par ti'hamo » dim. 23 janv. 2011, 16:25
@Anonymous
Ah, cependant je suis d'accord avec Archi quand il rappelle que nous sommes une religion de l'incarnation : je dirais même que cette religion de l'incarnation prend en compte comme aucune autre cette double appartenance de l'Homme : les vérités les plus transcendantes incarnées dans les réalités les plus matérielles, charnelles ; le spirituel le plus élevé intimement lié à la beauté charnelle la plus simple (le pain, le vin,...).
Et il me semble effectivement important de ne pas perdre cela de vue, c'est-à-dire ne pas perdre de vue le besoin qu'à notre intelligence, pour saisir la vérité, de la saisir à travers les sens. Certains ont trop tendance à l'oublier, qui se mettent à admirer une œuvre uniquement pour le concept qui lui donne naissance, ou qu'elle évoque, sans plus se soucier de la forme, c'est-à-dire de la capacité de l'œuvre à incarner réellement en elle cette idée.
Certains aussi peuvent avoir cette autre tendance à ne plus chercher que le concept pour le concept, abstrait, sans plus se soucier de beauté : ce qui nous fait sortir du domaine de l'art.
Cependant, je suis bien d'accord qu'il existe des beautés "abstraites" - comme la beauté d'une formule mathématique, dans sa simplicité et son élégance.
Mais il y a, il me semble, une certaine erreur, qui consiste à confondre cette beauté abstraite propre au concept, à l'idée, à la formule, avec la beauté de l'objet qu'on veut en tirer ;
par exemple il existe une beauté propre à d'élégantes formules basées sur le nombre d'or ; pour autant, l'architecture qu'on en a tiré (je pense à Le Corbusier) n'atteint pas toujours, en pratique, à cette beauté : parce que la beauté de la formule mathématique et la beauté de l'œuvre architecturale qu'on en tire sont deux choses différentes, deux ordres de beauté différent ; il y a un processus qui utilise et développe le concept, la formule, qui, justement, l'incarne en œuvre matérielle,
et ce processus peut être entaché d'erreurs, rater son but, manquer sa finalité, ne pas aboutir, ne pas trouver le bon moyen de rendre, d'incarner, d'utiliser, d'incorporer ce concept dans l'œuvre matérielle.
(c'est un peu comme lorsque vous ratez votre incorporation de blancs en neige dans la pâte : vous aurez beau protester que vos œufs étaient bons, que la neige obtenue était réussie, ferme, si l'incorporation rate, alors le résultat final ne sera pas bon, ou pas autant qu'on l'aurait voulu - et, notamment, sera trop lourd).
Autrement dit, il y a la beauté en soi de la formule ou du concept,
il y a la finalité du processus (mental et manuel) qui tente d'incarner ce concept en œuvre matérielle,
et il y a la beauté propre de l'œuvre matérielle :
plusieurs niveaux en lesquels peuvent intervenir des erreurs - de jugement, d'appréciation, ou de réalisation -, des limitations, des échecs.
Ce n'est donc pas automatiquement parce qu'une belle formule, d'une réelle beauté, ou un beau concept, doit être incorporé au processus artistique,
que l'œuvre artistique qui en résulte est forcément belle. Un échec, une erreur, un manque de talent, de moyens, peuvent tout à fait fausser ou égarer le processus, et aboutir à rien de beau (le concept ou la formule initiale gardant, elle, toute sa beauté, qui est évidemment indépendante de l'œuvre d'art qu'on a voulu en tirer).
@Anonymous
Ah, cependant je suis d'accord avec Archi quand il rappelle que nous sommes une religion de l'incarnation : je dirais même que cette religion de l'incarnation prend en compte comme aucune autre cette double appartenance de l'Homme : les vérités les plus transcendantes incarnées dans les réalités les plus matérielles, charnelles ; le spirituel le plus élevé intimement lié à la beauté charnelle la plus simple (le pain, le vin,...).
Et il me semble effectivement important de ne pas perdre cela de vue, c'est-à-dire ne pas perdre de vue le [b]besoin[/b] qu'à notre intelligence, pour saisir la vérité, de la saisir à travers les sens. Certains ont trop tendance à l'oublier, qui se mettent à admirer une œuvre uniquement pour le concept qui lui donne naissance, ou qu'elle évoque, sans plus se soucier de la forme, c'est-à-dire de la capacité de l'œuvre à incarner réellement en elle cette idée.
Certains aussi peuvent avoir cette autre tendance à ne plus chercher que le concept pour le concept, abstrait, sans plus se soucier de beauté : ce qui nous fait sortir du domaine de l'art.
Cependant, je suis bien d'accord qu'il existe des beautés "abstraites" - comme la beauté d'une formule mathématique, dans sa simplicité et son élégance.
Mais il y a, il me semble, une certaine erreur, qui consiste à confondre cette beauté abstraite propre au concept, à l'idée, à la formule, avec la beauté de l'objet qu'on veut en tirer ;
par exemple il existe une beauté propre à d'élégantes formules basées sur le nombre d'or ; pour autant, l'architecture qu'on en a tiré (je pense à Le Corbusier) n'atteint pas toujours, en pratique, à cette beauté : parce que [b]la beauté de la formule mathématique et la beauté de l'œuvre architecturale qu'on en tire sont deux choses différentes[/b], deux ordres de beauté différent ; il y a un processus qui [b]utilise[/b] et développe le concept, la formule, qui, justement, l'[b]incarne[/b] en œuvre matérielle,
et ce processus peut être entaché d'erreurs, rater son but, manquer sa finalité, ne pas aboutir, ne pas trouver le bon moyen de rendre, d'incarner, d'utiliser, d'incorporer ce concept dans l'œuvre matérielle.
(c'est un peu comme lorsque vous ratez votre incorporation de blancs en neige dans la pâte : vous aurez beau protester que vos œufs étaient bons, que la neige obtenue était réussie, ferme, si l'incorporation rate, alors le résultat final ne sera pas bon, ou pas autant qu'on l'aurait voulu - et, notamment, sera trop lourd).
Autrement dit, il y a la beauté en soi de la formule ou du concept,
il y a la finalité du processus (mental et manuel) qui tente d'incarner ce concept en œuvre matérielle,
et il y a la beauté propre de l'œuvre matérielle :
plusieurs niveaux en lesquels peuvent intervenir des erreurs - de jugement, d'appréciation, ou de réalisation -, des limitations, des échecs.
Ce n'est donc pas automatiquement parce qu'une belle formule, d'une réelle beauté, ou un beau concept, doit être incorporé au processus artistique,
que l'œuvre artistique qui en résulte est forcément belle. Un échec, une erreur, un manque de talent, de moyens, peuvent tout à fait fausser ou égarer le processus, et aboutir à rien de beau (le concept ou la formule initiale gardant, elle, toute sa beauté, qui est évidemment indépendante de l'œuvre d'art qu'on a voulu en tirer).