par Didyme » Aujourd’hui, 1:04
Bonjour Colas,
Colas a écrit : ↑Hier, 11:53
Quoi qu'il en soit, elle m'a donné matière à réflexion. En ce qui me concerne, je ne me contente pas de récuser la liberté de l'homme à choisir entre le bien et le mal dans l'état futur (je parle ici de la Jérusalem céleste); je rejette également catégoriquement toute forme de libre-arbitre dans le présent siècle (marqué par le péché). Selon ma perspective (que j'estime fondée sur l'Écriture), les choses sont en fait très simples. Les enfants du diable, sous l'empire de Satan, sont esclaves du péché; ils n'ont donc pas même la liberté de choisir le bien. Les enfants de Dieu, sous l'empire du Christ, sont esclaves de la justice; ils n'ont donc pas même la latitude de choisir le mal.
Pourtant, il m'avait semblé vous voir parler d'enfants du diable et d'enfants de Dieu au sein de chaque personne. Idée que je partage.
Ce qui n'est pas d'ailleurs sans rappeler la parabole du bon grain et de l'ivraie (Matthieu 13 : 24-40, 36-43).
Colas a écrit :J'aimerais, cher Didyme, vous soumettre une réflexion. Jésus a dit à Pilate : "tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché" (Jean 19:11). Selon la majorité des exégètes, la première partie de ce verset se réfère à Dieu, et la seconde à Judas. Le problème de cette interprétation, me semble-t-il, c'est qu'elle n'explique pas l'emploi de la conjonction "c'est pourquoi" (διὰ τοῦτο), laquelle suggère que les deux parties du verset se réfèrent à la même personne. J'aimerais donc vous soumettre une interprétation toute personnelle (et qui n'engage que moi). Il me semble que les deux parties du verset se réfèrent à Satan. Car d'une part, c'est le diable qui a conféré à Pilate le pouvoir de choisir le mal (si Dieu avait été à l'oeuvre dans cette affaire, le procurateur de Judée n'aurait pas même eu la latitude de choisir le mal; il eût été contraint de choisir le bien). Et d'autre part, c'est le diable qui a livré Jésus à Pilate par l'entremise de Judas.
Au contraire.
Concernant le pouvoir et
la volonté de nuire à Jésus, vu que Pilate a reçu ce pouvoir de Dieu (sans forcément la volonté de lui nuire) c'est comme si Jésus atténuait ici sa responsabilité, contrairement à Judas dont la volonté est davantage engagée.
"C'est pourquoi" son péché est plus grand .
Il me semblerait étrange l'utilisation de "un pouvoir donné
d'en haut" pour faire référence à Satan
Colas a écrit :Cette explication, me semble-t-il, est à la fois compatible avec ma vision du serf-arbitre et avec la vôtre. Elle vaut ce qu'elle vaut, et je comprends qu'on puisse la contester. Mais au moins elle a le mérite d'être cohérente, car elle explique l'emploi de la conjonction "c'est pourquoi". Et surtout, elle démontre que le pouvoir de faire le mal n'est pas une liberté donnée par un Père aimant à son enfant afin qu'il s'abstienne d'en faire usage, mais un don du diable. Voilà un clou de plus, si j'ose dire, dans le cercueil du libre-arbitre.
Il est sûr que Dieu ne donne pas le pouvoir de faire le mal. Idée qu'une certaine conception du libre-arbitre implique, conception qui lie intrinsèquement ce pouvoir à la liberté. Conception qui rend la lutte et la victoire sur le mal insensée et choquante.
Conception qui impliquerait que Dieu accorde une valeur, une légitimité, une essence, une nécessité au mal.
Si la liberté implique la possibilité de faire le mal, ou pour mieux le formuler, la possibilité de ne pas faire le bien alors cette possibilité devient une capacité, une qualité.
Mais la possibilité de ne pas faire le bien n'est pas une capacité en soi, c'est plutôt un manque, une perte de contact, de lien à la source, un dysfonctionnement, une panne d'être. Ce "pouvoir" s'avère surtout être une conséquence de notre condition non encore accomplie.
Ou comment élever en qualité, en quelque chose de positif, ce qui est tout le contraire.
Tout au plus, Dieu permet-il la possibilité du mal.
Bonjour Colas,
[quote=Colas post_id=476555 time=1782726790 user_id=20577]
Quoi qu'il en soit, elle m'a donné matière à réflexion. En ce qui me concerne, je ne me contente pas de récuser la liberté de l'homme à choisir entre le bien et le mal dans l'état futur (je parle ici de la Jérusalem céleste); je rejette également catégoriquement toute forme de libre-arbitre dans le présent siècle (marqué par le péché). Selon ma perspective (que j'estime fondée sur l'Écriture), les choses sont en fait très simples. Les enfants du diable, sous l'empire de Satan, sont esclaves du péché; ils n'ont donc pas même la liberté de choisir le bien. Les enfants de Dieu, sous l'empire du Christ, sont esclaves de la justice; ils n'ont donc pas même la latitude de choisir le mal.[/quote]
Pourtant, il m'avait semblé vous voir parler d'enfants du diable et d'enfants de Dieu au sein de chaque personne. Idée que je partage.
Ce qui n'est pas d'ailleurs sans rappeler la parabole du bon grain et de l'ivraie (Matthieu 13 : 24-40, 36-43).
[quote="Colas"]J'aimerais, cher Didyme, vous soumettre une réflexion. Jésus a dit à Pilate : "[i]tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. [b]C'est pourquoi[/b] celui qui me livre à toi commet un plus grand péché[/i]" (Jean 19:11). Selon la majorité des exégètes, la première partie de ce verset se réfère à Dieu, et la seconde à Judas. Le problème de cette interprétation, me semble-t-il, c'est qu'elle n'explique pas l'emploi de la conjonction "c'est pourquoi" (διὰ τοῦτο), laquelle suggère que les deux parties du verset se réfèrent à la même personne. J'aimerais donc vous soumettre une interprétation toute personnelle (et qui n'engage que moi). Il me semble que les deux parties du verset se réfèrent à Satan. Car d'une part, c'est le diable qui a conféré à Pilate le pouvoir de choisir le mal (si Dieu avait été à l'oeuvre dans cette affaire, le procurateur de Judée n'aurait pas même eu la latitude de choisir le mal; il eût été contraint de choisir le bien). Et d'autre part, c'est le diable qui a livré Jésus à Pilate par l'entremise de Judas. [/quote]
Au contraire.
Concernant le pouvoir et [b]la volonté[/b] de nuire à Jésus, vu que Pilate a reçu ce pouvoir de Dieu (sans forcément la volonté de lui nuire) c'est comme si Jésus atténuait ici sa responsabilité, contrairement à Judas dont la volonté est davantage engagée.
"C'est pourquoi" son péché est plus grand .
Il me semblerait étrange l'utilisation de "un pouvoir donné [u]d'en haut[/u]" pour faire référence à Satan :?:
[quote="Colas"]Cette explication, me semble-t-il, est à la fois compatible avec ma vision du serf-arbitre et avec la vôtre. Elle vaut ce qu'elle vaut, et je comprends qu'on puisse la contester. Mais au moins elle a le mérite d'être cohérente, car elle explique l'emploi de la conjonction "c'est pourquoi". Et surtout, elle démontre que le pouvoir de faire le mal n'est pas une liberté donnée par un Père aimant à son enfant afin qu'il s'abstienne d'en faire usage, mais un don du diable. Voilà un clou de plus, si j'ose dire, dans le cercueil du libre-arbitre.[/quote]
Il est sûr que Dieu ne donne pas le pouvoir de faire le mal. Idée qu'une certaine conception du libre-arbitre implique, conception qui lie intrinsèquement ce pouvoir à la liberté. Conception qui rend la lutte et la victoire sur le mal insensée et choquante.
Conception qui impliquerait que Dieu accorde une valeur, une légitimité, une essence, une nécessité au mal.
Si la liberté implique la possibilité de faire le mal, ou pour mieux le formuler, la possibilité de ne pas faire le bien alors cette possibilité devient une capacité, une qualité.
Mais la possibilité de ne pas faire le bien n'est pas une capacité en soi, c'est plutôt un manque, une perte de contact, de lien à la source, un dysfonctionnement, une panne d'être. Ce "pouvoir" s'avère surtout être une conséquence de notre condition non encore accomplie.
Ou comment élever en qualité, en quelque chose de positif, ce qui est tout le contraire.
Tout au plus, Dieu permet-il la possibilité du mal.