Pneumatis a écrit :Re,
Juste un ajout (j'ai du interrompre un peu rapidement mon précédent message). Les sédévacantistes ainsi que les lefebvristes dénoncent (entre autre ?) la déclaration sur la liberté religieuse, Dignitatis Humanae, du Concile Vatican II.
Cette dénonciation, on le voit bien (cf. mon précédent message), provient d'une confusion du droit entre celui juridique, que l'Eglise recommande sur le plan du pouvoir temporel, et celui que l'Eglise défini sur le plan du droit moral. La déclaration Dignitatis Humanae est claire dans son introduction et ne s'oppose dans cette introduction en rien à la tradition (en particulier Quanta Cura qui a été citée), mais rappelle justement son discernement du vrai et du faux.Nous avons donc, dès l'introduction de Dignitatis Humanae, rappelée l'obligation morale de tout un chacun de rechercher la vérité, de l'embrasser et lui être fidèle. Il n'y a donc aucune ambiguité possible : Dignitatis Humanae ne professe aucun droit à l'erreur en matière de doctrine ou de foi, mais bien le contraire.Dignitatis Humanae a écrit :C'est pourquoi, tout d'abord, le Concile déclare que Dieu a Lui-même fait connaître au genre humain la voie par laquelle, en Le servant, les hommes peuvent obtenir le salut dans le Christ et parvenir à la béatitude. Cette unique vraie religion, nous croyons qu'elle subsiste dans l'Église catholique et apostolique à qui le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes, lorsqu'il dit aux apôtres: "Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit" (Mt. 28, 19-20). Tous les hommes, d'autre part, sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église; et, quand ils l'ont connue, de l'embrasser et de lui être fidèles.
Ensuite, toujours dans son introduction, Dignitatis Humanae rappelle les principes de la tolérance, notamment ceux dont traite l'encyclique de Léon XIII, Libertas Praestantissimum (D'ailleurs, nul ne peut prétendre comprendre correctement Dignitatis Humanae qui traite de la LIBERTE religieuse, si il n'a pris soin auparavant de comprendre Libertas Praestantissimum qui traite de la LIBERTE en général).Voilà la racine même du principe de liberté religieuse, qui n'a rien de nouveau, mais est l'explicitation même de la doctrine catholique de toujours. La déclaration conciliaire peut ainsi poursuivre :Dignitatis Humanae a écrit :De même encore, le Concile déclare que ce double devoir concerne la conscience de l'homme et l'oblige, et que la vérité ne s'impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l'esprit avec autant de douceur que de puissance. Or, puisque la liberté religieuse que revendique l'homme dans l'accomplissement de son devoir de rendre un culte à Dieu concerne son immunité de toute contrainte dans la société civile, elle ne porte aucun préjudice à la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral de l'homme et des associations à l'égard de la vraie religion et de l'unique Église du Christ. En outre, traitant de cette liberté religieuse, le Saint Concile entend développer la doctrine des Souverains Pontifes les plus récents sur les droits inviolables de la personne humaine et l'ordre juridique de la société.Voilà, j'aimerais qu'on m'explique en quoi, dans ce qui est conforme ici à la volonté même de notre créateur de créer l'homme libre et d'avoir permis le péché originel, on trouve une quelconque objection selon laquelle on montrerait que ce texte prêche une hérésie. Dignitatis Humanae ne professe pas le libéralisme, en matière doctrinale, qu'a déjà dénoncé l'Eglise, et n'ignore rien de cette condamnation. Elle rappelle que la tolérance de certains maux rendue nécessaire par le gouvernement en vue du bien commun, que doivent justement exercer les états, doit s'appliquer de manière systématique au fait de pouvoir rendre un culte à Dieu comme de s'y refuser. Cette tolérance, quoique tolérant le mal en ce qui concerne les fausses doctrines, permet un bien plus grand en n'empêchant pas les hommes de découvrir Jésus Christ, même dans les pays par exemple où l'autorité légitime s'oppose à la doctrine catholique. On pense par exemple aux pays musulmans comme l'Arabie Saoudite, on pense au Vietnam ou à la Chine, etc... On peut même ajouter la France et son concept de laïcité à la française. Dans la mesure où cette liberté religieuse n'enlève rien à l'obligation morale de rechercher la vérité, il n'y a pas de contradiction.Dignitatis Humanae a écrit :Le Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu'en matière religieuse nul ne soit forcé d'agir contre sa conscience, ni empêché d'agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d'autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l'a fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même (2). Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l'ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu'il constitue un droit civil.
En vertu de leur dignité tous les hommes, parce qu'ils sont des personnes, c'est-à-dire doués de raison et de volonté libre, et par suite, pourvus d'une responsabilité personnelle, sont pressés par leur nature même et tenus par obligation morale à chercher la vérité, celle tout d'abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu'ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité. Or, à cette obligation les hommes ne peuvent satisfaire, d'une manière conforme à leur propre nature, que s'ils jouissent, outre la liberté psychologique, de l'immunité à l'égard de toute contrainte extérieure. Ce n'est donc pas dans une disposition subjective de la personne mais dans sa nature même qu'est fondé le droit à la liberté religieuse. C'est pourquoi le droit à cette immunité persiste en ceux-là même qui ne satisfont pas à l'obligation de chercher la vérité et d'y adhérer; son exercice ne peut être entravé dès lors que demeure sauf un ordre public juste.
Dans ces pays par exemple, on contraint par violence physique ou morale des hommes à apostasier ou à ne pas confesser Jésus Christ, Seigneur et Sauveur quand il se révèle à eux. L'Eglise s'adresse à ces états en leur enseignant que la dignité humaine suppose que les hommes puissent ne pas être forcés ou empêchés de rendre tel ou tel culte à Dieu. Ainsi l'Eglise demande que la foi chrétienne ne soit pas empêchée par les pouvoirs temporels, même si pour ce bien immense recherché par notre mission évangélisatrice, les états doivent tolérer un autre mal qui est celui des fausses doctrines et des faux cultes.
Tout ceci ne s'oppose en rien à la sainte doctrine catholique, et ne fait pas profession de foi en faveur du libéralisme.
Ainsi, ne voulez-vous pas plutôt, mes chers frères ou soeurs Ora pro nobis et la Chartreuse, confesser votre erreur dans la compréhension de cette déclaration conciliaire, laquelle erreur vous a conduit à rejeter les saints pères que l'Eglise, corps de Jésus Christ, se donne comme berger. Cette confession permettra sans doute par la divine miséricorde de ce que vous reveniez dans la pleine communion avec la Sainte Eglise Catholique de laquelle cette malheureuse erreur vous a coupé. Nous pourrons alors faire ensemble une fête à tout rompre de ce que le fils prodigue est revenu chez son père.
1....Toujours plus nombreux sont ceux qui revendiquent pour l'homme la possibilité d'agir en vertu de ses propres options et en toute responsabilité... guidé par la conscience de son devoir... que soit juridiquement délimité l'exercice de l'autorité des pouvoirs publics... Cette exigence de liberté dans la société humaine regarde principalement... et au premier chef ce qui concerne le libre exercice de la religion dans la société. Considérant avec diligence ces aspirations [aspirations des hommes de notre temps au libre exercice de la religion dans la société] dans le but de déclarer à quel point elles sont conformes à la vérité et à la justice, ce concile du Vatican scrute la tradition sacrée et la sainte doctrine de l'Église d'où il tire du neuf en constant accord avec le vieux....
2. ... Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l'ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même... Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l'ordre juridique de la société doit être reconnu de telle sorte qu'il constitue un droit civil...
4. ... La liberté ou immunité de toute contrainte en matière religieuse qui revient aux individus, doit aussi leur être reconnue lorsqu'ils agissent ensemble... Dès lors, donc, que les justes exigences de l'ordre public ne sont pas violées, ces groupes sont en droit de jouir de cette immunité afin de pouvoir se régir selon leurs propres normes, honorer d'un culte public la Divinité suprême...
6. ... Aux groupes religieux b]appartient le droit de ne pas être empêchés d'enseigner et de manifester leur foi publiquement de vive voix ou par écrit.b] Mais dans la propagation de la foi et l'introduction des pratiques religieuses, on doit toujours s'abstenir de toute forme d'agissement ayant un relent de coercition. Une telle manière d'agir doit être regardée comme un abus de son propre droit et une entorse aux droits des autres.
9. ... Qui plus est, cette doctrine de la liberté a ses racines dans la Révélation divine, ce qui, pour les chrétiens, est un titre de plus à lui être saintement fidèles. Et tout d'abord, la liberté religieuse dans la société...
12. ... L'Église, donc, fidèle à la vérité de l'Évangile, suit la voie qu'ont suivie le Christ et les apôtres lorsqu'elle reconnaît le principe de la liberté religieuse comme conforme à la dignité de l'homme et à la révélation divine, et qu'elle encourage une telle liberté. Cette doctrine, reçue du Christ et des apôtres, elle l'a, au cours des temps, gardée et transmise...
Tous et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères du Sacro-Saint Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, un avec (una cum) les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit et Nous ordonnons de promulguer pour la gloire de Dieu ce qui a été ainsi statué synodalement.
A Rome, près Saint Pierre, 7/12/1965. Moi, Paul, Evêque de l'Eglise Catholique.» (Dignitatis Humanae)
Voilà l'infaillibilité engagé, car cette doctrine est contenue dans la Révélation Divine.
Cependant, Quanta Cura condamne cette doctrine que Paul VI promulgue;
Quanta Cura engage aussi l'infaillibilité et dit contraire à la Sainte Écriture et à l'enseignement constant du Magistère ce que le concile Vatican II dit être dans la Sainte Écriture.Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des Saints Pères, ils disent que la meilleure condition de la société est celle où on ne reconnait pas au pouvoir le devoir de réprimer, par des peines légales, les violateurs de la religion catholique, si ce n'est dans la mesure où la paix publique l'exige. (Quanta Cura, Pie IX)
Cela est impossible, un des deux se trompent, il n'y a pas de continuité doctrinale entre ces deux enseignements.
La Liberté Religieuse nie trois points de l'enseignement de l'Église
1. Elle nie au pouvoir civil le droit d'intervenir en matière religieuse par des lois au profit de l'Église Catholique.
2. Elle affirme que la liberté religieuse au for externe est un droit inscrit dans la nature de la personne humaine et dans la révélation divine.
3 Elle demande que la liberté religieuse, soit inscrit dans la loi civile
Jean-Paul II fera sienne la Déclaration sur le Liberté Religieuse
Comparons en regard de Mirari Vos, Grégoire XVI, 15 août 1832C'est pourquoi l'Église de notre temps accorde une importance à tout ce que le Concile Vatican II a exposé dans sa déclaration sur la liberté religieuse, aussi bien dans la première partie du document que dans la seconde… Parmi ces droits, compte à juste titre le droit à la liberté religieuse, à côté du droit à la liberté de conscience. ( Redemptor Hominis, 4 mars 1979, p. 36, éd Fides, 1979)
Toute société, toute loi doit être ordonné en vue du bien céleste; telle a toujours été la doctrine de l'Église.De cette source empoisonnée de l'indifférence découle cette maxime fausse et absurde ou plutôt ce délire: qu'on doit procurer et garantir la liberté de conscience, erreur des plus contagieuses, laquelle aplanit la voie de cette liberté absolue et sans frein des opinions qui, pour la ruine de l'Église et de l'État va se répandant de toutes parts et que certains hommes par un excès d'impudence, ne craignent pas de représenter comme avantageuse à la religion.
Donc, il n'est pas juste de prétendre, que ce droit apporte un bien.Comme ( par la bonté gratuite de Dieu) la vie présente dans laquelle nous devons "bien vivre" a pour fin la béatitude céleste; il appartient à l'autorité publique de procurer la vie bonne de la multitude, de manière qui convient à l'obtention de la béatitude céleste; par exemple de prescrire ( dans l'ordre temporel) ce qui conduit à cette béatitude et interdire, autant que possible, ce qui y serait contraire.. ( Saint Thomas d'Aquin " De Regimine Principium" 1.14




