Syncrétisme

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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre

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Exupère
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Syncrétisme

Message non lu par Exupère »

Tâlib,
Tâlib a écrit :Exupère

Ce n'est pas moi non plus qui ai introduit le mot catholique dans la discussion.

Jusqu'à preuve du contraire, je ne crois pas à la religion qui tombe toute faite du ciel.
Les musulmans prétendent que c'est le cas du Coran. Le Coran, à sa simple lecture, montre avec évidence une rédaction humaine.
L'Ancien Testament reflète un passage de l'hénothéisme au monothéisme, donc une évolution théologique.
Depuis 2,000 ans le thème central de la pensée occidentale (on peut probablement dire la même chose des musulmans, au moins à certaines périodes) est d'arriver à conjuguer foi et raison. De prouver cette loi naturelle, ces grands principes moraux qui nous le sentons tous nous poussent à vivre mieux les uns avec les autres, avec l'expérience concrète de la vie et de la raison.

Les philosophes non croyants qui cherchent la Vérité ne font pas autre chose.

Je passe un certain temps dans ma vie à mettre ma foi à l'épreuve de la raison, de l'Histoire. Lorsque je fais ceci l'exégèse ne m'intéresse pas en elle-même. Ce qui me passione c'est précisément de comprendre ce que la foi chrétienne a apporté de radicalement neuf en matière morale, juridique, en matière de rapport au sacré; de chercher les causes profondes et les racines incroyablement chrétiennes de nos sociétés occidentales.

S'impose alors, comme caché, la triple idée de l'ncarnation, de la Crucifiction et de la Résurrection. Je ne les prends pas comme vérités tombées du ciel mais je les identifie comme au coeur du sacré qui fait tenir - pour l'instant - l'édifice moral, juridique et politique occidental.

Un auteur comme René Girard m'a également convaincu que l'irruption de ce sacré-ci, de ce qu'il sous-entend, fut radicalement nouveau, unique et par nature indépassable pour tout monothéiste.

Cette radicale nouveauté me suffit à croire que le christianisme n'est pas un syncrétisme. Que l'Ancient Testament le fut, personne n'en doute; que certains cultes de notre foi aient été hérités des cultes païens, ok aussi. Et tant mieux. Mais le credo chrétien lui, ne vient de nulle part et c'est cela qui fait son mystère éternel, ainsi que son pouvoir d'attraction pour tout humain. Maintenant et à jamais.

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- Quiconque donc écoute les paroles que je viens de prononcer et les met en pratique ressemblera à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc -
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Message non lu par Exupère »

Tâlib a écrit : Je ne conteste pas que le christianisme ait apporté quelque chose de neuf. Je suis d'accord avec toi sur ce point.
Les religions ne se contentent pas toujours de faire du copié-collé mais souvent construisent du neuf avec du vieux. C'est l'opinion que j'ai du christianisme.
L'Incarnation serait selon toi inspirée des multiples incarnations humaines/animales de certains dieux païens, y compris Zeus. Il y a beaucoup à y redire.

Mais en ce qui concerne la Crucifiction et la Résurrection? Où vois-tu la source de ces deux événements singuliers et extrêmement significatifs?

En gros: quelle autre foi a ainsi retourné le principe du sacré, donc du sacrifice, en plaçant la divinité elle-même au centre de ce sacrifice pour enfin atteindre l'idée d'une Justice universelle et incontestable? Quel Dieu a chosi de souffrir lui-même par Amour pour les hommes et afin de leur montrer la bonne façon de l'adorer, rendant ainsi caduque à jamais l'idée même de sacrifice, celui de Jésus ayant eut lieu une bonne fois pour toutes précisément parce que sa nature était aussi divine?

Je ne retrouve cette idée incroyable nulle part ailleurs. Aujourd'hui encore elle me laisse sur les fesses tellement elle est parvenue à retourner la vision clanique, partisane et sacrificielle que les autres religions me semblent incapables de dépasser, même si certaines essayent de façon louable.

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Tâlib a écrit :

La traduction des Septantes est une traduction faite dans le judaïsme alexandrin, influencé par l'hellénisme ambiant. C'est une traduction qui ne remplace pas l'original hébreu. Sinon ce serait comme si les chrétiens décidaient de remplacer la Bible en hébreu, araméen et grec par la Vulgate.
Même si une partie des expatriés juifs de langue grecque a utilisé la Septante, les autres juifs ont conservé l'usage de l'original hébreu et araméen. C'est de ce dernier judaïsme que se réclament les juifs actuels. Les juifs hellénisés ne semblent pas avoir laissé de postérité.
Bonjour, il me semble Tâlib que votre connaissance des textes sacrés est perfectible. La Septante ou Version d'Alexandrie est une traduction grecque des Ecrits Sacrés des Hébreux, c'est certain, elle date du 3ème siècle avant notre ère. (pour les plus anciens manuscrits)

La version Hébraïque date d'aux environs de l'an 1000 de notre ère, c'est le manuscrit de St Petersbourg, il est le produit d'une transmission, d'une édition qui a été faire à Jamnia, vers 95. Jamnia était un lieu d'élaboration intellectuelle du Judaïsme du temps.

Cette version dite "massorétique" est post-chrétienne. L'Hébreu , langue liturgique redevient la langue de réfèrence du culte et la Septante va être abandonnée dans les Synagogues.


Et elle comprend quelques écarts avec la Septante. Toutefois, la version massorétique a fixé les points-voyelles de l'hébreu et quand on compare avec le sens établi dans la Septante il y a relativement et globalement peu de différence.

Tout cela pour dire que la Septante, comme elle nous est parvenue est probablement le plus ancien des manuscrits de la Bible, elle conserve sa valeur culturelle et religieuse et était le livre des Ecritures des premières communautés, reconnu par les fondateurs de la communauté chrétienne.

Le Judaïsme d'Alexandrie n'était pas un Judaïsme syncrétique, les écrits de Philon d'Alexandrie le montrent bien, mais les auteurs ont été très soucieux de préserver leur vie, la séparation et les spécificités de leur culte.

Pour Isaïe 7:14 l'hebreu dit ah'lma (la jeune femme) /le grec traduit parthenos (la jeune femme ou la jeune fille vierge ou non mariée). Dans deux langues données il existe rarement deux mots qui signifient exactement la même chose.

[De plus nous ne sommes pas certain que ce soit le texte Massorétique - choisi au 2ème siècle - qui ait servi de base à la traduction de la Septante...Cela laisse place à beaucoup de suppositions]

L'explication qui est donnée dans le Nouveau Testament est le commentaire du Nouveau Testament sur le passage.

Justement l'incarnation fait partie des "sens possibles"
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Tâlib a écrit :La résurrection de Jésus est uniquement attestée par le Nouveau Testament.

On ne fonde pas une religion sur une traduction conjecturelle d'un mot, ou sur une interprétation d'un verset d'Isaïe. De toute façon ce verset se réfère à un évènement historique qui est l'invasion assyrienne de la Palestine.
Je suis d'accord , la résurrection de Jésus est le message central des prédicateurs du Nouveau Testament, c'est le premier message donné à la Pentecôte.

Et même la plupart des textes contemporains qui parlent de la Résurrection de Jésus composent le Nouveau Testament, à l'exception (toutefois)

De Flavius Josephe. Antiquités Juives (93) : "Jésus est apparu aux
disciples comme les divins prophètes l'avaient annoncé" (18:33)

De Tacite parle de "Christus" qui fut mis à mort sous Ponce Pilate .

Thallus (Contemporain de Flavius Josephe) semble avoir parlé très tôt de la crucifixion du Christ.



L'histoire semble avoir été connue assez tôt dans le pourtour du bassin méditerranéen.

C'est sur le thème de la résurrection de Jésus qui rejoint la proclamation primitive "Christ est Seigneur" que tout le Nouveau Testament est construit, que toutes les communautés chrétiennes se sont développées, partant de Jerusalem, d'Antioche, d'Athènes, d'Ephèse, d'Alexandrie. L'interprétation du verset d'Isaïe 7:14 est le fait de l'Eglise Primitive, mais ce n'est pas le seul message.
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