bajulans a écrit :Alors je n'ai pas été et je ne suis pas maltraitant, donc si d'autres le sont parce qu'ils suivent l'exemple de papa et maman, ça peut être une excuse, mais ce n'est pas un motif pour supprimer toute sanction.
Il n'est pas question de supprimer toute sanction, mais je ne crois pas qu'en mutilant une partie de l'intégrité d'une personne, fusse par le lieu où elle a péché comme disaient nos grand-mères, soit la meilleure solution pour la punir de son crime. Car, comme je le disais, l'agresseur sexuel n'est pas forcément intéressé à l'aspect sexuel de son crime ni à en jouir...c'est une prise de pouvoir sur l'autre et un transfert de haine sur la victime.
Si le coupable se méprise, je le comprends, moi-même je me méprise pour beaucoup de choses.
Je crois qu'il faudrait laisser le Seigneur vous montrer que vous êtes une parole d'Amour sortie de son Coeur...
« Cieux criez de joie, terre exulte, que les montagnes poussent des cris, car le Seigneur a consolé son peuple, il prend en pitié ses affligés. Sion avait dit : « Le Seigneur m’a abandonné ; le Seigneur m’a oubliée. » Une femme oublie-t’elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas. Vois, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains, tes remparts sont devant moi sans cesse. Tes bâtisseurs se hâtent, ceux qui te détruisent et te ravagent vont s’en aller. » (Isaïe 49, 13-18)
Le tout dans la perversité, c'est de savoir s'arrêter à temps et de ne pas tomber dans l'illicite comme les grands pervers qui occupent les audiences des assises, c'est plus malin de s'arrêter à temps, question d'image. Le harcèlement moral est une sorte de chef d'oeuvre de perversité, de manipulation, apparemment propre sur lui, et même avec une aura de grande moralité, le pervers peut continuer, avec les félicitations des services sociaux, habitués aux drogues, dénutritions, maltraitances extrêmes et manifestes des pauvres gens.
Là je vous le concède sans hésitation. J'ai moi-même été victime de harcèlement psychologique par une personne qui continue de se la couler douce dans ses fonctions (alors que j'ai été dépouillée de tout) et qui a réussi à me faire passer pour la désaxée devant les autorités en place alors que son historique de dépressif chronique et de burn out à répétition sans compter quelques autres maladies d'ordre mental (paranoïa, maniaco-dépression, possible schizophrénie...) est bien connu. Les manipulateurs professionnels sont justement bien capables de toujours s'en sortir blanc comme neige. Mais, je crois que, comme je sais qu'il s'agit d'un comportement maladif, la Miséricorde doit primer sur tout. Mon pardon pour cette personne (ou plutôt le Pardon que Dieu veut bien déverser dans mon pauvre coeur quotidiennement) est à renouveler chaque jour...
Donc extrême prudence, dans toutes ces matières et toutes ces affaires. C'est un peu ma conclusions de ce post un peu décousu (on ne peut rien inférer de général d'une expérience particulière mais seulement d'une série), ce dont je vous prie de m'excuser.
Je vous prie de croire, cher monsieur bajulans, que vous êtes tout excusé. Votre message est très touchant.
Votre vision de l’intérieur quant à la culpabilité est très juste. L’enfant attend un amour infini de ses parents et croit bien que ce qui lui est offert est le meilleur d’eux…jusqu’à ce qu’il saisisse qu’il a manqué quelque chose en voyant des témoignages d’amour vrai autour de lui ou en faisant l’expérience dans la foi de l’Amour de Dieu.
Pour ce qui est de la psychanalyse, j’y crois mais, peut-être que je ne me suis pas bien exprimée, elle ne suffit pas pour guérir des blessures infligées dans notre intégrité personnelle telles que celles que vous portez et que nous portons tous à un niveau ou un autre. Elle doit être accompagnée, si on a la foi, du baume de la Parole, de la prière et des Sacrements. J’aime beaucoup le terme, emprunté à Simone Pacot, « l’évangélisation des profondeurs » ou encore, la notion de guérison intérieure telle que proposée par la Famille de saint Joseph (ceci n’est pas une pub !).
Lorsque je vois l’ampleur de mes blessures (psychiques surtout) et l’immense chantier de (re)construction que j’offrais au Seigneur, je ne peux que rendre grâce à Dieu pour ne pas avoir sombré dans la folie ou être devenue une criminelle parce que, sincèrement, si ce n’était pas de la foi, j’aurais facilement tombé dans tous les vices (et j‘en porte encore la capacité réelle car je suis autant capable de haïr que je suis capable d’accueillir le pardon de Dieu pour ceux qui m’ont blessé ou mal aimé.).
Au bout du compte, ce que j’essaye de dire, peut-être maladroitement, est que je ne crois pas que nous ayons le droit de désespérer de qui que ce soit et d’enfermer, ne serait-ce que le plus grand criminel, pervers, ou ce que vous voulez, dans leur péché, leur faiblesse ou leurs limites.
J‘aimerais vous donner un exemple concret pour le sujet qui nous occupe. Ici, au Québec, il y a quelques années, un crime horrible a été commis sur un jeune garçon (les Québécois sur ce forum se rappelleront du jeune Alexandre Livernoche, il y a 4 ans). La population était consternée et horrifiée par cet odieux crime. L'assassin, Mario Bastien, un récidiviste en matière d'agressions sexuelles, avait été libéré d'une prison provinciale peu avant le crime, même si la Commission québécoise des libérations conditionnelles avait refusé de lui accorder sa remise en liberté. Mario Bastien avait confié, lors de son passage dans un pénitencier fédéral, sa déviance sexuelle envers les enfants et qu'il souhaitait en tuer un. Reste à voir qui est le plus coupable. Le malade sexuel ou le système judiciaire québécois ?
Rien à faire avec cette ordure croirait-on…
Il y a quelques mois, je vois à la télé un reportage ("Enjeux", émission d’information crédible et intègre) d’une religieuse qui s’est donnée la mission de visiter Mario Bastien en prison, tous les jours. De l’accompagner jour après jour dans son pénitencier (un peu comme Sr Helen Pregent, histoire vraie racontée dans le film « Dead man walking » avec Sean Penn) à lui faire prendre conscience de son crime, en lui donnant de voir l’horreur de ce qu’il a fait, mais…en l’aimant, malgré l’horreur de ses gestes, en lui faisant prendre conscience qu’il n’est pas que celui qui a commis ce crime mais qu’il existe en tant qu’enfant de Dieu et que, malgré tout l’horreur de son crime, Dieu l’aime sans condition. Elle est son amie, sa mère qu’il n’a jamais eue et sa sœur...lui, le rejeté, l’abusé lui-même dans son enfance. Elle a répété a plusieurs reprise qu'en aucun cas elle excuse les gestes de Monsieur Bastien...Il ne s’agit pas d’excuser ou de banaliser non plus, surtout pas...il purge maintenant une peine de prison à vie sans droit à une libération conditionnelle avant 25 ans. Voilà qui est juste et pour lui (pour se protéger de lui-même) et pour protéger la population.
M. Bastien a été abusé dans son enfance. En tant qu’enfant, ne l’aurions-nous pas consolé si nous avions su ce qu’il subissait ? Aujourd'hui on le tue à nouveau alors qu’il est mort depuis presque sa naissance...Elle l'a bien expliqué la soeur... Bastien est mort depuis toujours, il a non seulement manqué d'amour au point que nous ne pouvons l’imaginer mais l’amour dans son cas a été bafoué ce qui ne peut qu’engendrer la haine et la violence…Ce désir plus fort que lui de vouloir abuser d'un enfant pour ensuite le tuer, cet enfant, n'est-il pas psychologiquement la transposition du petit enfant abusé intérieurement, càd le petit Mario Bastien abusé, à qui il veut faire violence par mépris de lui-même ? Il n’est pas guérit et il le sait. Mais il prend conscience de ce qu’il a fait, du mal qu’il a causé pour les parents de cet enfant…il a commencé à prier et à méditer la parole de Dieu.
Qui prendra le temps d’aimer et de visiter les prisonniers, comme Jésus nous le prescrit, comme cette sœur le fait ? Bien sûr, elle ne peut pas redonner la victime à ses parents mais, pourquoi continuer la spirale de violence en lui enlevant ce qui fait de lui un homme alors qu’il n’a jamais eu le droit d’être un enfant ?
La seule justice dans un cas comme celui-ci, c’est la Miséricorde, puisqu’il est insolvable. Mais ne le sommes-nous pas tous ?
J'espère ne pas vous choquer en disant ces choses et si vous préférez que le dialogue se poursuivre dans des messages privés, n'hésitez pas à me le dire...
Fraternellement,
Hélène
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)