Les églises des trois premiers siècles

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Cinci
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Les lettres et l'Ancien Testament
  • En fait la présence, en ces lettres, de références à l'Ancien Testament s'explique fort bien à la lumière de la préoccupation centrale de l'auteur de l'Apocalypse : montrer dans la venue et l'oeuvre du Christ l'accomplissement et, à la fois, le dépassement de l'économie vétérotestamentaire. Les références bibliques s'éclairent en effet si elles composent réellement un sommaire de l'histoire du salut, car elles sont un nouveau développement du thème que, dès le début, Jean s'est proposé de traiter (la révélation de Jésus Christ;1,1) et dont la vision du Fils d'homme (prélude du septenaire des lettres) constitue déjà une reprise. Dans le schème tripartite qui structure les lettres, on pourrait même voir se refléter «les choses que tu as vues, qui sont et qui vont s'accomplir après celles-ci» (1,19), autrement dit le mystère des étoiles et des chandeliers, le judaïsme débouchant dans le christianisme.


    L'histoire du salut


    Cherchons donc à tirer des lettres les données qui, une fois rassemblées, constituent les points saillants d'un sommaire d'histoire du salut.

    La première lettre à Éphèse mentionne un abandon de l'amour premier, une chute et un endurcissement à la peine. Tout cela fait penser, plutôt qu'à la situation d'une église relativement jeune, à la longue histoire de l'humanité depuis les origines. Et à la chute d'Adam renvoie la promesse faite au vainqueur de «manger de l'arbre de vie qui est dans le Paradis de Dieu» (2,7)

    La lettre à Smyrne décrit une situation de persécution, de pauvreté et d'hostilité de la part de Juifs devenus une «synagogue de Satan». C'est sans doute l'expérience que vit l'église locale. Mais il n,est pas impossible que cette description soit filtrée, pour ainsi dire, à travers la réminescence d'une autre situation de persécution et de misère, celle des Hébreux en Égypte. A cela pourrait en effet renvoyer l'Épreuve de dix jours qui attend la communauté, allusion probable aux dix plaies qui ont précédé la délivrance d'Égypte (Ex 7,14) Une autre allusion à l'Égypte pourrait être implicite dans le qualificatif «synagogue de Satan» qui vise la perversion du judaïsme, dont le meurtre de Jésus a marqué le point culminant : Jérusalem est devenue par là Sodome et Égypte (Ap 11,18) La situation ancienne était une figure de l'actuelle, oü le nouveau peuple de Dieu est persécuté par la nouvelle Égypte. Tel est l'enseignement que la communauté chrétienne de Smyrne pourrait tirer du texte, Mais la situation à laquelle Jean pense d'abord est bien l'ancienne puisque la récompense («la couronne de vie») est promise uniquement à ceux qui auront été mis à mort, comme ce sera le cas au 5e sceau (6,9) dans le règne millénaire (20,4), textes qui concernent tous deux, nous le verrons, l'économie ancienne.

    Dans la lettre à Pergame, on discerne des allusions au séjour des Hébreux au désert : l'épisode de Balaam et Balaq (2,4; Nb 25,1; 31,6) , la manne cachée (2,17; Ex 16,32; He 9,4) et la pierre blanche avec le nom gravé. Cette dernière rappelle peut-être les deux pierres marquées des noms de tribus d'Israël que le Grand Prêtre portait sur les épaulettes de l'ephod (Ex 28, 9) Au désert, se réfère sans doute la définition du lieu où habite la communauté : là oû Satan a son trône (2,13), car dans l'Apocalypse l'endroit oû Satan exerce sa violence (la tentation) est le désert (12,13; 17,3)

    Dans la lettre à Thyatire, l'état prospère de la communauté se référait. selon divers commentaires, aux temps glorieux du royaume hébreu. En particulier, serait évoqué ici le règne de Salomon, plus splendide que celui de David (2,19; 1 R 1,47) mais altéré par la présence de concubines du roi, étrangères et idolâtres (1 R 11), qui sont récapitulées ici en Jézabel, la femme cruelle du roi Achab, étrangère et idolâtre elle aussi (1 R 16,31) . La punition dont Jézabel est menacée renvoie clairement à la prophétie d'Élie contre Achab et son épouse après le meurtre de Nabot (2 R 2,21) Or à travers le sort de ces personnages, Élie annonçait aussi celui du royaume d'Israël à savoir celui des dix tribus qui s'étaient détachées des autres au temps de Jéroboam, officier de Salomon. Dans la lettre à Thyatire, le royaume hébreu est donc décrit à l'apogée d'une splendeur (Salomon) qui contenait déjà les germes de la corruption religieuse et de la ruine future du peuple.

    La lettre à Sardes semble refléter l'état de désolation qui a suivi la destruction des deux royaumes d'Israël et de Juda. La communauté est comme morte, sauf pour un petit nombre («ce qui reste» : 3,2). On pense spontanément au reste d'Israël dont parle Isaïe (Is 1,9; 6,13) ou à la vision des ossements desséchés en Ézéchiel (Ez 37).

    La communauté de Philadelphie est elle aussi petite et faible, mais le Christ la loue pour sa persévérance dans la foi et lui annonce sa venue proche. Dans cette lettre, surtout dans la promesse au vainqueur, les images évoquent l'idée d'édifice, de construction : la clef, porte, colonne du temple, cité de Dieu, Jérusalem céleste. Y aurait-il là des allusions à la période du retour de l'exil et à la reconstruction de la Cité sainte et du Temple?

    La dernière lettre, à Laodicée, a posé de grandes difficultés tant aux partisans de la lecture réaliste qu'à ceux de l'interprétation prophétique. Pour les uns et le autres il s'agit d'expliquer de manière plausible le ton âpre de condamnation propre à ce texte, tout en l'appliquant soit à la situation contemporaine de la communauté destinataire, soit aux derniers temps de l'Église. Dans les deux cas, aucune vérification n'est possible : nous ignorons tout de la situation de Laodicée et, quant à la fin des temps, l'idée qu'elle sera précédée d'une disparition de la foi se trouve peut-être en d'autres textes inspirés, mais certainement pas dans l'Apocalypse; lire ainsi la lettre à Laodicée, c'est dépendre d'un présupposé gratuit.

    Les exégètes qui ont réfléchi sur les références bibliques contenues dans les sept lettres sont, eux aussi, étrangement hésitants pour ce texte et n'ont pu avancer aucune explication satisfaisante. Toutefois, si la ligne d'interprétation que nous avons exposée jusqu'ici est tant soit peu fondée, la lettre menaçante à Laodicée trouve une explication acceptable : elle exprimerait un jugement de condamnation contre le judaïsme, qui n'a pas reconnu Jésus le messie annoncé par les Écritures.

    La communauté est réprimandée d'être «tiède». Cet adjectif ne désigne pas un manque de ferveur mais le légalisme, oû l'honneur est rendu à Dieu du bout des lèvres et non du coeur, par des pratiques extérieures et non en esprit et vérité. Tout cela pouvait être naturellement le cas de Laodicée. Mais le déduire du texte est une pétition de principe. [...] Que signifie donc l'«or purifié au feu» que la communauté doit acheter? Dans l'Apocalypse, l'or est étroitement associé avec la divinité : tout ce qui l'entoure ou la concerne (trône, autel ...) est d'or. Acheter de l'or auprès du Christ veut donc dire le reconnaître comme Dieu. Comment justifier alors la précision : purifié au feu (ou «à travers le feu»)? D'ordinaire on entend ce qualificatif comme une allusion à l'épreuve par laquelle doit passer celui qui garde la parole de Dieu, mais ce sens n'est que dérivé. Dans l'emploi vétérotestamentaire, «être purifié au feu» est un trait qui caractérise la parole de Dieu dans sa pureté absolue et son incorruptibilité (cf Ps 18,31; Pr 30,15)

    En invitant la communauté à acheter auprès de lui de l'or purifié au feu, le Christ s'offre lui-même, comme récapitulant en sa personne la parole de Dieu. Et il n'est pas absurde de voir, dans l'épreuve subie par cette «parole», une allusion à l'incarnation de Jésus et surtout sa mort. On retrouverait ici le sens que nous avons cru discerner dans l'écharpe d'or qui ceint le Fils d'homme dans la vision du prélude (1,13). Quant aux vêtements blancs, ils sont associés dans l'Apocalypse à la vie nouvelle apportée par le Christ . Le collyre pour «oindre les yeux et voir clair» est le don que le Christ accorde pour discerner en lui l'accomplissement des promesses consignées dans l'Écriture. En somme, l'or et les vêtements blancs sont le contenu de la «bonne nouvelle», le collyre la capacité de le reconnaître.

    Tout cela, répétons-le, peut s'appliquer à une communauté chrétienne qui aurait oublié l'annonce évangélique après l'avoir reçue. On ne peut exclure que tel fut le cas de Laodicée, même si sa fondation ne remontait pas à plus de trente ans. Mais il faut concéder que les paroles du Christ - les reproches aussi bien que les exhortations - se comprennent mieux si elles sont adressées au peuple juif, l'Invitant à reconnaître et à accueillir la réalité nouvelle. Avec le message à Laodicée, la patiente pédagogie du Christ en faveur du peuple hébreu, qui s'était déployée au long de l'Ancien Testament à travers la Loi et les prophètes, parvient à son terme. L'avènement messianique est proche désormais : «Je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu'un écoute ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je prendrai un repas avec lui et lui avec moi». (3,20)

    C'est précisément parce qu'il s'agit de l'admonestation ultime que le ton ici est tellement sévère. Quand pour instruire indirectement les fidèles de Laodicée, Jean note les paroles du Christ au peuple élu, la menace contre ce dernier («Je vais te vomir de ma bouche»; 3,16) , s'est déjà réalisée : ayant refusé Jésus, les Juifs sont restés extérieurs à l'Église. Ils avaient besoin de ce qui était nécessaire au salut, et ils se vantaient de tout posséder : «Je suis riche, j'ai atteint le sommet de la richesse, je n'ai besoin de rien.» Ce sont, à peu de choses près, les mots que Jean fait dire à Babylone avant sa ruine (18,7)

    Source : Eugénio Corsini, L'Apocalypse maintenant, Paris, Éditions du Seuil, coll. Parole de Dieu, 1984, pp. 97-103
gerardh
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Bonjour Cinci,

L'Apocalypse est en effet une révélation de Dieu "pour montrer à ses esclaves les choses qui vont arriver bientôt".

Le sommaire du livre est indiqué en 1, 19 : " Écris donc les choses que tu as vues, et les choses qui sont, et les choses qui doivent arriver après celles-ci".

Comment insérez vous votre application dans ce plan général et cette intention initiale ?


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Cinci
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Salut gérardh,

Votre question est intéressante.


Pour le schéma général :

Un auteur comme Corsini va dire que le livre de l'Apocalypse c'est le Christ qui s'adresse à Jean et lui commande de faire connaître aux anges le sens plénier de l'Ancien Testament, le sens ultime de la Révélation, Pourquoi aux anges? Parce que ce sont les anges qui auront transmis la parole de Dieu avant la venue de Jésus.
Les lettres ne sont pas adressées directement aux églises, mais aux anges des églises, avec une formule fixe qui revient dans l'exorde de chacune. [...] Les lettres sont dictées par le Christ et écrites par Jean : elles se présentent donc comme un acte de révélation qui passe directement du Christ à Jean, les anges venant en troisième lieu, dans le rôle de destinataires. La séquence ainsi établie : Christ - Jean -ange contraste avec celle qui est présentée dans le prologue (1,1) Pourquoi cette inversion dans le parcours de la révélation?

C'est que la situation, ici, est celle du second volet de l'expérience prophétique de Patmos, quand Jean s'étant retourné «pour voir la voix», se trouve face au Christ et l'entend lui parler directement. A ce moment, les anges se trouvent dans la main droite du Christ; cela signifie qu'ils lui sont soumis. Ensuite, Jean sur l'ordre du Christ, s'adresse à eux avec autorité («écrire» signifie dans l'Apocalypse, communiquer une révélation divine); ce fait manifeste que leur assujettissement persiste.

Mais il y a davantage. Pour Jean, les anges sont les représentants et les intermédiaires de l'économie ancienne, surtout au niveau de la révélation. C'est précisément pour cela qu'ils deviennent les destinataires de lettres, dictées par le Christ lui-même, dont le contenu se réfère à l'Ancien Testament : les sept messages prennent alors la valeur d'une explication autorisée de l'économie ancienne et de la révélation vétérotestamentaire que les anges représentaient. Celles-ci étaient une annonce du Christ et préfiguraient l'Église, comme l'a dit en bref le Fils d'homme en expliquant le mystère des sept étoiles et des chandeliers : les sept étoiles sont les anges des sept églises, et les sept chandeliers sont les sept églises. (1,20)

Si le but de l'Apocalypse est d'éclairer le mystère du Christ, ainsi que l'édification de l'Église et l'approfondissement de la foi, le premier souci de Jean devait être que ses fidéles (les vrais vainqueurs) accueillent le contenu des promesses et en comprennent bien le sens. C'est peut-être pour ce motif que l'invitation à écouter l'Esprit débouche toujours sur un pluriel : Qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux églises (2,7) Les promesses qui suivent à chaque fois ne concernent pas seulement telle communauté, mais les sept, à savoir l'Église en sa totalité. [...] Dès les origines la lecture de l'Ancien Testament a fait partie intégrante de l'instruction des catéchumènes, tout comme aujourd'hui elle reste à la base des lectures de l'année liturgique.

- Corsini, L'Apocalypse maintenant, pp.103-105


Le rôle des anges avant le Christ pour transmettre la parole de Dieu :
[+] Texte masqué
  • «Auquel des anges, en effet, Dieu a -t-il jamais dit : Tu es mon fils : c'est moi qui t'ai engendré aujourd'hui? Et encore : Je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils. Et encore, lorsqu'il fait entrer le Premier-né dans le monde, il dit : Et que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu,

    [...]

    Et auquel des anges a-t-il jamais dit : Assied-toi à ma droite, jusqu'à ce que j'aie mis tes ennemis comme marchepied de tes pieds? Ne sont-ils pas tous des esprits destinés à servir, envoyés en mission à cause de ceux qui doivent hériter du salut?
    »

    - Hébreux 1,5-14


    «Qu'est-ce donc que la Loi? C'est en vue des transgressions qu'elle a été ajoutée, jusqu'à ce que vint la Descendance à laquelle était destinée la Promesse. Elle a été édictée par le ministère des anges, au moyen d'un médiateur

    - Galates 3,19
Quant à l'application particulière dans le grand schéma :

Les contemporains de Jean font relecture de leur situation particulière. Par exemple, chacun peut relire sa propre histoire comme celle d'Israël et à la lumière de ce que le Christ transmet à Jean, qui est ensuite transmis aux anges ...

Et ce qui arrive «bientôt» pour chaque église (ce qui advient sûrement) mais ce sont les conséquences bonnes ou mauvaises que le Christ met en évidence dans chacun des messages, dans chaque période de l'histoire, pour chacun.

Exemple :

Thyatire (ou les Hébreux sous la royauté de David, Salomon ... Achab ...) :

La communauté a pour elle quantité d'oeuvres (charité, foi, service, constance) en progrès continuel. Mais elle fait place à l'action de la fausse prophétesse Jézabel. Le Christ menace celle-ci, ses amants et ses fils d'un terrible châtiment lors de sa venue. Aux fidèles il recommande de garder ce qu'ils ont, sans ajouter d'autres fardeaux. La promesse pour eux est que le vainqueur parmi eux aura le pouvoir sur les nations et l'étoile du matin. Il advient bientôt que le vainqueur de ce temps (comme le prophète Élie, tiens!) aura le pouvoir sur les nations et il aura l'étoile du matin. Ici : Élie sera bientôt juge des nations et il verra bientôt le Fils de David dont le royaume ne passera pas (= étoile du matin)
  • Nombres 24:17
    Je le vois, mais non maintenant, Je le contemple, mais non de près. Un astre sort de Jacob, Un sceptre s'élève d'Israël. Il perce les flancs de Moab, Et il abat tous les enfants de Seth.
Pour Jézabel en son temps, il adviendra bientôt qu'elle recevra le châtiment suggéré. C'était vrai pour Jézabel, ce l'est pour ses fils, ce le sera aussi pour ses héritiers spirituels de l'an 2000.
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Salut Cinci,

Je ne pense pas que vous ayez répondu à la question que je vous posais.

Cela dit qu’est-ce donc que l’ange de l'assemblée dans Apoc 2 et 3 ? À proprement parler, ce n’est pas un symbole. L’étoile est le symbole, et elle est vue ici dans la main de Christ. L’ange est le représentant mystique de quelqu’un qui n’est pas en scène présentement. C’est ainsi que ce mot est toujours employé lorsqu’il ne s’agit pas, d’une manière positive, d’un messager céleste ou terrestre. Nous le voyons dans les expressions : l’Ange de l’Éternel, leurs anges (en parlant des petits enfants), l’ange de Pierre. D’après leur position, les anciens peuvent avoir été pratiquement responsables ; mais l’ange représente l’assemblée, et surtout ceux que Christ a devant les yeux quand il regarde à l’état de l’assemblée devant Lui, à cause de leur proximité de lui et de leur communion avec lui, ou à cause de leur responsabilité d’être tels par l’opération de son Esprit en eux, pour son service. Nul doute que l’assemblée ne soit responsable, et par conséquent la lampe est ôtée, quand le manque de fidélité est devenu son état, mais Christ, en rapport avec cet état, est en relation immédiate avec ceux dont nous avons parlé — pensée solennelle pour tous ceux qui ont à cœur le bien de l’assemblée.

En résumé dans ces passages, le mot "ange" (que l'on peut traduire aussi par "messager", n'est pas un esprit contrairement à d'autres passages du livre, mais le représentant administratif symbolique de l'assemblée, l'élément responsable de l'assemblée, sans qu'il s'agisse de personnes particukières;

La manière dont les anges et les assemblées sont identifiés, et certaines distinctions dans le degré ou la manière dont ils le sont, demandent quelques détails de plus. Qu’en s’adressant aux anges, le Seigneur parle aux assemblées dans leur responsabilité générale, c’est une chose évidente, car il est dit : «Ce que l’Esprit dit aux assemblées».


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Re: Les églises des trois premiers siècles

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gérardh
Je ne pense pas que vous ayez répondu à la question que je vous posais.
C'est soit que votre question n'était pas assez claire, soit que vous n'aurez pas compris la réponse. Il se peut que je sois passé à côté de la question, comme il se peut que je n'aie pas été assez clair. Tout se peut.


Votre question :
L'Apocalypse est en effet une révélation de Dieu "pour montrer à ses esclaves les choses qui vont arriver bientôt". Le sommaire du livre est indiqué en 1, 19 : " Écris donc les choses que tu as vues, et les choses qui sont, et les choses qui doivent arriver après celles-ci". Comment insérez vous votre application dans ce plan général et cette intention initiale ?
La situation c'est celle de Jean qui doit annoncer la bonne nouvelle de Jésus Christ à des Juifs, au Ier siècle, Donc, le plan général c'est le Christ qui ouvre le sens véritable des Écritures (= Ancien Testament) aux enfants d'Abraham. Le Christ fait avec Jean ce qu'il fait avec les disciples d'Emmaüs en quelque sorte. Et Jésus lui commande de transmettre à tous ce sens ultime et véritable des Écritures.

En particulier :

L'auditeur juif de Jean, un juif du Ier siècle, à l'instar des Béréens, fait relecture de l'histoire d'Israël à partir de la clé de lecture présentée par Jean. Le juif du Ier siècle considère aussi bien les errements passé du temps des rois d'Israël (= Thyatire; la prostitution aux idoles) , tout comme il considère la compromission/prostitution des prêtres du Temple avec l'occupant romain («Nous n'avons d'autre roi que César!», glapissent les prêtres du Temple à Ponce Pilate) Moralité? Il faut sortir de cet état de prostitution spirituelle avec le monde. Comment? En devenant vainqueur avec Celui qui est le vainqueur par excellence du monde, du Diable et de la mort.

Et ce qui doit arrivé bientôt? Quid? de quoi s'agit-il?

Eh bien, l'auditeur juif de Jean, qui l'on placera lui-même dans la fenêtre de Laodicée, il peut entendre la voix du Christ. Il arrive bientôt qu'écoutant la voix et ouvrant la porte : Jésus entrera chez lui et dînera chez lui. Il arrive bientôt que les Juifs de Bérée passent à la Seigneurie du Christ, Il arrive bientôt ceci; mais tout comme il arriva bientôt que l'Israël du temps de rois fût châtié par la déportation à Babylone, et ce, comme les prophètes l'avaient annoncé (ce que les dirigeants hébreux refusaient de croire à l'époque, préférant tuer les porteurs de mauvais présages au lieu de revenir de leur prostitution).

A propos de :

"Écris donc les choses que tu as vues, et les choses qui sont, et les choses qui doivent arriver après celles-ci".

C'est l'ordre du Seigneur Jésus donné à Jean, au sujet de tout ce qu'il sait : ce qu'il a vu, touché du doigt, compris; la révélation qui lui a été faite par Jésus en personne. Le choses qui arrivent après celles-ci : c'est la séquence explicative. Après la prostitution des rois d'Israël, la déportation à Babylone. Après l'audition de la voix, après avoir ouvert la porte, Jésus peut enfin entrer pour diner. Après la victoire de l'Agneau, la Jérusalem céleste peut descendre du ciel comme une mariée prête pour la noce, et venir faire son habitation parmi les hommes. Après la glorification de Jésus par son Père, la Pentecôte (descendu du ciel, épousaille, noce, vin doux, parmi les hommes, toutes les langues, etc.)
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Re: Les églises des trois premiers siècles

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La question :
L'Apocalypse est en effet une révélation de Dieu "pour montrer à ses esclaves les choses qui vont arriver bientôt".
Jean fait le récit de sa vision. Et sa vision nous transporte dans le passé, c'est à dire dans un temps qui précède l'événement de la croix. Les lettres aux églises vont nous situer dans un temps d'attente de la venue du messie pour commencer. Jésus demande à Jean de faire connaître ce qui va se produire bientôt. Or il va se produire bientôt que Jésus va être glorifié, élevé à la droite de Dieu, que l'ère nouvelle va s'ouvrir, que les justes du temps de l'Ancien Testament vont entrer dans la vie éternelle avec Jésus, etc. C'est la structure du texte qui est faite comme ça, C'est le procédé littéraire.

L'Apocalypse présente le Christ comme l'aboutissement ultime de l'espérance des prophètes, des martyrs. C'est comme si le temps était aboli. Jésus peut alors s'adresser à des générations d'il y a 3000 ans comme si c'était aujourd'hui, le lecteur de l'Apocalypse de l'an 2000 peut vivre l'événement au présent de son côté. Le temps ne compte pas ici.
Le sommaire du livre est indiqué en 1, 19 : " Écris donc les choses que tu as vues, et les choses qui sont, et les choses qui doivent arriver après celles-ci".
C'est ce qui doit se produire dans la suite, soit les forces liguées contre le Christ avant la croix, et après la défaite de Satan, la victoire de Jésus. Tout se déroule dans l'ordre.
Comment insérez vous votre application dans ce plan général et cette intention initiale ?
Chaque lecteur particulier de l'Apocalypse peut lire «au présent» ce qui se déroule en face de lui, dans les chapitres du livre. Chacun peut s'Intégrer dans cette histoire. Chacun peut être le témoin fidèle en réponse, et qui lui aussi doit lutter, résister, tenir bon, se reprendre, jusqu'à la venue du Christ chez lui, en gloire, avec tous les saints, etc. Il n'y a pas un événement de la fin à attendre pour l'an 2550 après Jésus. C'est pour chacun que Jésus advient. Jésus ne cesse pas d'arriver.
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Re: Les églises des trois premiers siècles

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C'est le Dieu qui était, qui est et qui vient. Alors, Jean peut marier le passé avec le présent et le futur,
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Re: Les églises des trois premiers siècles

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Bonjour Cinci,

Voici quelques remarques par rapport à votre lecture de l’Apocalypse, et notamment des messages aux 7 églises d’Asie mineure dans les chapitres 2 et 3. Vous écrivez :
La situation c'est celle de Jean qui doit annoncer la bonne nouvelle de Jésus Christ à des Juifs, au Ier siècle
Cette révélation n’est pas essentiellement une annonce de la bonne nouvelle, à savoir l’évangile de la grâce, mais une annonce de jugements. Elle ne s’adresse pas essentiellement à des juifs (très minoritaires dans les églises d’Asie), mais aux « esclaves de Dieu », c’est à dire les chrétiens en général, et/ou plus spécifiquement dans ces chapitres leurs communautés d’Asie (au travers de leurs « anges », sujet dont nous avons déjà parlé). Au-delà la révélation s’adresse aux chrétiens de toutes les époques, et même à « quiconque » (22,18-19). Il y a eu d’autres moyens beaucoup plus clairs pour annoncer aux juifs l’évangile de la grâce, notamment les discours de Pierre, Paul et Etienne dans les Actes, et aussi bien sur les épîtres et les Evangiles.

Au sujet du verset : "Écris donc les choses que tu as vues, et les choses qui sont, et les choses qui doivent arriver après celles-ci". Vous amorcez une explication des choses vues et des choses qui doivent arriver, mais vous omettez « les choses qui sont ». Or ce sont précisément elles qui font l’objet des chapitres 2 et 3 du livre.

Au total, il vous faudrait bien d’autres explications, et les relier plus étroitement aux circonstances de l’AT, pour étayer significativement votre lecture. En attendant je reste bien attaché à une autre lecture de ces chapitres (peut-être compatible avec la vôtre) qui y voit un résumé de l’histoire de l’Eglise (ou de la chrétienté) responsable sur la terre. Je suggère que vous regardiez de plus près, et sans a priori, cette lecture.


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Re: Les églises des trois premiers siècles

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Salut gérardh,

Vous pensez à quoi en parlant de choses qui sont?
gerardh
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Re: Les églises des trois premiers siècles

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Salut Cinci,

Pour moi, "les choses qui sont" sont l'ère chrétienne, le temps de la grâce, dans lesquelles nous nous trouvons actuellement : le temps de l'Eglise. Cette période a débuté à la Pentecôte d'Actes 2, avec la venue du Saint Esprit sur les croyants et sur leur communauté. Elle se terminera avec le retour du Seigneur Jésus sur les nuées pour enlever son Eglise (les chrétiens), et l'emmener dans la maison du Père, comme cela est décrit notamment en 1 Thessaloniciens 4, 13-18.


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Cinci
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Re: Les églises des trois premiers siècles

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Salut gérardh,

Alors d'accord!

Mon auteur dont j'essaie de suivre la trame racontera que tout le texte de l'Apocalypse en entier n'est que la révélation du Christ, c'est à dire le sens de l'aventure humaine, depuis les origines jusqu'à Jésus. C'est le Christ qui donne son sens à toute l'histoire du salut, pour les Juifs aussi bien que pour les païens. Alors Jésus nous explique les Écritures (= Ancien Testament).

J'ai cru comprendre que ces «choses qui sont», ou ce que vous nommerez «l'ère chrétienne» ou «le temps de la grâce», gérardh, représenterait alors l'épisode finale. Parlons ici de la peinture d'une Jérusalem céleste qui descend du ciel. C'est la fiancée parée pour la noce et qui dit «Viens, Seigneur Jésus!; Maranatha!» Si vous voulez, la finale du livre de l'Apocalypse : c'est la Pentecôte. Ce que vous pourriez vivre comme chrétien ensuite, vous, moi et n'importe qui d'autre se trouve contenu dans cette scène finale. Et nous ne pourrions dépasser cette tombée de rideau,

La vraie vie commencerait dans cette relation nuptiale avec le Christ, et que l'Église expérimente, déjà, dès ici-bas. C'est cette réalité relationnelle vivante qui importerait. Rien d'autre! Le texte de l'Apocalypse n'aurait pas pour fonction de nous révéler un scénario futuriste. Attention! Ce n'est pas que Jean est censé refuser d'envisager une fin de l'histoire, le Christ revenant comme il est parti. Non, mais juste que son texte apocalyptique, en lui-même, ne nous parlerait pas d'un scénario du futur, pas avec des étapes établies d'avance en tout cas et pour que nous puissions soi-disant bâtir un agenda. En ce sens, mon auteur affirme que Jean aura voulu faire une «anti-Apocalypse» justement, et «anti» en comparaison des textes apocalyptiques juifs qui circulaient dans son temps.

C'est une autre façon d'appréhender le texte.

C'est une façon séduisante de le faire et selon le dire de quelques exégètes professionnels. C'est intéressant. C'est inspirant. Ça ne veut pas dire que c'est toute la vérité et juste la vérité, sûr et certain, garantie infaillible. Non, mais moi je trouve que c'est une façon d'aborder l'Apocalypse d'une façon stimulante.
gerardh
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Re: Les églises des trois premiers siècles

Message non lu par gerardh »

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Bonjour Cinci, vous écrivez :
J'ai cru comprendre que ces «choses qui sont», ou ce que vous nommerez «l'ère chrétienne» ou «le temps de la grâce», gérardh, représenterait alors l'épisode finale.
Vous avez très mal compris : voir par exemple les chapitres 4 à 21 du livre de l'Apocalypse.


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Cinci
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Re: Les églises des trois premiers siècles

Message non lu par Cinci »

Salut gérardh,

Vous ne me semblez pas tellement en état de réceptivité ou de partage avec un tel commentaire. Mais pas comme on le dirait de deux égaux. J'éprouve un petit ennui avec le genre de dynamique que vous me montrez là cf «Allez lire le livre ...». Sûrement que je dois lire Tintin en attendant!

Si vous pensez détenir le vrai sur tout, à propos d'un livre comme l'Apocalypse de Jean en particulier, si vous pensez tenir une mine d'or avec les vues personnelles de Darby : très bien! Et alors ce sera votre bon plaisir de le croire. Tant mieux pour vous! Comme disait quelque'un : la meilleure des versions de la Bible c'est celle qui vous pousse à lire. Je pourrais rajouter : la meilleure des théories d'exégèse c'est celle qui vous pousse à creuser.
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Re: Les églises des trois premiers siècles

Message non lu par gerardh »

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Cinci,

J'ai simplement réagi à l'expression "épisode final" que vous avez employée. Après le temps de l'Eglise, il y aura aussi les épreuves apocalyptiques, puis le royaume millénaire, puis l'état éternel.



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Re: Les églises des trois premiers siècles

Message non lu par Cinci »

gérardh,

J'ai perçu autre chose avec ces suggestions d'aller voir ailleurs, ensuite d'aller lire un texte que je suis justement en train d'examiner. Désolé mais je m'attendrais à autre chose en fait d'interaction quand même.

:siffle:
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