"Dieu est amour"

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Re: "Dieu est amour"

par RenéL » ven. 13 févr. 2009, 22:10

Bonjour,

C'est vrai qu'avec des mots humain il est facile de tenter de mettre une étiquette pour définir Dieu.
Mais quand Jean dit "Dieu est amour" il ne fait que définir la nature idéal de Dieu que nous devons viser. Il met le doigt ou nous pêchons le plus. Dieu est aussi le décrit comme le "Vivant". Et nous enlevons la vie de nos frères. Certain définisse Dieu comme "Don" car il ne cesse de donner. Il donne même sa vie. On peut poursuivre ainsi avec toutes les vertus cardinales et autres et encore plus de parole et de texte.

Mais en fait tous cela ne demande qu'à se vivre. C'est ce qu'exprime le Christ quand nous souhaites et offres la "vie en abondance".

Paix!

Re: "Dieu est amour"

par Invité » mer. 11 févr. 2009, 15:05

Corinthiens 13

1. Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.
2. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.


. Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
4. La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil,
5. elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal,
6. elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité;
7. elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.
8. La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.
9. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,
10. mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra
.
11. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
12. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.
13. Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité.


Demandons à Dieu l'amour , Prions pour obtenir l'amour

Re: "Dieu est amour"

par Michel_paix » mar. 27 janv. 2009, 0:48

Ton raisonnement est exact selon moi. Mais l'égo peux être présent aussi qui n'est pas vraiment un sacrifice si l'on veut par exemple le mérite que cela rapporte... La meilleur exemple que je puisse te donner est que nous avons tous des peurs et ces peurs tombent pour sauver l'amour...

Re: "Dieu est amour"

par Michel_paix » mar. 27 janv. 2009, 0:45

Dieu a envoyé son fils unique puisqu'il t'aime. Se sacrifier pour l'amour.

Re: "Dieu est amour"

par Mac » mar. 27 janv. 2009, 0:43

Le véritable amour est sur la croix.

J'ai souvent regardé la croix du Seigneur sans la comprendre, je ne sais si je la comprend mieux aujourd'hui mais une certitude demeure en moi: c'est le salut des âmes qui est sur la croix.

Si par sa mort, sa passion le Seigneur a sauvé l'homme de la mort éternelle, des soufrances de l'enfer, du pouvoir de satan comme nous le croyons nous chrétiens, alors le véritable amour est sur la croix.

Prenons un exemple:

j'aime mon mari d'un grand amour et je prétends qu'il prend sa source dans celui du Christ. Mon mari me fait une sale crasse. Je le tue. Ce n'était pas de l'amour du Christ que j'aimais mon mari: c'était de l'amour des hommes.

j'aime mon mari d'un grand amour et je prétends qu'il prend sa source dans celui du Christ. Mon mari me fait une sale crasse. J'en pleure toutes les larmes de mon corps, j'en dors plus, mais je lui pardonne du plus profond du coeur. Il se repent sincèrement de son acte. C'est de l'amour du Christ que j'aime.

Qu'a t-il bien pu se passer au ciel dans le premier cas et dans le second car il faut croire qu'il se passe quelque chose au ciel.

Dans le premier cas: mon mari offense Dieu par l'adultère et moi j'offense Dieu par le meurtre. Deux âmes sont perdus.
Dans le second cas: mon mari offense Dieu, je lui pardonne et il se repent. Les deux âmes ne sont pas perdus.

C'est un peu cela l'amour qui est sur la croix? Par sa passion le Seigneur donne la vraie définition de l'amour. On aime souvent ceux qui vous aime, on aime d'un amour qui tue, mais pas de celui qui fait vivre et qui renonce, qui pardonne tout, qui aime tous, qui donne tout, qui ne réclame rien, qui ne s'enorgueillit pas, qui ne jalouse pas, qui ne méprise pas, qui accueille sans attendre rien en retour, cet amour habité que par l'amour. Le Seigneur a été assassiné sur la croix, et a prier pour que son Père pardonne à ses meutriers :" Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".

"Comment aimer sans connaitre?"

Je n'ai pas connu l'amour, rejeté par mes proches par exemples, donc comment puis-je aimer Dieu. Cela peut effectivement être difficile pour certains.
Je crois corso que votre solution insensé est la bonne: aimer pour connaitre et non connaitre pour aimer
car nous parlons de l'amour de Dieu et non de l'amour d'êtres de chair. C'est de l'amour qui est au dessus de tout amour, c'est l'amour qui est sur la croix, de l'amour qui se comprend sensiblement mais non dans sa plénitude dont il est question. C'est faire confiance à cet amour du Père, être vigilant sur tout ce qui pourrait venir casser cet acte de confiance volontaire que nous mettons dans le Père qui est amour car croyons bien qu'à partir du moment où l'on fait ce choix les ténèbres vont se bousculés car notre positionnement à Dieu a changé.
Effectivement, vous soulevé une bonne question la spontanéité. Je crois qu'à partir du moment où l'on a fait un acte de confiance en Dieu, et que l'on a assimilé que les ténébres vont tachés de briser cet acte de confiance au plus vite et donc qu'il faut être vigilant, le Seigneur peut commencer son oeuvre de conversion de la personne, Il lui enseigne lui même qui Il
est car nous lui avons ouvert une porte en prenant garde de fermer celle de celui qui perd les âmes. Cette démarche ressemble a un devoir comme vous dites, tout comme pour la prière est fait comme un devoir pour celui qui n'a pas compris que ses prières finissent sur le bureau de Dieu et que Dieu notre Père contrairement aux hommes ne perd jamais un dossier et n'oublie jamais de les traiter. On se force au départ par acte de confiance puis cela se fait beaucoup plus dans l'amour et l'humilité.

Comment éviter le mal si on ne le connaît pas?

Pour savoir ce qui est mal rien de mieux que le cathéchisme et les Saintes écritures avant le conseil du voisin.

Par exemple un homme divorse pour x raisons et décide de rester célibataire. Combien de personnes proche de cette homme vont lui dire de se trouver une nouvelle petite copine, ce qui est contraire au cathéchisme et au Sainte Ecritures, et donc hypothèque le salut de son âme. Mais comme disait Sainte Lucie: "le salut de l'âme est devenue une affaire individuelle" en ce temps ou tout est déformé et corrompu.

Re: "Dieu est amour"

par Corso » lun. 26 janv. 2009, 20:12

Michel_paix a écrit :

La souffrance vient du mental, le sentiment ou l'émotion que tu fait référence est une idée du mental, j'aime ma femme, je n'aime pas ma voisine, j'aime mon char, je n'aime pas mes vêtements, etc... en fait cette amour est en terme de possession de l'égo, et rien nous appartient tout appartien a Dieu.
Mais lorsque l'amour va jusqu'au sacrifice vous ne pouvez plus dire qu'il s'agit d'un désir égotique puisque l'Ego renonce à lui-même et s'anéantit pour que l'être aimé vive.

Re: "Dieu est amour"

par Michel_paix » sam. 24 janv. 2009, 4:55

Bonjour à tous je suis nouveau sur ce Forum je voudrais dire que la paix sois avec vous tous et que Dieu soit en votre esprit.

cher Ædilis le but du bouddhisme n'est pas connaître ce qui est bien de ce qui est mal. Toute dualité comme le bien/mal, beau/laid, etc... vient de l'état d'esprit du Samsara. Tout ce qui est défini de bien ou de mal est un concept de ton esprit, une illusion, dans l'ultime réalité il n'y a rien de tel.

Dieu est un mot conventionnel pour l'humain car l'humain vit sa vie dans la conceptualité alors le mot Dieu existe pour nous, Jéhova veux dire celui qui est, Krisna veux dire saisir Dieu et l'aimé, le Bouddha dit que Dieu n'existe pas, il a raison dans le sens qu'il n'a pas de Dieu réel dans notre imagination. Dieu est conceptualisé par le mental disant Dieu est cela ou Dieu est ceci, ce Dieu est imaginaire et inexistant, c'est un faux Dieu.

Quand on dit Dieu est Amour, cela signifie que nous avons tous le besoin d'aimer et que ce besoin d'aimé vient de Dieu car tout vient de Dieu et nous sommes dans Dieu. C'est la nature de cette amour qui nous fait souffrir, par exemple j'ai une auto et si je mets tout mon amour vers cette objet, il va rouiller et je vais souffrir pourquoi ??? Dieu a créé la terre et j'ai mis ma foi en la voiture et non en Dieu. Alors je souffre. La souffrance vient du mental, le sentiment ou l'émotion auxquels tu fais référence est une idée du mental, j'aime ma femme, je n'aime pas ma voisine, j'aime mon char, je n'aime pas mes vêtements, etc... en fait cette amour est en terme de possession de l'égo, et rien nous appartient tout appartient à Dieu. Approfondis le terme d'anatta et des 5 agrégats qui forme l'idée d'un moi.

L'amour devient de la haine elle ne s'oppose pas elle se noircit car a priori c'est l'amour et l'amour blessé nous fait haïr. La nature de la haine c'est l'amour. Dieu n'est pas l'égale de Satan, satan n'est qu'une ombre, c'est le soleil qui crée la lumière, l'ombre ne crée rien.

Agir par amour est une expression qui veux dire agir de tout ton être, qui ne veux pas dire la même chose qu'aimer ou ne pas aimer un objet, qui ne veux pas dire la même chose que Dieu est amour. Juste ici le mot amour a trois différences, mais elles sont un tracé. Dieu nous donne le besoin d'aimer, l'être véritable agit dans cette amour et le mental conceptualise en disant j'aime cela. L'idée du moi qui aime cela ou qui n'aime pas cela n'existe pas c'est une illusion du mental, ici il serait préférable de connaître sa véritable nature. Nous sommes tous égaux.

Jésus n'a pas agi sous la passion mais sous le juste. C'est l'ignorant qui l'a crucifié, lui était, et sera pur, il na pas changé d'opinion. Il voit et il a agi en conséquence de cette vue pure, La passion c'est agir sans savoir vraiment ce que l'on fait et ont est dominé par le but à atteindre, Jésus n'était pas dominé, il était libre, il a agi juste. Je comprend la base de Jésus par les écriture mais je n'ai pas foi en lui, je cherche à le comprendre, car ce qui dit est juste. La prophétie biblique et l'histoire humaine sont une preuve de son existence. Je me demande comment entrer en communion avec lui, au sens méditatif. L'objet de la croix est symbolique qui est un symbole merveilleux pour celui qui croit, mais pour celui qui ne crois pas il ne représente rien. Je ne le voie pas comme folie, mais comme amour, je ne le vois pas comme immoral mais comme sagesse... par compte l'objet ne permet pas de rendre compte de ce qu'il est réellement....

Avec paix et amitié

Michel

Re: "Dieu est amour"

par Fée Violine » lun. 29 déc. 2008, 17:06

il me semble que le fonctionnement normal de l'homme, de l'homme moyen, ne fait pas entrer en jeu la volonté du moi, mais est une lutte permanente entre la volonté du surmoi et celle du ça, et le moi est un moi souffrant faisant les frais de cet affrontement.
L'homme moyen, ce n'est pas la même chose que l'homme normal ;
L'homme normal, c'est celui qui fonctionne bien, sans "lutte permanente", sans souffrance.

Re: "Dieu est amour"

par Corso » lun. 29 déc. 2008, 13:22

Fée Violine a écrit :
Je voulais rajouter une idée qui m'est venue : vous semblez identifier volonté et devoir. Mais il y a la même différence entre la volonté et le devoir, qu'entre le moi et le surmoi. La volonté c'est simplement le fonctionnement normal de l'homme.

Le vrai moi est à découvrir ou à transformer, c'est le "Connais-toi toi-même" de Socrates et le processus d'individuation de Jung.


Jusque là le moi est pris en tenailles entre le "ça" et le "surmoi", entre le désir et le devoir. Nous pourrions dire que le devoir est la volonté sociale intériorisée et le désir la volonté de la bête tapie au fond de nous-mêmes.


Entre ces deux volontés l'état de guerre règne: le surmoi cherche à se rendre maître de la bête et pour cela il doit envahir l'intériorité de l'individu et s'en assurer le contrôle, jusqu'à l'étouffement du moi s'il le faut, le ça cherche à faire exploser les barrages et conventions sociales imposées par le surmoi, jusqu'à l'éclatement du moi.


Cette guerre dans laquelle le moi est pris entre deux feux a par exemple été illustrée dans le film de John Boorman "Délivrance": quatre citadins, bourgeois bien policés et intégrés à la société américaine décident pour tromper l'ennui de partir à l'aventure en forêt. Mais dans la forêt ils vont faire une terrible rencontre, celle d'exploitants forestiers aux appétits bestiaux, affranchis de toutes règles et conventions sociales. Cette première et fatale rencontre est d'une violence inouïe, violence entre hommes (précisons qu'il n'y a pas de femme): les forestiers menacent et violent l'un des citadins, en réponse un citadin tue l'un d'entre-eux à l'arme blanche, s'ensuit une course-poursuite sauvage à travers les montagnes.Eros et Thanatos ont brisé leurs chaînes.


Je m'inscris quelque peu en faux par rapport à ce que vous dites, car il me semble que le fonctionnement normal de l'homme, de l'homme moyen, ne fait pas entrer en jeu la volonté du moi, mais est une lutte permanente entre la volonté du surmoi et celle du ça, et le moi est un moi souffrant faisant les frais de cet affrontement.

Si vous étudiez la vie des grands mystiques, vous remarquerez que leurs efforts s'exercent dans deux directions: le splendide isolement pour couper les lignes de ravitaillement du surmoi, la mortification pour couper les vivres au ça. Le mystique cherche à faire cesser l'affrontement entre le surmoi et le ça en ne leur offrant plus qu'une terre aride en guise de terrain d'affrontement.

D'où les mots de Saint François d'Assise: "Je veux m'éloigner un temps d'entre les hommes pour retourner plus humain au milieu d'eux".

Comme dans toute guerre il y a des stratégies: le surmoi a une stratégie, le ça a une stratégie, par conséquent les motifs affichés ne sont pas les motifs réels.

Le surmoi comme le ça prétendent agir au nom de l'Amour, ce travestissement leur permet de gagner en respectabilité.

Ainsi le ça de la révolution sexuelle a voulu faire croire qu'il était le champion de l'Amour: "Peace and love".

Mais le surmoi a aussi voulu faire croire qu'il agissait par Amour, telle l'inquisition pour laquelle le Pape Jean-Paul II a demandé pardon:

"Il est donc juste que, le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l'Église prenne en charge, avec une conscience plus vive, le péché de ses enfants, dans le souvenir de toutes les circonstances dans lesquelles, au cours de son histoire, ils se sont éloignés de l'esprit du Christ et de son Évangile, présentant au monde, non point le témoignage d'une vie inspirée par les valeurs de la foi, mais le spectacle de façons de penser et d'agir qui étaient de véritables formes de contre-témoignage et de scandale.Dans l'opinion publique l'Inquisition symbolise pratiquement ce contre-témoignage et ce scandale."

(Tertio Millennio Adveniente)

La justification de la torture et du bûcher pour sauver une âme des tourments éternels se tenait d'un point de vue strictement logique, mais ce qui ne tenait pas, ce qui n'a pas tenu c'était de le justifier par amour du prochain, pour sauver son âme. L'enjeu était de sauver l'ordre social, mais pour faire accepter la torture et le bûcher il fallait invoquer l'amour du prochain, terrible contre-sens, mais stratégie gagnante pour le surmoi pendant quelques siècles.

Re: "Dieu est amour"

par gerardh » lun. 29 déc. 2008, 0:53

_____________

Bonjour,

Le Psaume 139 nous dit quelque chose sur ce que Dieu connaît : en particulier il nous connaît ...


_______________

Re: "Dieu est amour"

par Fée Violine » ven. 26 déc. 2008, 18:37

En effet le meurtre de l'arabe par l'étranger est très différent de "l'acte gratuit" du personnage de Gide, qui tue volontairement un inconnu pris au hasard (il le jette par la portière du train, et si je me souviens bien, il se gardera bien de se faire prendre), dans l'intention de montrer sa liberté en faisant un "acte gratuit".

Je voulais rajouter une idée qui m'est venue : vous semblez identifier volonté et devoir. Mais il y a la même différence entre la volonté et le devoir, qu'entre le moi et le surmoi. La volonté c'est simplement le fonctionnement normal de l'homme.

Re: "Dieu est amour"

par Corso » jeu. 18 déc. 2008, 20:24

Fée Violine a écrit :
Il appelait frères et soeurs non seulement les animaux, mais même les éléments comme le soleil, la terre et l'eau, et même la mort (son poème parle de "notre soeur la mort corporelle"). Il n'y a donc pas de traitement particulier envers les animaux.
Les "frères astres" n'ont bien sûr jamais été confondus avec les "frères animaux" et ceux-ci avec les "frères humains", un tel amalgame aurait fait douter de la santé mentale de Saint François d'Assise. La distinction hiérarchique entre les frères subsiste, en témoigne l'épisode des tourterelles:

"ô bon jeune homme, donne-les-moi, je t'en prie, pour que des animaux si innocents auxquels sont comparées, dans l'Ecriture, les âmes chastes, humbles et fidèles, ne tombent pas aux mains de gens cruels qui les tueraient."


Il requiert d'abord un geste de bonté de la part de l'homme, et n'amalgame pas les âmes chastes avec les tourterelles, mais les compare. Pour ne pas souffrir la comparaison il faut d'abord admettre la distinction, et l'homme souffre d'autant moins la comparaison qu'il a à faire à des êtres inférieurs.



Fée Violine a écrit :

Sans motif, c'est la même chose qu'au hasard. S'il n'y a pas de motif, comment choisir une chose plutôt qu'une autre ?
Au fait, vous connaissez décidément mal la littérature : c'est un personnage de Gide (dans "Les caves du Vatican"), et non l'étranger de Camus, qui fait son fameux "acte gratuit" (assassiner un inconnu).
Le thème de l'acte gratuit et de l'absurde est récurrent dans les oeuvres de Camus. Le Dr Kemner a produit une bonne analyse pédagogique de "l'Etranger":


"Un autre parallélisme se dégage de l’emploi du thème de la mort dans les deux parties. La mort de l’Arabe à la fin de la première partie est absurde en ce que M. n’agit pas par préméditation, mais sans motif (« acte gratuit »). La mort de M. à la fin du roman est également absurde . Il est vrai que le protagoniste est coupable de la mort de l’Arabe, mais sa condamnation à mort résulte d’une évaluation des faits complètement erronée".

http://www.rp-stuttgart.de/servlet/PB/s ... ranger.pdf

Si l'Etranger avait tué avec l'intention de commettre un acte gratuit, il n'aurait pas commis un acte gratuit, il aurait commis un acte satisfaisant à une intention philosophico-existentialiste, que l'on aurait pu qualifier de malsaine et condamnable.

Mais il n'a pas eu cette intention, son acte n'est motivé en rien et par rien, Camus ne mentionne donc à aucun moment la thématique de l'acte gratuit pour que l'on ne croit pas que cet acte aurait déjà préexisté virtuellement dans une quelconque intention de l'Etranger, et ne serait donc pas gratuit.


Il n'a pas non plus tué par hasard: tuer par hasard c'est par exemple le chasseur tirant dans un fourré et tuant accidentellement un homme.

Il n'a pas non plus tué au hasard, tuer au hasard c'est tirer dans le tas ou tirer sur le premier venu, mais il faut déjà avoir l'intention de tuer une personne, même si cette personne n'est pas encore identifiée, un peu comme ce fou animé d'une pulsion de mort qui il y a quelques années de cela décima un village entier. Mais l'Etranger n'est pas fou.

Re: "Dieu est amour"

par Invité » jeu. 18 déc. 2008, 19:40

Ste Thérèse d'Avila a une parole qui peut nous éclairer. "Connais-toi dans l'Autre" l'Autre étant Dieu.
Le regard d'amour, de tendresse de Dieu nous donne à voir notre capacité d'aimer à son image et ressemblance.
Un peu comme sous le regard de son père, un enfant se reconnait fils.
En approfondissant notre connaissance de Dieu, nous faisons en même temps l'expérience de son amour et la découverte de notre identité. L'Autre nous dit qui nous sommes: des êtres capables d'aimer.
L'exercice de la méditation ou de l'oraison permet d'explorer cette voie de co-naissance. Dieu dans son amour prend l'initiative de se faire connaitre comme l'amoureux de l'homme.
Les animaux sont des vivants. Ils ont la bénédiction de Dieu mais ce ne sont pas des humains. Ils ont leur place, l'homme leur donne un nom. Ils sont à son service et au service de la création. Malheureusement, par manque de tendresse ,certaines personnes leur font jouer des rôles qui ne sont pas le leur.

Re: "Dieu est amour"

par Fée Violine » jeu. 18 déc. 2008, 1:53

Corso a écrit :[Et Saint Françoise d'Assise devait voir dans les animaux un peu plus que ce que voit le commun des mortels, puisqu'il les appelait "ses frères":
Il appelait frères et soeurs non seulement les animaux, mais même les éléments comme le soleil, la terre et l'eau, et même la mort (son poème parle de "notre soeur la mort corporelle"). Il n'y a donc pas de traitement particulier envers les animaux.


Fée violine a écrit : L'acte gratuit est fait au hasard,
L'acte gratuit n'est pas fait au hasard, il est fait volontairement mais sans aucun motif, il n'est pas l'acte d'un moment d'étourdissement, c'est pour cela que l'Etranger refuse de confesser son acte: le confesser serait admettre une intention mauvaise, mais il n'avait aucune intention, aucun motif, il voulait le faire pour le faire.
En principe la volonté est mûe par une fin aimable ou estimée comme telle, dans l'ordre de la finalité c'est l'amour qui meut la volonté et non la volonté qui choisit l'amour, mais ici la volonté se veut libre de toute fin.
Sans motif, c'est la même chose qu'au hasard. S'il n'y a pas de motif, comment choisir une chose plutôt qu'une autre ?
Au fait, vous connaissez décidément mal la littérature : c'est un personnage de Gide (dans "Les caves du Vatican"), et non l'étranger de Camus, qui fait son fameux "acte gratuit" (assassiner un inconnu).

Re: "Dieu est amour"

par Corso » mer. 17 déc. 2008, 23:50

Raistlin a écrit :
Absurde.
Oui, c'est absurde de prétendre qu'un chien ressent de "l'amour" au sens humain du terme. Que certains humains puissent prendre de simples émotions comme la reconnaissance, l'attachement (ce dont les animaux sont capables) pour de l'amour est un fait.

La conception mécaniste des animaux-machines de Descartes est révolue, Descartes pensait qu'ils n'étaient que des automates sophistiqués parce qu'il réduisait l'âme à la pensée. Finalement qu'y a t-il de choquant à admettre qu'un chien puisse avoir une plus grande capacité à aimer que la plupart des êtres humains et que la vieille dame elle ne s'y trompe pas?

C'est choquant parce que c'est honteux: cet homme civilisé, sommet de la création, maître et possesseur de la nature, dont la pensée embrasse la compréhension des lois du cosmos, n'arrive pas à la cheville du chien lorsqu'il s'agit d'aimer.

Voir cet amour dans un être inférieur lui est insupportable et il préfère le nier purement et simplement, mais la petite vieille elle ne s'y trompe pas.


Mais cela ne devrait pas nous choquer, car il y a quelque chose de beaucoup plus choquant, quelque chose d'absolument scandaleux: Dieu fait homme.

Ce militaire au coeur dur a été apparemment bouleversé à la vue de cet homme détruit, brisé. Il l'a présenté à la foule, l'invitant à la pitié, en déclarant : « Idou ho anthropos ; Ecce homo » que nous traduisons habituellement par « Voici l'homme ! » (Jn 19,5) Mais cela veut dire plus exactement en grec : « Voyez, ceci est l'homme ! » Dans la bouche de Pilate, ces mots étaient ceux d'un cynique qui voulait dire : « Nous nous glorifions d'être des hommes, mais maintenant, regardez donc, le voilà, ce ver de terre, c'est l'homme ! Qu'il est méprisable, qu'il est petit ! »


Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI]
Sermons Carême
"Scandale pour les Juifs, et folie pour les païens (1 Co 1 23)".


Voir la Majesté divine dans un homme en sang, un homme brisé mené au supplice, un "ver de terre" comme dit le Pape, voilà la chose impensable, impossible, inimaginable pour les juifs, musulmans et païens.


Et Saint Françoise d'Assise devait voir dans les animaux un peu plus que ce que voit le commun des mortels, puisqu'il les appelait "ses frères":

http://www.franciscain.org/pages/ami_des_betes.html


Raistlin a écrit :
Mais limiter l'amour humain à ces simples expressions relève d'une méconnaissance flagrante de ce qu'il y a de plus beau en l'Homme : sa capacité à aimer librement.


L'amour libre n'est en rien supérieur à l'amour, bien au contraire, l'amour libre est un amour factice où le sujet se réserve le droit d'y mettre un terme lorsque bon lui semblera. Dans l'amour véritable, la liberté se subordonne à l'amour. La religion de l'Amour n'est pas la religion de la Liberté, sans quoi Saint Jean aurait dit "Dieu est liberté".


Placez-vous plus haut la liberté ou l'amour?


Fée violine a écrit :
L'acte gratuit est fait au hasard,
L'acte gratuit n'est pas fait au hasard, il est fait volontairement mais sans aucun motif, il n'est pas l'acte d'un moment d'étourdissement, c'est pour cela que l'Etranger refuse de confesser son acte: le confesser serait admettre une intention mauvaise, mais il n'avait aucune intention, aucun motif, il voulait le faire pour le faire.

En principe la volonté est mûe par une fin aimable ou estimée comme telle, dans l'ordre de la finalité c'est l'amour qui meut la volonté et non la volonté qui choisit l'amour, mais ici la volonté se veut libre de toute fin.

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