par ti'hamo » lun. 22 oct. 2012, 13:01
Vaste question.
. Les missionnaires évangélisent en vivant avec le peuple qu'ils évangélisent, au milieu d'eux : ils partent seuls ou accompagnés de 2 ou 3, dans un autre pays, parmi un peuple étranger, et annoncent l'évangile et vivent l'évangile.
C'est vrai des évangélisateurs celtes des premiers siècles (St Patrick, les saints bretons,...), mais également plus tard les missionnaires au milieu des amérindiens (cf père Isaac Jogues par exemple), ou encore des religieuses missionnaires, les jésuites en Chine... tous vivent au milieu du peuple évangélisé (enfin, les jésuites en Chine s'adressent en priorité aux savants et aux lettrés, et sont eux-mêmes prisés comme scientifiques), en adoptant certaines de leurs coutumes, en partant de leurs croyances et connaissances déjà existantes pour leur parler du Christ.
. La conversion des peuples par les chefs est un autre phénomène : voyez par exemple l'empereur Constantin, les francs avec Clovis, ou les peuples nordiques. Dans ce cas, le roi converti fait plus ou moins de la foi chrétienne une religion d'état - avec toutes les nuances à considérer selon la diversité des cas de figure.
D'autant que le roi converti ne devient pas forcément pour autant un saint.
Conservant sa conception habituelle de la religion, ou du rapport entre les peuples, le chef convertit peut très bien voir dans la foi un motif supplémentaire de mener la guerre à ses voisins, ou dans la conversion de ses voisins une façon de la amener sous son influence.
En fait, de même que les peuples évangélisés conservent certaines de leurs pratiques, voire de leurs croyances, soit telles quelles, mêlées aux nouvelles croyances et pratiques chrétiennes, soit teintées d'inspiration chrétienne,
de même les rois et les armées convertis, conservent certaines de leurs pratiques et de leurs vues, soit telles quelles, mêlées à la foi chrétienne, soit teintées d'inspiration chrétienne ou habillées de thèmes chrétiens.
Différents cas de figure sont évidemment possibles :
. on peut avoir l'un sans l'autre : certaines personnes du peuple évangélisé sont touchés à la fois par l'exemple et le discours des missionnaires (parfois successifs, si les premiers ont été tués), se convertissent, mais les autorités, les chefs, ne sont pas convertis, et voient là une atteinte aux traditions de leur peuple, ou une critique de leurs propres pratiques (cf martyrs d'Ouganda en Afrique, certains jeunes pages convertis ayant refusé les avances du roi de leur tribu), ou une remise en question de leur pouvoir ou de leurs prérogatives,
et les missionnaires aussi bien que les convertis sont persécutés.
. on peut avoir l'inverse : le roi se convertit, impose le cnahgement de religion à son peuple... et à ceux qu'il conquiert, ce qui ne fait pas forcément dans la dentelle.
. ou bien l'alternance des deux, comme en Chine - où les chrétiens, un temps favorablement accueillis, sont ensuite chassés et persécutés.
. ou un mélange des deux, surtout s'agissant de peuples déjà convertis depuis longtemps qui exportent l'évangélisation dans le sillage d'entreprises qui n'ont rien à voir :
la conquête de l'Amérique du Sud par les Espagnols en étant un bon exemple : les conquistadores ne se soucient évidemment pas d'évangélisation, il s'agit d'une guerre de conquête ; mais des missionnaires les suivent.
La profession de foi chrétienne pouvant alors être vue comme acte d'allégeance aux conquérants, pourra être soit rejetée par les indiens pour cette raison, soit exigée par les conquistadores comme preuve du rejet par les peuples conquis de l'autorité de leurs anciens rois.
Vaste question.
. Les missionnaires évangélisent en vivant avec le peuple qu'ils évangélisent, au milieu d'eux : ils partent seuls ou accompagnés de 2 ou 3, dans un autre pays, parmi un peuple étranger, et annoncent l'évangile et vivent l'évangile.
C'est vrai des évangélisateurs celtes des premiers siècles (St Patrick, les saints bretons,...), mais également plus tard les missionnaires au milieu des amérindiens (cf père Isaac Jogues par exemple), ou encore des religieuses missionnaires, les jésuites en Chine... tous vivent au milieu du peuple évangélisé (enfin, les jésuites en Chine s'adressent en priorité aux savants et aux lettrés, et sont eux-mêmes prisés comme scientifiques), en adoptant certaines de leurs coutumes, en partant de leurs croyances et connaissances déjà existantes pour leur parler du Christ.
. La conversion des peuples par les chefs est un autre phénomène : voyez par exemple l'empereur Constantin, les francs avec Clovis, ou les peuples nordiques. Dans ce cas, le roi converti fait plus ou moins de la foi chrétienne une religion d'état - avec toutes les nuances à considérer selon la diversité des cas de figure.
D'autant que le roi converti ne devient pas forcément pour autant un saint.
Conservant sa conception habituelle de la religion, ou du rapport entre les peuples, le chef convertit peut très bien voir dans la foi un motif supplémentaire de mener la guerre à ses voisins, ou dans la conversion de ses voisins une façon de la amener sous son influence.
En fait, de même que les peuples évangélisés conservent certaines de leurs pratiques, voire de leurs croyances, soit telles quelles, mêlées aux nouvelles croyances et pratiques chrétiennes, soit teintées d'inspiration chrétienne,
de même les rois et les armées convertis, conservent certaines de leurs pratiques et de leurs vues, soit telles quelles, mêlées à la foi chrétienne, soit teintées d'inspiration chrétienne ou habillées de thèmes chrétiens.
Différents cas de figure sont évidemment possibles :
. on peut avoir l'un sans l'autre : certaines personnes du peuple évangélisé sont touchés à la fois par l'exemple et le discours des missionnaires (parfois successifs, si les premiers ont été tués), se convertissent, mais les autorités, les chefs, ne sont pas convertis, et voient là une atteinte aux traditions de leur peuple, ou une critique de leurs propres pratiques (cf martyrs d'Ouganda en Afrique, certains jeunes pages convertis ayant refusé les avances du roi de leur tribu), ou une remise en question de leur pouvoir ou de leurs prérogatives,
et les missionnaires aussi bien que les convertis sont persécutés.
. on peut avoir l'inverse : le roi se convertit, impose le cnahgement de religion à son peuple... et à ceux qu'il conquiert, ce qui ne fait pas forcément dans la dentelle.
. ou bien l'alternance des deux, comme en Chine - où les chrétiens, un temps favorablement accueillis, sont ensuite chassés et persécutés.
. ou un mélange des deux, surtout s'agissant de peuples déjà convertis depuis longtemps qui exportent l'évangélisation dans le sillage d'entreprises qui n'ont rien à voir :
la conquête de l'Amérique du Sud par les Espagnols en étant un bon exemple : les conquistadores ne se soucient évidemment pas d'évangélisation, il s'agit d'une guerre de conquête ; mais des missionnaires les suivent.
La profession de foi chrétienne pouvant alors être vue comme acte d'allégeance aux conquérants, pourra être soit rejetée par les indiens pour cette raison, soit exigée par les conquistadores comme preuve du rejet par les peuples conquis de l'autorité de leurs anciens rois.