Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,39-42.
Il leur dit encore en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. Qu'as-tu à regarder la paille dans l'oeil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton oeil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton oeil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton oeil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'oeil de ton frère.
Dans ce passage, l'aveugle qui guide un autre aveugle, c'est le disciple mal formé qui n'est pas comme son maître, et qui en prétendant sauver son prochain, le perd et se perd lui-même : tous deux tomberont. Lorsque l'on a compris le sens de cette parabole, la comparaison de la paille et de la poutre devient lumineuse.
Le disciple bien formé, c'est d'abord celui qui se reconnaît comme pécheur, que le Seigneur a relevé et appelé à Le servir. "Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs": évidemment, car parmi les hommes, il n'y a pas de justes devant Dieu, "pas même un seul", dit la Bible. Mais les hommes qui se savent pécheurs n'auront pas sur leurs frères ce regard autoritaire et scrutateur - et les paroles blessantes qui accompagnent souvent un tel regard. Voilà qui rencontre très bien ce que dit Paul dans la première lecture lorsqu'il prend exemple de la course: "Mais je traite durement mon corps, et je le réduis en esclavage, pour ne pas être moi-même disqualifié après avoir annoncé aux autres la Bonne Nouvelle."
Paul a très bien compris qu'en annonçant l'Evangile, il ne fait que s'acquitter de la charge que Dieu lui a confiée. Sauvé lui-même, il s'est fait "tout à tous" afin d'en sauver "à tout prix" quelques-uns.
A entendre Paul employer ce langage, je ressens très fort l'Esprit qui souffle dans ces mots, ces mots qui trahissent le souci réel et profond du converti qui voudrait, tant et plus, partager la joie de se savoir sauvé. Je pourrais dire pour ma part combien ma peine a suivi ma joie - et cela se continue, de n'avoir pas réussi - du moins à mes propres yeux - d'en persuader quelques-uns. Car tous se sont détournés de moi, car je leur ai paru "un peu fêlé", et à présent qu'en ville, au bout de quinze années, ma fidélité à l'Eucharistie quotidienne commence d'être connue, c'est presque pire: car je sais bien combien, aux yeux du monde, un fidèle qui se presse à la messe du matin paraît comme quelqu'un qui n'a pas réussi sa vie et qui est atteint d'une quelconque maladie mentale...
Heureuse maladie qui est en fait un processus de guérison définitive !
Le disciple qui a une poutre dans son oeil
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le disciple qui a une poutre dans son oeil
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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