Les funambules du bon Dieu

« J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26)
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etienne lorant
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Les funambules du bon Dieu

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Voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés :
il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu
- et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître :
puisqu'il n'a pas découvert Dieu.
1jn 2,29. 3,1

D'un côté la grâce d'une splendeur incomparable et, de l'autre, une déchéance quasi insupportable. Que nous dit Jean ? D'une part, l'amour de Dieu envers nous est extraordinaire, puisqu'en son Fils, Il nous a voulu Ses enfants - et nous le sommes. Mais le corollaire immédiat de cette découverte, c'est que le monde ne peut pas nous connaître, nous les enfants de Dieu, pour la simple raison que le monde n'a pas découvert Dieu.

Pour le moins, cela fait de nous des exilés, enfants adoptifs qu'un Père que le monde refuse. Pour le pire - du moins selon la raison, notre situation paraît en même temps baroque et périlleuse. L'image qui s'impose à mon esprit est celle du funambule : devenus croyants, nous sommes devenus funambules. Nous marchons jour après jour sur un fil, et un fil qui nous place en équilibre entre plusieurs dimensions : ce qui est en bas, ce qui est en haut, ce qui est à gauche, ce qui est à droite. Notre fil, c'est la foi, et notre équilibre, c'est la grâce. Sans la foi et la grâce, lesquelles, loué soit Dieu !, nous sont octroyées généreusement, ce serait la chute - par la gauche ou la droite, mais de toute manière, ce serait la chute et une chute d'autant plus épouvantable que le fil de notre foi s'élève un peu plus à chaque pas !

Avec cette image, je comprends d'autant mieux la vertu de l'humilité, car sur le fil dont j'ai parlé, une fourmi ou une puce trouvent leur point d'équilibre beaucoup plus facilement qu'un homme. Et à côté de cette image du funambule, je ne peux qu'admirer la grandeur, la beauté, la vertu du risque de l'Amour : il faut bien nous rendre compte qu'à un certain niveau (notamment celui des martyrs), cette équilibre de la grâce tient complètement du miracle, et le miracle est le signe de l'impossible, impossible mais véritable : "pour l'homme ce n'est pas possible, mais rien n'est impossible à Dieu" !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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