par Cgs » Aujourd’hui, 19:34
Fée Violine a écrit : ↑Aujourd’hui, 13:36
florence_yvonne a écrit : ↑Aujourd’hui, 12:06
Je vais sans doute en choquer certains, mais je ne vois pas comment on peut soutenir la peine de mort et condamner l'euthanasie.
... et l'avortement.
Bonsoir,
Mettre sur le même plan "peine de mort" d'une part, "avortement" et "euthanasie" d'autre part n'a aucun sens. En effet, pour l'avortement et l'euthanasie, on parle de tuer un être humain
innocent. Le principe d'interdiction absolue de tuer un innocent est établi par l'Eglise sur la base de l'Ecriture Sainte (cf Ex XXIII,7). Le numéro 2261 du catéchisme est sans équivoque sur ce sujet, ce principe est universel et oblige tout être humain.
La peine de mort n'est pas du tout du même ordre, puisqu'il s'agit de tuer quelqu'un pour protéger la société d'un mal plus grand, donc ce quelqu'un n'est pas innocent par définition. Comme le précise le catéchisme au paragraphe 2265, il est un devoir de protéger la société en neutralisant l'injuste agresseur. C'est pourquoi l'Eglise n'a jamais érigé en principe, et n'érige toujours pas en principe, le fait d'interdire la peine de mort.
Toutefois, le catéchisme précise que la peine de mort n'est pas bonne en soi, elle n'est admissible que pour éviter un mal plus grand s'il n'y a pas d'autre moyen de neutraliser l'agresseur injuste. Compte tenu des moyens que nous avons aujourd'hui, nous pouvons, dans la plupart des pays du monde, nous passer de la peine de mort. D'où la récente modification du catéchisme sur ce point par le pape François. Mais si l'agresseur ne peut pas être mis hors d'état de nuire, le recours à la peine de mort reste possible.
Plus d'information :
https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P7U.HTM
La doctrine catholique ayant été rappelée, je précise que je reste favorable à la présence de la peine de mort dans le droit pénal français, non comme un moyen à utiliser largement, mais comme la peine suprême, appliquée à dose homéopathique avec des conditions strictes, comme cela a été fait après la seconde guerre mondiale jusqu'à son abolition en 1981. Cette peine capitale permet de crédibiliser les autres sanctions pénales. Toutefois, cette peine doit être abrogée dès qu'une modification des conditions d'applications est effectuée, pour éviter, dans les situations de troubles (une 2ème Révolution Française par exemple), des exécutions arbitraires par des juges.
Lire à ce sujet le professeur Jean-Louis HAROUEL qui argumente dans ce sens sur ce sujet.
prodigal a écrit :Je trouve un peu simpliste l'argument qui dit que la peine de mort ne respecte pas la dignité de la personne humaine. C'est commettre une confusion entre peine de mort et lynchage.
Cependant, je ne souhaite pas le retour de la peine de mort, pour la raison que ce serait conférer à l'être humain un grand pouvoir, bien au-dessus de son discernement et de ses capacités.
Cet argument est plutôt convaincant. Autoriser la peine de mort, c'est effectivement donner un pouvoir très important à un juge ou un groupe de juges sur la vie d'autrui. Cela interroge. Mais ce cas est loin d'être isolé. La même problématique se pose pour le général qui envoie des soldats à la guerre ou un scientifique qui expose la vie de quelqu'un avec un essai clinique. Dans l'application de la peine de mort, c'est un jury qui prend la décision, avec toutes les possibilités de défense et de recours qu'offre le système judiciaire français. Et in fine, une grâce présidentielle est toujours possible sur ce type de décision.
En Christ,
[quote="Fée Violine" post_id=475133 time=1778585765 user_id=1878]
[quote=florence_yvonne post_id=475131 time=1778580407 user_id=20421]
Je vais sans doute en choquer certains, mais je ne vois pas comment on peut soutenir la peine de mort et condamner l'euthanasie.
[/quote]
... et l'avortement.
[/quote]
Bonsoir,
Mettre sur le même plan "peine de mort" d'une part, "avortement" et "euthanasie" d'autre part n'a aucun sens. En effet, pour l'avortement et l'euthanasie, on parle de tuer un être humain [u]innocent[/u]. Le principe d'interdiction absolue de tuer un innocent est établi par l'Eglise sur la base de l'Ecriture Sainte (cf Ex XXIII,7). Le numéro 2261 du catéchisme est sans équivoque sur ce sujet, ce principe est universel et oblige tout être humain.
La peine de mort n'est pas du tout du même ordre, puisqu'il s'agit de tuer quelqu'un pour protéger la société d'un mal plus grand, donc ce quelqu'un n'est pas innocent par définition. Comme le précise le catéchisme au paragraphe 2265, il est un devoir de protéger la société en neutralisant l'injuste agresseur. C'est pourquoi l'Eglise n'a jamais érigé en principe, et n'érige toujours pas en principe, le fait d'interdire la peine de mort.
Toutefois, le catéchisme précise que la peine de mort n'est pas bonne en soi, elle n'est admissible que pour éviter un mal plus grand s'il n'y a pas d'autre moyen de neutraliser l'agresseur injuste. Compte tenu des moyens que nous avons aujourd'hui, nous pouvons, dans la plupart des pays du monde, nous passer de la peine de mort. D'où la récente modification du catéchisme sur ce point par le pape François. Mais si l'agresseur ne peut pas être mis hors d'état de nuire, le recours à la peine de mort reste possible.
Plus d'information : https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P7U.HTM
La doctrine catholique ayant été rappelée, je précise que je reste favorable à la présence de la peine de mort dans le droit pénal français, non comme un moyen à utiliser largement, mais comme la peine suprême, appliquée à dose homéopathique avec des conditions strictes, comme cela a été fait après la seconde guerre mondiale jusqu'à son abolition en 1981. Cette peine capitale permet de crédibiliser les autres sanctions pénales. Toutefois, cette peine doit être abrogée dès qu'une modification des conditions d'applications est effectuée, pour éviter, dans les situations de troubles (une 2ème Révolution Française par exemple), des exécutions arbitraires par des juges.
Lire à ce sujet le professeur Jean-Louis HAROUEL qui argumente dans ce sens sur ce sujet.
[quote="prodigal"]Je trouve un peu simpliste l'argument qui dit que la peine de mort ne respecte pas la dignité de la personne humaine. C'est commettre une confusion entre peine de mort et lynchage.
Cependant, je ne souhaite pas le retour de la peine de mort, pour la raison que ce serait conférer à l'être humain un grand pouvoir, bien au-dessus de son discernement et de ses capacités.[/quote]
Cet argument est plutôt convaincant. Autoriser la peine de mort, c'est effectivement donner un pouvoir très important à un juge ou un groupe de juges sur la vie d'autrui. Cela interroge. Mais ce cas est loin d'être isolé. La même problématique se pose pour le général qui envoie des soldats à la guerre ou un scientifique qui expose la vie de quelqu'un avec un essai clinique. Dans l'application de la peine de mort, c'est un jury qui prend la décision, avec toutes les possibilités de défense et de recours qu'offre le système judiciaire français. Et in fine, une grâce présidentielle est toujours possible sur ce type de décision.
En Christ,