par Théo d'Or » ven. 30 sept. 2011, 21:31
Merci pour vos réponses!
Voici ce qui, dans vos interventions, me semble amener des éléments potentiellement aidant dans mon questionnement:
Griffon a écrit :
Et vous rassurez aussi : votre âme sait bien la différence entre Dieu et satan.
jeanbaptiste a écrit :Aller vers l'autre c'est moins aller vers l'Autre, qu'y aller par l'Autre. Et c'est parce que l'on va vers l'autre, par L'autre, que l'on peut aller vers l'Autre. Dit de manière plus simple : C'est la Grâce de Dieu qui nous mène à Lui, c'est Par Lui que nous allons Vers Lui, et que, étant dans l'Amour, nous pouvons complètement nous ouvrir aux autres.
(Je ne cite qu'une phrase du post de Jean-Baptiste mais toute son intervention m'a paru intéressante!)
Amfortas a écrit :Toute cette problématique dramatique ressort de ce que le théologien dominicain Dominique Cerbelaud appelle « Le Mentir vrai » :
« (...) Et le comble c’est que ses mensonges ressemblent à s’y méprendre à la vérité ! Nous l’avons vu, dans le texte de la Genèse, à propos déjà de la menace de mort. Mais ce récit très savamment composé (sous ses apparences « naïves ») recèle encore d’autres finesses. Ainsi, alors que le Créateur avait dit à l’homme : « De tous les arbres du jardin tu peux manger, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas » (Gn 2. 16-17), le tentateur transforme l’énoncé pour demander à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ? » (Gn 3, 1).
Question d’une redoutable habileté : en étendant la défense à « tous les arbres du jardin », le tentateur fait éclater l’étrangeté du précepte. La femme ne peut que se dire : puisque nous mangeons de tous les autres, alors pourquoi pas aussi celui-là ?
Par contagion, ici encore, les protagonistes humains vont reproduire cette stratégie du mensonge-qui-ressemble-à-s’y-méprendre-à-la-vérité. Lorsque le Seigneur Dieu interroge l’homme après la transgression, celui-ci répond : « C’est la femme que tu as placée près de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé » (Gn 3,12) ; et la femme à son tour : « C’est le serpent qui m’a dupée, et j’ai mangé » (Gn 3, 13). Le serpent quant à lui se tait.... Ce que la théologie ultérieure appellera le « péché originel » s’avère ainsi d’emblée, insaisissable. La responsabilité rebondit d’acteur en acteur: ce n’est jamais moi, c’est toujours l’autre ! Le pire, c’est que chacun rapporte ce qui s’est « réellement » passé : pourtant, nous sommes en plein mensonge. La vérité consisterait à assumer sa responsabilité en disant : « C’est moi ! » Et sans doute la guérison ne peut-elle se produire que lorsqu’on reconnaît avec Saint Paul : « Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs dont je suis, moi, le premier » (1 Tim 1.15) »
Sur ce refus d’endosser ses responsabilités et donc de façon ultime cette altérité inversée menant à la perte de sa propre identité (l’incapacité à dire « c’est moi ») Dominique Cerbelau dit fort justement dans sa méditation théologique sur le diable :
« (...) D’une certaine manière, Satan est celui qui existe le plus. Mais il faudrait écrire cela un peu différemment : il est celui qui ek-siste le plus. « Eksister » signifie littéralement : « se tenir en dehors». Or précisément, celui-là se tient tellement radicalement hors de lui-même qu’on peut se demander...s’il a encore un lui-même. Peut-être, tout bien considéré, n’a-t-il ni « lui » ni « même »... Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas pour moi en aucune façon de jouer sur les mots, mais de tenter une opération extrêmement difficile - et risquée : articuler une parole sur celui qui par essence désarticule toute parole, « car il est menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44) »
Ce que vous dites est extrêmement intéressant, Amfortas! Me conseilleriez-vous la lecture de "Le Diable" de Dominique Cerbelaud?
Par ailleurs, je relève la reformulation de Raistlin d'une partie de mon problème:
Raistlin a écrit :
Désolé de faire une parenthèse mais je crois que vous n'avez pas vraiment saisi ce qu'est l'Incarnation. Jésus est vrai Dieu et vrai Homme, sans confusion ni séparation.
(...)
La divinité du Christ est difficile à entendre car elle est un Mystère (au sens chrétien du terme) d'amour.
(...)
Bref, ne soyez pas désolé de votre parenthèse... Ce mystère n'est pas facile à aborder!
J'aime aussi ce rappel de PaxetBonum sur une parole connue de Jésus:
PaxetBonum a écrit :jeanbaptiste a écrit :
Vouloir faire le bien sans Dieu c'est... faire le mal.
Non !
"Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison...
Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait."
Je vais prendre le temps de la réflexion.
Certains jours, j'ai l'impression d'être éclatée, d'avoir perdu mes références. Mais d'autres jours, j'ai l'impression d'avoir tout en moi.
En bref, je suis actuellement dans un moment de perdition ou d'illusion de perdition...
Cordialement,
Théo d'Or
Merci pour vos réponses!
Voici ce qui, dans vos interventions, me semble amener des éléments potentiellement aidant dans mon questionnement:
[quote="Griffon"][color=#004000]
Et vous rassurez aussi : votre âme sait bien la différence entre Dieu et satan.[/color][/quote]
[quote="jeanbaptiste"]Aller [i]vers[/i] l'autre c'est moins aller [i]vers[/i] l'Autre, qu'y aller [b]par[/b] l'Autre. Et c'est parce que l'on va [i]vers[/i] l'autre, [i]par[/i] L'autre, que l'on peut aller [i]vers[/i] l'Autre. Dit de manière plus simple : [b]C'est la Grâce de Dieu qui nous mène à Lui, c'est Par Lui que nous allons Vers Lui, et que, étant dans l'Amour, nous pouvons complètement nous ouvrir aux autres[/b].
[/quote]
(Je ne cite qu'une phrase du post de Jean-Baptiste mais toute son intervention m'a paru intéressante!)
[quote="Amfortas"]Toute cette problématique dramatique ressort de ce que le théologien dominicain Dominique Cerbelaud appelle « [b]Le Mentir vrai[/b] » :
« (...) [b]Et le comble c’est que ses mensonges ressemblent à s’y méprendre à la vérité ![/b] Nous l’avons vu, dans le texte de la Genèse, à propos déjà de la menace de mort. Mais ce récit très savamment composé (sous ses apparences « naïves ») recèle encore d’autres finesses. Ainsi, alors que le Créateur avait dit à l’homme : « De tous les arbres du jardin tu peux manger, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas » (Gn 2. 16-17), [b]le tentateur transforme l’énoncé[/b] pour demander à la femme : « Alors, Dieu a dit : Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ? » (Gn 3, 1).
Question d’une redoutable habileté : en étendant la défense à « tous les arbres du jardin », [b]le tentateur fait éclater l’étrangeté du précepte[/b]. La femme ne peut que se dire : puisque nous mangeons de tous les autres, alors pourquoi pas aussi celui-là ?
[b]Par contagion, ici encore, les protagonistes humains vont reproduire cette stratégie du mensonge-qui-ressemble-à-s’y-méprendre-à-la-vérité[/b]. Lorsque le Seigneur Dieu interroge l’homme après la transgression, celui-ci répond : « C’est la femme que tu as placée près de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé » (Gn 3,12) ; et la femme à son tour : « C’est le serpent qui m’a dupée, et j’ai mangé » (Gn 3, 13). Le serpent quant à lui se tait.... Ce que la théologie ultérieure appellera le « péché originel » s’avère ainsi d’emblée, insaisissable. La responsabilité rebondit d’acteur en acteur: [b]ce n’est jamais moi, c’est toujours l’autre ![/b] Le pire, c’est que chacun rapporte ce qui s’est « réellement » passé : pourtant, nous sommes en plein mensonge. La vérité consisterait à assumer sa responsabilité en disant : « C’est moi ! » Et sans doute la guérison ne peut-elle se produire que lorsqu’on reconnaît avec Saint Paul : « [b]Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs dont je suis, moi, le premier [/b]» (1 Tim 1.15) »
Sur ce refus d’endosser ses responsabilités et donc de façon ultime cette altérité inversée menant à la perte de sa propre identité (l’incapacité à dire « c’est moi ») Dominique Cerbelau dit fort justement dans sa méditation théologique sur le diable :
« (...) D’une certaine manière, Satan est celui qui existe le plus. Mais il faudrait écrire cela un peu différemment : [b]il est celui qui ek-siste le plus[/b]. « Eksister » signifie littéralement : « se tenir en dehors». Or précisément, celui-là se tient tellement radicalement hors de lui-même qu’on peut se demander...s’il a encore un lui-même. Peut-être, tout bien considéré, n’a-t-il ni « lui » ni « même »... [b]Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas pour moi en aucune façon de jouer sur les mots, mais de tenter une opération extrêmement difficile - et risquée : articuler une parole sur celui qui par essence désarticule toute parole, « car il est menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44)[/b] »[/quote]
Ce que vous dites est extrêmement intéressant, Amfortas! Me conseilleriez-vous la lecture de "Le Diable" de Dominique Cerbelaud?
Par ailleurs, je relève la reformulation de Raistlin d'une partie de mon problème:
[quote="Raistlin"]
Désolé de faire une parenthèse mais je crois que vous n'avez pas vraiment saisi ce qu'est l'Incarnation. Jésus est vrai Dieu et vrai Homme, sans confusion ni séparation.
(...)
La divinité du Christ est difficile à entendre car elle est un Mystère (au sens chrétien du terme) d'amour.
(...)[/quote]
Bref, ne soyez pas désolé de votre parenthèse... Ce mystère n'est pas facile à aborder!
J'aime aussi ce rappel de PaxetBonum sur une parole connue de Jésus:
[quote="PaxetBonum"][quote="jeanbaptiste"]
Vouloir faire le bien sans Dieu c'est... faire le mal.[/quote]
Non !
"Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ;
j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! '
Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... [b]Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?[/b] '
Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : [b]chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait[/b]."[/quote]
Je vais prendre le temps de la réflexion.
Certains jours, j'ai l'impression d'être éclatée, d'avoir perdu mes références. Mais d'autres jours, j'ai l'impression d'avoir tout en moi.
En bref, je suis actuellement dans un moment de perdition ou d'illusion de perdition...
Cordialement,
Théo d'Or