Les raisons de ne pas croire

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Re: Les raisons de ne pas croire

par Marc06 » jeu. 09 juin 2011, 9:47

bnauchocolat a écrit :Bonjour,

comment expliquer le mécanisme psychologique qui pousse certains athées à nier catégoriquement toute possibilité d'un Dieu ?
Un esprit qui se croit "rationnel" tout en ne l'étant pas -puisque l'on a pas encore prouvé que Dieu n'existait pas-, vouloir absolument garder le contrôle de sa vie et donc ne compter que sur soi ! Croire que nous sommes libre de faire ce que nous voulons, alors que notre propre cœur récuse moralement, certains actes, sans pour autant définir ce qui nous permet de juger en matière de "morale".

Bref : L'égoïsme, l'égocentrisme, l'autosuffisance etc...

Re: Les raisons de ne pas croire

par papillon » jeu. 09 juin 2011, 6:27

Cinci a écrit :
... comment expliquer le mécanisme psychologique [...]
Avez-vous déjà essayé d'évoluer à proximité de croyants ? Il me semble que vous ne poseriez pas la question.
Je serais d'accord avec vous pour affirmer que ce peut être rebutant, avec pourtant une nuance : il ne s'agit pas tant des croyants, qui peuvent être par leur foi porteurs de lumière, d'amour, et de sérénité, que de ceux qui sont surtout fortement attachés à une religion, à ses rites, ses 'formes', sa liturgie, son décorum, ses exigences...et aussi j'oserais dire ses prétentions. Les conformistes.

Re: Les raisons de ne pas croire

par Cinci » jeu. 09 juin 2011, 4:19

... comment expliquer le mécanisme psychologique [...]
Avez-vous déjà essayé d'évoluer à proximité de croyants ? Il me semble que vous ne poseriez pas la question. De plus en plus de gens vont préférer vivre en compagnie de black mambas et trucs semblables en guise de petits animaux de compagnie aussi et ce n'est pas pour rien. Moi-même, j'aurai bien changé ma programmation télé récemment, afin de pouvoir capter Planet Animal désormais, pensez donc. C'est vivement le combat de la mante religieuse contre le crotale à peine glissé hors de son oeuf depuis lors !

[youtube] http://www.animal.discovery.com/videos/ ... antis.html [/youtube]

Re: Les raisons de ne pas croire

par stephlorant » sam. 04 juin 2011, 18:49

bnauchocolat a écrit :Bonjour,

comment expliquer le mécanisme psychologique qui pousse certains athées à nier catégoriquement toute possibilité d'un Dieu ?
Il y a sur ce forum quelques exemples de personnes, qui pour expliquer un miracle, nous proposent des théories complètement invraisemblables (une loupe pour fatima, une mutation qui fait repousser un membre pour calanda,...). Au lieu d'avouer au moins leur incompréhension, ils persistent dans des explications abracadabrantesque.
L'auteur du livre de la Sagesse nous dévoile entièrement comment - dans la plupart des cas, les athées (dont beaucoup prétendent devenir des garants de "neutralité" entre les diverses religions, sont en réalité suscités par le diable pour qu'ils soient en guerre perpétuelle contre les croyants - et qu'ils causent leur propre perte d'autant plus sûrement.

Je reprends ce texte en effectuant des "insertions de commentaires" :
Livre de la Sagesse, chapitre 2.

Tout d'abord, un constat, mais un constat faussé:

Versets 1 - 5 :
lls se sont dit, raisonnant de travers: «Il est court et triste le temps de notre vie, et, quand vient la fin d'un homme, il n'y a point de remède; on ne connaît personne qui délivre du séjour des morts.
Le hasard nous a amenés à l'existence, et, après cette vie, nous serons comme si nous n'avions jamais été; le souffle, dans nos narines, est une fumée, et la pensée, une étincelle qui jaillit au battement de notre cœur.
Qu'elle s'éteigne, notre corps tombera en cendres, et l'esprit se dissipera comme l'air léger.
Notre nom tombera dans l'oubli avec le temps, et personne ne se souviendra de nos œuvres. Notre vie passera comme une trace de nuée; elle se dissipera comme un brouillard, que chassent les rayons du soleil, et que la chaleur condense en pluie.
Notre vie est le passage d'une ombre; sa fin est sans retour, le sceau est apposé et nul ne revient.


Le raisonnement est effectivement de travers, il est faussé. Le temps de notre vie n'est ni court ni triste. En effet, tout homme en vie et en bonne santé ne songe que rarement à la brièveté du temps - et même, à l'inverse, il dira: certaines journées sont très longues. Quand à la tristesse de la vie, d'où vient qu'un simple rayon de soleil suffise à allumer des sourires sur tous les visages. D'où vient que l'on songe à se couper les cheveux et à changer de vêtements ?
D'où vient que les hommes rient si la vie est triste ? Par ailleurs, lorsqu'on dit que c'est le hasard qui nous a menés à l'existence... d'où vient, chez certains scientifiques, le besoin de prouver absolument que la vie est issue d'une multiplicité de coïncidences qui n'avaient chacune qu'une chance sur des milliards de se produire ? Einstein, du moins, a eu la franchise de leur rétorquer: "Dieu ne joue pas aux dés !"
Le reste me paraît de la littérature. Si l'auteur du texte y fait allusion, c'est qu'en effet, beaucoup d'athées apprécient l'abondance de mots, mais ces mots tournent en rond. Et je trouve surprenant que le hasard quasi-impossible qui a produit la vie, ne soit pas capable de la reproduire ensuite !

Versets 6 à 9
«Venez donc, jouissons des biens présents; usons des créatures avec l'ardeur de la jeunesse, enivrons-nous de vin précieux et de parfums, et ne laissons point passer la fleur du printemps. Couronnons-nous de boutons de roses avant qu'ils ne se flétrissent. Qu'aucun de nous ne manque à nos orgies, laissons partout des traces de nos réjouissances; car c'est là notre part, c'est là notre destinée."


Si la vie est aussi sombre qu'ils le prétendent, ils ne rechercheront pas la beauté, ils n'apprécieront pas les poètes, ils ne s'étonneront pas de la splendeur d'un soleil couchant, ils ne chercheront pas à produire des œuvres d'art, mais seuls compteront la jouissance et l'abus de la sensualité. Est-ce un raisonnement qui se tient ? Non, pas du tout, ce sont des slogans ! Non, pas du tout, ce sont des slogans – et tout le monde sait qu'un bon vin, même le meilleur, s'il est consommé à l'excès, rendra malade autant qu'un mauvais vin...

Versets 10 et 11
«Opprimons le juste qui est pauvre; n'épargnons pas la veuve, et n'ayons nul égard pour les cheveux blancs du vieillard chargé d'années. Que notre force soit la loi de la justice; ce qui est faible est jugé bon à rien."


Il ne faudrait certes pas oublier ces deux versets, car ils contiennent aussi bien l'esclavage des systèmes économiques fondés sur la rentabilité, l'injustice des prix payés, l'incitation au suicide assisté des personnes âgées. "Les puissants de ce monde font sentir leur pouvoir, mais qu'il n'en soit pas ainsi parmi vous", a dit Jésus. Il répondait ainsi à la loi des forts qui cherche l'élimination des faibles.

Versets 12 à 16
Traquons donc le juste, puisqu'il nous incommode qu'il est contraire à notre manière d'agir, qu'il nous reproche de violer la loi, et nous accuse de démentir notre éducation. Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et se nomme fils du Seigneur. Il est pour nous la condamnation de nos pensées, sa vue seule nous est insupportable; car sa vie ne ressemble pas à celle des autres, et ses voies sont étranges. Dans sa pensée, nous sommes d'impures scories, il évite notre manière de vivre comme une souillure; il proclame heureux le sort des justes, et se vante d'avoir Dieu pour père.


Avec la perversion et l'injustice, voici que le démon se montre au milieu d'eux. Il ne joue que son rôle. Il a menti au premier verset, à présent il désigne l'ennemi. L'ennemi de Satan, c'est bien le Christ. Eh bien, pour les athées, l'ennemi de l'homme, c'est le chrétien. N'ayons aucun doute là-dessus: ils nous ont vu sortir d'une église, et cette vue leur a été insupportable. Pourquoi ? Parce que, à ce moment, il est impossible qu'ils n'aient pas entendu en eux-mêmes une voix qui leur a suggéré: "Tu devrais y aller, à l'église, rien que pour voir ce qu'il s'y passe et quel profit tu pourrais en retirer !" Dieu ne veut pas qu'ils se perdent et nous sommes tous des témoins, nous manifestons la Vérité !

Versets 17 à 20
Voyons donc si ce qu'il dit est vrai, et examinons ce qu'il lui arrivera au sortir de cette vie. Car si le juste est fils de Dieu, Dieu prendra sa défense, et le délivrera de la main de ses adversaires. Soumettons-le aux outrages et aux tourments, afin de connaître sa résignation, et de juger sa patience. Condamnons-le à une mort honteuse, car, selon qu'il le dit, Dieu aura souci de lui.


Ces versets sont prophétiques. Au pied de la croix, les pharisiens crieront encore les mêmes blasphèmes. En Luc: "Le peuple se tenait là et regardait. Quant aux chefs, ils raillaient (Jésus) en disant : Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ élu de Dieu ! Les soldats aussi s'approchèrent pour se moquer de lui et lui présenter du vinaigre en disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !"

Versets 21 à 25
Telles sont leurs pensées, mais ils se trompent, leur malice les a aveuglés.
Ignorant les desseins secrets de Dieu, ils n'espèrent pas de rémunération pour la sainteté, et ils ne croient pas à la récompense des âmes pures.
Car Dieu a créé l'homme pour l'immortalité, et il l'a fait à l'image de sa propre nature.


Première conclusion: c'est bien la malice des hommes qui aveugle leurs raisonnements. Et se fondant sur un aveuglement, ils proclament que les malheurs qui accablent les hommes ne peuvent aucunement devenir pour eux une occasion de sainteté et la purification de l'âme. Dieu existe, et Dieu a bien créé l'homme pour l'immortalité, puis qu'Il l'a créé à son image et selon sa ressemblance !

Versets 24 et 25
C'est par l'envie du diable que la mort est venue dans le monde,
ils en feront l'expérience, ceux qui lui appartiennent.


Seconde conclusion: tout cela vient effectivement du diable. C'est ainsi que la mort est venue pour les hommes, mais la mort est le commencement pour ceux qui croient. Tandis que ceux qui nient Dieu, ils appartiennent vraiment à la mort et ils en feront l'expérience éternelle...

_________________
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=KuXNmKdVo6w

Re: Les raisons de ne pas croire

par PriereUniverselle » sam. 04 juin 2011, 18:48

bnauchocolat a écrit :Bonjour,

comment expliquer le mécanisme psychologique qui pousse certains athées à nier catégoriquement toute possibilité d'un Dieu ?
Il y a sur ce forum quelques exemples de personnes, qui pour expliquer un miracle, nous proposent des théories complètement invraisemblables (une loupe pour fatima, une mutation qui fait repousser un membre pour calanda,...). Au lieu d'avouer au moins leur incompréhension, ils persistent dans des explications abracadabrantesque.

Mais Non, il nous fait un syndrome de Dieu ! La personne qui parle sans cesse de Dieu en voulant le nier par une fausse position athée, lui apporte déjà une existence puisqu'il est au cœur de sa discussion animée. Il n'arrive pas à s'en débarrasser. Pas fou le Bon Dieu ! Il a placé une clef USB avec sa marque de fabrication dans sa créature :rire: :rire: :rire:

Re: Les raisons de ne pas croire

par bnauchocolat » sam. 04 juin 2011, 17:43

Bonjour,

comment expliquer le mécanisme psychologique qui pousse certains athées à nier catégoriquement toute possibilité d'un Dieu ?
Il y a sur ce forum quelques exemples de personnes, qui pour expliquer un miracle, nous proposent des théories complètement invraisemblables (une loupe pour fatima, une mutation qui fait repousser un membre pour calanda,...). Au lieu d'avouer au moins leur incompréhension, ils persistent dans des explications abracadabrantesque.

Re: Les raisons de ne pas croire

par Miles Christi » jeu. 18 oct. 2007, 0:15

Bonsoir,
Christophe a écrit :
On m'a plutôt appris que Dieu permet le mal, mais qu'Il ne le veut pas...
Il faut préciser le sens du verbe "permettre" afin d'éviter la confusion. En effet pour certains verbes le français manque de précision, ainsi en est-il du verbe "aimer" qui s'applique aussi bien à la soupe qu'à son prochain.

Le verbe permettre peut avoir le sens d'autoriser, équivalent du "allow" des Anglais et du "erlauben" des Allemands, par exemple: ces gens-là permettent à leurs enfants de fumer des joints. On dira de ces gens-là, et de façon fort péjorative, que ce sont des parents permissifs ou encore des parents irresponsables.

Mais "permettre" peut aussi avoir le sens de "fournir le moyen de", le "enable" des Anglais et le "vermitteln" des Allemands: "Ce pont permet de passer d'une rive à l'autre".

Or il est évident que l'on ne peut dire de Dieu qu'Il est permissif, ce serait introduire de la faiblesse en Lui, par conséquent lorsque l'on dit que Dieu permet le mal, ce n'est pas dans le sens qu'Il autorise le mal, mais qu'Il le veut à titre de moyen pour atteindre une fin bonne. Pour prendre un exemple emprunté à Saint Thomas d'Aquin: Dieu réprouve l'hérésie, mais Il la veut pour éprouver la foi de Son Eglise.

Re: Les raisons de ne pas croire

par Christophe » mer. 17 oct. 2007, 19:07

Merci Miles Christi.

Voici ce que j'avais écrit plus haut dans ce sujet sur cette question :
Christophe a écrit :Il faut bien comprendre que le mal, c'est ce qui est contraire à la volonté divine car Dieu est la norme - ou la jauge - du bien et du mal. Si l'homme fait le mal, c'est qu'il ne fait pas la volonté de Dieu. Difficile quadrature du cercle que d'affirmer qu'alors même est faite la volonté divine... On m'a plutôt appris que Dieu permet le mal, mais qu'Il ne le veut pas... [...] Car Dieu est le créateur de l'homme, et donc cause immédiate de sa liberté de volonté. Et si Dieu peut être considéré comme cause médiate de l'agir humain, Il n'en est pas la cause immédiate (laquelle est la volonté libre de l'homme). Or, dans cette médiation, la volonté divine est parfois trahie. Dieu a voulu l'homme libre et que l'homme fasse le bien, mais il arrive que l'agir humain - dont la cause immédiate est la volonté humaine, et la cause médiate la volonté de Dieu - s'oppose diamétralement à la volonté de Dieu.
Cela vous paraît-il juste ou bien décelez-vous une erreur dans le raisonnement ?

Bien à vous
Christophe

Re: Les raisons de ne pas croire

par Miles Christi » mer. 17 oct. 2007, 16:33

308 C’est une vérité inséparable de la foi en Dieu le Créateur : Dieu agit en tout agir de ses créatures. Il est la cause première qui opère dans et par les causes secondes : " Car c’est Dieu qui opère en nous à la fois le vouloir et l’opération même, au profit de ses bienveillants desseins " (Ph 2, 13 ; cf. 1 Co 12, 6).

Si Dieu agit en tout agir de ses créatures, alors il agit en tout agir libre, et ainsi la causalité divine est soumise à la liberté de la créature, même quand elle fait le mal, on n’en sort pas. Dieu ne peut pas être la cause seconde de l’agir de l’homme, il en est la cause première. Double impossibilité que cette primauté causale déterminée par la cause seconde, et que cette liberté mue par Dieu.
"Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem", "Je crois en Dieu, Le Père Tout-Puissant", tout est là. Conclusion: l'homme ne peut rien vouloir sans que Dieu le veuille au préalable, de même que rien ne peut être sans Dieu. Mais attention, il y a le volontaire direct et le volontaire indirect, et cette conclusion serait totalement aberrante si l'on restreignait le vouloir au vouloir direct. Dieu veut directement que l'homme soit libre d'agir droitement et Il veut indirectement qu'il soit libre d'agir mauvaisement. Ainsi Il veut directement que le Christ veuille faire Sa volonté et la fasse, et Il veut indirectement que Judas veuille Le trahir et Le trahisse.
Et je rajouterais que si Dieu ne voulait absolument pas d'un acte de volition et de ses conséquences, cet acte et ses conséquences ne seraient tout simplement pas.

Re: Les raisons de ne pas croire

par Raistlin » mer. 17 oct. 2007, 10:43

Bonjour Lumen,
Charles a écrit :La vie chrétienne c'est premièrement et ultimement la vie de l'amour que nous vivons dans le Christ. Quand on sent la foi nous abandonner, c'est qu'il y a un amour qui meure et qu'on laisse mourir. La foi et la vie chrétiennes ne sont pas une philosophie, une discipline théorétique, elles sont une vie offerte à l'amour.
Charles a entièrement raison. Comme dans l'amour humain où la volonté d'aimer est aussi importante que l'amour lui-même, il faut vouloir aimer Dieu si on veut persévérer dans la foi.

Alors, on peut traverser les moments de doutes et les "nuits obscures" que tout croyant expérimente dans sa vie.

Et n'oubliez jamais que lorsqu'il s'agit de Dieu, l'amour et la foi précèdent la connaissance. On ne vient pas à Dieu par la raison uniquement.

Je prie pour que vous retrouviez la foi.

En Christ,

Re: Les raisons de ne pas croire

par Charles » mar. 16 oct. 2007, 23:49

Lumen, il n'y a qu'une raison véritablement déterminante de ne pas croire, c'est son propre péché. D'où la sagesse lumineuse et simple de Popeye qui vous exhorte à vous confessez et à communier.

La vie chrétienne c'est premièrement et ultimement la vie de l'amour que nous vivons dans le Christ. Quand on sent la foi nous abandonner, c'est qu'il y a un amour qui meure et qu'on laisse mourir. La foi et la vie chrétiennes ne sont pas une philosophie, une discipline théorétique, elles sont une vie offerte à l'amour.

Et cette vie est une croissance indéfinie de l'amour. On ne peut pas thésauriser la foi et la charité, si on les conserve on les perd. Pour les garder il faut toujours plus se donner. La vie se charge de nous fournir des occasions toujours plus importantes de nous abandonner à l'amour et ce jusqu'à l'heure même de notre mort.

Vous le savez bien, vivre avec Dieu est recevoir un être infini dont la pédagogie est celle du dégoût. Il nous dégoûte de ce qu'il nous a donné et dont nous nous délections, mais c'est pour nous donner l'appétit de choses plus grandes et plus belles encore. Il ne nous laisse pas végéter dans la satisfaction de ce que nous avons compris, connu, goûté de lui, parce que comme c'est lui-même qu'il veut nous donner et qu'il est infini, cette satisfaction ne peut être que partielle, et elle devient mensongère si elle devient un terme et une limite.

Vous vous lassez de la théologie, elle vous laisse insatisfait, très bien, saint Thomas d'Aquin lui-même en est passé par là, c'est sans doute l'heure de frapper à la porte de Foi et Lumière, des Conférences saint Vincent de Paul, d'Aux captifs la libération, des Trinitaires, et autres oeuvres au service de nos frères, ou de vous marier et de faire des enfants si ce n'est pas déjà fait, enfin c'est à vous de voir... de prier pour demander au Christ en quel lieu il vous attend pour vous donner la suite, que vous ne connaissez pas encore, et qu'il veut vous faire découvrir...

:saint:

Re: Les raisons de ne pas croire

par Christophe » mar. 16 oct. 2007, 22:45

Salut Lumen ! :)

Je reviens un peu tardivement sur cette discussion laissée en suspens...
D'un point plus fondamental que la physique encore, ce qui fait obstacle à la Providence, c'est que les évènements naturels obéissent infailliblement aux lois de la nature (que nous les exprimions en termes déterministes ou probabilistes ne change rien à l'affaire).
N'y a-t-il pas un paradoxe à vouloir des évènements naturels qui s'affranchiraient des lois de la nature ?
Nous ne voyons pas arriver d'évènements absurdes, auxquels nous ne serions capables de trouver aucune cause naturelle, ou que nous ne pourrions faire cadrer dans aucun modèle physique cohérent.
Ces évènements sur-naturels existent, mais ne sont pas ordinaires.
Christophe a écrit :Si certaines lois physiques ne sont pas déterministes, cela autorise une intervention déterminante de la Providence.
Soumise aux lois probabilistes de toute manière, donc guère plus libre.
Si, plus libre, parce qu'indéterministe. Le degré de liberté consiste à déterminer comment se réalise la loi de probabilité. Cela peut, ou pas, avoir une influence... Le tirage aléatoire - et soumis à des lois de probabilité - de quelques boules numérotées peut changer le cours d'une vie donnée... L'exemple est trivial, mais assez parlant.
308 C’est une vérité inséparable de la foi en Dieu le Créateur : Dieu agit en tout agir de ses créatures. Il est la cause première qui opère dans et par les causes secondes : " Car c’est Dieu qui opère en nous à la fois le vouloir et l’opération même, au profit de ses bienveillants desseins " (Ph 2, 13 ; cf. 1 Co 12, 6).
Si Dieu agit en tout agir de ses créatures, alors il agit en tout agir libre, et ainsi la causalité divine est soumise à la liberté de la créature, même quand elle fait le mal, on n’en sort pas. Dieu ne peut pas être la cause seconde de l’agir de l’homme, il en est la cause première. Double impossibilité que cette primauté causale déterminée par la cause seconde, et que cette liberté mue par Dieu.
Merci pour la référence. Je vais creuser la question, ou bien peut-être Miles Christi ou Popeye - dont je n'ai pas lu les interventions sur ce fil - y ont-ils répondus. Pour l'instant, je partage votre incompréhension.
LumendeLumine a écrit :Je ne vois aucun problème à admettre une telle faculté de délibération dans un système matériel, suffisamment complexe.
Si vous réduisez la volonté humaine à une réaction physico-chimique, sans aucune degré de liberté, vous n'avez pas l'impression de réduire à néant la liberté ? Vous ne pouvez pas nier qu'il existe un espace de liberté pour la Providence, et affirmer simultanément qu'il y en a un pour l'homme.

Bien à vous
Christophe

Re: Les raisons de ne pas croire

par Miles Christi » lun. 15 oct. 2007, 23:31

Ave,
Lumendelumine a écrit :
Nul besoin, pour tenir que le mouvement est réel, de l'exprimer en terme d'opposition mobile/immobile
Pour définir le mouvement local, avant même de vous poser la question de savoir si il est réel ou relatif, il faut le définir par rapport à un référentiel. Or qu'est-ce qu'un référentiel? C'est un ensemble de points immobiles les uns par rapport aux autres. Le choix du référentiel est la condition sine quae non de la définition du mouvement local. Il n'est nullement requis que le référentiel soit « rigide », la mesure de l'espace et du temps pouvant varier d'un point à l'autre (cas d'un référentiel plongé dans un champ de gravité) mais il est impératif que tous ses points soient fixes les uns par rapport aux autres, en relativité générale le référentiel peut être un "mollusque", mais un mollusque totalement immobile.

A moins que vous ne fassiez allusion à la transfiguration mystique et fumeuse du mouvement chez Bergson, "L'élan créateur", "l'évolution créatrice", ou que vous confondiez avec l’"energeia" d'Aristote qui n'est pas le mouvement local mais le passage de la puissance à l'acte.

En tout cas, votre proposition d'affirmer la réalité du mouvement local, en vous privant de la possibilité de le définir, puisque vous prétendez vous passer de l'opposition mobile/immobile, est totalement absurde.
Lumendelumine a écrit : ou de faire intervenir un référentiel absolu.
Et si justement, la seule façon de faire du mouvement local une réalité serait de pouvoir le définir par rapport à un référentiel absolu de sorte qu'il soit totalement indépendant de la situation des différents observateurs. Reportez-vous à l'expérience de Morley et Michelson et aux conséquences qu'il faut en tirer: si le mouvement était réel, les lois physiques ne seraient pas les mêmes d'un référentiel inertiel à un autre, la position de l'observateur aurait une incidence sur les lois de la physique (la vitesse de la lumière ne serait pas une constante). Il faut bien comprendre que la relativité du mouvement ou dit autrement le mouvement comme relation de raison va de pair avec la réalité des lois de la physique. Et ce que manifestement vous n'avez pas compris c'est que la réalité est par définition indépendante de l'observateur. Ce serait un contre-sens total de ne voir dans la théorie de la relativité que l'aspect relatif, car l'enjeu est d'abord et avant tout de théoriser l'invariance des lois physiques d'un référentiel à l'autre et cela ne peut se faire qu'à condition de renoncer à la réalité du mouvement telle qu'elle est postulée entre autres chez Newton.
Lumendelumine a écrit : Comme je vous ai dit dans mon dernier message, la réalité du mouvement c'est le rapport entre les positions d'un mobile et d'un observateur, lesquels sont bien sûr parfaitement échangeable puisque le rapport entre deux termes ne change pas que l'on prenne le point de vue de l'un ou l'autre des termes.

Le "bien sûr" il a fallu attendre Einstein pour pouvoir le dire et toute une série d'expériences, quant au reste de votre phrase elle est contradictoire puisque qu'elle commence par affirmer la réalité du mouvement pour finir par asseoir cette réalité sur des "points de vue", comme si la réalité était affaire de points de vue... en plus vous commettez une erreur en déclarant que l'échange des points de vue préserve le rapport, car au contraire ils se contredisent en inversant le rapport: l'un faisant d'un mobile ce que l'autre considérait comme immobile.
Lumendelumine a écrit : Si, dans une relation causale telle que père-fils, les termes ne sont pas interchangeables, ce n'est pas vrai du simple rapport des positions de points dans l'espace, parce qu'on ne compare pas le même genre de relation: causalité et rapport de positions ce n'est pas la même chose. La causalité a une direction (cause->effet), le rapport non.
Passons sur le fait que vous n'ayez pas compris que la causalité était citée ici à titre d'exemple de relation réelle, et que l'on aurait tout aussi bien pu prendre une relation telle que "L'interaction", l'important ici étant la réalité de la relation et non sa forme, cependant vous commettez encore une erreur en affirmant que le rapport du mouvement est sans direction: si A et B ont un repère de même orientation et que A voit s'éloigner B dans le sens positif, B lui voit s'éloigner A dans le sens négatif, B ne peut pas se mettre "dans la peau" de A, pour le pouvoir il faudrait que A voit s'éloigner B dans le sens négatif...
Il n'y a pas un rapport réel, il y a deux rapports de raison contradictoires.
Lumendelumine a écrit :
Quand on dit que le mouvement se conserve, en accord avec la relativité, on dit que lorsqu'un corps a subi une accélération (laquelle n'est pas relative - ie: le paradoxe des jumeaux), le rapport des positions de ce corps à un quelconque référentiel ou observateur demeure le même jusqu'à ce qu'une autre force agisse sur ce corps ou sur l'observateur.
Désolé, mais je ne vois pas du tout ce que vous cherchez à exprimer, la généralisation du principe d'inertie à des mouvements accélérés, esquisse de la relativité générale?
Lumendelumine a écrit : Tout est énergie, tout est matière,
Ce qui ne veut strictement rien dire, puisqu'une chose n'est ni de la matière, ni de l'énergie, mais a une matière et a une énergie, que cette chose ait ou non une masse (un photon n'a pas de masse, mais si l’on définit proprement ce qu’est la matière, il a une matière), et l'on peut même rajouter qu'elle a une forme. Disons que la rigueur logique est un préalable à l'exercice de toute science, et la distinction entre "être" et "avoir" est un pré-requis, il est vrai que certaines personnes identifient tout leur être à une partie de leur être, ainsi Platon affirmant que l’homme est une âme, au lieu de dire qu’il a une âme, ou tel génie dont on dira « c’est une tête » au lieu de dire « il a une tête », et encore s’agit-il là de réductions ontologiques plutôt flatteuses, mais il en est d’autres qui le sont beaucoup moins...
Je ne pense pas non plus que vous cherchiez à faire de l’hégélianisme en nous expliquant que le tout, puisqu’il contient tout, doit également se contenir lui-même et donc être aussi une partie de lui-même.
Lumendelumine a écrit :
ces choses existent et se conservent, c'est là un principe fondamental de la physique. Et donc nous et l'Univers qui sont constitués de ces choses, non, nous ne vivons pas sur fond de néant, mais d'existence.
Et donc en sorte que l'être de tout ce qui existe dans l'Univers dépend des matériaux employés, qui sont fondamentalement la matière et l'énergie (qui ne sont en fait qu'une seule et même chose à une constante près, n'est-ce pas), et que ceux-ci se conservant d'après le principe de Lavoisier, l'Univers s'auto-conserve.

Mais depuis Lavoisier, la chimie et la physique ont considérablement évolué, et dire aujourd’hui que la conservation de l’énergie est un principe fondamental de la physique est tout simplement faux. En mécanique c’est une conséquence dérivée du principe de moindre action et d’une symétrie externe à savoir la translation temporelle. La mathématicienne Emilie Noether a d’ailleurs posé le problème en termes très généraux : « A quelle(s) condition(s) un système mécanique possède t-il des quantités conservées ? » et son théorème dit en substance qu’à une symétrie correspond un courant conservé et par intégration une quantité conservée. C’est valable pour l’énergie, quantité associée à la translation temporelle, mais aussi aux quantités de mouvements, quantités associées aux translations dans les trois directions de l’espace, et au moment cinétique, quantité associée aux rotations spatiales. (isotropie de l’espace). Et il y a également toutes les autres quantités conservées propres aux symétries internes du système.


C’est ce qui explique la surprise d’Einstein lorsqu’il a aboutit à une définition de l’énergie qui attribuait à une masse au repos une énergie colossale, et au début il crut à une erreur, car un résultat déduit formellement, surtout si il est surprenant, est toujours considéré avec beaucoup plus de suspicions que si c’est un principe premier appréhendé intuitivement.
Pour résumer, l’énergie n’est qu’une quantité physique parmi d’autres, un accident quantitatif de l’être dirons-nous, sa loi de conservation n’est qu’une loi de conservation parmi d’autres, et elle n’est pas un principe premier, mais second. Le principe premier c’est Dieu bien sûr, c’est à dire le Principe légiférant, celui qui pose les lois et qui les maintient en vigueur, une chaîne de principes ne pouvant régresser à l’infini...


Vous faites également une erreur en identifiant matière et énergie, en fait l’équivalence n’est pas entre la matière et l’énergie, mais entre la masse et l’énergie, deux accidents ou si vous préférez deux attributs des corps matériels, sachant qu’un photon est doué d’énergie, mais n’a pas de masse...
Donc finalement vous essayez de justifier l’autoconservation de l’être, par un principe second qui ne s’applique qu’à un de ses accidents quantitatifs, comme si le moins pouvait expliquer le plus, comme si l’accident était la substance, qui plus est le fait d’en appeler à une loi (de conservation) nous fait nous interroger sur la loi plus générale qui la régit et finalement sur le législateur lui-même qui la pose et la conserve. (ou alors vous allez nous dire qu’il y a une loi de conservation des lois, et alors qui conserverait celle-ci ?....)


Si l’on en revient au véritable sujet qui est celui de la conservation de l’être et non pas la conservation d’une quantité accidentelle commune à divers êtres, (sans quoi l’on va se borner à des constatations triviales comme de dire que la masse d’un homme se conserve dans son cadavre), que constate t-on dans notre univers ? Eh bien l’on constate que tous les êtres sans exception finissent par être broyés, aucun justement ne parvient à se conserver. Vous savez probablement qu’Aristote faisait la distinction entre le monde sublunaire, lieu de génération et de corruption, et le monde supralunaire incorruptible, en fait c’est encore pire que ce que pensait Aristote puisque maintenant on sait que cette distinction n’a plus lieu d’être et que même les étoiles meurent, aucune région de l’univers visible n’est épargnée, ce n’est pas un vain mot que de parler de la déchéance de l’être. Il n’existe donc pas de loi de conservation de l’être analogue à celle des lois de conservation des quantités. A tel point que l’on est en droit de se demander : « Comment un être peut-il subsister ne serait-ce qu’une fraction infinitésimale de seconde dans un tel monde ? »

Lumendelumine a écrit :
mais je ne vous parle pas de ce qui peut être conservé mais de ce qui se conserve.

C’est là votre erreur : lorsqu’un homme se planque pour échapper à la bataille qui fait rage, il sauve sa peau, il se conserve en cédant à son instinct de conservation. En ce cas la forme pronominale est judicieuse. Mais dans un autre cas, comme par exemple celui que vous citiez sur la conservation de l’énergie, la forme pronominale n’est plus de mise, car la quantité ne se conserve pas, elle est conservée par application de la loi sur la conservation de l’énergie, si Dieu suspend cette loi, c’en est fait de la quantité. La formulation de Lavoisier est des plus malheureuses, et sa fin tragique n’en est que plus pathétique.

Re: Les raisons de ne pas croire

par LumendeLumine » mar. 09 oct. 2007, 22:44

Bonjour Miles Christi.

Nul besoin, pour tenir que le mouvement est réel, de l'exprimer en terme d'opposition mobile/immobile ou de faire intervenir un référentiel absolu. Comme je vous ai dit dans mon dernier message, la réalité du mouvement c'est le rapport entre les positions d'un mobile et d'un observateur, lesquels sont bien sûr parfaitement échangeable puisque le rapport entre deux termes ne change pas que l'on prenne le point de vue de l'un ou l'autre des termes. Si, dans une relation causale telle que père-fils, les termes ne sont pas interchangeables, ce n'est pas vrai du simple rapport des positions de points dans l'espace, parce qu'on ne compare pas le même genre de relation: causalité et rapport de positions ce n'est pas la même chose. La causalité a une direction (cause->effet), le rapport non.

Quand on dit que le mouvement se conserve, en accord avec la relativité, on dit que lorsqu'un corps a subi une accélération (laquelle n'est pas relative - ie: le paradoxe des jumeaux), le rapport des positions de ce corps à un quelconque référentiel ou observateur demeure le même jusqu'à ce qu'une autre force agisse sur ce corps ou sur l'observateur.
Miles Christi a écrit :L'"être en général" n'est pas un être, c'est au contraire la détermination la plus pauvre qui soit, car elle peut se dire de tout, même du non-être...et c'est d'ailleurs de cet être-là, être abstrait, dont part Hegel pour renverser dialectiquement l'être dans le néant.
Tout est énergie, tout est matière, ces choses existent et se conservent, c'est là un principe fondamental de la physique. Et donc nous et l'Univers qui sont constitués de ces choses, non, nous ne vivons pas sur fond de néant, mais d'existence.

N'est-ce pas ce qu'explique Saint Thomas, S.Th. Q104 art.1: "Le constructeur est cause du devenir de la maison, il ne l’est pas directement de son être. L’être de la maison est consécutif à sa forme ; la forme, elle, n’est autre que la composition et l’ordre des matériaux, et elle est consécutive à la vertu naturelle de ceux-ci. De même que le cuisinier cuit les aliments en utilisant la vertu naturelle active du feu, de même le constructeur bâtit la maison en utilisant du ciment, des pierres et des poutres capables de recevoir et de conserver un agencement et un ordre donnés. En sorte que l’être de la maison dépend des matériaux employés, tandis que le devenir est l’œuvre du constructeur."

Et donc en sorte que l'être de tout ce qui existe dans l'Univers dépend des matériaux employés, qui sont fondamentalement la matière et l'énergie (qui ne sont en fait qu'une seule et même chose à une constante près, n'est-ce pas), et que ceux-ci se conservant d'après le principe de Lavoisier, l'Univers s'auto-conserve.
Miles Christi a écrit :Pétition de principe: toute la problématique tourne autour de votre affirmation anticatholique de l'autoconservation du réel et là vous faites comme si cela était une chose avérée pour soulever votre interrogation. Mais un phantasme, au sens scolastique et même non scolastique, peut être conservé fort longtemps par une imagination débridée, plus ou moins volontairement, mais derrière il y a toujours une puissance active.
Ici je n'affirme pas je vous pose une question, et je ne vois pas en quoi vous y répondez. Un phantasme peut être conservé par une puissance active, mais je ne vous parle pas de ce qui peut être conservé mais de ce qui se conserve. Comme la taille du Soleil se conserve (pas éternellement bien sûr) par la compensation des forces d'expansion et d'effondrement. Comme la rotation de la terre se conserve dans la mesure où elle n'est pas freinée par des agents extérieurs, comme les marées.
Miles Christi a écrit :Eh bien nous refaisons l'exercice, ce qui ne veut pas dire que chaque fois la foi est remise en cause ou ébranlée, simplement chaque fois elle doit être défendue, surtout lorsque l'on essaie de tourner contre elle sa plus fidèle alliée: la raison.
Là c'est vous qui faites une pétition de principe: que la foi soit juste. N'est-ce pas ce dont on discute en ce moment?

Bonne journée! :)

Re: Les raisons de ne pas croire

par Miles Christi » mar. 09 oct. 2007, 16:34

LumendeLumine a écrit : Il n'y a pas une véritable opposition entre réel et relatif dans la mesure où toute la réalité du mouvement réside dans le rapport entre les positions d'un observateur et d'un mobile selon le temps. Le mouvement est un rapport, et un rapport bien qu'il implique relativité est tout ce qui a de plus réel.
Ave,

Il ne me paraissait pas nécessaire d'apporter davantage de précisions quant au terme de "relatif", car il est évident que dans la théorie de la relativité tout comme dans la problématique de la laïcité il est pris dans une acception qui s'oppose implicitement au réel: de même que tel mouvement local n'existe que par rapport aux observateurs de tel référentiel, de même le laïcard dira que la foi n'engage que celui qui y croit, mais d'une menace nucléaire bien réelle il ne dira certainement pas ça.


Mais manifestement vous avez voulu entendre le terme "relatif" dans son sens prédicamental d'accident, de relation réelle. Se faisant vous posez une nouvelle affirmation: "Le mouvement local est relatif et réel", affirmation pour le moins originale, et qui a de quoi se faire se retourner dans leur tombe Aristote et Einstein.
Pour répondre j'en passe par une courte digression sur la relation réelle:
Pour qu'une relation soit réelle, trois conditions sont requises: un sujet réel, un terme réel et réellement distinct du sujet, et un fondement réel.
Puisque toute relation suppose par définition deux êtres, on appelle sujet, l'être qui se réfère à un autre, et qui possède la relation; le terme est le deuxième être auquel le premier se rapporte; et le fondement est proprement le sujet immédiat de la relation, la propriété en raison de laquelle l'être est relatif; par exemple, si Pierre est le père de Jean, Pierre est le sujet de la relation de paternité, Jean est le terme, et la génération, le fondement.
(...)
Mais il faut de plus un fondement réel, car la suppression du sujet, qu'il soit éloigné ou immédiat, entraîne évidemment la suppression de ce qu'il supporte; si on dit, par exemple, d'une chaise, qu'elle est à gauche de la colonne, on a bien le sujet réel, et le terme réel et réellement distinct; cependant la relation n'est que de raison, parce que le fondement d'être à gauche n'est pas dans la chaise, mais dans l'homme qui la regarde et en parle.


http://www.inquisition.ca/livre/fjt/phi ... 5a0867.htm

Tant qu'on est dans le paradigme newtonnien d'un espace et d'un temps absolu l'affirmation de la réalité du mouvement est tenable, car dans ce cas on postule l'existence d'un référentiel absolu qui n'est lié à aucun observateur en particulier, et donc chaque mobile est doué d'une vitesse absolue par rapport à cet espace absolu, sa "vraie vitesse" en quelque sorte: si cette vitesse est nulle l'objet sera dit immobile, si elle est différente de zéro il sera dit en mouvement. A côté des mouvements réels il y aura toujours bien sûr les mouvements relatifs des objets entre eux, mais ils ne seront que des distorsions observationnelles, de même que le soleil observé à l'oeil nu depuis la terre paraît avoir un diamètre inférieur à celui d'un ballon de football.
Mais il se trouve que les données expérimentales (comme la constance de la vitesse de la lumière quel que soit le référentiel) invalident le postulat d'un référentiel absolu, et donc la réalité du mouvement local.


Le mathématicien Minkowsky, qui avait aidé Einstein à formaliser sa théorie de la relativité, disait à ce sujet que la trajectoire réelle n'était pas la trajectoire spatiale, trajectoire dépendant du référentiel spatial considéré, mais la trajectoire spatio-temporelle dont les trajectoires spatiales n'étaient que les projections observées sur les différents référentiels spatiaux, un peu à la manière dont les formes platoniciennes projettent confusémment leurs ombres sur le mur de la caverne.


Pour bien voir que le mouvement ne peut être une relation réelle il suffit de comparer ses propriétés avec une relation réelle:

Relation père/fils: Pierre est le père de Paul.

Pierre: "Je suis le père de Paul" équivalent à "Pierre est le père de Paul"

Paul: "Je suis le fils de Pierre" équivalent à "Pierre est le père de Paul"

Les affirmations de Pierre et de Paul sont équivalentes.

Relation mobile/immobile: Pierre croise Paul dans l'espace.

Pierre: "Je suis immobile et Paul est mobile" équivalent à "Pierre est immobile et Paul est mobile"

Paul: "Je suis immobile et Pierre est mobile" équivalent à "Pierre est mobile et Paul est immobile".

Donc Pierre affirme (A et B) et Paul affirme ( (non A) et (non B) ).

La négation de (A et B) étant ( (non A) ou (non B) ), l'affirmation de Pierre contredit très clairement celle ce Paul.

En fait chacun des deux a raison, car ce n'est justement qu'une relation de raison,...
Il faut retenir que l'être réel est qu'il y ait ou non un observateur, et toutes les observations faites sur cet être doivent s'équivaloir. Par exemple en relativité, si le mouvement n'est que relatif, il n'en est pas de même pour la causalité, la relation de cause à effet est réelle et quelque soit le référentiel la cause précèdera toujours l'effet.
LumendeLumine a écrit :
De toute manière, comment voulez-vous que quelque chose qui se conserve ne soit pas réel. Ce qui n'est pas réel n'a absolument rien à conserver.
Pétition de principe: toute la problématique tourne autour de votre affirmation anticatholique de l'autoconservation du réel et là vous faites comme si cela était une chose avérée pour soulever votre interrogation. Mais un phantasme, au sens scolastique et même non scolastique, peut être conservé fort longtemps par une imagination débridée, plus ou moins volontairement, mais derrière il y a toujours une puissance active.
LumendeLumine a écrit : Si elles sont erronées, montrez en quoi.
C'est déjà fait en partie.
LumendeLumine a écrit : Et je veux bien que je ne sois pas le premier à poser ces questions. Mais vous n'êtes pas non plus le premier à essayer d'y répondre.
Eh bien nous refaisons l'exercice, ce qui ne veut pas dire que chaque fois la foi est remise en cause ou ébranlée, simplement chaque fois elle doit être défendue, surtout lorsque l'on essaie de tourner contre elle sa plus fidèle alliée: la raison.
LumendeLumine a écrit : C'est un fait. Mais bien que notre forme se perde, l'être n'est pas annihilé: la matière prend immédiatement d'autres formes, et "rien se perd, rien ne se créé". Donc si au niveau des êtres individuels l'auto-conservation est limitée, au niveau de l'être en général elle est un principe absolu.
L'"être en général" n'est pas un être, c'est au contraire la détermination la plus pauvre qui soit, car elle peut se dire de tout, même du non-être...et c'est d'ailleurs de cet être-là, être abstrait, dont part Hegel pour renverser dialectiquement l'être dans le néant.

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