Il est fréquent de rencontrer des chrétiens qui disent ne pas croire à l'existence des anges. Il nous semble opportun de rappeler ici la page que le Catéchisme de l'Église catholique consacre à ce sujet. (nos 328 à 336)
« L'existence des êtres spirituels, non corporels, que l'Écriture nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l'Écriture est aussi net que l'unanimité de la Tradition.
Qui sont-ils ? Saint Augustin dit à leur sujet : Ange désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s'appelle cette nature ? - Esprit. Tu demandes la fonction ? - Ange ; d'après ce qu'il est, c'est un esprit ; d'après ce qu'il fait, c'est un ange. De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu'ils contemplent constamment la face de mon Père qui est aux cieux (Mt 18, 10), ils sont les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole (psaume 103, 20).
En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté : ils sont des créatures personnelles et immortelles. Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L'éclat de leur gloire en témoigne.
Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à lui : « Quand le Fils de l'Homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges... » (Mt 25, 31). Ils sont à lui parce que créés par et pour lui : « Car c'est en lui qu'ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances; tout a été créé par lui et pour lui » (Col 1, 16). Ils sont à lui plus encore parce qu'il les a faits messagers de son dessein de salut : « Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d'un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ? » (He 1, 14).
Ils sont là, dès la création et tout au long de l'histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein de sa réalisation : ils ferment le paradis terrestre, protègent Lot, sauvent Agar et son enfant, arrêtent la main d'Abraham ; la loi est communiquée par leur ministère, ils conduisent le peuple de Dieu, ils annoncent naissances et vocations, ils assistent les prophètes, pour ne citer que quelques exemples.
Enfin, c'est l'ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même.
De l'Incarnation à l'Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l'adoration et du service des anges. Lorsque Dieu introduit le Premier-né dans le monde, il dit : Que tous les anges de Dieu l'adorent ! (He 1, 6). Leur chant de louange à la naissance du Christ n'a cessé de résonner dans la louange de l'Église : « Gloire à Dieu ! ».
Ils protègent l'enfance de Jésus, le servent au désert, le réconfortent dans l'agonie, alors qu'il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis comme jadis Israël.
Ce sont encore les anges qui « évangélisent » (Luc 2, 10) en annonçant la bonne nouvelle de l'Incarnation et de la Résurrection du Christ.
Ils seront là au retour du Christ qu'ils annoncent, au service de son jugement.
D'ici là, toute la vie de l'Église bénéficie de l'aide mystérieuse et puissante des anges.
Dans sa liturgie, l'Église se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint; elle invoque leur assistance... Elle fête plus particulièrement la mémoire de certains anges (saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël).
De l'enfance au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie. Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.
La tradition chrétienne rend un culte particulier à saint Michel, archange dont les apparitions, surtout en songe, jalonnent l'antiquité et le Moyen-Âge.
Notons en particulier :
- vers la fin du 1er siècle, Siméon Metaphraste rapporte une apparition de saint Michel en Phrygie.
- Sozomène et Nicéphore nous le montrent apparaissant à Constantin dès le début de son règne et, à la suite de cette vision, une église élevée sous son vocable quand l'empereur devient chrétien.
- L'Éthiopie fête saint Michel le 8 novembre et entoure son nom d'un culte exceptionnel et immémorial.
- En Italie, sur le Mont Gargan, au 6ème siècle, on fait mémoire d'une apparition de saint Michel. C'est l'origine d'un pèlerinage célèbre, jusqu'à nos jours.
- Pour nous, français, il y a surtout le Mont-Saint-Michel. On rapporte que cet archange apparut par trois fois à l'évêque d'Avranches, saint Aubert, mort vers 725, pour lui demander de dédier une église sur le Mont. La dédicace de cet oratoire eut lieu le 16 octobre 709. Pensé d'abord sur le modèle de celui du Mont Gargan, il fut desservi par des chanoines, mais son essor date de l'installation des moines bénédictins en 966. C'est un des lieux les plus visités en France.
Texte de l'Abbaye de Solesmes
- rubrique 'Liturgie' : 'Les Saints'
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