par Cgs » mer. 21 mai 2014, 17:52
Bonjour,
marie du hellfest a écrit :
Par exemple, j'ai vu que certaines médecines orientales ou techniques de guérisseurs étaient traitées comme de la magie (qui donc signifie pacte avec des démons et tout le tralala). Mais à partir du moment où :
1. on ne sait pas exactement comment ils font, donc on est pas vraiment en mesure de connaitre les moyens employés et
2. on est parfaitement conscient maintenant que nos connaissances scientifiques sont encore insuffisantes pour expliquer la totalité du monde
normal (donc notre monde réel à nous, si on croit aux démons et autres entités et à leur monde à eux)
Pourquoi les autorités de l'Eglise, au lieu de dire - à la rigueur - que dans le doute, il veut mieux s'abstenir d'utiliser ce genre de médecine, affirme : on peut pas l'expliquer donc c'est forcément magique donc c'est pas bien ?
Et à partir du moment où on admet que certains passages sont plus symboliques que littéraux, comment peut-on affirmer que ce passage précis, là, c'est bien à prendre au 1er degré ?
Je me souviens encore de l'intervention d'un jeune chrétien sur le sujet du Hellfest, qui avait osé dire que Satan n'existait pas en vrai et que c'était lui aussi une métaphore. Misère, qu'est-ce qu'il avait pas dit ... les réactions n'ont pas tardé à pleuvoir (avec toute la charité dont étaient capables de faire preuve certains

) : "vous êtes sûr que vous avez lu la Bible ?", "Et vous vous dites catholique ?" etc ...
Donc ma question est : sur quoi vous basez-vous pour dire que tel passage est à comprendre tel quel et quel passage est à interpréter ?
Il faut comprendre l'Ecriture non comme un ensemble d'écrits qui ont du sens et qui relatent une histoire (l'histoire du salut, l'histoire de la relation Dieu-homme), mais comme la Parole de Dieu Elle-même. Cette parole s'est incarnée en Jésus-Christ, elle est donc vivante à jamais. Conséquence : elle ne peut pas être séparée de l'Eglise. Le texte n'est pas un texte figé dans le marbre (comme il l'est dans l'islam), mais il est sujet à interprétations et ces interprétations peuvent évoluer, comme évolue l'Eglise. Telle est notre foi.
La réponse à votre question est donc simple : on lit les Ecritures avec la sagesse bi-millénaire de l'Eglise. Vous allez rétorquer que selon les époques, beaucoup d'interprétations ont foisonné, pas toutes cohérentes. Certes, c'est vrai. Mais deux choses :

aucune de ces interprétations ne touche le fond de la foi. La doctrine catholique n'a jamais dévié ; elle s'est précisée, développée, mais jamais contredite. C'est une promesse de Notre Seigneur Jésus-Christ à Saint Pierre.

il faut bien distinguer ce qui relève du dogme, conservé et transmis par l'Eglise instituée, et les interprétations des individus eux-mêmes (tel évêque, tel prêtre, tel théologien se hasarde à une théorie...). Autant le dogme est de foi, autant les développements historiques sont à discerner dans la durée.
Dès lors, il n'est pas étonnant que l'on ait pu considérer certains passages (au hasard la Création) comme littérale à certaines époques. Mais cela ne touchait pas à la foi. Le progrès scientifique n'a pas invalidé (et à mon sens n'invalidera jamais) le récit biblique, pour la simple raison que la science n'a pas la même optique que le texte sacré. Ce qu'elel dit me semble plutôt complémentaire, d'ailleurs.
Sur votre petite digression sur le New Age : l'Eglise ne dit pas ce que vous croyez. Le mieux est de lire ce qu'elle dit :
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... ge_fr.html
Quelques extraits si vous avez la flemme :
1.4. Le Nouvel Âge et la foi catholique
Même s'il est possible d'admettre que la religiosité Nouvel Âge répond, d'une certaine manière, aux désirs spirituels légitimes de la nature humaine, il est nécessaire de reconnaître que cette tentative s'inscrit toujours à l'opposé de la révélation chrétienne.
Un discernement chrétien approprié sur la pensée et la pratique Nouvel Âge ne manquera pas de reconnaître, comme pour le gnosticisme du second et du troisième siècle, qu'elles représentent un compendium de propositions que l'Église a qualifié d'hétérodoxes. Jean-Paul II met en garde contre « la question de la renaissance de certaines traditions du gnosticisme antique sous la forme de ce qu'on appelle le New Age ». « Il est impossible de se laisser bercer par l'illusion que ce retour de la gnose préluderait à un renouveau de la religion. Il s'agit tout simplement de la version moderne d'une attitude spirituelle qui, au nom d'une prétendue connaissance supérieure de Dieu, finit par rejeter définitivement sa Parole en la remplaçant par des paroles toutes humaines.
4
NOUVEL ÂGE
ET FOI CHRÉTIENNE EN CONTRASTE
Il est difficile de séparer les éléments singuliers de la religiosité Nouvel Âge – si innocents qu'ils puissent paraître – de la structure sous-jacente à toute la pensée du mouvement et admise par tous. La nature gnostique de ce mouvement nous invite à le considérer dans son entier. Du point de vue de la foi chrétienne, il n'est pas possible d'isoler quelques éléments de la religiosité Nouvel Âge, en les considérant acceptables, puis en rejeter d'autres. Comme le mouvement Nouvel Âge donne une grande importance à la communication avec la nature et à la connaissance cosmique d'un bien universel – niant ainsi les contenus révélés de la foi chrétienne – il ne peut pas être considéré comme positif ou inoffensif. Dans un contexte culturel marqué par le relativisme religieux, il est nécessaire de mettre en garde face à la tentative de placer la religiosité Nouvel Âge sur le même niveau que la foi chrétienne, faisant apparaître comme relative la différence entre foi et croyance, ce qui est source de confusion pour les personnes non averties. À cet égard, il est utile de se rappeler l'exhortation de saint Paul « pour enjoindre à certains de cesser d'enseigner des doctrines étrangères et de ne s'attacher à des fables et à des généalogies sans fin, plus propres à soulever de vains problèmes qu'à servir le dessein de Dieu fondé sur la foi » (1 Tm 1, 3-4). Certaines pratiques, labellisées à tort Nouvel Âge pour des raisons de stratégie commerciale de meilleure vente, ne correspondent pas vraiment à sa vision du monde. Cela ne fait qu'augmenter la confusion. Il est donc nécessaire d'identifier soigneusement ces éléments qui appartiennent au mouvement Nouvel Âge et qui ne peuvent être acceptés par ceux qui croient au Christ et en l'Eglise.
En résumé : ça part d'un bon sentiment, mais il faut discerner et être très prudent, car le gnosticisme est un ensemble. Toucher à une partie revient à toucher sa propre foi chrétienne.
En Christ,
Bonjour,
[quote="marie du hellfest"]
Par exemple, j'ai vu que certaines médecines orientales ou techniques de guérisseurs étaient traitées comme de la magie (qui donc signifie pacte avec des démons et tout le tralala). Mais à partir du moment où :
1. on ne sait pas exactement comment ils font, donc on est pas vraiment en mesure de connaitre les moyens employés et
2. on est parfaitement conscient maintenant que nos connaissances scientifiques sont encore insuffisantes pour expliquer la totalité du monde [u]normal[/u] (donc notre monde réel à nous, si on croit aux démons et autres entités et à leur monde à eux)
Pourquoi les autorités de l'Eglise, au lieu de dire - à la rigueur - que dans le doute, il veut mieux s'abstenir d'utiliser ce genre de médecine, affirme : on peut pas l'expliquer donc c'est forcément magique donc c'est pas bien ?
Et à partir du moment où on admet que certains passages sont plus symboliques que littéraux, comment peut-on affirmer que ce passage précis, là, c'est bien à prendre au 1er degré ?
Je me souviens encore de l'intervention d'un jeune chrétien sur le sujet du Hellfest, qui avait osé dire que Satan n'existait pas en vrai et que c'était lui aussi une métaphore. Misère, qu'est-ce qu'il avait pas dit ... les réactions n'ont pas tardé à pleuvoir (avec toute la charité dont étaient capables de faire preuve certains :/ ) : "vous êtes sûr que vous avez lu la Bible ?", "Et vous vous dites catholique ?" etc ...
Donc ma question est : sur quoi vous basez-vous pour dire que tel passage est à comprendre tel quel et quel passage est à interpréter ?[/quote]
Il faut comprendre l'Ecriture non comme un ensemble d'écrits qui ont du sens et qui relatent une histoire (l'histoire du salut, l'histoire de la relation Dieu-homme), mais comme la Parole de Dieu Elle-même. Cette parole s'est incarnée en Jésus-Christ, elle est donc vivante à jamais. Conséquence : elle ne peut pas être séparée de l'Eglise. Le texte n'est pas un texte figé dans le marbre (comme il l'est dans l'islam), mais il est sujet à interprétations et ces interprétations peuvent évoluer, comme évolue l'Eglise. Telle est notre foi.
La réponse à votre question est donc simple : on lit les Ecritures avec la sagesse bi-millénaire de l'Eglise. Vous allez rétorquer que selon les époques, beaucoup d'interprétations ont foisonné, pas toutes cohérentes. Certes, c'est vrai. Mais deux choses :
:arrow: aucune de ces interprétations ne touche le fond de la foi. La doctrine catholique n'a jamais dévié ; elle s'est précisée, développée, mais jamais contredite. C'est une promesse de Notre Seigneur Jésus-Christ à Saint Pierre.
:arrow: il faut bien distinguer ce qui relève du dogme, conservé et transmis par l'Eglise instituée, et les interprétations des individus eux-mêmes (tel évêque, tel prêtre, tel théologien se hasarde à une théorie...). Autant le dogme est de foi, autant les développements historiques sont à discerner dans la durée.
Dès lors, il n'est pas étonnant que l'on ait pu considérer certains passages (au hasard la Création) comme littérale à certaines époques. Mais cela ne touchait pas à la foi. Le progrès scientifique n'a pas invalidé (et à mon sens n'invalidera jamais) le récit biblique, pour la simple raison que la science n'a pas la même optique que le texte sacré. Ce qu'elel dit me semble plutôt complémentaire, d'ailleurs.
Sur votre petite digression sur le New Age : l'Eglise ne dit pas ce que vous croyez. Le mieux est de lire ce qu'elle dit :
http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/interelg/documents/rc_pc_interelg_doc_20030203_new-age_fr.html
Quelques extraits si vous avez la flemme :
[quote]
[b]1.4. Le Nouvel Âge et la foi catholique[/b]
Même s'il est possible d'admettre que la religiosité Nouvel Âge répond, d'une certaine manière, aux désirs spirituels légitimes de la nature humaine, il est nécessaire de reconnaître que cette tentative s'inscrit toujours à l'opposé de la révélation chrétienne.
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Un discernement chrétien approprié sur la pensée et la pratique Nouvel Âge ne manquera pas de reconnaître, comme pour le gnosticisme du second et du troisième siècle, qu'elles représentent un compendium de propositions que l'Église a qualifié d'hétérodoxes. Jean-Paul II met en garde contre « la question de la renaissance de certaines traditions du gnosticisme antique sous la forme de ce qu'on appelle le New Age ». « Il est impossible de se laisser bercer par l'illusion que ce retour de la gnose préluderait à un renouveau de la religion. [b]Il s'agit tout simplement de la version moderne d'une attitude spirituelle qui, au nom d'une prétendue connaissance supérieure de Dieu, finit par rejeter définitivement sa Parole en la remplaçant par des paroles toutes humaines.[/b]
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[b]4
NOUVEL ÂGE
ET FOI CHRÉTIENNE EN CONTRASTE[/b]
Il est difficile de séparer les éléments singuliers de la religiosité Nouvel Âge – si innocents qu'ils puissent paraître – de la structure sous-jacente à toute la pensée du mouvement et admise par tous. La nature gnostique de ce mouvement nous invite à le considérer dans son entier. Du point de vue de la foi chrétienne, il n'est pas possible d'isoler quelques éléments de la religiosité Nouvel Âge, en les considérant acceptables, puis en rejeter d'autres. Comme le mouvement Nouvel Âge donne une grande importance à la communication avec la nature et à la connaissance cosmique d'un bien universel – niant ainsi les contenus révélés de la foi chrétienne – il ne peut pas être considéré comme positif ou inoffensif. Dans un contexte culturel marqué par le relativisme religieux, il est nécessaire de mettre en garde face à la tentative de placer la religiosité Nouvel Âge sur le même niveau que la foi chrétienne, faisant apparaître comme relative la différence entre foi et croyance, ce qui est source de confusion pour les personnes non averties. À cet égard, il est utile de se rappeler l'exhortation de saint Paul « pour enjoindre à certains de cesser d'enseigner des doctrines étrangères et de ne s'attacher à des fables et à des généalogies sans fin, plus propres à soulever de vains problèmes qu'à servir le dessein de Dieu fondé sur la foi » (1 Tm 1, 3-4). Certaines pratiques, labellisées à tort Nouvel Âge pour des raisons de stratégie commerciale de meilleure vente, ne correspondent pas vraiment à sa vision du monde. Cela ne fait qu'augmenter la confusion. Il est donc nécessaire d'identifier soigneusement ces éléments qui appartiennent au mouvement Nouvel Âge et qui ne peuvent être acceptés par ceux qui croient au Christ et en l'Eglise.
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En résumé : ça part d'un bon sentiment, mais il faut discerner et être très prudent, car le gnosticisme est un ensemble. Toucher à une partie revient à toucher sa propre foi chrétienne.
En Christ,