Voilà résumé, en une seule phrase, tout le mystère de l'Incarnation. Dieu a aimé les hommes: un amour incompréhensible et unique; un amour qui a fait écrire la plus belle et grande histoire d'amour de tous les temps; l'amour d'un Dieu Trois fois Saint, Éternel et Tout-Puissant pour sa créature faible, misérable et ingrate.
La tendresse de Dieu s'est émue quand Il a vu la faiblesse de cette nature humaine, si parfaite lors de sa création et si déchue après le péché. Il aurait pu la faire retourner dans le néant, mais non; son Cœur de Père s'est épris de l'homme. Il a, si je puis dire, été fasciné par cette faiblesse et cette incapacité, cette fragilité qui faisait de l'homme un être craintif, incapable d'aucun bien sans l'assistance de son Créateur.
Alors Dieu, dans une folie d'amour insondable, voulut briser à tout jamais cette barrière entre Lui et l'homme; Il voulut que l'homme vienne vers Lui avec confiance et amour; Il voulut que, plus jamais, l'homme ne se sépara de Lui par le péché ou le mirage d'un amour vain, et Dieu Trinitaire regarda ce Fils Unique en qui Il se complaît; ce Fils engendré de toute éternité; ce Fils égal à Lui, Un avec Lui, de même nature, de même substance que Lui; ce Fils, avec qui, en l'unité du Saint- Esprit, Il ne forme qu'un Seul et Unique Dieu, Il le regarda d'un regard éternel et Lui demanda de devenir faiblesse, fragilité; de connaître l'humiliation, la souffrance et la mort par amour pour cette créature méprisable qu'est devenue l'homme, depuis la faute d'Adam.
Dieu le Père demanda à son Verbe de Lui attacher, par le lien sacré de l'amour, cette race humaine qui ne savait qu'obéir par crainte des châtiments. Le Verbe regarda cette créature et la distance infinie qui le séparait de cet être couvert de la plus hideuse des lèpres. Il le regarda et Il l'aima; alors, dans une étreinte éternelle dans l'amour du Saint-Esprit, le Verbe dit à son Père : " Tu n'as pas voulu des holocaustes et des sacrifices, alors me voici; je viens pour faire ta Volonté".

ET LE VERBE S'EST FAIT CHAIR ET IL A HABITÉ PARMI NOUS




