par hussard » mer. 22 juin 2016, 16:24
Bonjour,
je souhaiterais apporter quelques éléments à la réflexion en cours.
1. éléments bibliques relatifs à la castration volontaire
St. Matthieu XIX:10-12 a écrit :« Ses disciples lui dirent : "Si telle est la condition de l’homme avec sa femme, mieux vaut ne pas se marier."
Mais il leur dit : "Tous ne comprennent pas cette parole, mais ceux à qui cela a été donné.
Car il y a des eunuques qui sont venus tels du sein de leur mère ; il y a aussi des eunuques qui le sont devenus par le fait des hommes ; et il y a des eunuques qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne !" »
Saint Jean Chrysostome :
- (hom. 62.) Il prouve ensuite la possibilité de cette vertu, en ajoutant: « Il y a des eunuques, » etc., paroles dont voici le sens: Pensez à ce que vous feriez si vous étiez devenu eunuque par la main des hommes. Vous seriez privé et de la volupté, et de la récompense de la chasteté.
- (sur S. Matth.) De même que l’action séparée de la volupté ne peut constituer le péché, ainsi l’acte, sans la volonté, ne peut être imputé à justice. La chasteté, vraiment méritoire et glorieuse, n’est donc pas celle qui vient de l’impuissance d’un corps incapable d’enfreindre cette vertu, mais celle qui résulte de la résolution libre et sainte de garder la continence.
Saint Jérôme :
- Il établit donc trois genres d’eunuques, deux dans le sens matériel, et le troisième dans le sens spirituel: les uns sont nés ainsi dès le sein de leur mère; les autres sont ceux que la captivité a rendu tels, ou qui ont été mutilés pour le plaisir des personnes de qualité; les troisièmes sont ceux qui se sont faits eunuques eux-mêmes pour le royaume des cieux, et qui, pouvant être des hommes jouissant de la virilité, se sont faits eunuques par amour pour Jésus-Christ; c’est à ces derniers qu’il promet la récompense; mais les autres, pour qui la chasteté est une nécessité et non pas un sacrifice volontaire, n’ont rien à espérer.
Ceci va dans le sens de la déclaration du précédent intervenant, c'est bien évidemment, à mettre en regard avec cet autre passage de St. Matthieu :
St. Matthieu XVIII:8-9 a écrit :Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer dans la vie éternelle manchot ou estropié, que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel.
Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie éternelle, que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu.
C'est directement un commandement de Notre Seigneur.
2. sur l'efficacité de la castration
Le débat évoqué au début du sujet sur l'efficacité de la castration m'a laissé abasourdi. Qui nie ici que les hormones sexuelles sont
nécessaires à la sexualité ? Or ces hormones sont produites par les gonades, donc une suppression de ces organes induit
forcément une suppression de toute sexualité sur le sujet impliqué... Il n'y a aucun débat scientifique sur cette question.
3. sur la notion de droit à la sexualité
Ensuite, je voudrais rappeler qu'on ne peut pas décemment invoquer la notion de "droit à la sexualité" pour réfuter la moralité d'une castration ordonnée sur décision judiciaire.
Ceci pour plusieurs raisons :
- tout d'abord un droit implique forcément des devoirs, et ici les devoirs correspondants à la sexualité sont : l'ouverture à la vie et l'entretien et l'éducation des enfants. Il en résulte qu'en cas de manquement à un de ces deux devoirs, le droit à la sexualité peut tout à fait légitimement être dénié à un individu. Si le manquement au premier serait excessif (puisqu'il s'agirait d'une faute privée), un manquement au deuxième impliquerait un grave préjudice pour les enfants. On en conclut donc aisément qu'il est tout à fait justifié d'avoir recours à une castration pour les personnes dont le comportement aboutit à un manquement au deuxième point (cas sociaux avec 12 enfants à la DASS par exemple, handicapés mentaux graves, etc.)
- ensuite face à d'autres comportements problématiques immoraux (viol, pédophilie, etc.) impliquant une tierce personne (il me semble difficile de justifier une condamnation judiciaire publique pour des péchés privés consentis), il convient de prendre en compte plusieurs paramètres : l'intéressé (exemple : violeur multirécidiviste) préférait-il être emprisonné à vie ou bien castré puis libéré après une plus courte peine ? si la réponse est la première option, l'Etat a-t-il les moyens d'appliquer strictement cette peine ? Si non, la seule option rationnelle devient la deuxième.
4. sur l'argument de l'irréversibilité
L'argument de l'irréversibilité d'une castration (chirurgicale) n'a bien évidemment aucune recevabilité puisque l'irréversibilité d'une peine n'est pas un argument pour l'annuler : même une peine de prison de 20 ans est irréversible : rendra-t-on sa jeunesse à un homme condamné par erreur ? Bien évidemment, non.
Merci de répondre avec des arguments rationnels et / ou théologiques strictement. Les anecdotes ou indignations sans fondements...

Bonjour,
je souhaiterais apporter quelques éléments à la réflexion en cours.
[b][u]1. éléments bibliques relatifs à la castration volontaire[/u][/b]
[quote="St. Matthieu XIX:10-12"]« Ses disciples lui dirent : "Si telle est la condition de l’homme avec sa femme, mieux vaut ne pas se marier."
Mais il leur dit : "Tous ne comprennent pas cette parole, mais ceux à qui cela a été donné.
Car il y a des eunuques qui sont venus tels du sein de leur mère ; il y a aussi des eunuques qui le sont devenus par le fait des hommes ; et il y a des eunuques qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne !" »[/quote]
Saint Jean Chrysostome :
[list][*](hom. 62.) Il prouve ensuite la possibilité de cette vertu, en ajoutant: « Il y a des eunuques, » etc., paroles dont voici le sens: Pensez à ce que vous feriez si vous étiez devenu eunuque par la main des hommes. Vous seriez privé et de la volupté, et de la récompense de la chasteté.
[*](sur S. Matth.) De même que l’action séparée de la volupté ne peut constituer le péché, ainsi l’acte, sans la volonté, ne peut être imputé à justice. La chasteté, vraiment méritoire et glorieuse, n’est donc pas celle qui vient de l’impuissance d’un corps incapable d’enfreindre cette vertu, mais celle qui résulte de la résolution libre et sainte de garder la continence.[/list]
Saint Jérôme :
[list][*]Il établit donc trois genres d’eunuques, deux dans le sens matériel, et le troisième dans le sens spirituel: les uns sont nés ainsi dès le sein de leur mère; les autres sont ceux que la captivité a rendu tels, ou qui ont été mutilés pour le plaisir des personnes de qualité; les troisièmes sont ceux qui se sont faits eunuques eux-mêmes pour le royaume des cieux, et qui, pouvant être des hommes jouissant de la virilité, se sont faits eunuques par amour pour Jésus-Christ; c’est à ces derniers qu’il promet la récompense; mais les autres, pour qui la chasteté est une nécessité et non pas un sacrifice volontaire, n’ont rien à espérer.[/list]
Ceci va dans le sens de la déclaration du précédent intervenant, c'est bien évidemment, à mettre en regard avec cet autre passage de St. Matthieu :
[quote="St. Matthieu XVIII:8-9"]Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer dans la vie éternelle manchot ou estropié, que d’être jeté avec tes deux mains ou tes deux pieds dans le feu éternel.
Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans la vie éternelle, que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne de feu.[/quote]
C'est directement un commandement de Notre Seigneur.
[b][u]2. sur l'efficacité de la castration[/u][/b]
Le débat évoqué au début du sujet sur l'efficacité de la castration m'a laissé abasourdi. Qui nie ici que les hormones sexuelles sont [i]nécessaires[/i] à la sexualité ? Or ces hormones sont produites par les gonades, donc une suppression de ces organes induit [i]forcément[/i] une suppression de toute sexualité sur le sujet impliqué... Il n'y a aucun débat scientifique sur cette question.
[b][u]3. sur la notion de droit à la sexualité[/u][/b]
Ensuite, je voudrais rappeler qu'on ne peut pas décemment invoquer la notion de "droit à la sexualité" pour réfuter la moralité d'une castration ordonnée sur décision judiciaire.
Ceci pour plusieurs raisons :
[list=1][*]tout d'abord un droit implique forcément des devoirs, et ici les devoirs correspondants à la sexualité sont : l'ouverture à la vie et l'entretien et l'éducation des enfants. Il en résulte qu'en cas de manquement à un de ces deux devoirs, le droit à la sexualité peut tout à fait légitimement être dénié à un individu. Si le manquement au premier serait excessif (puisqu'il s'agirait d'une faute privée), un manquement au deuxième impliquerait un grave préjudice pour les enfants. On en conclut donc aisément qu'il est tout à fait justifié d'avoir recours à une castration pour les personnes dont le comportement aboutit à un manquement au deuxième point (cas sociaux avec 12 enfants à la DASS par exemple, handicapés mentaux graves, etc.)
[*]ensuite face à d'autres comportements problématiques immoraux (viol, pédophilie, etc.) impliquant une tierce personne (il me semble difficile de justifier une condamnation judiciaire publique pour des péchés privés consentis), il convient de prendre en compte plusieurs paramètres : l'intéressé (exemple : violeur multirécidiviste) préférait-il être emprisonné à vie ou bien castré puis libéré après une plus courte peine ? si la réponse est la première option, l'Etat a-t-il les moyens d'appliquer strictement cette peine ? Si non, la seule option rationnelle devient la deuxième.[/list]
[b][u]4. sur l'argument de l'irréversibilité[/u][/b]
L'argument de l'irréversibilité d'une castration (chirurgicale) n'a bien évidemment aucune recevabilité puisque l'irréversibilité d'une peine n'est pas un argument pour l'annuler : même une peine de prison de 20 ans est irréversible : rendra-t-on sa jeunesse à un homme condamné par erreur ? Bien évidemment, non.
Merci de répondre avec des arguments rationnels et / ou théologiques strictement. Les anecdotes ou indignations sans fondements... :non: