Je ne crois pas au "Grand remplacement". Toutefois, factuellement, on peut observer une certaine dynamique qui a été captée par les études TeO (TeO 1 et TeO 2) de l'INSEE. Ces enquêtes, menées tous les dix ans, permettent de tracer les mouvements liés à l'immigration, et leur volet sur les religions est particulièrement instructif.
Dans la dernière étude en date, portant sur la période 2010-2020 (
https://www.insee.fr/fr/statistiques/67 ... re=6793391), on constate qu'il y a désormais quasiment autant de pratiquants musulmans que de pratiquants catholiques en France dans cette tranche d'âge. De plus, le taux de transmission familiale de la foi est de 91 % chez les musulmans, alors qu'il tombe à 67 % chez les catholiques.
Bien que l'échantillon soit ciblé sur les 18-59 ans, cette dynamique montre que d'ici dix ans (lors de l'enquête TeO3), le nombre de pratiquants musulmans dépassera numériquement celui des pratiquants catholiques.
Donc, si ces deux populations restent minoritaires dans le total de la population (<5%), une dynamique existe.
Ce qui est inquiétant avec cette dynamique, ce n'est pas tant une idée de "remplacement" global, mais plutôt la ghettoïsation volontaire de musulmans très pratiquants, qui s'inscrit dans une logique de communautarisme.
Chez moi, même si la population musulmane n'est pas majoritaire, elle est solidement implantée dans un quartier qui dispose désormais :
- de résidences ;
- d'écoles hors contrat ;
- d'organismes religieux communautaires (dont les sites internet ne sont même pas en français) ;
- de mosquées ;
- de commerces (alimentation, coiffeurs... qui, soit dit en passant et de leur propre aveu, « font mieux que les Français pour moins cher »).
Quant au dialogue interreligieux, je le vois un peu comme une copropriété. Dans une copro, il y a des parties communes : on peut ne pas aimer son voisin, mais il faut bien les gérer ensemble. La guerre étant strictement interdite par l'Évangile, c'est par le dialogue — et fort heureusement — qu'il faut régler ces questions de fonctionnement au quotidien.
En revanche, je ne crois pas du tout à un dialogue interreligieux à visée de conversion. Il ne faut pas être hypocrite : qui convertit qui ?
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Ma grosse problématique sur la liberté religieuse n'est pas son principe, elle est normal et nécessaire (c'est le contrat social que j'accepte à 100%), mais c'est son application concrètement qui me pose problème. Quels limites ? comment la mettre en pratique ? la je n'en sais rien.
Par exemple, le cas de la construction d'une mosquée :
- au nom de la liberté religieuse (et donc de la liberté de conscience), il faut l'autoriser
- mais c'est un outil pour propager l'erreur, donc il faut s'y opposer
Cette tension, je n'arrive pas à la résoudre. Je pense que l'on tombe dans une question de gouvernance complexe.