Bonjour,
Je me pose une question un peu difficile et j’aimerais avoir votre avis.
Est-ce qu’il est possible, dans certaines situations, de faire quelque chose de mauvais tout en ayant une bonne intention ?
Par exemple :
si quelqu’un est convaincu qu’une action grave permet d’éviter un mal encore plus grand, est-ce que cela peut être moralement défendable ?
Ou est-ce que certaines choses restent toujours interdites, même si on pense agir pour le bien ?
Je me rends compte que ça me met mal à l’aise parce que je n’arrive pas à trancher.
Merci pour vos éclairages.
Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
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Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
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Marie2964
- Tribunus plebis

- Messages : 1004
- Inscription : mer. 14 oct. 2020, 12:20
- Conviction : Néophyte
Re: Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
Bonjour Baescha,
J'aurais tendance à vous répondre spontanément que " l'enfer est pavé de bonnes intentions".
Il est difficile de vous apporter une réponse tranchée dans la mesure où certaines situations sont si compliquées, que l'on ne peut pas prendre une décision facilement.
Le mieux serait que vous expliquiez ce à quoi vous pensez. Peut-être que des regards extérieurs vous permettront d'y voir plus clair sur la situation ? Peut-être ?
Marie.
J'aurais tendance à vous répondre spontanément que " l'enfer est pavé de bonnes intentions".
Il est difficile de vous apporter une réponse tranchée dans la mesure où certaines situations sont si compliquées, que l'on ne peut pas prendre une décision facilement.
Le mieux serait que vous expliquiez ce à quoi vous pensez. Peut-être que des regards extérieurs vous permettront d'y voir plus clair sur la situation ? Peut-être ?
Marie.
Dernière modification par Marie2964 le mer. 03 juin 2026, 14:48, modifié 1 fois.
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patatedouce
- Prætor

- Messages : 332
- Inscription : lun. 26 juin 2023, 20:37
- Conviction : Catholique (Homme)
Re: Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
Je peux vous donner deux pistes de réflexions :
1) il n'est jamais permis de faire le mal pour le bien.
2) Dans certaines situations, on peut être en coopération avec la mal.
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Après, il y a une différence entre subir et commettre le mal. Jésus subit sa passion par exemple.
--
Il y a l'exemple de Abraham, à qui Dieu a demandé d'immoler sont fils. Mais, au final, Abraham fait confiance à Dieu car il sait qu'il ne permettrait (ne demanderais) pas le mal (A ne pas interpréter avec fanatisme).
1) il n'est jamais permis de faire le mal pour le bien.
Je le comprends dans le sens où le mal n'est jamais nécessaire au bien, le bien se suffit à lui même.II. Les actes bons et les actes mauvais
§1755
L'acte moralement bon suppose à la fois la bonté de l'objet, de la fin et des circonstances. Une fin mauvaise corrompt l'action, même si son objet est bon en soi (comme de prier et de jeûner «pour être vu des hommes»).
L'objet du choix peut à lui seul vicier l'ensemble d'un agir. Il y a des comportements concrets -- comme la fornication -- qu'il est toujours erroné de choisir, parce que leur choix comporte un désordre de la volonté, c'est-à-dire un mal moral.
§1756
Il est donc erroné de juger de la moralité des actes humains en ne considérant que l'intention qui les inspire, ou les circonstances (milieu, pression sociale, contrainte ou nécessité d'agir, etc.) qui en sont le cadre. Il y a des actes qui par eux-mêmes et en eux-mêmes, indépendamment des circonstances et des intentions, sont toujours gravement illicites en raison de leur objet; ainsi le blasphème et le parjure, l'homicide et l'adultère. Il n'est pas permis de faire le mal pour qu'il en résulte un bien.
Source : Catéchisme de l'Eglise Catholique
2) Dans certaines situations, on peut être en coopération avec la mal.
Ces critères sont une adaptation à un cas particulier mais ils peuvent être généralisés.13. Les cas de coopération au péché du conjoint, qui volontairement rend infécond l'acte unitif, présentent des difficultés spéciales. Dans un premier temps, il faut distinguer la coopération proprement dite de la violence ou de l'imposition injuste de la part d'un des conjoints auxquelles l'autre ne peut s'opposer (46). Une telle coopération peut être licite quand sont réunies les trois conditions suivantes. Il faut que :
- l'action du conjoint coopérant ne soit pas déjà en elle-même illicite ;(47)
- il existe des motifs proportionnellement graves pour coopérer au péché du conjoint ;
- on cherche à aider le conjoint à abandonner un tel comportement (avec patience, par la prière, dans la charité, par le dialogue : mais pas nécessairement à ce moment, ni à chaque occasion).
Source : VADE-MECUM POUR LES CONFESSEURS SUR CERTAINS SUJETS DE MORALE LIÉS À LA VIE CONJUGALE, 1997
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Après, il y a une différence entre subir et commettre le mal. Jésus subit sa passion par exemple.
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Il y a l'exemple de Abraham, à qui Dieu a demandé d'immoler sont fils. Mais, au final, Abraham fait confiance à Dieu car il sait qu'il ne permettrait (ne demanderais) pas le mal (A ne pas interpréter avec fanatisme).
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Catholique Zombie
- Barbarus

Re: Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
Il faut des exemples concrets.Est-ce qu’il est possible, dans certaines situations, de faire quelque chose de mauvais tout en ayant une bonne intention ?
Former un couple, pour ensuite fonder un foyer et avoir des enfants. Est-ce normal ? l'objectif est acceptable ? Sans doute. Refusant le mariage à l'église cependant. «Je crois que le mieux est de se passer de l'Église, éviter les curés et tout le tintouin, avec le cérémonial, etc. Et puis de toutes manières, si je m'examine : je ne suis pas vraiment croyant non plus. Me prêter à ce jeu qui serait d'aller participer à une messe et faire bénir l'union par un prêtre pour faire plaisir à je-ne-sais-qui ( ma tante religieuse ? le pape ? ) serait hypocrite. Or je ne veux pas être un hypocrite.»
Que recommander à un ami planifiant un tel projet ? la foi n'est pas au rendez-vous pour lui. Que devrait-il faire en attendant ? Renoncer à son union libre et son projet de foyer avec des enfants ? pour éviter de vivre en concubinage et ainsi mal faire en violant la morale de l'Église, mais cet ami n'a pas la foi et ne veut pas qu'on lui parle de religion. Son idée est que son intention à lui est la meilleure.
Il aura persisté dans son idée, fini par avoir deux enfants et qu'il aura bien élevés de façon responsable. Après trente ans de vie commune, continue de vivre avec la même conjointe. Autour de lui des époux catholiques divorcent, se remarient ou pas mais vivent «maritalement» avec d'autres, mais pas l'ami incroyant qui reste fidèle à son premier amour.
Avait-il le droit de faire ce qu'il aura voulu faire ? et s'il n'avait pas ce droit d'agir ainsi («c'est mal !») selon la morale enseignée dans le catéchisme de l'Église, mais qu'en sera-t-il de la suite pour lui ? Cette mauvaise façon (jamais désavouée après trente ans, ni confessée ni repentie) d'avoir voulu accéder à une sorte de bonheur domestique et à la vie familiale formerait-elle ce qui s'appelle un péché grave, l'un de ces péchés qui vous coupent l'accès au paradis de Dieu ? Il n'y a pas un atome de regret chez ce vieil ami. Revenir à l'âge de vingt ans aujourd'hui, il ferait le même choix («J'avais raison, je le savais. Heureusement que je n'ai pas écouté les qu'en-dira-t-on des punaises de sacristie.») La foi ? Pas davantage. En résumé, le vieil ami d'il y a trente ans aura placé toute sa vie sous le chapeau d'un mode de vie purement naturel. Comme les pingouins dans la nature. Ils apparaissent, naissent, vivent et meurent au bout du compte. Après ? Rien. C'est l'ami qui le dit. Que répondrait l'Église ?
Moi :
Je pourrais penser qu'il ne verra jamais Dieu, n'accédera ni à la vision béatifique ni au paradis. Son péché capital aura été de ne pas vouloir connaître Dieu et avec ce refus de devoir s'y conformer à ce que Dieu voudrait («La loi divinement révélée et à laquelle devoir se soumettre ? La barbe !») Il y a peut-être là une forme de perversion. C'est dur. Quelqu'un d'autre aurait peut-être un avis différent.
Re: Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
Bonjour et Merci pour vos réponses,
Je comprends mieux ce que vous dites, surtout sur le fait qu’on ne peut pas faire le mal pour obtenir un bien.
Mais du coup j’ai encore un doute.
Si une personne est vraiment convaincue que ne rien faire entraînerait quelque chose de pire, et qu’elle agit en pensant sincèrement éviter ce mal, est‑ce qu’on peut dire qu’elle a quand même fait quelque chose de mauvais ?
J’ai aussi en tête des paroles souvent attribuées à Padre Pio, où il insiste sur le fait qu’il vaut mieux accepter une épreuve que poser un acte que l’on sait mauvais, même avec une bonne intention. Mais concrètement, dans des situations très compliquées, je ne vois pas bien comment discerner jusqu’où cette fidélité doit aller dans la vie réelle.
Je n’arrive pas à voir où se situe exactement la limite entre l’intention et l’acte, surtout quand on est convaincu d’agir pour éviter un mal plus grand.
Merci encore pour vos éclairages.
Je comprends mieux ce que vous dites, surtout sur le fait qu’on ne peut pas faire le mal pour obtenir un bien.
Mais du coup j’ai encore un doute.
Si une personne est vraiment convaincue que ne rien faire entraînerait quelque chose de pire, et qu’elle agit en pensant sincèrement éviter ce mal, est‑ce qu’on peut dire qu’elle a quand même fait quelque chose de mauvais ?
J’ai aussi en tête des paroles souvent attribuées à Padre Pio, où il insiste sur le fait qu’il vaut mieux accepter une épreuve que poser un acte que l’on sait mauvais, même avec une bonne intention. Mais concrètement, dans des situations très compliquées, je ne vois pas bien comment discerner jusqu’où cette fidélité doit aller dans la vie réelle.
Je n’arrive pas à voir où se situe exactement la limite entre l’intention et l’acte, surtout quand on est convaincu d’agir pour éviter un mal plus grand.
Merci encore pour vos éclairages.
- Fée Violine
- Consul

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Re: Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
Catholique Zombie, je ne suis pas sûre que votre exemple soit dans le sujet. Vous prenez l'exemple de quelqu'un qui suit sa conscience, en pensant bien faire (même si d'autres trouvent que c'est mal). Mais la question est : peut-on faire quelque chose qu'on sait être mauvais, pour obtenir un bien ?
-
patatedouce
- Prætor

- Messages : 332
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- Conviction : Catholique (Homme)
Re: Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
Si vous êtes dans une situation de coopération :
- Est ce que ce que vous faites est mal en soi ?
* Votre coopération est direct ou indirect ?
* Vous êtes passif ou actif ?
- Est-ce que vous partagez l'intention ?
* Est-ce que vous adhérez à la volonté de l'autre ?
- Est-ce que la raison à votre coopération est proportionné ?
* vous avez une raison sérieuse de faire ce que vous faites.
- Est-ce que vous dites à la personne que c'est mal ce qu'elle fait ? Vous la convainquez de changer ?
Je ne vous pose pas les questions. A mon sens, c'est les questions que vous devez vous poser.
--
C'est les critères du péché appliqués à la coopération. Pour un péché, il faut :
1) un objet
2) une intention
3) une pleine conscience
Si vous avez du mal à discerner, vous pouvez demandez l'aide d'un prêtre.
Par exemple, pratiquez un avortement car on pense que l'on ne peut pas arriver à s'en sortir ?
- La on peut facilement dire, je pense, que l'acte est mauvais en soi donc on ne peut pas accepter cela
- Vous vendez un couteau à quelqu'un qui s'apprête à tuer (et vous le savez). L'acte de vendre le couteau n'est pas mauvais en soi mais si vous savez qu'il va le faire pour tuer...
- Vous travaillez pour quelqu'un avec une mauvaise moralité. Votre travail en soi n'est pas mauvais. Vous n'avez pas l'intention de faire des choses mauvaises. Après de toute façon toutes les pratiques se ressemblent dans les entreprises (proportionnalité)...
Il n'y a pas une règle fixe, vous pouvez coopérer en subissant (quelqu'un qui vous met devant le fait accompli...). C'est du cas par cas. Un acte objectif peut être qualifié différemment en fonction des paramètres.
Par exemple, je vais loin :
- Mais quelqu'un qui crache sur quelqu'un d'autre
- Un chat qui crache sur son bébé
=> les deux font matériellement la même chose mais dans un cas l'objet est la violence dans l'autre cas le soin... Donc bien que l'objet d'un acte ne peut pas s'arrêter à sa matérialité. Mais, dans ce cas la ce n'est pas l'intention qui change l'acte (la volonté de faire l'acte ou pas), mais c'est l'objet même de l'acte (laver ou agresser).
---
Quand STA a écrit les 3 conditions du péché mortel, il me semble qu'il voulait limiter justement le péché mortel. On ne commet pas un péché mortel tous les quatre matins car bien souvent, il n'y a pas l'intention ou la pleine conscience. Si on avait pleine conscience alors on ne pècherait pas. Mais, si aujourd'hui, c'est plutôt utilisé pour l'inverse j'ai l'impression.
Mais, il y a quand même des cas où l'on fait des péchés mortels aussi...
Du moins, les "tradi" sont très scrupuleux (à géométrie variable) et dans les diocèses, il y a une impression de laxisme ?
- Est ce que ce que vous faites est mal en soi ?
* Votre coopération est direct ou indirect ?
* Vous êtes passif ou actif ?
- Est-ce que vous partagez l'intention ?
* Est-ce que vous adhérez à la volonté de l'autre ?
- Est-ce que la raison à votre coopération est proportionné ?
* vous avez une raison sérieuse de faire ce que vous faites.
- Est-ce que vous dites à la personne que c'est mal ce qu'elle fait ? Vous la convainquez de changer ?
Je ne vous pose pas les questions. A mon sens, c'est les questions que vous devez vous poser.
--
C'est les critères du péché appliqués à la coopération. Pour un péché, il faut :
1) un objet
2) une intention
3) une pleine conscience
Si vous avez du mal à discerner, vous pouvez demandez l'aide d'un prêtre.
Le mal n'est pas nécessaire au bien. Au vu de votre réflexion, on peut se demander si vous avez pleinement conscience que ce que vous voulez faire est un pêché ? Dans ce cas votre pêché devient véniel.Si une personne est vraiment convaincue que ne rien faire entraînerait quelque chose de pire, et qu’elle agit en pensant sincèrement éviter ce mal, est‑ce qu’on peut dire qu’elle a quand même fait quelque chose de mauvais ?
Par exemple, pratiquez un avortement car on pense que l'on ne peut pas arriver à s'en sortir ?
- La on peut facilement dire, je pense, que l'acte est mauvais en soi donc on ne peut pas accepter cela
- Vous vendez un couteau à quelqu'un qui s'apprête à tuer (et vous le savez). L'acte de vendre le couteau n'est pas mauvais en soi mais si vous savez qu'il va le faire pour tuer...
- Vous travaillez pour quelqu'un avec une mauvaise moralité. Votre travail en soi n'est pas mauvais. Vous n'avez pas l'intention de faire des choses mauvaises. Après de toute façon toutes les pratiques se ressemblent dans les entreprises (proportionnalité)...
Il n'y a pas une règle fixe, vous pouvez coopérer en subissant (quelqu'un qui vous met devant le fait accompli...). C'est du cas par cas. Un acte objectif peut être qualifié différemment en fonction des paramètres.
Par exemple, je vais loin :
- Mais quelqu'un qui crache sur quelqu'un d'autre
- Un chat qui crache sur son bébé
=> les deux font matériellement la même chose mais dans un cas l'objet est la violence dans l'autre cas le soin... Donc bien que l'objet d'un acte ne peut pas s'arrêter à sa matérialité. Mais, dans ce cas la ce n'est pas l'intention qui change l'acte (la volonté de faire l'acte ou pas), mais c'est l'objet même de l'acte (laver ou agresser).
---
Quand STA a écrit les 3 conditions du péché mortel, il me semble qu'il voulait limiter justement le péché mortel. On ne commet pas un péché mortel tous les quatre matins car bien souvent, il n'y a pas l'intention ou la pleine conscience. Si on avait pleine conscience alors on ne pècherait pas. Mais, si aujourd'hui, c'est plutôt utilisé pour l'inverse j'ai l'impression.
Mais, il y a quand même des cas où l'on fait des péchés mortels aussi...
Du moins, les "tradi" sont très scrupuleux (à géométrie variable) et dans les diocèses, il y a une impression de laxisme ?
Re: Dieu peut-il demander quelque chose de moralement incompréhensible ?
Catholique Zombie,
Merci pour cet exemple, il est intéressant parce qu’il oblige à distinguer plusieurs niveaux qui sont parfois confondus.
Dans le cas que vous décrivez, il me semble que le point décisif est justement que la personne ne se situe pas dans une logique de refus conscient de Dieu, mais dans une vie vécue sur un plan strictement naturel, sans foi, sans référence explicite à la loi divine révélée.
Or, la morale catholique elle‑même distingue clairement entre :
– un acte objectivement désordonné au regard de la loi révélée,
– et la responsabilité subjective d’une personne qui n’a ni la foi, ni l’intention de se soumettre à cette loi, ni même la conscience de la refuser comme telle.
Dans votre exemple, on n’est donc pas dans le cas de quelqu’un qui sait que l’acte est mauvais et le pose quand même “pour un bien supérieur”, mais plutôt dans celui de quelqu’un qui vit selon une morale naturelle, sans référence surnaturelle, et qui agit en cohérence avec ce cadre.
C’est pour cela que cet exemple me paraît différent de la question que je me pose :
je m’interroge surtout sur les situations où une personne reconnaît explicitement qu’un acte est mauvais, mais se persuade malgré tout qu’il est nécessaire ou inévitable pour éviter un mal plus grand.
Autrement dit, la frontière qui me trouble est moins celle entre foi et incroyance que celle entre discernement authentique et auto‑justification consciente.
Merci pour cet exemple, il est intéressant parce qu’il oblige à distinguer plusieurs niveaux qui sont parfois confondus.
Dans le cas que vous décrivez, il me semble que le point décisif est justement que la personne ne se situe pas dans une logique de refus conscient de Dieu, mais dans une vie vécue sur un plan strictement naturel, sans foi, sans référence explicite à la loi divine révélée.
Or, la morale catholique elle‑même distingue clairement entre :
– un acte objectivement désordonné au regard de la loi révélée,
– et la responsabilité subjective d’une personne qui n’a ni la foi, ni l’intention de se soumettre à cette loi, ni même la conscience de la refuser comme telle.
Dans votre exemple, on n’est donc pas dans le cas de quelqu’un qui sait que l’acte est mauvais et le pose quand même “pour un bien supérieur”, mais plutôt dans celui de quelqu’un qui vit selon une morale naturelle, sans référence surnaturelle, et qui agit en cohérence avec ce cadre.
C’est pour cela que cet exemple me paraît différent de la question que je me pose :
je m’interroge surtout sur les situations où une personne reconnaît explicitement qu’un acte est mauvais, mais se persuade malgré tout qu’il est nécessaire ou inévitable pour éviter un mal plus grand.
Autrement dit, la frontière qui me trouble est moins celle entre foi et incroyance que celle entre discernement authentique et auto‑justification consciente.
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