ti'hamo a écrit :On m'avait appris à ne jamais commencer une rédaction par "de tout temps", mais soit.
. De tous temps les femmes ont eu une aptitude naturelle à la foi et à la crainte de Dieu : il serait bon de développer un peu :
on trouve aussi des hommes de foi ayant la crainte de Dieu ; il semble que l'aptitude à la foi est inscrite en l'homme, au sens d'être humain, et qu'il serait donc aussi vrai de dire aussi bien de l'homme que de la femme qu'ils ont "une aptitude naturelle à la foi".
Si on veut dire là une forme particulière d'une telle aptitude, ou plus forte, ou plus marquée, ou spécifique, alors il faut préciser ce qu'on entend par là, concrètement, et l'illustrer d'exemple.
. Cette condescendance pour les femmes des siècles passés m'étonne (ou pas tellement, en fait). Ces braves femmes fidèles et laborieuses, qui auraient continué d'œuvrer malgré la persécution des hommes, de tous les hommes de tous les siècles,
mais dont la persévérance s'expliquerait finalement par l'ignorance, notamment l'ignorance des Écritures.
Je serais bien curieux de savoir d'où vous vient l'idée (la certitude, même, visiblement) que jusqu'à présent et "depuis toujours" les femmes n'avaient pas eu accès aux Écritures. ? Pourrez-vous m'expliquer cela, au moins ?
Or, j'ai souvenir d'une lettre du IXe siècle, je crois (et si ce n'est pas le IXe, c'est le VIIIe ou le Xe), citée par Régine Pernoud dans un de ses livres, une lettre adressée par une femme de l'époque, en terre franque, à son fils, et constituant quasiment un traité d'éducation émaillé de nombreux conseils et exemples tirés de la Bible (et de l'observation de la nature, ce qui est assez amusant, quand l'exemple du soutien des amis dans l'épreuve est à la fois celui de David et Jonathan, et des cerfs qui s'aident pour traverser un fleuve).
On me dira, à toutes les époques il y a ceux qui ont accès à l'instruction et ceux qui n'y ont pas accès. Certes. Mais enfin, à lire les exemples bibliques qui lui viennent spontanément et tout naturellement à la plume, j'ai comme la très nette impression que l'accession des femmes à la connaissance des Écritures ne date pas d'aujourd'hui.
(Et même
qu'elle date un peu plus de cette époque que d'aujourd'hui : je doute que la plupart d'entre nous, hommes ou femmes, ayons une familiarité aussi grande et aussi spontanée avec les Écritures).
(
Je ne sais pas d'où viens cette habitude de notre époque de toujours s'imaginer avoir tout inventé et découvert, et de s'imaginer ses prédécesseurs comme des barbares ignorants.)
Si on en revient
aux faits, donc, rien qu'aux faits, il semble bien que l'idée que vous vous faites de la place des femmes dans l'Église, soit fondée d'abord sur une méconnaissance des faits et de l'Histoire.
Je réitère donc ma question :
à quel moment allons-nous passer aux choses sérieuses, à une vraie discussion, à une vraie réflexion - à commencer par un rappel historique du discours de l'Église sur la femme à travers les siècles, sur sa nature et son rôle, discours qu'on confrontera chaque fois à la place effective des femmes dans l'Église et à leur place dans la société, à toutes ces diverses époques.
Tant que nous n'avons pas commencé par cette discussion sur les faits, sur l'Histoire, je ne vois même pas comment nous pouvons prétendre discuter, sinon dans le vide et à partir de rien.