par prodigal » dim. 13 juil. 2014, 19:24
C'est bien entendu avec vous que je suis d'accord, Cinci. Si la distinction des pouvoirs s'accompagnait d'une confusion de fait, elle serait alors purement théorique, et l'un des deux pouvoirs serait l'esclave de l'autre. Si c'est le politique qui est au service du religieux, il y aurait peut-être moindre mal selon vous Suliko (pas selon moi) mais cela impliquerait une Eglise de puissants, qui attirerait les ambitions égoïstes, et, comme le montre la parabole du grand inquisiteur dans Dostoievski, le Christ revenant dans une telle société serait à nouveau crucifié. Et si c'est le spirituel qui est au service du politique, cela s'appelle totalitarisme.
C'est pourquoi il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, en se souvenant que "mon Royaume n'est pas de ce monde".
Le rapport avec la liberté de l'esprit, et donc aussi avec la liberté religieuse, est qu'il n'y a que si les pouvoirs sont réellement séparés que l'on est préservé du despotisme. Concrètement, cela veut dire que si l'on a raison, et si l'on accepte de le montrer pacifiquement en expliquant ce que l'on pense, on sera mis à mort dans le régime que vous préconisez, Suliko, pour peu que la vérité que l'on a à dire déplaise aux puissants. Vouloir tuer la vérité et par voie de conséquence ceux qui la disent, c'est cela qui est une atteinte à la liberté de l'esprit, péché qui, selon les écritures, ne sera jamais pardonné.
J'ajouterai ceci, pour que vous ne confondiez pas la séparation des pouvoirs avec l'indifférentisme : il est évidemment permis à l'Eglise de combattre ce qu'elle juge être l'erreur, puisque je viens d'expliquer que c'est permis à un simple particulier. De même, l'harmonie entre les deux pouvoirs vaut évidemment mieux que leur opposition.
Enfin, Suliko, il est un point sur lequel sans doute je vous rejoindrai un petit peu : c'est que la laïcité telle qu'elle est définie en république va plus loin que la simple séparation des pouvoirs. Elle interdit qu'on prenne en compte l'autorité de l'Eglise pour prendre des décisions politiques, et donc celle-ci doit s'en remettre à des arguments rationnels si elle veut participer aux débats publics. Est-ce tant pis ou tant mieux? Pour moi c'est tant mieux.
C'est bien entendu avec vous que je suis d'accord, Cinci. Si la distinction des pouvoirs s'accompagnait d'une confusion de fait, elle serait alors purement théorique, et l'un des deux pouvoirs serait l'esclave de l'autre. Si c'est le politique qui est au service du religieux, il y aurait peut-être moindre mal selon vous Suliko (pas selon moi) mais cela impliquerait une Eglise de puissants, qui attirerait les ambitions égoïstes, et, comme le montre la parabole du grand inquisiteur dans Dostoievski, le Christ revenant dans une telle société serait à nouveau crucifié. Et si c'est le spirituel qui est au service du politique, cela s'appelle totalitarisme.
C'est pourquoi il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, en se souvenant que "mon Royaume n'est pas de ce monde".
Le rapport avec la liberté de l'esprit, et donc aussi avec la liberté religieuse, est qu'il n'y a que si les pouvoirs sont réellement séparés que l'on est préservé du despotisme. Concrètement, cela veut dire que si l'on a raison, et si l'on accepte de le montrer pacifiquement en expliquant ce que l'on pense, on sera mis à mort dans le régime que vous préconisez, Suliko, pour peu que la vérité que l'on a à dire déplaise aux puissants. Vouloir tuer la vérité et par voie de conséquence ceux qui la disent, c'est cela qui est une atteinte à la liberté de l'esprit, péché qui, selon les écritures, ne sera jamais pardonné.
J'ajouterai ceci, pour que vous ne confondiez pas la séparation des pouvoirs avec l'indifférentisme : il est évidemment permis à l'Eglise de combattre ce qu'elle juge être l'erreur, puisque je viens d'expliquer que c'est permis à un simple particulier. De même, l'harmonie entre les deux pouvoirs vaut évidemment mieux que leur opposition.
Enfin, Suliko, il est un point sur lequel sans doute je vous rejoindrai un petit peu : c'est que la laïcité telle qu'elle est définie en république va plus loin que la simple séparation des pouvoirs. Elle interdit qu'on prenne en compte l'autorité de l'Eglise pour prendre des décisions politiques, et donc celle-ci doit s'en remettre à des arguments rationnels si elle veut participer aux débats publics. Est-ce tant pis ou tant mieux? Pour moi c'est tant mieux.