par salésienne05 » sam. 15 oct. 2011, 0:34
Merci à tous pour vos encouragements et vos prières.
Vous savez, PrièreUniverselle, on ne vit que comme on peut. J'ai une santé fragile et nous vivons à 5 dont un enfant autiste (qui a besoin d'espace) dans 70m². Cet enfant autiste n'a que 4 ans et demi et sort à peine d'une leucémie. Et mon aîné n'a que 6 ans. Je vous laisse imaginer l'énergie déjà dépensée dans les soins et l'attention à ma famille. Chez nous, ni centre aéré, ni garderie, ni cantine : nous sommes mariés depuis 10 ans, cela fait 6 ans que nous ne savons pas ce que c'est qu'une soirée en amoureux.
Ma mère est en partie autonome et bénéficie d'aide à domicile chez elle, à 4 heures de route de chez moi. Elle n'a pas la sensation de peser sur moi. Et de fait, techniquement parlant, mis à part le fait de gérer sa paperasse, de lui faire des commandes sur Internet, et de parfois devoir la convoyer, elle n'est pas chronophage lorsqu'elle est chez elle. Par contre, de juin à octobre, elle vient loger dans mon village, dans un petit appartement à côté du nôtre. Et là, pour moi c'est très dur : je dois lui faire les courses quand elle mange chez elle mais je ne sais jamais si elle a décidé de manger chez elle ou de venir chez nous. Lorsqu'elle mange chez nous, il lui faut impérativement une entrée, un plat de viande chaud avec accompagnement, du vin et un dessert (et mon mari et moi avons fait le choix d'une vie frugale y compris sur la nourriture donc c'est à l'opposé de nos habitudes). Elle veut que je la fasse marcher "car tu comprends, je ne marche jamais sinon". Elle veut m'accompagner partout avec les enfants alors que son handicap complique tout (c'est comme si j'avais 4 enfants en bas âge au lieu de 3). Elle trouve normal de partir en WE avec nous (sans jamais me demander si nous ne préfèrerions pas être "en famille"). Et surtout, son exigence affective est immense : elle veut sentir que je l'aime et surtout que j'aime être avec elle. Or, je l'aime comme on aime une mère : ce n'est pas mon amie, ce n'est pas mon conjoint, etc.
Fée Violine : bien sûr, l'idéal serait que mon père soit encore là à s'occuper d'elle, amoureux, etc. Mais s'il l'a quittée, c'est précisément parce qu'il avait l'impression d'être l'esclave de son handicap. Certes, il aurait pu être plus courageux mais mon père a lui-même ses propres limites. D'ailleurs, mon père espérait en secret que ma mère décide de rentrer dans un monastère mais aucun monastère n'accepte les handicapés visuels. Un handicapé visuel, c'est très très lourd. Les gens ne s'imaginent pas. Quelqu'un en fauteuil roulant pourra toujours se déplacer un minimum, aller vers autrui, parler aux autres. Ma mère, si personne ne va vers elle, ne peut pas communiquer. Et même les gens de la paroisse ne vont pas vers elle.
Je sens bien que chrétiennement, je dois mettre des limites et j'essaye de les poser avec douceur. Mais tout le temps que je passe à m'occuper de ma mère, je ne le passe pas auprès de mon mari. Ma mère va sans doute vivre encore une trentaine d'années, voire une quarantaine si elle est comme ses ancêtres, et je ne supporte pas l'idée que mon couple soit condamné à tout faire en fonction de ma mère, parce qu'elle est handicapée et que je suis fille unique.
Cher René, je comprends parfaitement ce que vous évoquez. Mais ce dont vous parlez, je pensais avoir à le vivre vers la cinquantaine, une fois mes enfants en partie élevés, et sur un laps de temps assez court (quelques années et non quelques dizaines d'années).
Je pense que le malin se fait un malin plaisir à ajouter des angoisses à ma fatigue existante. Mais je n'arrive pas à venir à bout de ce "poids". Même la prière ne m'aide pas...
Enfin, merci à tous d'accepter mes "pavés" : cela me permet d'extérioriser avec des personnes dont je sais qu'elles ne seront pas malveillantes...
Fraternellement.
Cécile
Merci à tous pour vos encouragements et vos prières.
Vous savez, PrièreUniverselle, on ne vit que comme on peut. J'ai une santé fragile et nous vivons à 5 dont un enfant autiste (qui a besoin d'espace) dans 70m². Cet enfant autiste n'a que 4 ans et demi et sort à peine d'une leucémie. Et mon aîné n'a que 6 ans. Je vous laisse imaginer l'énergie déjà dépensée dans les soins et l'attention à ma famille. Chez nous, ni centre aéré, ni garderie, ni cantine : nous sommes mariés depuis 10 ans, cela fait 6 ans que nous ne savons pas ce que c'est qu'une soirée en amoureux.
Ma mère est en partie autonome et bénéficie d'aide à domicile chez elle, à 4 heures de route de chez moi. Elle n'a pas la sensation de peser sur moi. Et de fait, techniquement parlant, mis à part le fait de gérer sa paperasse, de lui faire des commandes sur Internet, et de parfois devoir la convoyer, elle n'est pas chronophage lorsqu'elle est chez elle. Par contre, de juin à octobre, elle vient loger dans mon village, dans un petit appartement à côté du nôtre. Et là, pour moi c'est très dur : je dois lui faire les courses quand elle mange chez elle mais je ne sais jamais si elle a décidé de manger chez elle ou de venir chez nous. Lorsqu'elle mange chez nous, il lui faut impérativement une entrée, un plat de viande chaud avec accompagnement, du vin et un dessert (et mon mari et moi avons fait le choix d'une vie frugale y compris sur la nourriture donc c'est à l'opposé de nos habitudes). Elle veut que je la fasse marcher "car tu comprends, je ne marche jamais sinon". Elle veut m'accompagner partout avec les enfants alors que son handicap complique tout (c'est comme si j'avais 4 enfants en bas âge au lieu de 3). Elle trouve normal de partir en WE avec nous (sans jamais me demander si nous ne préfèrerions pas être "en famille"). Et surtout, son exigence affective est immense : elle veut sentir que je l'aime et surtout que j'aime être avec elle. Or, je l'aime comme on aime une mère : ce n'est pas mon amie, ce n'est pas mon conjoint, etc.
Fée Violine : bien sûr, l'idéal serait que mon père soit encore là à s'occuper d'elle, amoureux, etc. Mais s'il l'a quittée, c'est précisément parce qu'il avait l'impression d'être l'esclave de son handicap. Certes, il aurait pu être plus courageux mais mon père a lui-même ses propres limites. D'ailleurs, mon père espérait en secret que ma mère décide de rentrer dans un monastère mais aucun monastère n'accepte les handicapés visuels. Un handicapé visuel, c'est très très lourd. Les gens ne s'imaginent pas. Quelqu'un en fauteuil roulant pourra toujours se déplacer un minimum, aller vers autrui, parler aux autres. Ma mère, si personne ne va vers elle, ne peut pas communiquer. Et même les gens de la paroisse ne vont pas vers elle.
Je sens bien que chrétiennement, je dois mettre des limites et j'essaye de les poser avec douceur. Mais tout le temps que je passe à m'occuper de ma mère, je ne le passe pas auprès de mon mari. Ma mère va sans doute vivre encore une trentaine d'années, voire une quarantaine si elle est comme ses ancêtres, et je ne supporte pas l'idée que mon couple soit condamné à tout faire en fonction de ma mère, parce qu'elle est handicapée et que je suis fille unique.
Cher René, je comprends parfaitement ce que vous évoquez. Mais ce dont vous parlez, je pensais avoir à le vivre vers la cinquantaine, une fois mes enfants en partie élevés, et sur un laps de temps assez court (quelques années et non quelques dizaines d'années).
Je pense que le malin se fait un malin plaisir à ajouter des angoisses à ma fatigue existante. Mais je n'arrive pas à venir à bout de ce "poids". Même la prière ne m'aide pas...
Enfin, merci à tous d'accepter mes "pavés" : cela me permet d'extérioriser avec des personnes dont je sais qu'elles ne seront pas malveillantes...
Fraternellement.
Cécile