L'art moderne?

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Re: Cherche contre arguments

par Libremax » lun. 24 janv. 2011, 11:10

archi a écrit :
La 3e caractéristique étant le haut niveau de prétention et d'estime d'eux-mêmes des créateurs de ces oeuvres, ainsi que la tendance malsaine à la "provocation".
Attention : il ne faudrait pas prendre les artistes qui ont précédé l'art moderne pour des saints plein d'humilité. Ce que vous décrivez est commun à nombre d'artistes... qu'ils aient été fameux de leur vivant, ou pas.

Re: Cherche contre arguments

par PaxetBonum » lun. 24 janv. 2011, 9:30

Le ministre de la culture s'oppose à "l'art" blasphématoire

Fin juillet, un élu faisait la grève de la faim pour protester contre l'exposition d'une grenouille crucifiée. La grenouille a été déplacée mais pas retirée du musée d'art moderne. Aujourd'hui, le ministre de la Culture a estimé dans une note diffusée par ses services :

"Non seulement cette oeuvre blesse le sentiment religieux de nombreuses personnes qui voient dans la croix le symbole de l'amour de Dieu, mais elle offense aussi le bon sens et la sensibilité de ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce symbole. Je serais heureux que les institutions publiques ou financées par le public n'exaltent pas uniquement l'art désacralisé, les provocations inutiles ou le non-sens".

Vous l'avez deviné, il ne s'agit pas de Christine Albanel mais de Sandro Bondi : cette affaire se passe en Italie.


Désolé j'ai vainement cherché les références de cette vidéo qui montre les sommets de l'art moderne : cuvette de wc signée (artiste reconnu comme le plus emblématique de l'art moderne…), boites de conserves contenant des excréments de l'artiste, machine produisant des excréments, chien mourant de faim accroché à une laisse (de Guillermo Varguas)…
Si satan n'inspire pas cela, il doit en tout cas s'en féliciter !

Re: Cherche contre arguments

par Anonymus » dim. 23 janv. 2011, 22:56

ti'hamo a écrit :Cependant, il est vrai que toute une frange de ce qui s'auto-proclame "art contemporain" n'est visiblement pas de l'art du tout, y compris dans la démarche elle-même et même dans l'idée de départ, et que cette auto-proclamation se fasse au détriment de vrais artistes actuels.
Avez-vous des exemples ?

Re: Cherche contre arguments

par ti'hamo » dim. 23 janv. 2011, 22:23

@Anonymous
Vous m'avez visiblement mal compris : la réflexion que je proposais était effectivement une réflexion sur l'art ; l'art, en soi ; donc, à toutes les époques - quoiqu'ensuite on s'attache à voir comment cela s'applique en certaines tendances aujourd'hui.

Cependant, il est vrai que toute une frange de ce qui s'auto-proclame "art contemporain" n'est visiblement pas de l'art du tout, y compris dans la démarche elle-même et même dans l'idée de départ, et que cette auto-proclamation se fasse au détriment de vrais artistes actuels.

Re: Cherche contre arguments

par Anonymus » dim. 23 janv. 2011, 22:02

ti'hamo a écrit :Autrement dit, il y a la beauté en soi de la formule ou du concept,
il y a la finalité du processus (mental et manuel) qui tente d'incarner ce concept en œuvre matérielle,
et il y a la beauté propre de l'œuvre matérielle :
plusieurs niveaux en lesquels peuvent intervenir des erreurs - de jugement, d'appréciation, ou de réalisation -, des limitations, des échecs.

Ce n'est donc pas automatiquement parce qu'une belle formule, d'une réelle beauté, ou un beau concept, doit être incorporé au processus artistique,
que l'œuvre artistique qui en résulte est forcément belle. Un échec, une erreur, un manque de talent, de moyens, peuvent tout à fait fausser ou égarer le processus, et aboutir à rien de beau (le concept ou la formule initiale gardant, elle, toute sa beauté, qui est évidemment indépendante de l'œuvre d'art qu'on a voulu en tirer).
Si j'ai bien compris, vous êtes en train de me dire qu'il y a des oeuvres plus ou moins réussies, et que l'idée de base n'est pas garante de la qualité finale.

C'est vrai pour l'art moderne mais aussi pour toutes les époques, styles et mouvements.

Ce qui me dérange, c'est qu'on puisse dire que l'art moderne est "d'inspiration satanique" fait par des "cerveaux malades", et que cela serve d'arguments aux sedevecaniste ou autres.

On peut ne pas aimer mais évitons de dire n'importe quoi.

Re: Cherche contre arguments

par ti'hamo » dim. 23 janv. 2011, 21:51

(et les peintures de Lascaux ?)
(et Dali ?)


. Vous faites donc une distinction, en fait, entre d'une part des œuvres "typiquement contemporaines", et de l'autre des œuvres "récentes mais de facture classique". Mais n'est-ce pas tomber là dans la même erreur que ceux qui, justement, prétendent représenter à eux seuls "l'art contemporain" en rupture avec ce qui précède, alors que d'autres se montrent beaucoup plus réellement artistes, en continuité avec les époques précédentes quoique dans leur propre style et en explorant des techniques ou des styles actuels ?

Pourquoi donc devrions-nous considérer comme représentatives et typiques de l'art contemporain les extravagances affectées de quelques charlatans imbus d'eux-mêmes sous prétexte qu'ils se déclarent eux-même représentants de l'art contemporain ?
On peut aussi, tout simplement, considérer qu'eux ne font pas réellement de l'art, et que d'autres, peut-être moins médiatisés, sont eux les vrais représentants de l'art de notre époque, qui mérite mieux le titre d'art contemporain.


. Si donc on considère ceux qui se proclament hérauts de l'art contemporain sans pour autant qu'on puisse reconnaître réellement le titre d'art à leurs œuvres, je suis d'accord qu'il y a une tendance à l'idolâtrie du "concept" : ils en viennent à ne plus considérer que le "concept" (souvent vain, vide, et boursouflé, d'ailleurs) à l'origine de l'œuvre sans plus se soucier de la réalité du résultat (l'œuvre est-elle belle ? que montre-t-elle réellement ? etc..)

Cependant, l'art abstrait au vrai sens du terme est justement typique de l'art cistercien de l'époque romane, qui évite le figuratif et se fonde sur l'harmonie des découpages - courbes, carrés, proportions,...
Une tendance à l'abstraction, une vraie tendance à la vraie abstraction, ne constituerait donc pas du tout une tare en matière artistique. C'est plutôt la focalisation sur des concepts artificiels sans plus aucun vrai souci de l'œuvre et de sa finalité qui pose problème.

Re: Cherche contre arguments

par archi » dim. 23 janv. 2011, 19:20

ti'hamo a écrit :@Archi
J'aimerais vraiment beaucoup une réponse à ma question. Pour l'instant, je ne vois toujours pas précisément ce que vous visez, ni vos critères de définition de ce que serait "l'art moderne", et du coup ce que vous affirmez reste pour moi dans le vague, puisque je ne sais pas précisément à quelles œuvres vous faites références.
Je reconnais que c'est vaste, mais il y a des tendances très nettes. Tiens, j'ai tapé "art moderne" sur Wikipédia, la page (cella-ci: http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_moderne montre une oeuvre de Picasso... révélatrice, avec un homme (?) représenté de façon laide et difforme. Que dire de plus? La tendance à la laideur et à la difformité est caractéristique de l'art que j'ai en tête.

L'autre tendance forte (qui est celle de l'église cistercienne mentionnée dans ce fil) est à l'abstraction, à la "conceptualisation"... avec une caractéristique qui est le côté générlement glacial de l'oeuvre obtenu. Il est évidemment possible de faire quelque chose de beau et de "chaud" avec très peu de choses... mais curieusement c'est rarement ce qu'on observe.

La 3e caractéristique étant le haut niveau de prétention et d'estime d'eux-mêmes des créateurs de ces oeuvres, ainsi que la tendance malsaine à la "provocation".

Y a-t-il des oeuvres typiquement modernes (par opposition à des oeuvres récentes de facture classique, si l'on veut) et néanmoins belles? Je ne l'exclus pas. Mais je ne vois guère cette tendance.

Quant à l'appréciation morale d'une forme d'art sacré par d'autres :
"rappelons-nous que certains grecs visitant l'Occident ont été horrifiés en découvrant l'art occidental" : et rappelons qu'à une autre époque les francs considéraient les byzantins comme décadents à cause de leurs mœurs et formes d'art grecs et donc orientaux.
Et rappelons que le gothique dont vous chantez les louanges serait décrié par un Saint Benoît qui estimait que déjà rien qu'une statue ou un vitrail figuratif étaient de trop puisque détournant l'attention du fidèle.
Ca tombe bien, parce que finalement je préfère le roman, même si je reconnais les beautés du gothique. :p
Même si je ne sais pas l'exprimer, je ne pense pas qu'on puisse nier que le côté "sacré" est présent dans le roman, est encore présent dans le gothique, est présent dans l'art byzantin des icônes (avec ses contraintes rituelles et canoniques)... et ne se retrouve guère dans l'art naturaliste du baroque.

Je sais que dans tout ça, j'expose mes sentiments plus que des démonstrations rationnelles... mais justement, l'art est une question de sens du beau et de sens du sacré. Et de tradition rituelle, là où elle s'est maintenue.

In Xto,
archi.

Re: Cherche contre arguments

par ti'hamo » dim. 23 janv. 2011, 16:45

Quant à "qu'est-ce que l'art", j'abonde dans le sens des quelques réponses déjà données :
1) c'est une question qui ressort de la philosophie.

2) on ne pourra de toute façon pas donner une "définition" de l'art qui l'enfermera dans des bornes strictes et bien définies, qui permettrait d'en tirer une sorte d'abaque ou de mètre-étalon, ou de balance, ou d'échelle, qui nous permettrait à coup sûr, sans user de notre jugement et par simple application automatique, de conclure "ceci est de l'art" ou "ceci n'est pas de l'art".

(préjugé ou travers qui me semblent courants à notre époque, mais peut-être déjà à d'autres, peut-être un travers hérité de Descartes ou des lumières, ou de l'idéologie industrielle du XIXe - si tout ça d'ailleurs n'est pas la même chose : cette idée qu'on puisse définir un système de définitions strictes qui permettent ensuite de tout classer et trier dans la vie de manière sûre et mathématique ;
où on retrouve cette espèce d'abdication de l'esprit humain devant le système (système de formules, de définitions, de calculs prédéfinis et de choix binaires)

(c'est comme ceux qui n'arrivent pas à concevoir qu'un diagnostic ne se fait pas uniquement ni même d'abord à coup d'analyses, et qui ne comprennent pas pourquoi des mesures et des résultats chiffrés ont loin d'être en eux-mêmes la réponse ;
les mêmes qui accordent trop d'importance aux sondages et aux statistiques. Leur devise pourrait être : "les chiffres parlent d'eux-mêmes", ou bien encore dans une autre version, "oui mais dans le wikitionnaire c'est écrit que...")

(ce qui serait une résurgence, ou même une première forme, du thème de "l'Homme contre la machine", la machine étant ici en sons sens le plus premier le calcul et les formules qui constituent le principe de la machine, la pensée systématique devenant machinale)



3) ce qui ne veut pas dire pour autant que la définition de l'art soit subjective, qu'on ne puisse rien en dire d'objectif, ou que chacun ayant la sienne elles sont toutes aussi valables les unes que les autres.
(ce qui aboutit à considérer que tout et n'importe quoi puisse être de l'art, puisqu'il suffit alors qu'au moins une personne décide d'appeler ceci ou cela "art" pour que c'en soit, au moins pour elle ; et personne ne peut contester cette appellation puisque l'appellation "art" n'a dans ce cas plus aucun sens objectif, n'a plus de sens qu'un sens particulier à chacun, utilisable uniquement chacun dans son coin, n'ayant de sens que pour soi tout seul).

Cette erreur d'ailleurs est sœur de la première : parce qu'on croit que n'est objectif que ce qui est défini et décrit par le système de définitions et de calculs, que ce dont on peut fournir une mesure mathématique sur une échelle fournie par le dictionnaire sans passer par son jugement,
alors on conclue que ce qui ne répond pas à ces critères n'a rien d'objectif, qu'on ne peut rien en dire d'objectif.


4) L'art a à voir avec la beauté. Puisque l'art vise la beauté.
Je ne dirais pas à la reproduire ou à la produire, simplement que l'art vise la beauté : la finalité de l'art, c'est la beauté de l'œuvre.
D'où la diversité des arts et des œuvres, puisqu'il semble bien y avoir infinité de formes de beauté et de façons de la rendre.

Cependant, et c'est ce qui brouille la définition aussi, une œuvre n'est pas forcément uniquement une œuvre d'art ; autrement dit, à la finalité artistique peuvent tout à fait se mêler d'autres finalités, qui ne lui enlèvent rien, ne l'annulent pas, ne la diminuent pas.
Par exemple une belle œuvre de menuiserie : une belle chaise a de toute évidence un but utilitaire double (pour l'usager, s'asseoir, avec un certain confort, et pour l'artisan, gagner sa vie), ET, liée à ce but utilitaire, incorporée à ce but utilitaire, une finalité artistique : réaliser une belle œuvre.

Et il en va de même en architecture, en musique, en peinture, en informatique, en dessin, en horticulture, paysages, etc...

Re: Cherche contre arguments

par ti'hamo » dim. 23 janv. 2011, 16:25

@Anonymous
Ah, cependant je suis d'accord avec Archi quand il rappelle que nous sommes une religion de l'incarnation : je dirais même que cette religion de l'incarnation prend en compte comme aucune autre cette double appartenance de l'Homme : les vérités les plus transcendantes incarnées dans les réalités les plus matérielles, charnelles ; le spirituel le plus élevé intimement lié à la beauté charnelle la plus simple (le pain, le vin,...).

Et il me semble effectivement important de ne pas perdre cela de vue, c'est-à-dire ne pas perdre de vue le besoin qu'à notre intelligence, pour saisir la vérité, de la saisir à travers les sens. Certains ont trop tendance à l'oublier, qui se mettent à admirer une œuvre uniquement pour le concept qui lui donne naissance, ou qu'elle évoque, sans plus se soucier de la forme, c'est-à-dire de la capacité de l'œuvre à incarner réellement en elle cette idée.

Certains aussi peuvent avoir cette autre tendance à ne plus chercher que le concept pour le concept, abstrait, sans plus se soucier de beauté : ce qui nous fait sortir du domaine de l'art.



Cependant, je suis bien d'accord qu'il existe des beautés "abstraites" - comme la beauté d'une formule mathématique, dans sa simplicité et son élégance.

Mais il y a, il me semble, une certaine erreur, qui consiste à confondre cette beauté abstraite propre au concept, à l'idée, à la formule, avec la beauté de l'objet qu'on veut en tirer ;
par exemple il existe une beauté propre à d'élégantes formules basées sur le nombre d'or ; pour autant, l'architecture qu'on en a tiré (je pense à Le Corbusier) n'atteint pas toujours, en pratique, à cette beauté : parce que la beauté de la formule mathématique et la beauté de l'œuvre architecturale qu'on en tire sont deux choses différentes, deux ordres de beauté différent ; il y a un processus qui utilise et développe le concept, la formule, qui, justement, l'incarne en œuvre matérielle,
et ce processus peut être entaché d'erreurs, rater son but, manquer sa finalité, ne pas aboutir, ne pas trouver le bon moyen de rendre, d'incarner, d'utiliser, d'incorporer ce concept dans l'œuvre matérielle.

(c'est un peu comme lorsque vous ratez votre incorporation de blancs en neige dans la pâte : vous aurez beau protester que vos œufs étaient bons, que la neige obtenue était réussie, ferme, si l'incorporation rate, alors le résultat final ne sera pas bon, ou pas autant qu'on l'aurait voulu - et, notamment, sera trop lourd).



Autrement dit, il y a la beauté en soi de la formule ou du concept,
il y a la finalité du processus (mental et manuel) qui tente d'incarner ce concept en œuvre matérielle,
et il y a la beauté propre de l'œuvre matérielle :
plusieurs niveaux en lesquels peuvent intervenir des erreurs - de jugement, d'appréciation, ou de réalisation -, des limitations, des échecs.

Ce n'est donc pas automatiquement parce qu'une belle formule, d'une réelle beauté, ou un beau concept, doit être incorporé au processus artistique,
que l'œuvre artistique qui en résulte est forcément belle. Un échec, une erreur, un manque de talent, de moyens, peuvent tout à fait fausser ou égarer le processus, et aboutir à rien de beau (le concept ou la formule initiale gardant, elle, toute sa beauté, qui est évidemment indépendante de l'œuvre d'art qu'on a voulu en tirer).

Re: Cherche contre arguments

par ti'hamo » dim. 23 janv. 2011, 16:06

@Archi
J'aimerais vraiment beaucoup une réponse à ma question. Pour l'instant, je ne vois toujours pas précisément ce que vous visez, ni vos critères de définition de ce que serait "l'art moderne", et du coup ce que vous affirmez reste pour moi dans le vague, puisque je ne sais pas précisément à quelles œuvres vous faites références.

Quant à l'appréciation morale d'une forme d'art sacré par d'autres :
"rappelons-nous que certains grecs visitant l'Occident ont été horrifiés en découvrant l'art occidental" : et rappelons qu'à une autre époque les francs considéraient les byzantins comme décadents à cause de leurs mœurs et formes d'art grecs et donc orientaux.
Et rappelons que le gothique dont vous chantez les louanges serait décrié par un Saint Benoît qui estimait que déjà rien qu'une statue ou un vitrail figuratif étaient de trop puisque détournant l'attention du fidèle.

L'art moderne?

par Anonymus » sam. 22 janv. 2011, 18:12

archi a écrit :
Anonymus a écrit :La disparition de la notion de forme se fait au profit de celle de concept. Un concept peut être beau. Le niveau d'abstraction augmente juste.
Pas d'accord du tout. Et d'un, nous sommes une religion de l'Incarnation.
Je ne vois pas le rapport.
archi a écrit :Et de deux, même les religions pleines d'abstraction et de divinités symboliques que sont à l'origine les grandes religions païennes (je parle de l'hindouisme ou de la religion grecque antique) sont obligées, justement, de représenter les concepts sous la forme de divinités à forme humaine.
Et ces religions sont idolâtres. Les statues, tableaux etc sont juste là pour être une aide à la prière et pour narrer des passages bibliques ou la vie des Saints. Si certains préfèrent des oeuvres qui mettent en avant juste un concept ou une idée, pourquoi être contre, pourquoi les considérer "d'inspiration satanique" ?
Et enfin, quand l'art moderne représente des êtres difformes, ou bien ne représente rien du tout, j'aimerais bien qu'on m'explique de quel concept il s'agit...
Dans l'exemple précédent, l'important est la Résurrection et le triomphe sur la mort.
Pour l'église, le travail sur la lumière qui vient révéler la pureté du blanc est très réussi (à mon avis bien sûr).

Re: Cherche contre arguments

par archi » sam. 22 janv. 2011, 8:45

Anonymus a écrit :La disparition de la notion de forme se fait au profit de celle de concept. Un concept peut être beau. Le niveau d'abstraction augmente juste.
Pas d'accord du tout. Et d'un, nous sommes une religion de l'Incarnation. Et de deux, même les religions pleines d'abstraction et de divinités symboliques que sont à l'origine les grandes religions païennes (je parle de l'hindouisme ou de la religion grecque antique) sont obligées, justement, de représenter les concepts sous la forme de divinités à forme humaine.
Et enfin, quand l'art moderne représente des êtres difformes, ou bien ne représente rien du tout, j'aimerais bien qu'on m'explique de quel concept il s'agit...
J'ai déjà vu de très mauvaises liturgies dans des églises anciennes, par contre je ne doute pas de la qualité de celle de l'église des Cisterciens de Novy Dvur.

http://blog.reflexdeco.fr/wp-content/up ... 21-450.jpg
Pour autant que je puisse en juger sur la photo... c'est glacial. Belle liturgie? L'architecture du lieu fait partie de la beauté de la liturgie, une liturgie désastreuse dans une belle église reste désastreuse, mais avec une liturgie soignée dans une église qui met mal à l'aise... on reste mal à l'aise)

J'avoue que je suis parfois étonné par les formes artistiques dans les monastères où des moines acceptent de s'enfermer pour le restant de leur vie, avec plusieurs heures par jour dans la chapelle. Sans aller jusqu'à la photo ci-dessus, je pense par exemple à l'abbaye de Kergonan où je suis passé cet été... bel endroit (une fois qu'on a passé les bouchons de la route de Quiberon pour y accéder :-D ) mais le mur de béton derrière l'autel m'a beaucoup gêné. Même si pendant les offices, les moines regardent essentiellement le mur latéral d'en face).
L'art moderne est souvent utilisé par l'Eglise, que ce soit au niveau des constructions ou de sa communication. Votre "inspiration satanique" et vos "cerveaux malades" rejettent en bloc de manière insultante plus de 100 ans d'art.
Qu'a produit l'art pendant cette période qui soit comparable au roman, au gothique, à la musique sacrée du XVIe Siècle ou aux icônes byzantines? Même si tout n'est pas difforme au point de mériter le qualificatif de "satanique", je ne vois guère dans les grandes tendances récentes la moindre trace d'inspiration surnaturelle. Il y a sans doute quelques exceptions de ci-de là, mais il faut les chercher.

L'Eglise utilise l'art moderne? Très franchement, ça a rarement été un succès, et les églises-blockhaus, il aurait mieux valu qu'elles ne soient jamais construites...

(Soit dit en passant, j'ai aussi vu des chapelles russes aménagées dans des caves en béton... très moches à la base, mais la grande beauté de l'iconostase et de l'aménagement qui l'entoure parvient à masquer - malgré de maigres moyens - la laideur des murs. Ce que le "dépouillement" des édifices bétonnés modernes est incapable de faire).

P.S. Je suis d'accord avec ce qui a été écrit concernant le baroque... rappelons-nous que certains grecs visitant l'Occident ont été horrifiés en découvrant l'art occidental. Il me semble que c'est une nette dégradation de l'art ecclésial par rapport à l'art antérieur. Curieusement, j'aurais du mal à appliquer la même chose à la musique, avec les chefs-d'oeuvre de l'époque de Palestrina, Allegri, et quelques autres... la dégradation est venue plus tard.

In Xto,
archi.

Re: Cherche contre arguments

par Anonymus » sam. 22 janv. 2011, 0:50

PaxetBonum a écrit :Je ne pense pas que toute architecture soit artistique
La conception d'un stylo bic est-elle artistique ?
A ce stade là on a des artistes qui exposent des boites de conserves qui contiennent leurs excréments (véridique)…et des amateurs d'art moderne qui les achètent !

Quand on regarde cette église, même si elle est dépouillée, on ne peut pas vraiment dire que sa conception ne soit qu'utilitaire. Pour moi, c'est clairement de l'art (moderne).

Re: Cherche contre arguments

par Libremax » ven. 21 janv. 2011, 15:05

PaxetBonum a écrit :
ti'hamo a écrit : Il y a aussi des dessins à but purement utilitaire (les signes sur la route, par exemple), et ainsi en va-t-il de l'architecture également.
J'aime beaucoup cette comparaison
Il faudrait bien pouvoir définir où commence l'art et où cela fini

C'est un thème typiquement philosophique : qui soulève toujours autant de questions que de réponses.

Il n'est pas possible de poser des limites claires à l'art.
Il a de nombreuses formes et de nombreux buts.
Sa vocation rejoint à maints égards de nombreux autres domaines humains.

On peut dire qu'il se fixe comme objectif d'atteindre ou de reproduire la beauté... Mais est-ce embrasser ici tout ce qu'est l'art?

Re: Cherche contre arguments

par PaxetBonum » ven. 21 janv. 2011, 14:55

ti'hamo a écrit : Il y a aussi des dessins à but purement utilitaire (les signes sur la route, par exemple), et ainsi en va-t-il de l'architecture également.
J'aime beaucoup cette comparaison
Il faudrait bien pouvoir définir où commence l'art et où cela fini

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