Divorce et remariage

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Re: Divorce et remariage

par patatedouce » Aujourd’hui, 15:55

florence_yvonne a écrit : Aujourd’hui, 15:53 Bonjour,

Je voudrais savoir où est le caractère sacré du mariage, quand il est question d'un mariage imposé à une jeune enfant que l'on marie de force à un vieil homme ?

Il y a des pays où cela se fait encore.
Tous les mariages ne sont pas sacrés. Au niveau de l'Église catholique, le consentement est nécessaire, sinon le mariage est nul et non existant.

Donc, la situation que vous décrivez n'est pas un mariage catholique, mais une dérive.

Re: Divorce et remariage

par florence_yvonne » Aujourd’hui, 15:53

Bonjour,

Je voudrais savoir où est le caractère sacré du mariage, quand il est question d'un mariage imposé à une jeune enfant que l'on marie de force à un vieil homme ?

Il y a des pays où cela se fait encore.

Re: Divorce et remariage

par patatedouce » Aujourd’hui, 15:50

Olivier JC a écrit : Aujourd’hui, 12:50 Bonjour,

Il me semble que sur ce sujet, la recherche ne peut utilement être théologique. La théologie du mariage telle qu'elle est formulée à ce jour dans la doctrine catholique ne peut être changée. Ce n'est même pas une question "théologique", c'est une question de cohérence doctrinale : revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique.

En revanche, la recherche peut utilement intervenir d'un point de vue "pratique", ou plus exactement, canonique, à savoir la traduction concrète de cette théologie. La question n'est pas de savoir ce que veut dire l'indissolubilité du lien matrimonial, mais à partir de quand le lien matrimonial est indissoluble. Il y a nécessairement un avant et un après. En droit canonique, la règle est que le mariage validement contracté et consommé est indissoluble, "consommation" ayant ici le sens d'achevé. C'est lorsque le mariage est "achevé" qu'il est indissoluble.

La compréhension traditionnelle de cet achèvement, c'est l'union sexuelle comprise matériellement, à telle enseigne que jusqu'à récemment, un viol "achevait" le mariage.

Cette notion d'achèvement peut utilement être interrogée, me semble-t-il, au regard de la compréhension renouvelée du mariage comme don réciproque s'exprimant par la volonté et s'incarnant dans l'existence.

+
Je pense que vous avez parfaitement cerné le cœur du problème. Plus précisément, c'est la définition même du mariage catholique qui fait question. Il semble y avoir un conflit entre la lecture littérale du droit canon — pour lequel le sacrement repose sur l'union de deux baptisés — et la réalité existentielle du "baptisé non croyant". En toute rigueur, l'incroyance du baptisé devrait entraîner son excommunication, rendant ainsi le mariage sacramentel impossible. Mais acter une telle logique reviendrait à consommer une rupture définitive entre l'Église et la société...

En toute rigueur, un baptisé devrait être rattaché à une paroisse spécifique. Il me semble d'ailleurs qu’avant Vatican II, les fidèles ne pouvaient se confesser qu'auprès du curé de leur propre juridiction territoriale. Aujourd'hui, cette structure a éclaté. La vie chrétienne s'est individualisée au point d'effacer cette nécessité de "faire Église", transformant le lien spirituel en une démarche purement personnelle, voire solitaire.

L'Eglise s'est transformée en Etat. Le lien n'est plus organique avec les baptisés mais institutionnel.

Re: Divorce et remariage

par CyberTruc » Aujourd’hui, 14:00

la samaritaine a écrit : ven. 13 mars 2026, 13:43 Avez vous lu Amoris Laetitia du Pape François ?
Il ouvre la possibilité de communier aux divorcies remariés, dans le cadre d'un accompagnement spirituel avec discernement.
Bonjour la samaritaine,
je ne l’avais pas encore lu. Je l’ai acheté la semaine passée et ai commencé à le lire. Avant de le prendre au début, j’ai rapidement survolé le fameux chapitre 8. Je pense qu’il faut le lire avec beaucoup d’attention et de discernement. Je ne sais trop qu’en dire pour le moment. Je sais en tout cas que ce texte est loin de faire l’unanimité.

Toto2 a écrit : sam. 14 mars 2026, 11:44 Note assez ambiguë, d'une part ; d'autre part, j'ose espérer que l'on ne renverse pas le Magistère, les Écritures et la Tradition bien établis depuis des lustres par une simple note de bas de page de trois lignes.
Je ne vois pas comment on peut recevoir validement la grâce de la confession si on n'est pas prêt à sortir de son péché (l'acte de contrition que j'ai appris quand j'étais petit, c'est "je prends la ferme résolution de ne plus vous offenser"). Dieu est miséricordieux, oui, mais à condition de regretter son péché.
Et si on n'est pas en état de grâce, je ne vois pas quel fruit spirituel on peut tirer de la communion ; pour moi, c'est l’inverse. Remède, oui, à condition que le malade veuille guérir...
Remarquons qu'il est bien précisé que c'est "dans certains cas" également, et que par ailleurs, s'il s'agit d'une possibilité (à voir), en tout cas, ce n'est pas une instruction et un ordre.
J'espère que sa sainteté Léon XIV clarifiera tout cela.
Bonjour Toto2,

merci pour cet échange et pour vos éclaircissements. J’aurais été ravi de poursuivre notre dialogue mais je comprends tout à fait. Il faut savoir se mettre des priorités et vous n’avez pas à vous excuser.

Je comprends votre point de vue, et je vous rejoins sur bien des choses. Mais reste que je ne puis me défaire de l’impression que les choses ne sont pas justement appliquées. J’entends que “Je ne vois pas comment on peut recevoir validement la grâce de la confession si on n'est pas prêt à sortir de son péché”. Mais alors soyons cohérents : il faut également refuser les sacrements aux femmes (et à leurs époux qui sont complices) qui utilisent une méthode de contraception. A forteriori si cette dernière est potentiellement abortive comme c’est le cas pour certaines pilules ou certains stérilets. Si je ne m’abuse, ces personnes sont potentiellement excommuniées (latae sententiae) ce qui est encore plus grave finalement que pour les divorcés remariés qui - tout en étant tenus à l’écart des sacrements - restent intégrés à la vie de l’Église.

Allons même plus loins : Jésus a dit : ”Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.

Est-on bien sûr que toutes les personnes qui se présentent pour recevoir le Corps et le Sang de Jésus n’ont pas insulté leur prochain depuis leur dernière confession ? Pas même un “idiot” à un automobiliste désagréable ?

En supposant que chaque divorcé remarié soit en état de péché mortel (ce que je conteste) et hors de la Grâce, peut-on réellement considérer comme étant en état de Grâce quelqu’un qui est par ailleurs “passible de la géhenne de feu” ? Dans le cas contraire, pourquoi deux poids deux mesures ?
Olivier JC a écrit : Aujourd’hui, 12:50 Il me semble que sur ce sujet, la recherche ne peut utilement être théologique. La théologie du mariage telle qu'elle est formulée à ce jour dans la doctrine catholique ne peut être changée. Ce n'est même pas une question "théologique", c'est une question de cohérence doctrinale : revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique.
Bonjour Olivier JC,

pouvez-vous m’expliquer pourquoi : ”revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique” ?

C’est une position intéressante mais que je trouve difficile à défendre. Je conçois tout à fait qu’on accorde à l’indissolubilité du mariage l’importance qu’elle mérite, mais de là à la considérer comme un fondement de la doctrine catholique, j’ai du mal à comprendre.
Olivier JC a écrit : Aujourd’hui, 12:50 La compréhension traditionnelle de cet achèvement, c'est l'union sexuelle comprise matériellement, à telle enseigne que jusqu'à récemment, un viol "achevait" le mariage.
La question que je pense est donc d’autant plus pertinente : que reste-t-il du lien matrimoniale en cas d’adultère. C’est à dire, quand l’un des deux partenaire se sera unis sexuellement à une autre personne, faisant avec elle une seule chair ?

Re: Divorce et remariage

par Olivier JC » Aujourd’hui, 12:50

Bonjour,

Il me semble que sur ce sujet, la recherche ne peut utilement être théologique. La théologie du mariage telle qu'elle est formulée à ce jour dans la doctrine catholique ne peut être changée. Ce n'est même pas une question "théologique", c'est une question de cohérence doctrinale : revenir sur l'indissolubilité du lien matrimonial compris comme impossibilité matérielle de dissolution pour la considérer uniquement comme une interdiction morale est impossible sans remettre en question les fondements même de la doctrine catholique.

En revanche, la recherche peut utilement intervenir d'un point de vue "pratique", ou plus exactement, canonique, à savoir la traduction concrète de cette théologie. La question n'est pas de savoir ce que veut dire l'indissolubilité du lien matrimonial, mais à partir de quand le lien matrimonial est indissoluble. Il y a nécessairement un avant et un après. En droit canonique, la règle est que le mariage validement contracté et consommé est indissoluble, "consommation" ayant ici le sens d'achevé. C'est lorsque le mariage est "achevé" qu'il est indissoluble.

La compréhension traditionnelle de cet achèvement, c'est l'union sexuelle comprise matériellement, à telle enseigne que jusqu'à récemment, un viol "achevait" le mariage.

Cette notion d'achèvement peut utilement être interrogée, me semble-t-il, au regard de la compréhension renouvelée du mariage comme don réciproque s'exprimant par la volonté et s'incarnant dans l'existence.

+

Re: Divorce et remariage

par Toto2 » sam. 14 mars 2026, 11:44

la samaritaine a écrit : ven. 13 mars 2026, 13:43 Bonjour Cybertruc,

Avez vous lu Amoris Laetitia du Pape François ?
Il ouvre la possibilité de communier aux divorcies remariés, dans le cadre d'un accompagnement spirituel avec discernement.

Samaritaine
Vous faites allusion à la note 351 d'Amoris Laetitia.
Le passage :
À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.[351]
La note :
Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (Ibid., n. 47 : p. 1039).


Note assez ambiguë, d'une part ; d'autre part, j'ose espérer que l'on ne renverse pas le Magistère, les Écritures et la Tradition bien établis depuis des lustres par une simple note de bas de page de trois lignes.
Je ne vois pas comment on peut recevoir validement la grâce de la confession si on n'est pas prêt à sortir de son péché (l'acte de contrition que j'ai appris quand j'étais petit, c'est "je prends la ferme résolution de ne plus vous offenser"). Dieu est miséricordieux, oui, mais à condition de regretter son péché.
Et si on n'est pas en état de grâce, je ne vois pas quel fruit spirituel on peut tirer de la communion ; pour moi, c'est l’inverse. Remède, oui, à condition que le malade veuille guérir...
Remarquons qu'il est bien précisé que c'est "dans certains cas" également, et que par ailleurs, s'il s'agit d'une possibilité (à voir), en tout cas, ce n'est pas une instruction et un ordre.
J'espère que sa sainteté Léon XIV clarifiera tout cela.

À juillet !

Re: Divorce et remariage

par Toto2 » sam. 14 mars 2026, 11:35

CyberTruc a écrit : mer. 11 mars 2026, 14:30 Bonjour Toto2,

tout d’abord, à nouveau merci pour vos réponses et le temps que vous m’accordez pour m’aider dans mes recherches.
Je vais reprendre les points abordés et les développer.
Bonjour CyberTruc,

J'aurais été ravi de poursuivre cet échange avec vous, mais je viens de dresser la liste des choses à faire et les dates limites : c'est bien simple, pas de vie jusqu'à fin juillet (reprise d'études donc cours et examens + missions syndicales + emploi et vie perso)... Je suis donc au regret de me retirer de la discussion (à une remarque près que je formule dans le message d'après) et vous en présente mes plus vives excuses.

Re: Divorce et remariage

par la samaritaine » ven. 13 mars 2026, 13:43

Bonjour Cybertruc,

Avez vous lu Amoris Laetitia du Pape François ?
Il ouvre la possibilité de communier aux divorcies remariés, dans le cadre d'un accompagnement spirituel avec discernement.

Samaritaine

Re: Divorce et remariage

par CyberTruc » mer. 11 mars 2026, 17:27

florence_yvonne a écrit : mer. 11 mars 2026, 17:12 Il y a une question que je me pose, que veut dire Jésus dans ce verset ?

Matthieu 5
38 Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.
39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.

Est-ce une façon d'abroger la loi du Talion ? dans ce cas, ces versions seraient en contradiction avec ces versets

Matthieu 5
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
Je pense que dans l'Exode, la loi du Talion n'était pas là pour apprendre aux personnes à se venger, mais au contraire à rester dans de "justes" proportions et éviter l'escalade. Autrement dit, c'était une loi qui empêchait de faire pire à l'autre que le mal qu'il avait causé, et ainsi éviter les vengeance méchante et les escalades.
Jésus n'abolit pas cette loi mais il la pousse simplement plus loin en nous disant que non seulement nous ne devons pas nous venger de façon disproportionnée, mais que nous ne devons pas nous venger du tout.
C'est mon interprétation.

Re: Divorce et remariage

par florence_yvonne » mer. 11 mars 2026, 17:12

Il y a une question que je me pose, que veut dire Jésus dans ce verset ?

Matthieu 5
38 Vous avez appris qu'il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.
39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.

Est-ce une façon d'abroger la loi du Talion ? dans ce cas, ces versions seraient en contradiction avec ces versets

Matthieu 5
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.

Re: Divorce et remariage

par patatedouce » mer. 11 mars 2026, 15:11

La règle est claire : le mariage est indissoluble, pour le meilleur et pour le pire. Je pense que cette règle est juste et qu'elle ne doit pas être changée.

Cependant, la question se pose pour les personnes qui se marient à l'Église sans avoir pleinement conscience de cette règle ou de sa portée. C'est souvent le cas de baptisés non pratiquants ou dont la foi est fragile. On ne peut pas imposer les exigences de l'Église à quelqu'un qui n'en partage pas la conviction profonde. Pourtant, l'Église accepte les mariages en disparité de culte (entre un catholique et un non-baptisé). Dans cette situation spécifique, le droit canonique prévoit parfois des exceptions comme le « Privilège Paulinien », mais cela reste complexe. La situation est similaire pour un marié baptisé et croyant uni à un baptisé non croyant. C’est une situation pastorale délicate qui mériterait sans doute une nouvelle encyclique pour clarifier les enjeux actuels.

Néanmoins, si l'on ne peut pas imposer ces règles aux autres, on peut — et on doit — se les imposer à soi-même. En tant que catholiques, il est de notre devoir de dire « non » au divorce, car le mariage est un engagement définitif. Face à ces situations où la foi fait défaut, il nous reste l'enseignement d’Amoris Laetitia : un appel au discernement et à la miséricorde pour accompagner chacun là où il en est. notamment pour ce cas la :
CyberTruc a écrit : mer. 11 mars 2026, 14:30
Prenons le troisième cas. La personne a admit la légitimité de la position de l’Église sur le sujet, mais pour diverses raisons (enfants né de la nouvelle union, envie de vivre pleinement son second mariage, nouvelles responsabilités qu’il ne peut décemment pas abandonner, manque de courage,…), il décide de continuer. Vu le postulat de départ, il est clairement en état de péché.
Dans ce cas précis, il semble s'être réellement converti après son second mariage... Le problème de fond réside clairement dans la situation de ces baptisés qui n'ont reçu aucune éducation dans la foi et qui s'engagent sans en comprendre la portée sacrée. C’est une réalité pastorale qui mériterait un véritable développement de la part de l’Église.

Enfin, sans vouloir critiquer, je me demande si, dans votre cas, le prêtre a eu un discernement suffisant en acceptant de célébrer votre premier mariage si aucun de vous n'était vraiment pratiquant à l'époque. Vous dites que ce premier mariage a été reconnu valide, mais j'ai un doute : la partie baptisée mais non croyante avait-elle réellement l'intention de contracter un mariage catholique avec toutes ses exigences (indissolubilité, fidélité, ouverture à la vie) ? Si l'intention manquait, la validité même du sacrement pourrait être interrogée. Dans votre cas, il me semblerait nécessaire de chercher à faire prononcer la nullité de ce premier mariage.

Mais l'indissolubilité reste la règle. Aucune raison ne justifie un divorce. Le mariage est pour le meilleur et pour le pire, et surtout pour le pire. C'est précisément quand l'autre va mal que le mariage prend, à mon avis, tout son sens.

Vous décrivez votre situation actuelle comme une "Lumière". Mais avec le recul, ne craignez-vous pas d'avoir confondu votre légitime désir de bonheur avec la volonté de Dieu ? Parfois, la "main de Dieu" ne se trouve pas dans l'issue de secours la plus confortable, mais précisément dans l'incertitude et la Croix du premier mariage. En choisissant de construire votre propre oasis, n'avez-vous pas, d'une certaine manière, cherché à être votre propre guide plutôt que de laisser Dieu agir dans le désert de votre première union ?

Je ne sais pas c'est une réflexion qui me vient.

Une autre réflexion me vient : le mariage est-il un serment bilatéral ou unilatéral ? Bien sûr, on l’échange à deux, mais la promesse de fidélité faite devant Dieu reste-t-elle suspendue à l'attitude de l'autre ?
Après tout, Dieu nous a aimés malgré ce que nous Lui avons fait.

Cette promesse d'aimer est-elle uniquement à destionation de l'époux ? ou aussi à Dieu ?

Re: Divorce et remariage

par CyberTruc » mer. 11 mars 2026, 14:30

Bonjour Toto2,

tout d’abord, à nouveau merci pour vos réponses et le temps que vous m’accordez pour m’aider dans mes recherches.
Je vais reprendre les points abordés et les développer.


Bible, Tradition, Magistère et Église

Je ne sais pas si Jésus est venu “accomplir par interprétation certaines lourdeurs de la loi pharisaïque, mal comprises”. Je pense Jésus a fait plus que cela : il a poussé la loi jusqu’à son accomplissement parfait. C’est en somme “la loi telle qu’elle devrait être”, par opposition à la loi imparfaite concédée par Dieu au fil des siècles (“c’est à cause de la dureté de votre cœur”). Pour ce faire, il ne l’a parfois pas seulement interprétée, mais aussi modifiée (“et bien moi je vous dis”) pour la pousser jusqu’ à sa perfection.

Je suis d’accord avec vous quand vous dites que Jésus n’a pas tout codifié. Mais comme vous le dites également, ses paroles sont de droit divin et les versets que je cite visent justement à relever ce qu’il a dit, non ce qu’il n’a pas dit. Les détails qui “doivent régir la vie ecclésiale” et le reste doivent bien sûr être définis par l’Église inspirée par l’Esprit Saint, mais ne sauraient contredire la Parole et les propos du Christ.

Vous avez raison quand vous me corrigez en disant que je compare des choses qui ne sont pas sur le même plan (croisades, Terre dans l’univers, et divorcés-remariés). Mais le principe reste le même et je pense qu’on peut convenir que sur les questions morales et éthiques, l’Église a également changé ses positions à plusieurs reprises.


Porneia

Vous écrivez que l’incise est “relativement imprécise”. Or le terme est en fait assez précis. Il est utilisé dans les deux chapitres de St Matthieu, et également plusieurs fois dans d’autres livres du nouveau testament, ce qui permet d’en vérifier le sens exact. Il signifie effectivement “fornication” ou “impudicité sexuelle” au sens large.

Je suis d’accord avec vous quand vous écrivez : “Remarquez qu'à supposer que l’Église se trompe (!), cela ne donne pas droit à la désobéissance.
Mais remarquez que si l’Église se trompe (et je note votre réserve), il n’y a plus de désobéissance dans ce cas particulier. C’est tout l’enjeu.


Validité du mariage

Je prend bonne note de votre correction. Effectivement je m’étais trompé concernant le mariage civile de deux personnes baptisées.

Je remarque cependant que cette distinction faite par l’Église entre le mariage de personnes baptisées et non-baptisées, Jésus ne l’a pas faite puisqu’il déclare que “dès l’origine il n’en était pas ainsi”. Et lorsqu’il en parle, il en parle à des pharisiens qui forcément n’étaient pas baptisés chrétiennement. Lorsqu’il demande que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni, à aucun moment il ne laisse entendre que Dieu n’aurait uni que des personnes baptisées. Ses paroles laissent même penser le contraire et qu’il n’y a pas de différence en la matière.

Suite à ma réflexion, vous posez la question : “En poussant à l'extrême votre logique, l'homme qui a couché avec une prostituée serait engagé avec elle jusqu'à la mort ?

Au premier abord, cela semble être la conclusion logique. J’avais écris : “dans l’union charnelle, l’homme et la femme font véritablement un, peu importe qu’ils soient mariés ou non et même dans les pires circonstances : “Ne le savez-vous pas ? Celui qui s’unit à une prostituée ne fait avec elle qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un.” (1 Co 6, 16)”. Cela étant, on pourrait arguer que la parole “ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas” ne s’applique pas ici car même si celui qui s’unit avec une prostituée fait avec elle un seul corps, il n’en résulte pas automatiquement que c’est Dieu lui-même qui les a unis. Donc j’ai envie de répondre que non, celui qui s’unit à une prostituée n’est pas engagé avec elle jusqu’à la mort.


Exclusion des sacrements

Quand vous écrivez : “Par ailleurs, l'homme divorcé remarié ne vit pas "le plus chrétiennement possible", puisqu'il vit maritalement avec une femme qui n'est pas la sienne.”, je ne pense pas que ce soit si binaire.

Partons du postulat (que je conteste) que l’Église a raison sur le sujet.
Je pense qu’il faut distinguer trois possibilités :

- le divorcé remarié catholique qui ignore totalement que son remariage est contraire aux lois de son Église (cas rare s’il existe, mais je le met pour être exhaustif)

- le divorcé remarié catholique qui sait que son remariage est contraire aux lois de son Église, mais croit en son âme et conscience que cette loi n’est pas valide et contraire à l’Évangile

- le divorcé remarié catholique qui sait que son remariage est contraire aux lois de son Église, en reconnaît la validité, et persiste dans sa conduite

Laissons le premier cas de côté car il se résous simplement (pour qu’il y ait péché grave il faut qu’il y ait connaissance du péché).

Prenons le second cas. La personne connaît la position de l’Église mais est en désaccord avec elle sur ce point précis. Il ne reconnaît pas qu’il y a péché. La question qui se pose d’abord c’est : est-il alors dans le premier cas ? Ou le fait de connaître la position de l’Église est-il en soi déjà une connaissance du péché même s’il la conteste ?

Prenons le troisième cas. La personne a admit la légitimité de la position de l’Église sur le sujet, mais pour diverses raisons (enfants né de la nouvelle union, envie de vivre pleinement son second mariage, nouvelles responsabilités qu’il ne peut décemment pas abandonner, manque de courage,…), il décide de continuer. Vu le postulat de départ, il est clairement en état de péché.
Prenons à présent un homme qui s’est fait embaucher comme comptable en s’inventant un diplôme et des années d’expérience. Il va travailler tous les jours, arrive à s’en sortir car il est doué en math, apprend vite, et est assez malin, mais il doit mentir tous les jours pour maintenir l’illusion.
Prenons un autre homme qui a adopté un enfant de deux ans. L’homme ne lui dit pas tout de suite qu’il n’est pas son vrai père. Plus les années passent, plus l’aveu lui semble au dessus de ses forces. Il maintient l’enfant dans l’illusion qu’il est son père biologique.
Prenons enfin un homme affamé qui a discrètement percé le mur d’une boulangerie. Jour après jour, il met son accès caché à profit pour voler un pain dans l’atelier et ainsi se nourrir lui et sa famille.

La question que je pose est simple : ces trois hommes se sont tous les trois placés dans des situations où ils doivent pécher à répétition pour des motifs plus ou moins avouables. Le premier pour garder son emploi, le second pour ne pas risquer de briser sa relation avec son enfant, le troisième pour nourrir sa famille. Tous les trois savent que ce qu’ils font est mal, savent qu’ils continueront néanmoins dans la même voie le lendemain et le jour d’après, et n’ont aucunement l’intention d’y mettre un terme même s’ils souhaitent ardemment n’être pas “obligés” de le faire. Doivent-ils être exclus des sacrements ?


Remise en question

Vous écrivez : “Je tempère néanmoins en disant que la loi ne peut pas changer au motif que l'on est soi même dans une situation réprimée par la loi et que celle-ci ne nous va pas. Ou pour le dire plus précisément : la validité et le bien fondé de la loi ne peuvent pas dépendre de notre situation personnelle.

Je ne saurais être plus d’accord avec vous. Cela dit, je ne pense aucunement que la loi doit changer parce que cela m’arrange. Je pense que la loi doit changer car elle n’est pas bonne. Il se trouve qu’effectivement, je l’ai examinée à partir du moment où j’ai été concerné, alors qu’avant elle n’éveillait pas particulièrement mon attention.

Vous terminez en posant la question : “Qu'allez vous dire - selon l'imagerie populaire - à saint Pierre à votre mort ? Comment les divorcés remariés expliqueront-ils qu'ils ont préféré, en toute connaissance de cause, la jouissance du corps au lieu des instructions et préceptes du corps mystique du Christ, son Église, dirigée par le vicaire du Fils de Dieu, successeur de saint Pierre ?

Si il devait s’avérer comme vous le pensez que j’ai vécu mon second mariage dans le péché, je lui répondrai - comme pour tous mes autres péchés - que j’ai essayé, que j’aurais pu faire mieux, que je suis inexcusable, que je m’en remet à la miséricorde de Dieu qui dès ma naissance était déjà mon seul salut.

Vous parlez à plusieurs reprises de la Grâce.
Je vais illustrer ma pensée par mon cas personnel, mais je suis certain qu’on peut la transposer à bien des cas.
J’ai vécu 16 ans avec une personne athée. Durant ces 16 années, je n’ai quasiment pas été à la messe et je priais très peu. Ma fille qui avait 10 ans lors du divorce n’avait quasiment pas entendu parler de Dieu même si elle avait été baptisée et avait fait sa communion. Je suis à nouveau en couple depuis 4 ans. Depuis, je vais à la messe toutes les semaines, je fais les vêpres à la maison tous le soirs, les laudes et les complies aussi parfois, je prie seul, et avec mon épouse qui est chrétienne elle aussi. Ma fille n’a jamais autant entendu parler de Dieu. Elle refuse pour l’instant la foi chrétienne (je ne peux pas la blâmer) mais elle vit chez moi dans un environnement chrétien où l’on parle de Dieu, où l’on fait la prière à table,… Mon premier mariage, je l’avais voulu après des années de vie commune dans le but “d’être en règle” avec l’Église à laquelle je continuais d’appartenir malgré mon comportement, pour avoir bonne conscience. Mon second mariage je l’ai voulu pour fonder une famille véritablement chrétienne, parce que j’ai trouvé mon aide semblable avec laquelle je veux marcher main dans la main sur le Chemin. Aujourd’hui je prie, je participe aux offices, je lis la Parole tous les jours et je veux développer ce lien d’amour qui m’unit à Dieu. Ce n’est pas tous les jours facile, je ne suis toujours pas parfait, mais c’est la Lumière qui m’éclaire et vers laquelle je veux marcher. Je vous les dis très honnêtement, quand on me dit que c’est aujourd’hui que je suis coupé de la Grâce, je n’arrive simplement pas à le croire.

Re: Divorce et remariage

par Toto2 » mer. 11 mars 2026, 12:02

Bonjour CyberTruc,

Quelques éléments de réponse, qui, j'en ai bien conscience, ne répondront pas à toutes vos questions pertinentes.
CyberTruc a écrit : mar. 10 mars 2026, 14:04 Je suis d'accord avec vous. Mais j'ajouterais que la Bible, la Tradition et le Magistère ne peuvent pas se contredire entre eux car la Vérité est une. Dès lors, les versets que j'ai rapportés ici restent pertinents même si la Bible n'est pas la seule source de vérité. Rappelons avec humilité qu'au court de son histoire, l’Église a parfois mal interprété des textes Bibliques avec des conséquences plus ou moins graves.
Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même est venu ccomplir par interprétation certaines lourdeurs de la loi pharisaïque, mal comprises.
Jésus n'a pas tout codifié, il y a des éléments de droit divins, des éléments de droit ecclésial... les paroles de Jésus sont bien sûr de droit divin, mais Jésus n'est pas rentré dans chacun des détails qui doivent régir la vie ecclésiale, points qui au demeurant peuvent tenir compte du progrès moderne ou de la vie de la société.

Je répond que l’Église a également décidé de lancer les croisades et a établit que la Terre était le centre de l’Univers. Sur bien des sujets elle s’est rétractée. Je pense donc qu’un questionnement sérieux et honnête ne peut jamais faire de mal.
Vous comparez des choses qui ne sont pas du tout sur le même plan.
La question du remariage des divorcés remariés est une question théologique. Les autres questions ne le sont pas. Si je demande à Léon XIV de dessiner les plans d'une centrale nucléaire, il y aura probablement des erreurs que relèverait facilement un ingénieur en physique nucléaire.


Les points que je questionne sont ceux-ci :
le remariage est-il toujours un péché ? Les Saintes Écritures ne mentionnent-elles pas plusieurs exceptions (voir mon premier post) qu'il ne faudrait pas ignorer ? Pourquoi faire fi de ces passages, ou leur donner des interprétations bancales ?
Parce que justement, l'incise est relativement imprécise et que c'est à l'Eglise de définir, du mieux qu'elle peut et en essayant de coller au maximum à ce qui lui a été laissé.
Remarquez qu'à supposer que l'Eglise se trompe (!), cela ne donne pas droit à la désobéissance.
Et même si les divorcés-remariés étaient en état de péché :

- que penser du second mariage ? Nous savons que dans le sacrement du mariage, “ce sont les époux qui, comme ministres de la grâce du Christ, se confèrent mutuellement le sacrement du Mariage” (Catéchisme de l’Église catholique). Nous savons également que l’Église reconnaît comme indissoluble le mariage célébré en dehors d’un cadre catholique (par exemple le mariage civile). Sans dire qu’il y aurait ici un sacrement à proprement parler, il semble tout de même qu’il y a une union à caractère indissoluble qu’il convient dès lors de prendre en compte. On en arrive alors à une situation où le divorcé-remarié pèche en restant avec son épouse, et pèche en se séparant d’elle, ce qui me semble difficilement concevable.
Alors quelques réserves.
D'abord, le mariage, pour être valide (décret Tametsi) devait être célébré devant le curé.
Et je rappelle que pendant des siècles, le mariage religieux suffisait à lui seul.
Ensuite, vous confondez deux situations : celle où aucun des époux n'est baptisé et l'autre où les deux époux sont baptisés (je mets à part le troisième cas -un seul époux baptisé - parce que mon point ne nécessite pas de rentrer dans le détail théologique).
Si deux personnes non baptisées sont mariées civilement, l'Eglise peut effectivement reconnaître la validité de leur mariage, remarquez néanmoins que cette reconnaissance est dépourvue de toute conséquence puisque, n'étant pas chrétien, a priori ils ne solliciteront jamais la sainte Eglise.
En revanche, si deux baptisés se marient civilement, l'Eglise ne considérera pas que leur mariage soit indissoluble. La meilleure preuve est que si M. veut rompre et se marier à l'Eglise avec une autre, il pourra le faire. Ils ne sont pas mariés aux yeux de l'Eglise.
L'Eglise n'exige pas le mariage religieux à l'Eglise pour des non baptisés (évidemment), donc il faut bien se raccrocher à la seule chose qu'ils ont, à savoir le mariage civil. Mais pour des baptisés appelés à se marier religieusement, le mariage civil n'a aucune valeur.
- en poursuivant le premier point, je rappelle que dans l’union charnelle, l’homme et la femme font véritablement un, peu importe qu’ils soient mariés ou non et même dans les pires circonstances : “Ne le savez-vous pas ? Celui qui s’unit à une prostituée ne fait avec elle qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un.” (1 Co 6, 16). Il y a donc une véritable union des corps (“tous deux ne feront qu’une seule chair”) telle que décrite dans la Bible entre le divorcé-remarié et sa nouvelle épouse. Ils font véritablement un.
En poussant à l'extrême votre logique, l'homme qui a couché avec une prostituée serait engagé avec elle jusqu'à la mort ?
- suite au point précédent, je ne puis m’empêcher de relever qu’un divorcé-remarié (ou un homme toujours marié) qui coucherait avec une femme différente tous les soirs aurait toujours de bon droit accès aux sacrements, alors que l’homme remarié vivant le plus chrétiennement possible, fidèle à sa seconde épouse, élevant ses enfants dans la foi chrétienne, en est exclu automatiquement sans autre forme de procès.
Alors oui mais non.
L'homme qui coucherait avec une femme différente tous les soirs serait dans une situation de fornication et coupé de la grâce divine. Il devra donc se confesser, avec un profond regret, et dans l'intention de ne plus jamais repécher à l'avenir. Ce qui est incompatible avec le fait, sitôt de sortir du confessionnal, d'appeler Micheline pour planifier son prochain RDV galant. Donc, non.
Par ailleurs, l'homme divorcé remarié ne vit pas "le plus chrétiennement possible", puisqu'il vit maritalement avec une femme qui n'est pas la sienne.
- le divorcé-remarié est il dans un état constant de péché répété, ou a-t-il péché une fois en se remariant pour ensuite en subir les conséquences mais sans re-commettre de faute continuellement ? La question est développée ici : https://www.lavie.fr/actualite/societe/ ... -19974.php par Mgr Jean-Paul Vesco
notons que ce n'est que l'opinion personnelle de Mgr Vesco, qui s'inscrit en faux contre la Tradition et le Magistère.
Je ne suis pas d'accord avec sa thèse, car le péché, dans le cas du divorcé remarié, ne se limite pas au remariage, mais est réitéré à chaque union sexuelle avec celle qui n'est pas sa femme. En effet, l'Eglise n'autorise pour un baptisé catholique que de coucher avec sa femme avec qui on s'est marié à l'Eglise. Il n'y aurait plus de péché, comme nous le disait Jean-Paul II, si le divorcé remarié vivait avec sa femme comme frère et soeur.
Voilà donc mon opinion. Je comprend bien la logique de mon Église mais différents éléments dans cette logique me semblent pour le moins discutables… donc je suis venu en discuter ici car je suis personnellement concerné. C’est important pour moi.
Je ne peux que saluer votre démarche de questionnement. Je tempère néanmoins en disant que la loi ne peut pas changer au motif que l'on est soi même dans une situation réprimée par la loi et que celle-ci ne nous va pas. Ou pour le dire plus précisément : la validité et le bien fondé de la loi ne peuvent pas dépendre de notre situation personnelle. Un exemple caricatural : la loi interdit de frapper quelqu'un, j'ai un voisin absolument insupportable qui me casse les oreilles avec sa musique tous les soirs, bien que ce soit entendable, ce n'est pas un motif pour aller lui casser la figure parce que j'ai envie, ce serait toujours un délit.
Je terminerai ce post en écrivant une réflexion qui n’apportera rien à la discussion mais que j’ai sur le cœur : ce n’est pas un secret qu’il est bien trop fréquent que des personnes qui ne le devraient pas reçoivent la communion. Je parle du pécheur invétéré qui n’a absolument aucune intention de changer et qui se complaît dans son péché quel qu’il soit, je parle du tonton complètement athée qui est venu à la communion de son neveu et qui fait la file comme tout le monde pour suivre le protocole, je parle de toutes ces apparentes hosties dont nous savons qu’elles sont véritablement le corps de notre Seigneur Jésus-Christ qui sont prises avec la plus totale désinvolture. N’est-ce pas là le drame ? Est-ce vraiment à la personne remariée - qu’elle pense être dans le péché ou non, qu’elle le soit effectivement ou pas - est-ce bien à cette personne qui vit ardemment sa foi et qui languit après le Christ “comme le cerf après les sources d’eau”, est-ce bien à elle qui gémit “me voici devant toi comme une terre assoiffée” devant son Seigneur qu’elle reconnaît et qu’elle aime mais qu’elle ne peut approcher; est-ce vraiment à elle qu’il faut le refuser ?
Qu'il y ait sûrement des gens qui communient n'importe comment, oui. Est-ce une raison pour faire de même, non. Toutes proportions gardées, vous me faites penser à la FSSPX qui essaye de légitimer désespérement ses nouveaux sacres en expliquant que puisque les Chinois font n'importe quoi, eux aussi ils ont le droit, c'est dire la pauvreté de leur argumentation et la faiblesse de leur position...
j'ai envie de dire, au contraire ; il y a suffisamment de mal comme cela sur terre, cela devrait nous pousser à tenter de "compenser" par un plus grand respect du sacrement.

La communion n'est pas un dû, c'est un immense cadeau, mais il est conditionné au fait d'être en état de grâce ; de la même manière, et j'ai bien conscience des limites de la comparaison, si la Reine d'Angleterre ou le Pape au temps de sa vie décidait de venir chez moi, je m'arrangerais pour que mon logis soit aussi propre que possible. Le "logis" de notre Seigneur dans l'Hostie, c'est notre coeur, qui doit être aussi propre que possible, c'est à dire être en état de grâce. Les divorcés remariés ne le sont objectivement pas.

De manière analogue, dans notre paroisse, on a deux catéchumènes qui vivent en couple, ils se sont engagés devant l'évêque, une fois le baptême célébré, à vivre comme frère et soeur jusqu'à leur mariage religieux. Cela va être dur, disent-ils, mais ils le font par obéissance envers l'Eglise.
J'entends parfaitement que cela puisse être un motif de souffrance que de devoir s'abstenir de relations conjugales avec celle que l'on aime et dont on est aimé. Mais cet effort a pu être réalisé par plein de prêtres, de religieux, de célibataires cherchant à se marier qui n'ont pas pu l'être... Il suffit de se tourner vers la vie de Notre Seigneur et de sa sainte Mère, qui ont énormément souffert, le premier par obéissance au Père. Le bonheur n'est pas pour la vie terrestre, il est pour la vie céleste... à condition d'y arriver.
Qu'allez vous dire - selon l'imagerie populaire - à saint Pierre à votre mort ? Comment les divorcés remariés expliqueront-ils qu'ils ont préféré, en toute connaissance de cause, la jouissance du corps au lieu des instructions et préceptes du corps mystique du Christ, son Eglise, dirigée par le vicaire du Fils de Dieu, successeur de saint Pierre ?
A un moment, la seule chose qui va compter, c'est de savoir si on est au ciel ou en enfer. Ce serait dommage de risquer la damnation éternelle...

je prierai pour vous.

j'ai bien conscience du caractère lacunaire de ma réponse, mais trouver tous les éléments pour répondre à votre question prendrait trop de temps, je ne suis pas théologien, je me bornerai juste à dire "à un moment, il faut faire confiance à l'Eglise".

Re: Divorce et remariage

par florence_yvonne » mar. 10 mars 2026, 16:07

Fée Violine a écrit :Peut-être dans certains cas est-ce possible ? Du moins je connais une dame, quittée par son mari depuis de longues années (et il s'est remarié de son côté donc aucun espoir pour elle de reprendre la vie commune). Elle a souhaité entrer au carmel. Notre évêque a envoyé sa demande à Rome : Rome l'a autorisée et elle est entrée au carmel. D'ailleurs elle en est ressortie assez vite car elle s'est aperçue que finalement ce n'était pas sa vocation.
J'ai une amie qui est restée vingt ans, dans un couvent, puis elle l'a quitté et s'est reconvertie dans le protestantisme, mais elle ne m'a jamais dit pourquoi.

Re: Divorce et remariage

par patatedouce » mar. 10 mars 2026, 16:02

Toto2 a écrit : mar. 10 mars 2026, 10:22
patatedouce a écrit : lun. 09 mars 2026, 14:33
De plus, une fois le divorce prononcé, rien n’oblige au remariage :

- On peut choisir d'entrer dans les ordres.
??? Auriez-vous une justification SVP ?
Je parlais de devenir religieux pas ordonné.

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