par Christian » sam. 16 juin 2007, 10:12
Le souci principal de tout réformateur fiscal est de cacher aux moutons les ciseaux qui vont le tondre. On réclame des entreprises la transparence ; les assoc’ de consommateurs et les pouvoirs publics font la chasse aux charges dissimulées. Seul le coût de fonctionnement de l’Etat doit devenir invisible à ceux qui le supportent. La honte aime l’ombre.
Le législateur se complaît à taxer sournoisement, prélever des ‘droits’ (comme ce mot est inapproprié !) sur toute transaction conséquente, inventer des ‘parts patronales’ payées par les employés, et maintenant concocter une ‘TVA sociale’, qui ne sera qu’un nouvel avatar de ces financements occultes. Dans l’article de Bertrand de Kermel que vous nous signalez, cher Christophe,

cet impôt proposé vise un objectif réel et un autre illusoire.
L’objectif réel est de renflouer la Sécu. Elle en a bien besoin. Sans doute.
Mais nous, avons-nous besoin d’elle ? C’est la bonne question à poser. Il ne faut surtout pas que cette question-là vienne à l’esprit des Français.
Et pour qu’ils ne puissent pas juger du produit, ils ne doivent pas en connaître le coût. Laissons les vivre dans l’illusion de la gratuité des soins. Le gentil sieur de Kermel imagine que les charges sociales sont payées par les entreprises et obèrent leur compétitivité. Mais c’est un trompe l’œil. L’entreprise ne connaît qu’une seule charge, le coût total d’un emploi salarié. Celui-ci inclut la rémunération perçue par l’employé et les charges afférentes. Remettons à l’employé ce qui lui revient,
la totalité du prix de son travail,
et laissons le choisir comment il veut en disposer, cotiser à la Sécu, ou à un autre type d’assurances. En découvrant combien sa consommation de soins lui coûte, le Français découvrira vite les moyens de mettre un terme au gaspillage. En économisant sur ses cotisations maladie, retraites, etc., il augmentera son pouvoir d’achat sans devoir réclamer des hausses de salaires à son patron.
Cet objectif réel de boucher le trou de la Sécu ne sera pas atteint par la ‘TVA sociale’. Mais M de Kermel poursuit un objectif illusoire, frapper les importations d’une nouvelle taxe. Lorsqu’on veut tromper le monde, on finit par mentir à soi-même.
Quel que soit le mode de prélèvement, le coût de la Sécu est payé par l’employé. Mieux vaut le lui dire, non ? Je n’ai jamais étudié l’économie, mais
le simple bon sens nous dit que si des produits sont importés, c’est que des Français les préfèrent aux produits locaux, sans doute parce qu’ils sont moins chers. Sinon on ne voit pas pourquoi ces importations seraient achetées. Et donc soit le produit étranger, augmenté de la ‘TVA sociale’, trouvera encore preneur, soit un producteur français offrira
à ce même prix un produit concurrent, en gardant comme bénéfice le montant de la ‘TVA sociale’ (merci pour lui). Dans les deux cas, le consommateur paiera plus cher. Et il affirmera : « La Sécu est gratuite » (merci M le Ministre).
Deux remarques : en payant plus cher des produits nationaux, les Français freineront-ils les délocalisations ? peut-être, dans certains cas que j’imagine marginaux. Mais on peut supposer que si les Français disposaient de la totalité du prix de leur travail, plutôt que d’être rackettés par la Sécu, ils créeraient de la concurrence et de l’efficacité dans le domaine de la santé et des assurances, et mettraient à jour ainsi des gisements d’emploi.
Les touristes seront les seuls
contributeurs nets au projet de ‘TVA sociale’. Reste à savoir si des vacances en France qui coûteront théoriquement 22% de plus seront toujours aussi attrayantes.
Cordialement
Christian
[align=center]Un pickpocket ne voit que des poches[/align]
Le souci principal de tout réformateur fiscal est de cacher aux moutons les ciseaux qui vont le tondre. On réclame des entreprises la transparence ; les assoc’ de consommateurs et les pouvoirs publics font la chasse aux charges dissimulées. Seul le coût de fonctionnement de l’Etat doit devenir invisible à ceux qui le supportent. La honte aime l’ombre.
Le législateur se complaît à taxer sournoisement, prélever des ‘droits’ (comme ce mot est inapproprié !) sur toute transaction conséquente, inventer des ‘parts patronales’ payées par les employés, et maintenant concocter une ‘TVA sociale’, qui ne sera qu’un nouvel avatar de ces financements occultes. Dans l’article de Bertrand de Kermel que vous nous signalez, cher Christophe, :) cet impôt proposé vise un objectif réel et un autre illusoire.
L’objectif réel est de renflouer la Sécu. Elle en a bien besoin. Sans doute. [u][b]Mais nous, avons-nous besoin d’elle ? [/b][/u]C’est la bonne question à poser. Il ne faut surtout pas que cette question-là vienne à l’esprit des Français. [b]Et pour qu’ils ne puissent pas juger du produit, ils ne doivent pas en connaître le coût.[/b] Laissons les vivre dans l’illusion de la gratuité des soins. Le gentil sieur de Kermel imagine que les charges sociales sont payées par les entreprises et obèrent leur compétitivité. Mais c’est un trompe l’œil. L’entreprise ne connaît qu’une seule charge, le coût total d’un emploi salarié. Celui-ci inclut la rémunération perçue par l’employé et les charges afférentes. Remettons à l’employé ce qui lui revient, [i]la totalité du prix de son travail[/i],[i] et laissons le choisir comment il veut en disposer[/i], cotiser à la Sécu, ou à un autre type d’assurances. En découvrant combien sa consommation de soins lui coûte, le Français découvrira vite les moyens de mettre un terme au gaspillage. En économisant sur ses cotisations maladie, retraites, etc., il augmentera son pouvoir d’achat sans devoir réclamer des hausses de salaires à son patron.
Cet objectif réel de boucher le trou de la Sécu ne sera pas atteint par la ‘TVA sociale’. Mais M de Kermel poursuit un objectif illusoire, frapper les importations d’une nouvelle taxe. Lorsqu’on veut tromper le monde, on finit par mentir à soi-même. [i]Quel que soit le mode de prélèvement, le coût de la Sécu est payé par l’employé[/i]. Mieux vaut le lui dire, non ? Je n’ai jamais étudié l’économie, mais [i]le simple bon sens nous dit que si des produits sont importés, c’est que des Français les préfèrent aux produits locaux[/i], sans doute parce qu’ils sont moins chers. Sinon on ne voit pas pourquoi ces importations seraient achetées. Et donc soit le produit étranger, augmenté de la ‘TVA sociale’, trouvera encore preneur, soit un producteur français offrira[i] à ce même prix [/i]un produit concurrent, en gardant comme bénéfice le montant de la ‘TVA sociale’ (merci pour lui). Dans les deux cas, le consommateur paiera plus cher. Et il affirmera : « La Sécu est gratuite » (merci M le Ministre).
Deux remarques : en payant plus cher des produits nationaux, les Français freineront-ils les délocalisations ? peut-être, dans certains cas que j’imagine marginaux. Mais on peut supposer que si les Français disposaient de la totalité du prix de leur travail, plutôt que d’être rackettés par la Sécu, ils créeraient de la concurrence et de l’efficacité dans le domaine de la santé et des assurances, et mettraient à jour ainsi des gisements d’emploi.
Les touristes seront les seuls [i]contributeurs nets [/i]au projet de ‘TVA sociale’. Reste à savoir si des vacances en France qui coûteront théoriquement 22% de plus seront toujours aussi attrayantes.
Cordialement
Christian
[color=brown][b][align=center]Un pickpocket ne voit que des poches[/align][/b][/color]