par Oedipe » mer. 02 mai 2012, 19:28
Bonjour à tous et que la Paix du Seigneur soit toujours avec nous !
Après une lecture attentive de toutes les propositions et suggestions faites par nos frères et soeurs chrétiens ci-dessus, voici quelques remarques complémentaires pour tenter de nous faire avancer.
Tout d'abord, il faudrait dissocier le fond de la forme de notre discours d'évangélisation. La forme semble être le point faible de l'Eglise catholique. Si nous regardons de près nos cousins protestants, ces derniers ont su s'affranchir des codes de l'establishment et n'hésitent pas à communiquer sur les miracles et les bienfaits de leur communauté. De ce fait ces techniques de communication s'inscrivent réellement dans une démarche de type commercial. Évidemment cela nous paraît en contradiction avec les Évangiles où Jésus invite chacune des personnes qu'il guérit à garder la plus grande discrétion sur le miracle ainsi produit. Cependant entre la grande timidité à communiquer grand publique chez les catholiques, notamment les prêtres, et l'exhubérances de certains évangélistes protestants, il y a deux mondes, et la voie la plus juste doit probablement se situer au milieu. En somme, c'est avant tout la manière de communiquer du clergé qu'il faudrait mettre au goût du jour. Pourquoi ne pas utiliser à cet effet des groupes de travail composés de prêtres, de croyants et de jeunes chrétiens issus des filières du marketing, afin de rendre tout cela à la fois efficace et conforme ? De plus le souffle de l'Esprit Saint ne doit pas nous économiser ce travail de rendre intelligible et accessible notre message.
Ce qui nous amène à un point de réflexion qui n'a pas encore été abordé. Je viens d'évoquer le rôle prépondérant du clergé dans cette mission. Dans cette optique cela concernerait tout le clergé jusqu'au Pape lui-même. En effet le discours de ce dernier encourage toujours les croyants dans leur ferveur, acquis de fait à sa cause. Mais son discours s'adresse-t-il réellement aux brebis égarées ? N'est-il pas trop élitiste ? Lorsqu'un adolescent ou un jeune adulte en construction et en quête de repères, se réfère au discours tronqué du Pape qu'il voit quelques minutes à la télévision, peut-on sincèrement imaginé qu'il puisse s'identifier à la fois au discours du Saint Père et à la fois au personnage-même du Pape ? Cela paraît fort peu probable. Or il demeure que les fidèles des autres branches du christianisme et de l'Islam s'identifient plus facilement à leurs orateurs. Il y a en cela une grande différence avec l'Eglise catholique. Certains contaisteront ce point en argumentant que le message du Christ serait perverti si nous tentions de communiquer autrement. Mais alors qu'en serait-il de l'audace à laquelle nous exhorte Jésus ?
Pour poursuivre sur les atouts du protestantisme ou de l'Islam, un autre point cité par les auteurs ci-dessus, notamment par vous Raistlin, concerne la communauté et la vie paroissiale. En effet pour ceux d'entre nous qui ont pu paratger un moment de prière avec des protestants ou des musulmans, les sentiments de ferveur et d'appartenance qui en ressortent sont très marquants. Et malheureusement comme cela a éte souligné par plusieurs d'entre nous plus haut, nos messes ne laissent pas transparaître un tel sentiment d'appartenance communautaire. Or il s'agit là d'un besoin fondamental de l´être humain que de se sentir appartenir à un groupe et y être ainsi reconnu. Le matérialisme de notre vie française, les petits groupes sur le parvis de l'Eglise, l'élitisme préservé entre le clergé et la bourgeoisie, sont autant d'ingrédients qui peuvent rebuter les futurs chrétiens de tous les milieux, cela avant même d'avoir été sensibilisé à la Parole. Autrement dit, il est possible que nos comportements de chrétiens parasitent l'accès aux Évangiles. Alors comment prétendre pouvoir évangéliser en pareille situation ?
Pour finir sur notre accessibilité, je terminerai par une richesse qui me paraît complètement être tombée en désuétude. Il s'agit du contenu et de la portée des homélies. Le sermon du curé comme nous le disions à une époque. Connecter la symbolique des paraboles, ainsi que l'exemplarité des paroles et comportements de Jésus, au quotidien des fidèles présents et à venir me paraît un enjeu central. Malheureusement, comme cela a été commenté précédemment, le discours du prêtre peut pêcher à cet endroit (sans mauvais jeu de mot). Soit les homélies manquent de concret pour que l'auditoire puisse accorder les Évangiles à leur quotidien, soit elles sont élitistes ou faites de concepts abstraits purs qui ne résonnent plus comme avant dans les oreilles des personnes assistant à la messe. L'Amour inconditionnel du Seigneur, la Résurrection, la Vie éternelle s'adressent à des initiés qui en comprennent le sens et qui vivent de cet Amour au quotidien. Mais sont-ils assimilables pour un novice ? Or le partage d'expériences de vie accessibles et universelles ne seraient-il pas une porte d'entrée pour une évangélisation vivante et percutante ?
Pour conclure, nous parlons sans cesse de l'influence de Jésus dans nos vies. A nous de savoir partager ce Souffle ainsi que le message infiniment riche de l'Évangile. La prière, la Carême et les autres points du dogme viendront bien après. Enfin, évangéliser suppose de savoir accueillir autrui dans sa différence, ses péchés et son absence de connaissance du divin. Il est possible que nos préjugés mettent en échec tout cela avant même d'avoir su utiliser le Verbe pour annoncer la Bonne Nouvelle.
Fraternellement.
Bonjour à tous et que la Paix du Seigneur soit toujours avec nous !
Après une lecture attentive de toutes les propositions et suggestions faites par nos frères et soeurs chrétiens ci-dessus, voici quelques remarques complémentaires pour tenter de nous faire avancer.
Tout d'abord, il faudrait dissocier le fond de la forme de notre discours d'évangélisation. La forme semble être le point faible de l'Eglise catholique. Si nous regardons de près nos cousins protestants, ces derniers ont su s'affranchir des codes de l'establishment et n'hésitent pas à communiquer sur les miracles et les bienfaits de leur communauté. De ce fait ces techniques de communication s'inscrivent réellement dans une démarche de type commercial. Évidemment cela nous paraît en contradiction avec les Évangiles où Jésus invite chacune des personnes qu'il guérit à garder la plus grande discrétion sur le miracle ainsi produit. Cependant entre la grande timidité à communiquer grand publique chez les catholiques, notamment les prêtres, et l'exhubérances de certains évangélistes protestants, il y a deux mondes, et la voie la plus juste doit probablement se situer au milieu. En somme, c'est avant tout la manière de communiquer du clergé qu'il faudrait mettre au goût du jour. Pourquoi ne pas utiliser à cet effet des groupes de travail composés de prêtres, de croyants et de jeunes chrétiens issus des filières du marketing, afin de rendre tout cela à la fois efficace et conforme ? De plus le souffle de l'Esprit Saint ne doit pas nous économiser ce travail de rendre intelligible et accessible notre message.
Ce qui nous amène à un point de réflexion qui n'a pas encore été abordé. Je viens d'évoquer le rôle prépondérant du clergé dans cette mission. Dans cette optique cela concernerait tout le clergé jusqu'au Pape lui-même. En effet le discours de ce dernier encourage toujours les croyants dans leur ferveur, acquis de fait à sa cause. Mais son discours s'adresse-t-il réellement aux brebis égarées ? N'est-il pas trop élitiste ? Lorsqu'un adolescent ou un jeune adulte en construction et en quête de repères, se réfère au discours tronqué du Pape qu'il voit quelques minutes à la télévision, peut-on sincèrement imaginé qu'il puisse s'identifier à la fois au discours du Saint Père et à la fois au personnage-même du Pape ? Cela paraît fort peu probable. Or il demeure que les fidèles des autres branches du christianisme et de l'Islam s'identifient plus facilement à leurs orateurs. Il y a en cela une grande différence avec l'Eglise catholique. Certains contaisteront ce point en argumentant que le message du Christ serait perverti si nous tentions de communiquer autrement. Mais alors qu'en serait-il de l'audace à laquelle nous exhorte Jésus ?
Pour poursuivre sur les atouts du protestantisme ou de l'Islam, un autre point cité par les auteurs ci-dessus, notamment par vous Raistlin, concerne la communauté et la vie paroissiale. En effet pour ceux d'entre nous qui ont pu paratger un moment de prière avec des protestants ou des musulmans, les sentiments de ferveur et d'appartenance qui en ressortent sont très marquants. Et malheureusement comme cela a éte souligné par plusieurs d'entre nous plus haut, nos messes ne laissent pas transparaître un tel sentiment d'appartenance communautaire. Or il s'agit là d'un besoin fondamental de l´être humain que de se sentir appartenir à un groupe et y être ainsi reconnu. Le matérialisme de notre vie française, les petits groupes sur le parvis de l'Eglise, l'élitisme préservé entre le clergé et la bourgeoisie, sont autant d'ingrédients qui peuvent rebuter les futurs chrétiens de tous les milieux, cela avant même d'avoir été sensibilisé à la Parole. Autrement dit, il est possible que nos comportements de chrétiens parasitent l'accès aux Évangiles. Alors comment prétendre pouvoir évangéliser en pareille situation ?
Pour finir sur notre accessibilité, je terminerai par une richesse qui me paraît complètement être tombée en désuétude. Il s'agit du contenu et de la portée des homélies. Le sermon du curé comme nous le disions à une époque. Connecter la symbolique des paraboles, ainsi que l'exemplarité des paroles et comportements de Jésus, au quotidien des fidèles présents et à venir me paraît un enjeu central. Malheureusement, comme cela a été commenté précédemment, le discours du prêtre peut pêcher à cet endroit (sans mauvais jeu de mot). Soit les homélies manquent de concret pour que l'auditoire puisse accorder les Évangiles à leur quotidien, soit elles sont élitistes ou faites de concepts abstraits purs qui ne résonnent plus comme avant dans les oreilles des personnes assistant à la messe. L'Amour inconditionnel du Seigneur, la Résurrection, la Vie éternelle s'adressent à des initiés qui en comprennent le sens et qui vivent de cet Amour au quotidien. Mais sont-ils assimilables pour un novice ? Or le partage d'expériences de vie accessibles et universelles ne seraient-il pas une porte d'entrée pour une évangélisation vivante et percutante ?
Pour conclure, nous parlons sans cesse de l'influence de Jésus dans nos vies. A nous de savoir partager ce Souffle ainsi que le message infiniment riche de l'Évangile. La prière, la Carême et les autres points du dogme viendront bien après. Enfin, évangéliser suppose de savoir accueillir autrui dans sa différence, ses péchés et son absence de connaissance du divin. Il est possible que nos préjugés mettent en échec tout cela avant même d'avoir su utiliser le Verbe pour annoncer la Bonne Nouvelle.
Fraternellement.