par Cinci » jeu. 18 févr. 2016, 21:24
En fait, les explications de livre de l'Apocalypse de Jean et qu'un Eugénio Corsini pouvaient amener dans son ouvrage correspondraient pratiquement qu'à une application des idées de C.H. Dodd. Si c'est pour parler d'un type de grille de lecture à employer, je pourrais donner cela comme exemple.
He is known for promoting "
realized eschatology", the belief that Jesus' references to the kingdom of God meant a
present reality rather than a future apocalypse.
https://en.wikipedia.org/wiki/C._H._Dodd
Encore :
- [+] Texte masqué
- «La Résurrection est généralement annoncée «après trois jours» ou «le troisième jour». On pourrait observer que cette précision est due à l'expérience des disciples qui selon les Évangiles ont commencé à voir le Seigneur le dimanche suivant la crucifixion. Mais dans la formule primitive citée par Paul en 1 Co 15,3-7 [...] elle se passe «conformément aux Écritures». Quelle Écriture, Paul ne le précise pasé Il a repris sans aucun doute la formule telle quelle.
Le seul passage de l'Ancient Testament qui s'impose est Osée 6,2 : «Il nous fera revivre après deux jours, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons devant lui.» Il semble que la prophétie de la restauration d'Israël, c'est à dire le jour du Seigneur, a été considérée comme une prophétie du jour du Fils de l'homme (ce qui concorderait fort bien avec l'opinion commune selon laquelle les prophéties sont entrées dans la pensée chrétienne primitive par l'intermédiaire de la pensée apocalyptique) et que le «troisième jour» a été pris pour une indication mystérieuse du terme fixé par Dieu pour cet évenement.
Or les «trois jours» se retrouvent dans la parole sur la destruction du Temple. D'où la question de savoir si l'utilisation de la prophétie d'Osée de cette manière ne remonte pas à Jésus lui-même. Peut-on dire que le troisième jour est le jour du Fils de l'homme?
Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle a quelque vraisemblance : Jésus aurait prédit, en des termes qu'il n'est pas possible de préciser, sa propre survie après la mort et l'ultime triomphe de la cause de Dieu en sa personne, et l'Église aurait interprété cela à la lumière de sa propre expérience.
D'autres annonces s'expriment en parlant d'un retour sur les nuées du ciel, apportant avec lui le jour du Fils de l'homme selon la conception apocalyptique. Là où Jésus n'aurait vu qu'un seul événement, on en aurait vu deux : le premier, passé (sa résurrection d'entre les morts), et le second, à venir(sa venue sur les nuées du ciel). [...] C'est ainsi que ce serait construit le schéma eschatologique de la chrétienté primitive.
[...]
Il semble bien que Jésus a parlé, en terme apocalyptiques ordinaires, d'un «événement divin» dans lequel il apparaîtrait lui-même dans la gloire, en tant que Fils de l'homme. Jésus semble avoir associé à cet événement l'idée d'un jugement dernier des vivants et des morts et l'idée de béatitude pour ses disciples dans une nouvelle Jérusalem dont le Temple n'est pas fait de main d'homme. [...] s'il faut interpréter à la lettre la parole adressée au Grand Prêtre : «Vous verrez le Fils de l'homme à la droite de la Puissance venant sur les nuées du ciel.» Par cette affirmation, Jésus élucide et appuie sa revendication d'être le messie. Il aurait été difficile d'imaginer cet événement dans un avenir encore éloigné, car il devait être un signe pour les membres du Sanhédrin qui étaient en train de juger de cette revendication; et Matthieu et Luc ont tous deux ajouté à la sentence des adverbes montrant qu'ils ont compris qu'elle se rapportait à un événement commençant à partir de ce moment.
[...] le point de vue ordinaire de l'Église primitive : le Christ est à la droite de Dieu : il viendra dans la gloire. Dans Matthieu, cependant, la venue et la session à la droite de Dieu sont associées, et toutes les deux seront visibles immédiatement.
[...]
Dans la mesure où les prédictions de la Résurrection coïncident avec celles du jour du Fils de l'homme, la Résurrection est un symbole de la gloire du Christ dans le monde de l'éternité. Mais il y a réellement eu, au sein de l'histoire, un événement correspondant à ces prédictions : peut-être l'événement reflété dans les récits du tombeau vide (qui me paraissent déjà sous-entendus en 1 Co 15) et sûrement cette série d'expériences, que Paul a pu dater dans le temps, au cours desquelles les premiers chrétiens ont «vu le Seigneur» et qui ont eu un effet important sur leur vie et sur l'histoire, puisque c'est de là que l'Église est née. Il est très suggestif que, pour Paul, la résurrection du Christ marque le moment de l'histoire où le nouvel âge commence et où l'espérance eschatologique devient réalité.
Le jugement et le bonheur sans fin, l'établissement de la justice, l'accomplissement de la nature humaine et le renouveau de l'univers : ces idées sont religieuses uniquement dans la mesure où elles dépendent de la conviction que le Seigneur est roi et que sa volonté est le bien ultime que la création entière est destinée à réaliser. Il est par conséquent significatif que l'idée du royaume de Dieu ait une position si centrale et dominante dans l'enseignement de Jésus, position qu'elle n'a dans aucun autre corps d'enseignement religieux.
A cette idée sont associés les symboles traditionnels du jugement et du bonheur, et l'Image traditionnelle et symbolique du Fils de l'homme en tant que porteur et représentant du royaume. Tout cela est de caractère eschatologique. Ce sont des absolus, propres non pas à ce royaume empirique du temps et de l'espace mais à l'ordre absolu.
Or Jésus déclare que cet absolu, le royaume de Dieu, est arrivé dans l'histoire, et il prend sur lui le rôle eschatologique du Fils de l'homme. L'Absolu, le «Tout-Autre», est entré dans le temps et l'espace. [...] Les images anciennes qui représentent la fête céleste, le jour du jugement dernier et le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance ne sont pas seulement des symboles de réalités supra-sensibles et supra-historiques; elles ont aussi leur réalité correspondante dans l'histoire.
Donc les faits de la vie de Jésus, tout comme les événements qu'il a prédit dans l'ordre historique, sont des événements eschatologiques, car ils coïncident avec la venue du royaume de Dieu. En particulier la mort et la résurrection de Jésus Christ possèdent une signification unique qui est suggérée par l'utilisation du symbolisme apocalyptique.
Source : C.H. Dodd,«Apocalypse et histoire» dans Les paraboles du royaume de Dieu, Paris, Seuil, 1977, pp.84-91
Le Jour du Seigneur en question est comme au-delà de l'histoire, anhistorique, présent, réel. Il n'y a pas à attendre (fixant le ciel) après un autre événement historique particulier et devenant survenir ultérieurement en l'an «X» et comme pour entrer dans la trame ordinaire du quotidien. Tout l'Apocalypse est comme la révélation de la signification de Jésus Christ, son oeuvre, le sens de l'histoire, l'aboutissement indépassable réalisé déjà dans sa mort et sa résurrection. L'auteur de l'Apocalypse fait relecture du passé, de l'aventure qui débouche sur son issue sur le Calvaire. C'est la visée première du livre. C'est aussi pourquoi les fameuses lettres aux églises renvoient à l'histoire du salut. Le Christ est alpha et omega; alpha ... Adam, la chute ... etc.
En fait, les explications de livre de l'Apocalypse de Jean et qu'un Eugénio Corsini pouvaient amener dans son ouvrage correspondraient pratiquement qu'à une application des idées de C.H. Dodd. Si c'est pour parler d'un type de grille de lecture à employer, je pourrais donner cela comme exemple.
[quote]He is known for promoting "[b]realized eschatology[/b]", the belief that Jesus' references to the kingdom of God meant a [b]present reality[/b] rather than a future apocalypse.
https://en.wikipedia.org/wiki/C._H._Dodd[/quote]
Encore :
[spoiler]«La Résurrection est généralement annoncée «après trois jours» ou «le troisième jour». On pourrait observer que cette précision est due à l'expérience des disciples qui selon les Évangiles ont commencé à voir le Seigneur le dimanche suivant la crucifixion. Mais dans la formule primitive citée par Paul en 1 Co 15,3-7 [...] elle se passe «conformément aux Écritures». Quelle Écriture, Paul ne le précise pasé Il a repris sans aucun doute la formule telle quelle.
Le seul passage de l'Ancient Testament qui s'impose est Osée 6,2 : «Il nous fera revivre après deux jours, le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons devant lui.» Il semble que la prophétie de la restauration d'Israël, c'est à dire le jour du Seigneur, a été considérée comme une prophétie du jour du Fils de l'homme (ce qui concorderait fort bien avec l'opinion commune selon laquelle les prophéties sont entrées dans la pensée chrétienne primitive par l'intermédiaire de la pensée apocalyptique) et que le «troisième jour» a été pris pour une indication mystérieuse du terme fixé par Dieu pour cet évenement.
Or les «trois jours» se retrouvent dans la parole sur la destruction du Temple. D'où la question de savoir si l'utilisation de la prophétie d'Osée de cette manière ne remonte pas à Jésus lui-même. Peut-on dire que le troisième jour est le jour du Fils de l'homme?
Ce n'est qu'une hypothèse, mais elle a quelque vraisemblance : Jésus aurait prédit, en des termes qu'il n'est pas possible de préciser, sa propre survie après la mort et l'ultime triomphe de la cause de Dieu en sa personne, et l'Église aurait interprété cela à la lumière de sa propre expérience.
D'autres annonces s'expriment en parlant d'un retour sur les nuées du ciel, apportant avec lui le jour du Fils de l'homme selon la conception apocalyptique. [b]Là où Jésus n'aurait vu[/b] [b]qu'un seul événement[/b], on en aurait vu deux : le premier, passé (sa résurrection d'entre les morts), et le second, à venir(sa venue sur les nuées du ciel). [...] C'est ainsi que ce serait construit le schéma eschatologique de la chrétienté primitive.
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Il semble bien que [b]Jésus a parlé, en terme apocalyptiques ordinaires, d'un «événement divin»[/b] dans lequel il apparaîtrait lui-même dans la gloire, en tant que Fils de l'homme. Jésus semble avoir associé à cet événement l'idée d'un jugement dernier des vivants et des morts et l'idée de béatitude pour ses disciples dans une nouvelle Jérusalem dont le Temple n'est pas fait de main d'homme. [...] s'il faut interpréter à la lettre la parole adressée au Grand Prêtre : «[i]Vous verrez le Fils de l'homme à la droite de la Puissance venant sur les nuées du ciel[/i].» Par cette affirmation, Jésus élucide et appuie sa revendication d'être le messie. Il aurait été difficile d'imaginer cet événement dans un avenir encore éloigné, car il devait être un signe pour les membres du Sanhédrin qui étaient en train de juger de cette revendication; et Matthieu et Luc ont tous deux ajouté à la sentence des adverbes montrant qu'ils ont compris qu'elle se rapportait à un événement commençant à partir de ce moment.
[...] le point de vue ordinaire de l'Église primitive : le Christ est à la droite de Dieu : il [i]viendra[/i] dans la gloire. [b]Dans Matthieu, cependant, la venue et la session à la droite de Dieu sont associées[/b], et toutes les deux seront visibles immédiatement.
[...]
Dans la mesure où les prédictions de la Résurrection coïncident avec celles du jour du Fils de l'homme, la Résurrection est un symbole de la gloire du Christ dans le monde de l'éternité. Mais il y a réellement eu, au sein de l'histoire, un événement correspondant à ces prédictions : peut-être l'événement reflété dans les récits du tombeau vide (qui me paraissent déjà sous-entendus en 1 Co 15) et sûrement cette série d'expériences, que Paul a pu dater dans le temps, au cours desquelles les premiers chrétiens ont «vu le Seigneur» et qui ont eu un effet important sur leur vie et sur l'histoire, puisque c'est de là que l'Église est née. Il est très suggestif que, pour Paul, la résurrection du Christ marque le moment de l'histoire où le nouvel âge commence et où l'espérance eschatologique devient [u]réalité[/u].
Le jugement et le bonheur sans fin, l'établissement de la justice, l'accomplissement de la nature humaine et le renouveau de l'univers : ces idées sont religieuses uniquement dans la mesure où elles dépendent de la conviction que le Seigneur est roi et que sa volonté est le bien ultime que la création entière est destinée à réaliser. Il est par conséquent significatif que l'idée du royaume de Dieu ait une position si centrale et dominante dans l'enseignement de Jésus, position qu'elle n'a dans aucun autre corps d'enseignement religieux.
A cette idée sont associés les symboles traditionnels du jugement et du bonheur, et l'Image traditionnelle et symbolique du Fils de l'homme en tant que porteur et représentant du royaume. Tout cela est de caractère eschatologique. [u]Ce sont des absolus, propres[/u] non pas à ce royaume empirique du temps et de l'espace mais [u]à l'ordre absolu[/u].
Or Jésus déclare que cet absolu, le royaume de Dieu, est arrivé dans l'histoire, et il prend sur lui le rôle eschatologique du Fils de l'homme. L'Absolu, le «Tout-Autre», est entré dans le temps et l'espace. [...] Les images anciennes qui représentent la fête céleste, le jour du jugement dernier et le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance ne sont pas seulement des symboles de réalités supra-sensibles et supra-historiques; elles ont aussi leur réalité correspondante dans l'histoire.
Donc les faits de la vie de Jésus, tout comme les événements qu'il a prédit dans l'ordre historique, sont des événements eschatologiques, car ils coïncident avec la venue du royaume de Dieu. En particulier la mort et la résurrection de Jésus Christ possèdent une signification unique qui est suggérée par l'utilisation du symbolisme apocalyptique.
Source : C.H. Dodd,«Apocalypse et histoire» dans [u]Les paraboles du royaume de Dieu[/u], Paris, Seuil, 1977, pp.84-91[/spoiler]
Le Jour du Seigneur en question est comme au-delà de l'histoire, anhistorique, présent, réel. Il n'y a pas à attendre (fixant le ciel) après un autre événement historique particulier et devenant survenir ultérieurement en l'an «X» et comme pour entrer dans la trame ordinaire du quotidien. Tout l'Apocalypse est comme la révélation de la signification de Jésus Christ, son oeuvre, le sens de l'histoire, l'aboutissement indépassable réalisé déjà dans sa mort et sa résurrection. L'auteur de l'Apocalypse fait relecture du passé, de l'aventure qui débouche sur son issue sur le Calvaire. C'est la visée première du livre. C'est aussi pourquoi les fameuses lettres aux églises renvoient à l'histoire du salut. Le Christ est alpha et omega; alpha ... Adam, la chute ... etc.