titre d'indication, uniquement à cause de politiques économiques comme la notre. L'UMP veut également favoriser la consommation et la croissance, tandis que l'Eglise nous appelle d'urgence à des changements dans nos modes de vie, allant vers plus de sobriété et de solidarité. (cf. Caritas in Veritate). Sur ce point, la politique de l'UMP s'oppose clairement à la valeur non négociable n°7 notée ci-dessus.
Je réagis ici car cela me semble un point faible de votre discours.

Il ne suffit pas de désigner la politique de l'UMP comme ultralibérale : l'UMP ne se prétend pas telle. D'ailleurs, peu de personnes en vérité se prétendent ultralibérales. Cette étiquette d'ultralibéralisme est un repoussoir commode, mais je trouve que c'est pécher par paresse intellectuelle de l'employer. Qu'est-ce que cela désigne au juste ? Il y a fort à parier que dans la réponse à cette dernière question, personne ne se reconnaîtra.

Le libéralisme est effectivement une idéologie criticable, plus perverse d'un certain côté que, par exemple, le communisme, car elle contient une bonne dose de vérité : il est bon que les gens soient libres dans leurs choix. Selon moi, la perversité majeure du libéralisme est son refus de l'obéissance à l'autorité, et en fin de compte à Dieu, ce en quoi on peut se demander si elle n'est pas tout bonnement satanique. A ce propos, je me souviens avoir vu sur liberaux.org un intervenant sataniste promouvoir sa propre secte, avec tout un tas de références au droit naturel tel qu'il est cher aux libéraux.

L'autre perversité de cette idéologie, telle qu'elle est parfois défendue, est de prétendre que la somme des vices privés (comme l'égoïsme) peut concourir au bien commun.

Dire que "Même face à une telle crise, l'UMP préfère être solidaire avec les banques et les spéculateurs qu'avec les gens qui meurent de faim" est trop léger, même si en fin de compte il est bien possible que cela soit vrai. En effet, dans une large mesure, on ne peut pas prétendre lutter contre la faim et la pauvreté si on ne dispose pas d'un système financier adéquat. Le sauvetage des banques tel qu'il a été conduit était peut-être nécessaire, en tout cas, cela nécessite un plus long développement pour dire en quoi il était mal conduit (et encore faut-il savoir alors si c'est par négligence délibérée ou par incompétence). Ainsi, l'UMP a des arguments pour défendre le fait qu'elle défend "une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que «les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus»". Il est fort possible que ce soient de mauvais arguments, mais pas forcément qu'ils soient de mauvaise foi.

Cela vaut d'ailleurs pour nombre de partis politiques.

Reste que sur les autres points, je vous rejoins sur le fait que l'UMP se retrouve en contradiction flagrante avec la Doctrine Sociale de l'Eglise. On notera d'ailleurs que ces points les plus clairs sont toujours des questions de morale, et on peut avoir l'intuition, à partir de là, que les réponses aux questions plus complexes comme les questions politico-économiques ne passent pas non plus le crible de la Doctrine de l'Eglise : telle conception de l'homme sur les questions de bioéthique, par exemple, a forcément des répercussions sur les questions économiques. Mais ces derniers points nécessitent de plus longs développements.
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