par jeanbaptiste » ven. 10 avr. 2009, 10:30
1) si j'ai bien compris, le texte était librement reproductible. De quel droit Jospeh Ratzinger, ou qui que soit d'autre, devrait interdire un journal de reproduire un texte librement reproductible ?
2) Qu'un journal soit jugé "révisionniste", qu'il soit d'extrême-droite doit-il nous permettre à son encontre ce qu'on n'oserait jamais faire aux autres ? Ne sommes-nous pas en démocratie ? Ne proclamons-nous pas la liberté de parole et de pensée ?
3) Et enfin, le lieu on l'on parle signifie-t-il nécessairement que l'on soit en accord avec les personnes avec qui nous parlons. Doit-on s'interdire de parler avec x ou y parce qu'ils sont des révisionnistes, des racistes, des défenseurs de la peine de mort et du port d'arme ? N'est-ce pas se donner bonne conscience facilement ? Le Christ s'est-il donné pour nous afin que nous continuions de désigner des brebis galeuses à offrir en sacrifice pour laver notre mauvaise conscience ?
Ici le philosophe Julien Freund est un excellent exemple. Cet homme qui fut ostracisé intellectuellement par l'intelligentsia de son époque (vous savez la période des "intellectuels" : Sartre, Foucault etc.) parce qu'il refusait de soumettre sa pensée à l'idéologie hégéliano-marxiste, au pacifisme radical, militant et totalitaire de son temps, cet homme n'hésita pas à parler partout où l'on était désireux de l'entendre : il a participé à des conférences organisés par des gens de gauche, de droite, d'extrême-droite etc. Il fut ami avec Carl Schmitt, le juriste ouvertement nazi et ouvertement antisémite, car il appréciai ses travaux de politologue. Heureusement pour lui, il fut un véritable résistant qui le protège de toute accusation de corruption avec le nazisme. Heureusement pour lui car sinon il ne serait pas seulement intellectuellement ostracisé, il serait condamné sur la place public pour accusation de sympathie avec le nazisme et l'antisémitisme.
C'était un homme véritablement libre. Et je crois que Joseph Ratzinger est de cette même trempe. C'est quelqu'un qui parle en vérité, et qui préfère risquer sa réputation plutôt qu'abuser de la langue de bois afin de se protéger des vautours.
Essayons d'éviter de trop regarder d'où les gens parlent. Doit-on s'interdire de parler au voisin car on se sent supérieur à lui ? Non. Et c'est pourtant bien ce que nous faisons lorsque nous refusons de parler, d'entrer en contact avec des révisionnistes, des antisémites etc. C'est même justement avec eux qu'il faut dialoguer en priorité.
L'affaire Williamson est du même tonneau. Le Christ ne nous a pas appris à laisser de côté la brebis égarée.
P.S. : Voici un témoignage de Chantal Delsol sur son ancien maître Julien Freund :
«La conséquence de cette vocation de défricheur était aussi la marginalité avec tout ce qu'elle comporte de regrets. L'essentiel est que Julien Freund représente l'aristotélisme après les désastres de l'utopie. (...) Il considérait sa mise à l'écart comme une injustice. (...) Toujours il fulminait. À la manière de Bernanos, de Léon Bloy peut-être, mais surtout à la manière mélancolique de celui qui s'est trompé de siècle, qui se sent incompris, et ne comprends pas lui-même l'imbécilité sournoise d'une horde qui l'assiège et le noie.»
1) si j'ai bien compris, le texte était librement reproductible. De quel droit Jospeh Ratzinger, ou qui que soit d'autre, devrait interdire un journal de reproduire un texte librement reproductible ?
2) Qu'un journal soit jugé "révisionniste", qu'il soit d'extrême-droite doit-il nous permettre à son encontre ce qu'on n'oserait jamais faire aux autres ? Ne sommes-nous pas en démocratie ? Ne proclamons-nous pas la liberté de parole et de pensée ?
3) Et enfin, le lieu on l'on parle signifie-t-il nécessairement que l'on soit en accord avec les personnes avec qui nous parlons. Doit-on s'interdire de parler avec x ou y parce qu'ils sont des révisionnistes, des racistes, des défenseurs de la peine de mort et du port d'arme ? N'est-ce pas se donner bonne conscience facilement ? Le Christ s'est-il donné pour nous afin que nous continuions de désigner des brebis galeuses à offrir en sacrifice pour laver notre mauvaise conscience ?
Ici le philosophe Julien Freund est un excellent exemple. Cet homme qui fut ostracisé intellectuellement par l'intelligentsia de son époque (vous savez la période des "intellectuels" : Sartre, Foucault etc.) parce qu'il refusait de soumettre sa pensée à l'idéologie hégéliano-marxiste, au pacifisme radical, militant et totalitaire de son temps, cet homme n'hésita pas à parler partout où l'on était désireux de l'entendre : il a participé à des conférences organisés par des gens de gauche, de droite, d'extrême-droite etc. Il fut ami avec Carl Schmitt, le juriste ouvertement nazi et ouvertement antisémite, car il appréciai ses travaux de politologue. Heureusement pour lui, il fut un véritable résistant qui le protège de toute accusation de corruption avec le nazisme. Heureusement pour lui car sinon il ne serait pas seulement intellectuellement ostracisé, il serait condamné sur la place public pour accusation de sympathie avec le nazisme et l'antisémitisme.
C'était un homme véritablement libre. Et je crois que Joseph Ratzinger est de cette même trempe. C'est quelqu'un qui parle en vérité, et qui préfère risquer sa réputation plutôt qu'abuser de la langue de bois afin de se protéger des vautours.
Essayons d'éviter de trop regarder d'où les gens parlent. Doit-on s'interdire de parler au voisin car on se sent supérieur à lui ? Non. Et c'est pourtant bien ce que nous faisons lorsque nous refusons de parler, d'entrer en contact avec des révisionnistes, des antisémites etc. C'est même justement avec eux qu'il faut dialoguer en priorité.
L'affaire Williamson est du même tonneau. Le Christ ne nous a pas appris à laisser de côté la brebis égarée.
P.S. : Voici un témoignage de Chantal Delsol sur son ancien maître Julien Freund :
«La conséquence de cette vocation de défricheur était aussi la marginalité avec tout ce qu'elle comporte de regrets. L'essentiel est que Julien Freund représente l'aristotélisme après les désastres de l'utopie. (...) Il considérait sa mise à l'écart comme une injustice. (...) Toujours il fulminait. À la manière de Bernanos, de Léon Bloy peut-être, mais surtout à la manière mélancolique de celui qui s'est trompé de siècle, qui se sent incompris, et ne comprends pas lui-même l'imbécilité sournoise d'une horde qui l'assiège et le noie.»