Bonjour,
aldebaran :
Bonjour Cinci,
Content de vous retrouver sur le sujet.
Fait plaisir !
D'ailleurs, nous n'avions pas terminé dans l'autre fil. Mais, bon, peut-être plus tard ... Vous posiez une très bonne question et je pense que je n'avais pas fini de répondre.
Il me semble pourtant que ce soit le cas particulièrement en Europe, ou au Canada (mais vous connaissez mieux que moi pour ce dernier). L'article lui parle d'une expansion mondiale. Par d'autres lectures j'ai été très frappé de la foi catholique en Corée du Sud par exemple.
Il reste évidemment des coins du monde dans lesquels une progression du nombre de baptisés peut se vérifier. Je pense à l'Afrique, en Inde. Corée du Sud ? Possible.
Je suis globalement d'accord. Mais allez jusqu'au bout de votre pensée : cette place, n'est-ce-pas plutôt nous qui l'avons laissée vacante? Quand les écoles catholiques n'ont de catholique que le titre, que l'enseignement déjà de mon temps est des plus restreints dogmatiquement parlant, que les parents ont complètement arrêté non seulement d'enseigner mais même d'évoquer la question de Dieu en famille? Que la pratique dite 'de l'enfouissement' a été la règle si facilement acceptée? A l'image de la parabole, avons-nous été étouffés par les mauvaises herbes, ou nous sommes-nous laissés étouffer par tranquillité d'esprit et intérêt pour des causes plus terrestres? Quand je vois toutes les grandes familles envoyer leurs enfants en écoles de commerce parce que c'est là que ça gagne bien, je me dis que la raison est interne autant qu'externe.
Le bout de ma pensée c'est que la «piétaille» s'adapte aux conditions qui lui sont faites.
Dans la France de Louis XIII, les gens «biens» veulent se mouler aux bonnes valeurs qui sont socialement prisées par les grandes familles qui ont de l'influence, les bons bourgeois souhaitent alors que leurs filles apprennent le catéchisme, reçoivent l'instruction des bonnes soeurs et tout. Les corps de métiers sont sont le patronage de l'Église, les gens de savoir sont tous catholiques croyants, etc. L'objecteur de conscience là-dedans est un extra-terrestre.
Dans un Québec de la fin des années 1950 et début 1960, devenant de plus en plus perméable et ouvert aux influences et valeurs américaines (cf. la grande consommation, la recherche de facilité de toutes sortes, l'accès au crédit démocratisé, le plaisir, le rock'n roll, le cinéma, la télévision ...) et avec le grand désir aussi de ses dirigeants de promouvoir activement ce genre de société vouée à l'enrichissement matériel d'abord et avant tout, à la nécessité de s'adapter à de nouvelles normes de société, pour critiquer sévèrement et rejeter l'identité ancienne et traditionnelle : la «piétaille» s'adapte, là encore, et se moule sur les idées qui sont celles des leaders d'opinion reconnus : milieux d'affaires, prof d'université, écrivains, journalistes, animateurs à la télé, chroniqueurs radio, politiciens ... et même religieux critiques aussi et ouverts au changement. Le prestigieux c'est maintenant ce qui est «autre» que catholique.
Les «petits» ne seront pas plus royalistes que le roi. Le prince dans ses États passe au protestantisme ? le peuple suit. Nos politiciens passent à l'indifférentisme, la même chose.
Dans le cas du Québec de l'époque, les forces externes qui se seront manifestées et finalement imposées pour écraser l'ancienne mentalité, mais ce fut cet alliage prestigieux de social-démocratie européenne (britannique de l'après-guerre, avec redémarage français des Trente glorieuses) et prise en main du Canada par les Américains très libéraux . On trouvait là comme trois pôles anticatholiques : britannique + américain + républicain français. Il n'y avait plus rien chez nous pour résister à ce rouleau compresseur et d'autant plus que ces trois pays auront toujours fait l'objet d'une grande admiration. On faisait face, là, à une sorte de chant des sirènes extrêmement séduisant.
C'est avec une semblable recette que l'on passe en quelques années seulement d'une société très catholique à une société libérale qui prend fortement ses distances avec la religion ancestrale. Parce que ses dirigeants l'auront souhaité d'abord. Puis les gens collaborent ensuite volontairement bien sûr.