L'illusion multiculturaliste

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Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » lun. 03 sept. 2012, 15:44

http://fr.wikipedia.org/wiki/Communauta ... iologie%29

Le problème se pose ici :

Selon les adversaires du communautarisme les droits d’un individu risquent de devenir différents en fonction de son appartenance à telle ou telle communauté, fondée sur une religion, une ethnie ou une communauté linguistique.

Pour les républicains, le communautarisme remet en cause l’espace public neutre, et empêche l’individu de se définir ou de se redéfinir : une fois membre d’une communauté, il devient difficile d’en sortir (par exemple, le Conseil français du culte musulman (CFCM), sous la pression de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), refuse d’accepter le droit à changer de religion pour les musulmans, et préfère que ne soit cité dans la charte, que la référence aux droits de l'Homme et non à la seule liberté de changer de religion car cela accréditerait l'idée qu'il y ait quelque chose en islam qui limite cette liberté4).

Mais la confrontation des différences entre ces communautés pose encore de nombreux problèmes (cf. les débats actuels, qui démontrent par leur simple présence que les « complexités » de la vie contemporaine dans une société de plus en plus « communautaire » ou ségrégée ne sont pas réglées), l'un de ces problèmes étant l'échelle que l'on adopte (mondialité, etc.) pour décrire les phénomènes de dissolution et de recomposition identitaires.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » lun. 03 sept. 2012, 15:32

Merci pour la demande de précision. Voilà :

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/cn ... me1988.htm


«... que la Loi canadienne sur les droits de la personne dispose que tous ont droit, dans la mesure compatible avec leurs devoirs et obligations au sein de la société, à l'égalité des chances d'épanouissement et que, pour assurer celle-ci, elle constitue la Commission canadienne des droits de la personne, laquelle est chargée de remédier à toute discrimination constituant une distinction fondée sur des motifs illicites tels que la race, l'origine nationale ou ethnique ou encore la couleur;

que le Canada est partie, d'une part, à la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, laquelle reconnaît que tous les hommes sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection de la loi contre toute discrimination et contre toute incitation à la discrimination et, d'autre part, au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, lequel dispose que les personnes appartenant à une minorité ethnique, religieuse ou linguistique ne peuvent être privées du droit d'avoir leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d'employer leur propre langue;

que le gouvernement fédéral reconnaît que la diversité de la population canadienne sur les plans de la race, de la nationalité d'origine, de l'origine ethnique, de la couleur et de la religion constitue une caractéristique fondamentale de la société canadienne et qu'il est voué à une politique du multiculturalisme destinée à préserver et valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens tout en s'employant à réaliser l'égalité de tous les Canadiens dans les secteurs économique, social, culturel et politique de la vie canadienne,

Sa Majesté, sur l'avis et avec le consentement du Sénat et de la Chambre des communes du Canada, édicte :



Déclaration

Article 3

(1) La politique du gouvernement fédéral en matière de multiculturalisme consiste :

a) à reconnaître le fait que le multiculturalisme reflète la diversité culturelle et raciale de la société canadienne et se traduit par la liberté, pour tous ses membres, de maintenir, de valoriser et de partager leur patrimoine culturel, ainsi qu'à sensibiliser la population à ce fait;

b) à reconnaître le fait que le multiculturalisme est une caractéristique fondamentale de l'identité et du patrimoine canadiens et constitue une ressource inestimable pour l'avenir du pays, ainsi qu'à sensibiliser la population à ce fait;

c) à promouvoir la participation entière et équitable des individus et des collectivités de toutes origines à l'évolution de la nation et au façonnement de tous les secteurs de la société, et à les aider à éliminer tout obstacle à une telle participation;

d) à reconnaître l'existence de collectivités dont les membres partagent la même origine et leur contribution à l'histoire du pays, et à favoriser leur développement;

[...] »



On parlera peut-être de ''communautarisme'' pour résumer un peu tout cela, en Europe.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » ven. 31 août 2012, 23:26

Cet artice m'avait échappé :

http://www.postedeveille.ca/2011/09/can ... lisme.html

Ce sont des musulmans qui dénonceraient le multiculturalisme cette fois. Voilà qui nous changerait un peu de l'ordinnaire.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Maxou » ven. 10 août 2012, 10:27

Relief a écrit :Aux USA - à l'exception de quelques minorités très récentes - il ne s'agit pas de multiculturalisme mais de multi-communautarisme. La différence ? Tous disent : I'm proud to be an American....et de voir des drapeaux US flotter sur des front yards de maisons appartenant à des non-WASP.
Le multicommunautarisme n'aurait-il pas l'avantage de sauvegarder la culture de chacun quand le mutliculturalisme est la négation des cultures aboutissant à la destruction de celles-ci ? Je ne suis pas loin de le penser même si néanmoins je ne suis pas un adepte non plus de cette juxtaposition de communautés.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Saint Silence » jeu. 26 juil. 2012, 20:56

Le multiculturalisme, c'est la culture barbare de l'économie fermée sur elle-même.
Chacun son kit spirituel dans le monde du Chiffre.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » mar. 19 juin 2012, 19:30

Ce discours hybride se retrouve également en France.




On pourrait dire que la république veut uniformiser le citoyen dans son principe même. Elle combat les disparités régionales, les diverses sous-cultures, les langues et patois anciens pouvant faire obstruction au seul véhicule de communication admissible, la langue française, etc. Les institutions nationales doivent travailler de sorte que les Français seront des Français d'abord, des amoureux de la mythologie nationale, le 14 juillet et tout.





Toutefois, dans le cadre du régime de l'empire français (les colonies, protectorat du Maroc, mandat au Liban, etc), alors le même gouvernement républicain français va se faire l'avocat et défenseur des groupes ethniques différents, travaillera afin de casser les reins des curés afin que ces derniers ne viennent pas nous embêter les pupilles musulmans de la république, afin que les autochtones puissent continuer à jouer du tam-tam, se vêtir de djellabas et pratiquer leur culte ancestral.

Dans l'empire, l'uniformisation est bonne pour les indo-européens et une poignée de gens colorés triés sur le volet (riches, etc) qui aura rompu les amarres avec les ancêtres, mais alors que la masse est encouragée plutôt à conserver ses superstitions. L'empire les aime comme dans l'état où Josephine Baker pouvait paraître sur scène la première fois, à poil, vêtu d'un pagne admettons, avec une souplesse de bête et des dons plus près de la nature (un peu comme les aborigènes australiens). L'empire est un arbitre qui aime bien se mêler de défendre tel petit groupe contre un autre, et pour acquérir ainsi une sorte d'aura de moralité.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » mar. 19 juin 2012, 19:02

Relief,
[...]

Oui, parce que le discours est à deux niveaux.


La culture de la république américaine proprement dite est uniformisateur We are all American ! La culture républicaine uniformise. Le multi-communautarisme ne ressort pas de la culture républicaine américaine proprement dite, non mais jamais dans son avatar historique normal.

C'est la morale mondialiste véhiculée par les amis de Wall Street - des néo-impérialistes - qui exigera bien le respect des petites manies, des rituels et mode de vie d'importation ou exotique. Le ''multi'' provient bien plutôt de la culture impériale britannique à l'origine.


La morale des banquiers impérialistes de la cité, à Londres, mais elle peut désormais se retrouver aussi chez leurs collègues américains. Il y a comme une affinité de vues ou d'intérêts entre amis anglo-saxons, au sommet, et ce, comme après la 2e Guerre mondiale principalement.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Nanimo » sam. 16 juin 2012, 22:30

Relief a écrit :Aux USA - à l'exception de quelques minorités très récentes - il ne s'agit pas de multiculturalisme mais de multi-communautarisme. La différence ? Tous disent : I'm proud to be an American....et de voir des drapeaux US flotter sur des front yards de maisons appartenant à des non-WASP.
Bonjour,
Vous faites une nuance très juste et bien observée. Toutefois, je peux vous assurer qu'aux États-Unis et au Canada anglais, ainsi que dans les autres pays d'immigration anglo-saxons, on parle de multiculturalisme sans complexe. Mais multi-communautarisme me paraît plus juste pour décrire l'état de fait. Voyez, comment l'on est passé insensiblement de la diversité, au multiculturalisme qui se révèlent en fin de compte être des termes menteurs pour ce qu'ils sont sensés décrire.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Relief » sam. 16 juin 2012, 18:34

Aux USA - à l'exception de quelques minorités très récentes - il ne s'agit pas de multiculturalisme mais de multi-communautarisme. La différence ? Tous disent : I'm proud to be an American....et de voir des drapeaux US flotter sur des front yards de maisons appartenant à des non-WASP.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » sam. 16 juin 2012, 18:05

“Ce qui est bon pour l'Amérique n'est pas nécessairement bon pour l'Europe!”
À la différence ici que le multiculturalisme n'est même pas bon pour le Québec pour commencer, pas plus que pour les États-Unis. Le multiculturalisme ? Ce n'est pas une pensée américaine. En fait, je dirais plutôt qu'il s'agit d'un leg des anciens empires coloniaux britanniques et français principalement.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Nanimo » sam. 16 juin 2012, 16:14

Bonjour,
Mon message était plutôt sommaire et je suis désolée s'il vous a plongée dans ce qui me paraît assez négatif. Ce n'était pas ce que je recherchais.
La diversité (ou multiculturalisme, selon le jargon actuel - admirez le glissement de sens) dont on nous rebat les oreilles, le Seigneur nous l'a déjà donnée; il suffit de regarder un peu pour s'en convaincre. Je suis toujours surprise de constater combien un soignant, un enseignant, un soldat, un paysan, et même l'épicier, l'est dans l'âme le plus souvent et même à son insu. Voilà la vraie diversité d'un groupe social et en même temps, son ciment. Le reste est du charabia.
NS n'a pas attendu les marchands du temple, ceux qui nous mènent par les indices de vente, pour nous dire ce qu'est la diversité.
Pour compléter mon message précédent : il y a un dicton en Amérique qui dit que “Ce qui est bon pour Ford (constructeur automobile) est bon pour l'Amérique”. Complétons : “Ce qui est bon pour l'Amérique n'est pas nécessairement bon pour l'Europe!”

Re: L'illusion multiculturaliste

par phox » jeu. 14 juin 2012, 16:30

Bonjour,

Je ne suis pas aussi doué que vous en ce qui concerne les textes et les écrits.
Je vais donc donner mon sentiment personnel sur cette question.
Si ce message ne convient pas par manque de substance ou d'exemple, dites-le moi et j'effacerai. Merci de votre compréhension.

J'ai lu ce matin sur un autre forum, le passage de l’Évangile selon Saint Marc, chapitre 10.21 dans le Nouveau Testament.

La lecture de vos messages m'amène à me dire que, s'il arrivait une chose inattendue, serais-je prêt, moi chrétien catholique, à faire le pas de laisser nos vielles terres d'occident à des personnes qui veulent imposer une autre religion ? Serais-je prêt à suivre le Christ, à laisser ces richesses que sont ces terres pour le suivre vers un Chemin que Lui seul connaît ?
Ne serait-ce pas une épreuve pour moi, qui suis dans le doute sans cesse dans ce monde de brut et d'argent ?

L'affrontement entre ces deux religions principalement, n'est-il pas d'ordre humain simplement, où l'une ou l'autre désire le pouvoir ?

Mais quant est-il de moi, qui aime son prochain et le voit comme un frère ? Que devrais-je faire ?
Me battre physiquement ou moralement pour défendre un idéal humain au risque de blesser ou tuer ? Mais cela est contre mon gré.
Rester neutre, conserver mon libre arbitre et devenir esclave, car je ne me convertirai pas ?
Ou alors tendre la joue droite après avoir reçu un coup sur la joue gauche et laisser tout ce que j'ai pour suivre les recommandations de Notre Seigneur ?

Je ne suis pas ou plus matérialiste mais lorsque le problème de l'espace terrien survient, comment puis-je réagir ? Où pourrais-je aller s'il advenait que la charia soit appliquée sur les Terres de France et d'Europe ?
Fuir et l'on pensera de moi que je suis lâche, alors que je ne veux le mal de personne. Combattre en tant que citoyen et ma conscience aura sans cesse un lot de victimes à penser ?

Je regrette parfois de pouvoir comprendre ou essayer de comprendre le monde qui m'entoure tellement cela me fait souffrir de voir ce que je peux voir ou entendre.
Puisse un jour l'Homme connaître la plénitude.

Merci de votre écoute et de vos éventuelles recommandations.

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » jeu. 14 juin 2012, 14:52

Encore :

  • La question de la compatibilité de l'islam avec les valeurs occidentales n'est pas un problème spécifiquement français : elle se pose dans tous les pays européens. En Allemagne, en octobre 2010, la chancellière Angela Merkel met en cause le multiculturalisme «qui a totalement échoué». En Grande Bretagne, en février 2011, le Premier ministre, David Cameron, en fait autant : «Au nom du multiculturalisme nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées. Nous avons échoué à leur donner la vision d'un société à laquelle elles auraient dû vouloir appartenir. Nous avons même toléré que ces communautés, parfois, bafouent nos valeurs.» Jugements partagé par le président de la république française : «le multiculturalisme a échoué en Europe et en France, car on s'est trop occupé de l'identité de celui qui arrivait et pas assez de l'identité du pays qui accueillait.» Et Nicolas Sarkozy de rajouter : «la question de l'islam est posée en France.»

    [...]

    Il reste que l'installation pacifique de l'islam en Europe, entamée il y a quelques décennies, est un phénomène récent à l'échelle des siècles. Justifie-il une durée suffisante pour qu'on en tire une leçon positive ?

    Alain Besançon, en historien, constate que la cohabitation pacifique de la religion chrétienne avec l'islam est exceptionnelle et ne dure pas longtemps. Jean Paul Roux, ancien directeur de recherche au CNRS, ancien professeur à l'école du Louvre, auteur de nombreux livres consacrés à l'Asie, dans un livre de synthèse sur les rapports entre l'Occident et l'islam depuis les origines, observe que «la guerre entre l'islam et la chrétienté n'a jamais pris fin». Si nous ne sommes plus en chrétienté, poursuit l'auteur, c'est une vision des occidentaux sur eux-mêmes : aux yeux des musulmans, les pays européens restent des pays chrétiens. Entre l'islam et la civilsation post-chrétienne, par conséquent, l'affrontement continue.

    Cet affrontement n'est pas nécéssairement guerrier. Il peut s'exercer par la séduction, par le rayonnement de la foi musulmane, par les vertus morales de ses adeptes. «Les musulmans, conclut Jean Paul Roux, espèrent qu'ils feront régner la charia sur les vieilles terres occidentales du Christ, ils croient qu'ils les conquerront comme ils ont conquis les vieilles terres orientales qui furent tous à Jésus, et où ils ont gagné la guerre.»

    - Jean Sévilla, id., p.332

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » jeu. 14 juin 2012, 4:34

Tant qu'à continuer de surfer un peu sur la vague populiste, ajoutons :

  • «... l'État a crée le Conseil français du culte musulman, mis sur les rails en 1999 par Jean Pierre Chevènement et lancé en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Depuis sa fondation, le CFCM est l'enjeu de luttes d'influence entre les trois principales organisations musulmanes. La grande mosquée de Paris, dont le recteur est de droit un Algérien nommé par son pays avec l'accord des autorités françaises; le Rassemblement des musulmans de France, contrôlé par le Maroc; enfin l'Union des organisations islamiques de France, soutenue par des fonds particuliers en provenance des pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite. Si l'intention était de prouver la capacité de l'islam à se fondre dans le paysage français, le CFCM ne fait pour l'instant qu'illustrer l'ancrage de cette religion dans le monde arabo-musulman.

    Plus de 90% des musulmans vivant en France adhèrent à l'islam sunnite. Celui-ci n'est pas organisé de manière hiérarchique : plusieurs écoles juridiques ou doctrinales coexistent au sein du sunnisme, délivrant des interprétations du Coran et de la Sunna qui peuvent radicalement diverger, et sans qu'une autorité reconnue par tous soit habilitée à les départager. Ce qui signifie que, en supposant résolues les rivalités internes qui paralysent le CFCM, celui-ci restrait incompétent pour orienter l'enseignement de l'islam, à supposer qu'il le veuille, dans le sens d'une compatibilité avec la société française. On ne fait jamais l'économie de l'histoire. Rien ne fera, pas même la volonté de l'État, que l'islam ne soit pas né dans une autre aire culturelle que la nôtre, et que sa transplantation ne pose des problèmes sans précédents.

    [...]


    La Bible affirme que l'homme a été crée à l'image de Dieu, ce qui lui confère sa dignité inaliénable, et donc sa liberté. La dignité du musulman, en revanche, procède non de sa nature, mais de sa soumission à la volonté de Dieu. L'islam n'est pas seulement une foi, mais une loi, un droit. Ce droit englobe toute la vie en société, ignorant la distinction entre Dieu et César : le Coran est un code religieux, mais aussi un code civil. Pour l'islam, la laïcité au sens occidental est inconcevable. Le musulman est d'abord membre de l'oumma, la communauté des croyants. C'est seulement à l'intérieur de l'oumma que les hommes sont frères. Mais l'oumma est une communauté de naissance dont on a pas le droit de sortir. «L'islam est la religion naturelle de l'être humain; rien ne saurait justifier un changement de religion», proclame l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme dans l'islam, adoptée en 1990, par l'Organisation de la Conférence islamique, qui regroupe 57 États.

    Un musulman ne peut renoncer à l'islam sans encourir la peine appliquée aux apostats. Un enfant de musulman sera obligatoirement musulman, une femme musulmane ne pourra épouser un non-musulman.

    «Le problème en ce qui concerne l'islam, commente Rémi Brague, est que les éléments incompatibles avec une société comme la nôtre ne sont pas du tout à sa périphérie, mais sont enracinés en son centre le plus profond.»


    [...]

    «... dans les années 2000, entre les naissances sur place et l'apport en provenance du Mahgreb, d'Afrique noire et de Turquie, on parvient au nombre de 5, 6 ou 7 millions de musulmans établis en France. A Roubaix, 50% des habitants appartiendraient à l'islam; à Marseille, 25%; en région parisienne, 10 à 15% [...]

    Deux mille cent mosquées sont dénombrées en 2008, alors qu'il en existait 900 en 1985 et 5 en 1965. D'après un récent sondage, 49% des musulmans ne vont jamais à la mosquée, mais 88% respectent le jeûne, les prières ou la pratique de l'aumône, contre 60% en 1989 [...] on observe globalement une réislamisation des musulmans [...] alors que les immigrants de naguère donnaient à leurs enfants des prénoms français - ainsi Marcel (Mouloudji) ou Isabelle (Adjani) - ceux d'aujourd'hui, soumis à la pression de leur milieu, leur attribut un prénom marquant leur appartenance à l'islam.

    [...]

    Numériquement, l'islam est la deuxième religion de France, représentant 8 à 10% de la population. Au regard de l'âge moyen de ses adeptes, et de la structure démographique d'une nation qui vieillit, ce pourcentage est appelé à augmenter. Dès 2020, il pourrait atteindre 20% , soit un habitant du pays sur cinq.»


    J.Sévilla, op.cit., pp. 324-329

Re: L'illusion multiculturaliste

par Cinci » mer. 13 juin 2012, 7:01

Christophe écrivait ceci :
l’autre grand danger est le morcellement de la société. En effet, sous l’influence de cette idéologie sont menées des politiques migratoires et d’assimilation totalement irresponsables dont le symptôme le plus criant est la montée des communautarismes qui va mettre durablement à mal la cohésion sociale et territoriale…

Il y a un chapitre de Jean Sévilla qui est intéressant à ce sujet :

  • «... au Xe siècle, la fusion des groupes germaniques et de la population gallo-romaine est parvenue à son terme. Le fond de la population française est formé : il ne bougera plus jusqu'au milieu du XIXe siècle [...] c'est à dire pendant les neuf dixièmes de l'existence historique de la France, la base populaire du pays reste identique, dans une société où seules les migrations sont intérieures, des campagnes vers la ville.

    [...]

    ... au XIXe siècle, alors que l'Europe connaît des migrations de grande ampleure (à l'origine du peuplement des États-Unis), la France ne participe pas du mouvement. En revanche, le pays subi une baisse démographique, fruit de la saignée des guerres napoléoniennes, mais aussi de comportements malthusiens en matière de natalité repérés dès le XVIIIe siècle.

    C'est dans ce contexte que s'amorce un courant d'immigration [...] 70 000 étrangers avant la Révolution, ils sont 381 000 au recensement de 1851. Leur nombre augmente ensuite rapidement : 1 million en 1881. C'est une immigration de voisinage : des Belges s'installent dans le Nord de la France, des Italiens dans le Sud-Est, des Espagnols dans le Sud-Ouest. Mais ce sont le plus souvent des jeunes travailleurs, célibataires ou ayant laissé leur famille, qui viennent constituer un pécule, puis repartent chez eux.

    [...]

    En 1931, pour une population d'environ 38 millions d'habitants, on compte 2,8 millions d'étrangers, mais la proportion de retour au pays reste forte. Le chiffre décroit avec la crise des années trente et la Seconde Guerre mondiale. Depuis la fin du XIXe siècle, toutefois, ceux des étrangers qui sont devenus français, se sont assimilés par le biais de l'école, du service militaire, du travail ou même de la guerre. D'après Jacques Dupâquier, leur apport global à la population est passé (incluant la somme des étrangers et des descendants d'étrangers naturalisés) de 2 millions en 1914 à 4 millions en 1950.

    A partir de 1956, l'expansion économique des Trente Glorieuses déclenche une troisième vague d'immigration. Il s'agit toujours d'une immigration de travail : gardant leur nationalité, les étrangers se fixent pour objectif de rentrer un jour chez eux. En 1976, ils sont 3,7 millions (7% de la population).

    C'est à partir de cette époque qu'intervient un double changement. En premier lieu dans l'origine des immigrés. Au début du siècle, toute la population allogène en France provient de pays européens. Au milieu des années 1970, les Portugais, les Espagnols et les Italiens forment encore 60% du total des étrangers installés en France, tandis que les Africains représentent 34% de ce total. En 1990, le rapport s'est modifié : 45% des immigrés viennent d'Afrique - 39% du Maghreb et 6% d'Afrique noire - 40% d'Europe et 11% d'Asie (dont 5% de Turquie). En second lieu, si l'immigration a théoriquement été stoppé en 1974, la législation adoptée en 1976 - le regroupement familial - modifie la perspective, les immigrés font venir leur famille. Or, en vertu de la loi, tout enfant né en France de parents étrangers peut accéder, à sa majorité, à la nationalité française.

    Dans les années 2000, le courant s'est encore accéléré et le changement de structure s'est accentué. Obtenir des chiffres officiels à ce sujet est pratiquement impossible : les différents organismes publics qui travaillent sur la question se concurrencent et ne suivent pas les mêmes méthodes d'analyse. Les statistiques comptabilisent ainsi comme immigrant toute personne étrangère née à l'étranger, mais pas les étrangers nés en France. Par ailleurs, la loi interdit d'introduire des critères d'origine ethnique dans les recensements. La démographe Michèle Tribalat explique l'absence de statistiques fiables par «la crainte d'affoler l'opinion».

    [...]

    Michèle Tribalat, en additionnant les immigrés, leurs enfants et leurs petits-enfants, parvient à la conclusion que la France compte 13.5 millions de migrants : 23% de la population métropolitaine, naturalisée ou non, est d'origine étrangère récente. Mais ces chiffres prennent tout leur sens s'il sont décomposés par générations : les immigrés les plus agés viennent d'Italie et d'Espagne, tandis que les plus jeunes sont originaires du Maghreb, d'Afrique noire, de Turquie et même de Chine. Ces données doivent être analysées sur le plan géographique : selon Michèle Tribalat, la proportion de jeunes issus de l'immigration atteint 37% en Île de France, 23% en Alsace et 20% en Rhône-Alpes.

    Situons-nous dans la longue durée. Entre environ le VIe siècle et le milieu du XIXe siècle, l'essentiel de la population de la France est resté inchangé. Entre la seconde moitié du XIXe siècle et les années 1960, une immigration variable dans le temps, majoritairement européenne, très minoritaire par rapport à la population globale, s'est exercée sur le terrotoire national, une partie des arrivés regagnant leur pays, l'autre s'assimilant. A partir des années 1970 a commencé une immigration de peuplement, majoritairement d'origine africaine, dont l'effet de concentration est tel qu'elle supplante la population d'origine française dans certains quartiers, dans certaines villes et dans certains départements.

    «Cette situation n'a pas d'équivalent dans l'histoire de la population française», constatait Jacques Dupâquier il y a vingt ans. Une situation que Fernand Braudel, avant 1985, commentait ainsi dans L'identité de la France : «Pour la première fois, je crois, sur un plan national, l'immigration à la France une sorte de problème ''colonial'', cette fois planté à l'intérieur d'elle-même». Les deux historiens ne sont plus. Que diraient-ils aujourd'hui ?

    [...]

    La société repose sur un certain nombre de règles communes, de valeurs partagées, de comportements collectifs librement acceptés. Pour reprendre la définition de Renan, si la nation est «la possession en commun d'un riche legs de souvenirs» et «le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis», est-il possible que des millions d'individus arrivés en l'espace de deux ou trois décennies, et en provenance d'un univers culturel différent, aient pu assimiler le «riche legs de souvenirs français» et «la volonté de continuer à faire valoir cet héritage» ?


    Jean Sévilla, Historiquement Incorrect, Paris, Fayard, 2011, pp. 286-291

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