Comment vivre au milieu de païens ?

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Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Utilisateur_999 » Aujourd’hui, 18:40

JeremyTheBoos a écrit : Aujourd’hui, 14:39 Lorsque je parle de Dieu avec des païens ou athées on sent tout de suite que les portes des coeurs se ferment face à ce qui est pour eux une conception désuète du monde et enfantine.
Il doit bien exister des athées avec qui on peut discuter tout de même ? :(

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par JeremyTheBoos » Aujourd’hui, 14:39

Utilisateur_999 a écrit : sam. 06 juin 2026, 19:49
JeremyTheBoos a écrit : sam. 06 juin 2026, 11:14 Dès que l'on parle de Dieu et de Jésus les portes des coeurs se ferment, il y a une véritable haine de Dieu chez nos voisins !
Pouvez-vous donner des exemples concrets tirés de votre expérience pour que l'on comprenne mieux ?
Bonjour,

Lorsque je parle de Dieu avec des païens ou athées on sent tout de suite que les portes des coeurs se ferment face à ce qui est pour eux une conception désuète du monde et enfantine.

Avec les musulmans c'est plus simple car ils reconnaissent l'existence de Dieu, leur Dieu n'est pas le bon mais ils sont dans la soumission aux lois célestes et ça change tout.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Fée Violine » ven. 12 juin 2026, 15:54

Marie2964 a écrit : mer. 10 juin 2026, 16:10 Bonjour Fée Violine,

Le fait de ne pas choisir (donc de "subir") ne signifie pas non plus que je doive privilégier cette personne ou sinon pour quel motif ?

Ou alors qu'appelez-vous proximité ?

Par ma part j'ose revendiquer le fait que je privilégie dans un premier temps ma famille (par exemple) à mon voisin. Donc je choisis (et on sait tous qu'on subit souvent dans les familles ! ;))

Cela n'exclut pour autant pas le fait que je puisse m'occuper de mon voisin !

Pour moi il y a une hiérarchie dans les priorités : je m'occupe et me préoccupe d'abord de ma communauté sans pour autant négliger les autres qui n'en font pas partie), seulement dans un second temps.

Il me semble que "charité bien ordonnée commence par soi-même".

Je ne suis qu'une humble néophyte...

Marie.
Bonjour Marie,
Ne pas choisir et subir sont deux choses différentes.
Le Samaritain n'a pas choisi le blessé qu'il secourt, mais il ne subit rien, il se contente de faire ce qu'il y a à faire dans l'urgence, d'accepter la volonté de Dieu. Le Samaritain est, bien entendu, une image du Christ, qui se fait notre prochain, qui vient nous sauver en nous emmenant à l'auberge (l'Église) et grâce aux sacrements (le vin et l'huile avec lesquels il soigne le blessé).
Le prochain, c'est celui qui est là.
Il ne s'agit pas de préférence ou de sentiments personnels. Il s'agit d'entrer en relation avec une personne.
Et comme l'a dit Gaudens, ça n'a vraiment rien à voir avec le dialogue interreligieux !

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par patatedouce » jeu. 11 juin 2026, 8:39

Je ne crois pas au "Grand remplacement". Toutefois, factuellement, on peut observer une certaine dynamique qui a été captée par les études TeO (TeO 1 et TeO 2) de l'INSEE. Ces enquêtes, menées tous les dix ans, permettent de tracer les mouvements liés à l'immigration, et leur volet sur les religions est particulièrement instructif.

Dans la dernière étude en date, portant sur la période 2010-2020 (https://www.insee.fr/fr/statistiques/67 ... re=6793391), on constate qu'il y a désormais quasiment autant de pratiquants musulmans que de pratiquants catholiques en France dans cette tranche d'âge. De plus, le taux de transmission familiale de la foi est de 91 % chez les musulmans, alors qu'il tombe à 67 % chez les catholiques.

Bien que l'échantillon soit ciblé sur les 18-59 ans, cette dynamique montre que d'ici dix ans (lors de l'enquête TeO3), le nombre de pratiquants musulmans dépassera numériquement celui des pratiquants catholiques.
Donc, si ces deux populations restent minoritaires dans le total de la population (<5%), une dynamique existe.

Ce qui est inquiétant avec cette dynamique, ce n'est pas tant une idée de "remplacement" global, mais plutôt la ghettoïsation volontaire de musulmans très pratiquants, qui s'inscrit dans une logique de communautarisme.

Chez moi, même si la population musulmane n'est pas majoritaire, elle est solidement implantée dans un quartier qui dispose désormais :
- de résidences ;
- d'écoles hors contrat ;
- d'organismes religieux communautaires (dont les sites internet ne sont même pas en français) ;
- de mosquées ;
- de commerces (alimentation, coiffeurs... qui, soit dit en passant et de leur propre aveu, « font mieux que les Français pour moins cher »).

Quant au dialogue interreligieux, je le vois un peu comme une copropriété. Dans une copro, il y a des parties communes : on peut ne pas aimer son voisin, mais il faut bien les gérer ensemble. La guerre étant strictement interdite par l'Évangile, c'est par le dialogue — et fort heureusement — qu'il faut régler ces questions de fonctionnement au quotidien.

En revanche, je ne crois pas du tout à un dialogue interreligieux à visée de conversion. Il ne faut pas être hypocrite : qui convertit qui ?

--

Ma grosse problématique sur la liberté religieuse n'est pas son principe, elle est normal et nécessaire (c'est le contrat social que j'accepte à 100%), mais c'est son application concrètement qui me pose problème. Quels limites ? comment la mettre en pratique ? la je n'en sais rien.

Par exemple, le cas de la construction d'une mosquée :
- au nom de la liberté religieuse (et donc de la liberté de conscience), il faut l'autoriser
- mais c'est un outil pour propager l'erreur, donc il faut s'y opposer

Cette tension, je n'arrive pas à la résoudre. Je pense que l'on tombe dans une question de gouvernance complexe.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Fabb » jeu. 11 juin 2026, 1:22

ThéophileduSegala a écrit : mer. 10 juin 2026, 23:30
Pour ma part, je ne partage pas l’idée selon laquelle la France serait vouée à devenir musulmane ni que les non-musulmans seraient destinés à devenir des dhimmis. Cette vision me paraît excessivement pessimiste et ne correspond pas à ma compréhension de la réalité actuelle.
Un déni de réalité n'est pas une "compréhension" mais un "nihilisme".

C'est le fruit d’un mécanisme de défense psychologique qui permet de se protéger contre une réalité trop douloureuse, angoissante ou menaçante pour le psychisme.

C'est une stratégie pour éviter l’effondrement, l’anxiété massive ou la remise en question profonde de soi.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par ThéophileduSegala » mer. 10 juin 2026, 23:30

Marie2964 a écrit : mer. 10 juin 2026, 15:15
Je tiens aussi à vous rappeler que la France est une terre de tradition catholique et je m'étonne (euphémisme) que vous ne considéreriez pas cela et que vous acceptiez d'une certaine manière que la France devienne musulmane (mécaniquement par le nombre) et à terme pour les Français non musulmans des dhimmis. Personnellement ça me choque et me dérange.
Je crois que nous avons atteint un point où nos analyses divergent profondément.

Pour ma part, je ne partage pas l’idée selon laquelle la France serait vouée à devenir musulmane ni que les non-musulmans seraient destinés à devenir des dhimmis. Cette vision me paraît excessivement pessimiste et ne correspond pas à ma compréhension de la réalité actuelle.

En tant que chrétien, ma préoccupation première n’est pas de raisonner en termes de blocs religieux ou de projections démographiques, mais de vivre et de témoigner de l’Évangile auprès des personnes que je rencontre, quelles que soient leurs convictions.

Je respecte votre inquiétude, mais je ne la partage pas. Je préfère donc prendre du recul et me retirer de cette discussion.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_remplacement

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Gaudens » mer. 10 juin 2026, 20:27

Bonsoir Marie,
Je ne veux pas répondre à la place de patate Douce mais je voudrais simplement dire que le dialogue inter-religieux est une chose et le rapport au prochain une autre.
D'accord avec vous sur les limites du dialogue interreligieux et l'espèce de naiveté qui s'est installée à ce sujet après Vatican II (mal compris, comme presque toujours), particulièrement parmi les clercs.
Mais le prochain , c'est celui qui est à notre porte, que nous rencontrons inopinément (sauf que la Providence y a peut-être pourvu...) et que nous pouvons être en situation d'aider ou, au contraire, d'égarer et d'ignorer.A cet égard la religion ou l'opinion politique du prochain importe peu, à l'image de la rencontre du Bon Samaritain

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Marie2964 » mer. 10 juin 2026, 17:00

Bonjour Patatedouce,

Je partage votre avis : ne soyons pas naïf.

Tout être humain est créé par Dieu et mérite de connaître Dieu. Ce qui m'horripile à titre personnel - et ce que je ne comprends pas du tout (moi simple néophyte), c'est d'entendre la promotion d'un dialogue interreligieux qui a pour conséquence -toujours selon moi - à l'immobilisme, voire l'inertie de l'Eglise catholique universel. Ce que je veux dire par là c'est que vouloir comprendre, dialoguer, c'est bien, c'est louable mais pour quoi faire au bout du compte ?

Vraiment je trouve cela étrange et cela me rend perplexe pour être honnête avec vous. Je n'en comprends pas l'objectif poursuivi d'autant qu'il y a déjà fort à faire dans le sein même de l'Eglise catholique.

Je suis désolée, je me sens un peu bête, ignorante ou naïve voire les trois en même temps

Pouvez-vous m'éclairer à ce sujet Patatedouce svp ?

Merci d'avance. ;)

Marie.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par patatedouce » mer. 10 juin 2026, 16:40

Elle est intéressante cette disgression.

Le prochain est celui de la parabole du bon samaritain.
30 Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.

31 Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.

32 De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.

33 Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.

34 Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.

35 Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”

36 Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »

37 Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Source : La bible, saint luc 10

Le prochain, ce n'est pas le lévite ou les bandits.

La question qui se pose est de qui est le plus proche le musulman pratiquant ? j'entend celui qui veut établir la charia, celui de charlie hebdo ou de S. paty, que l'on voit fleurir dans nos cités ? du lévit, des bandits ou du bon samaritain ?
Jésus appelle a aider les personnes blessées, pas les bandit ou les personnes malveillantes ?

Donc, oui la charité s'applique parfaitement aux musulmans (un chrétien a un devoir moral envers les musulmans) mais il ne faut pas être naif.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Marie2964 » mer. 10 juin 2026, 16:10

Bonjour Fée Violine,

Le fait de ne pas choisir (donc de "subir") ne signifie pas non plus que je doive privilégier cette personne ou sinon pour quel motif ?

Ou alors qu'appelez-vous proximité ?

Par ma part j'ose revendiquer le fait que je privilégie dans un premier temps ma famille (par exemple) à mon voisin. Donc je choisis (et on sait tous qu'on subit souvent dans les familles ! ;))

Cela n'exclut pour autant pas le fait que je puisse m'occuper de mon voisin !

Pour moi il y a une hiérarchie dans les priorités : je m'occupe et me préoccupe d'abord de ma communauté sans pour autant négliger les autres qui n'en font pas partie), seulement dans un second temps.

Il me semble que "charité bien ordonnée commence par soi-même".

Je ne suis qu'une humble néophyte...

Marie.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Fée Violine » mer. 10 juin 2026, 15:31

Mon prochain est pour moi d'abord et avant tout celui qui croît dans le même Dieu que moi.
Relisez l'évangile, Marie.
Dans la parabole que Jésus raconte pour faire comprendre qui est le prochain, il prend justement comme exemples deux personnes de cultes différents.
Le prochain, c'est, comme son nom l'indique, celui qui est près de moi, et que je n'ai pas choisi.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Marie2964 » mer. 10 juin 2026, 15:26

Bonjour ThéophileduSégala,

"aimer nos prochains,"

Pardon pour cette question mais pour vous, qui est notre prochain ?

Je ne veux pas faire de provocation mais je vous avoue avoir l'impression que mon prochain n'est pas le même que le vôtre ! ;) :p

Mon prochain est pour moi d'abord et avant tout celui qui croît dans le même Dieu que moi. Je sais, ça peut paraître " bateau" mais je me sentirai plus proche de vous, futur chrétien avec des "fondamentaux" catholiques que de mon amie musulmane N. dont je ne partage forcément tous les préceptes.

Cela n'empêche pas de parler, discuter, rire avec mon amie pour autant je n'irai pas fêter l'Aïd avec elle mais irai plutôt à la messe de Noël avec vous !

Marie.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par Marie2964 » mer. 10 juin 2026, 15:15

ThéophileduSegala a écrit : lun. 08 juin 2026, 20:20
Marie2964 a écrit : lun. 08 juin 2026, 17:58


Bonjour Anna,

Je rejoins votre préoccupation. Comment vivre en chrétien dans un pays dont la première religion sera bientôt celle de l'islam.

Marie, inquiète.
Je ne partage pas du tout cette inquiétude.

D’abord, rien ne permet d’affirmer avec certitude que l’islam deviendra un jour la première religion en France. Mais même si cela devait arriver, la question fondamentale pour un chrétien resterait la même : comment aimer Dieu et son prochain là où il se trouve.

Les premiers chrétiens ont vécu au milieu de populations majoritairement païennes, puis parfois dans des sociétés hostiles à leur foi. Cela ne les a pas empêchés de témoigner du Christ avec courage et charité.

Je pense donc qu’il faut éviter de regarder nos concitoyens musulmans avec crainte. Ils sont avant tout des personnes créées à l’image de Dieu et appelées, comme nous tous, à recevoir son amour et son salut. Le défi n’est pas tant de vivre « au milieu des musulmans » que de vivre authentiquement en chrétien au milieu de tous.

À ce sujet, le concile Vatican II déclare dans Lumen Gentium (n° 16) :

« Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. »

Cette affirmation ne gomme évidemment pas les différences profondes entre le christianisme et l’islam, mais elle nous invite à regarder les musulmans avec respect et à reconnaître ce qui peut être reconnu en vérité.

Voici le lien :

https://www.vatican.va/archive/hist_cou ... um_fr.html

J’ai de nombreux amis non croyants, et cela ne m’empêche ni de les aimer ni de témoigner de ma foi lorsque l’occasion se présente.
Bonjour ThéophileduSégala,


Je tiens à préciser la chose suivante: je ne crains pas les musulmans (j'ai grandi parmi de nombreux musulmans dans une citée et m'en suis fait pour certains des amis) mais je ne pense pas que le dieu de l'Islam soit le Dieu la vraie foi, c'est-à-dire la foi catholique.

Je tiens aussi à vous rappeler que la France est une terre de tradition catholique et je m'étonne (euphémisme) que vous ne considéreriez pas cela et que vous acceptiez d'une certaine manière que la France devienne musulmane (mécaniquement par le nombre) et à terme pour les Français non musulmans des dhimmis. Personnellement ça me choque et me dérange.

Il me semble d'ailleurs que là ou l'Islam s'est imposé (par la force ou non), les communautés chrétiennes (et autres ) souffrent énormément.

Pour ma part se faire baptiser, c'est exclure de facto que toute entité qui se prétend Dieu mais qui n'est pas le Christ n'est qu'imposture, fausseté.

Attention, je ne dis pas qu'il faille mépriser les croyants des autres religions, en revanche il n'en faut pas moins oublier qu'hors de l'Eglise (catholique faut-il le préciser ?! ;)), point de Salut. Le dialogue interreligieux, mouais... mais dans quel but si ce n'est pas pour convertir ?

La charité ne consisterait-elle pas justement à essayer de convertir les non-catholiques au Christ ?

Marie.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par patatedouce » mer. 10 juin 2026, 10:20

Je pense que le risque est de glisser vers : il existe un salut sans le Christ. Et, de cette assertion découle le postulat qu'il existe une vérité supérieure au Christ qui permet le salut.

En utilisant cette phrase :
« Le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. »
Sans garde fou, on tombe dans la vérité n'est plus le christ mais la foi d'Abraham. Il faut bien préciser que c'est faux. Et que ce texte (16 LG) et Nostra aetate ne sont pas des déclarations de foi mais des déclarations diplomatiques destinées à l'extérieur de l'Eglise.

En terme de foi, l'islam est un obstacle au salut, ce qui LG 16 précise par la suite en disant que les musulmans sont dans l'erreur objective.

En réalité, LG 16 dit que les musulmans peuvent être dans la salut s'ils ne suivent pas leur doctrine mais celle catholique... mais cela est dit implicitement. Parce que pour être sauvé, il ne faut pas commettre d'erreur objective (selon le plan humain car seul Dieu sait). Or les religions en dehors du catholicisme poussent à l'erreur objectif de leurs fidèles : les musulmans ne sont pas plus catholiques que les catholiques...
Mais LG 16 et NA sont des déclarations positives, pas des déclarations complètes.

Je pense que ces précisions sont nécessaires car c'est un sujet très polémique. C'est aussi un sujet intéressant à approfondir.

Re: Comment vivre au milieu de païens ?

par ThéophileduSegala » mar. 09 juin 2026, 12:30

patatedouce a écrit : mar. 09 juin 2026, 11:57 Certes, Lumen Gentium 16 fait preuve d'une grande diplomatie.
Bonjour Patatedouce,

Merci pour votre réponse.

Je pense cependant qu’il y a encore une fois un malentendu sur ce que j’ai voulu exprimer.

Je n’ai jamais affirmé que l’islam était exempt d’erreurs, ni que toutes les religions se valaient, ni que les musulmans seraient sauvés du seul fait d’être musulmans. Je suis tout à fait d’accord pour reconnaître qu’il existe des divergences profondes entre l’islam et le christianisme, notamment sur la personne du Christ, qui est au cœur de notre foi.

Mon propos était plus modeste : répondre à l’idée selon laquelle nous devrions envisager l’avenir avec inquiétude parce que nous vivrions « au milieu des musulmans ». En tant que chrétiens, nous sommes appelés à aimer nos prochains, quelles que soient leurs convictions religieuses, et à témoigner du Christ sans peur.

Je ne vois d’ailleurs aucune contradiction entre Lumen Gentium 16 et Dominus Iesus. Le premier reconnaît certains éléments vrais présents chez les musulmans et rappelle qu’ils adorent le Dieu unique en se réclamant d’Abraham ; le second rappelle que le salut vient du Christ et que les autres religions contiennent aussi des erreurs. Ces deux affirmations me semblent pouvoir être tenues ensemble.

Par ailleurs, expliquer une erreur n’est pas nécessairement l’excuser. Nous sommes tous influencés par notre histoire, notre éducation et notre culture, sans pour autant être privés de liberté ou de responsabilité. La tradition catholique distingue d’ailleurs l’erreur objective de la culpabilité personnelle.

Pour ma part, je préfère donc éviter de raisonner d’abord en termes de groupes religieux. Lorsque je rencontre un musulman, je rencontre avant tout une personne que Dieu aime et pour laquelle le Christ est mort. Cela ne m’oblige pas à approuver tout ce que sa religion enseigne, mais cela m’oblige à le regarder avec charité.

Je crois que nous sommes probablement plus proches sur le fond que ne le laisse penser notre échange.

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